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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2203400

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2203400

mercredi 27 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2203400
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation8ème chambre
Avocat requérantSCP BAYETTI SANTIAGO REVAH

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 21 avril 2022, Mme B A, représentée par Me Revah, demande au tribunal :

1°) de condamner solidairement la ville de Marseille et la caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales (CNRACL) à lui payer la somme de 54 000 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis du fait de la procédure de mise à la retraite pour invalidité qui n'a pas été menée dans un délai raisonnable ;

2°) de mettre à la charge solidaire de la ville de Marseille et de la CNRACL la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'administration a commis une faute dès lors qu'elle n'a été admise à faire valoir ses droits à une pension de retraite pour invalidité qu'à compter du 1er avril 2021 alors que son inaptitude absolue et définitive a été constatée dès 2011 ;

- elle doit être indemnisée d'un préjudice économique de 48 000 euros car ce retard, qui l'a empêchée d'exercer une activité dans le secteur privé, l'a privée d'une majoration de retraite de 200 euros par mois, ce qui équivaut à 48 000 euros pour une espérance de vie la concernant de 20 ans ;

- elle doit être indemnisée pour son préjudice moral à hauteur de 6 000 euros dès lors qu'elle s'est trouvée dans une situation d'incertitude et d'inquiétude qui a nui à son état de santé alors que, par ailleurs, cette activité dans le secteur privé lui aurait permis de conserver une activité physique et un certain environnement social.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 mai 2022, la CNRACL conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la requérante la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- à titre principal, la requête est irrecevable dès lors que Mme A ne justifie pas lui avoir adressé une demande préalable d'indemnisation ;

- à titre subsidiaire, elle-même n'a pas commis de faute et la requérante ne justifie pas l'existence et l'étendue des préjudices qu'elle prétend avoir subis.

Par un mémoire en défense, enregistré le 26 mai 2023, la ville de Marseille, représentée par la société Jean-Pierre et Walgenwitz avocats associés, conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que :

- la requérante n'a entrepris aucune démarche auprès de son administration, ce qui est une cause exonératoire de responsabilité, ni n'a contesté les décisions relatives à sa situation statutaire devant le tribunal administratif ;

- le retard est également imputable aux expertises complémentaires demandées ;

- elle-même n'a jamais eu une attitude dilatoire vis-à-vis de la requérante ;

- le préjudice économique allégué n'est ni direct ni certain ;

- Mme A ne démontre pas la perte de 200 euros mensuels de majoration de retraite ;

- elle ne produit pas d'éléments permettant d'apprécier la réalité et l'étendue de son préjudice moral.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le décret n° 2003-1306 du 26 décembre 2003 ;

- l'arrêté du 4 août 2004 relatif aux commissions de réforme des agents de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Forest,

- et les conclusions de M. Garron, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Titulaire depuis 2003 du grade d'agent spécialisé des écoles maternelles au sein de la ville de Marseille, Mme A a bénéficié d'un congé parental du 2 avril 2008 au 9 janvier 2011, à l'issue duquel elle devait être affectée sur un poste de surveillante de musée. Placée en congé de maladie à compter du 10 janvier 2011, elle a demandé à la ville de Marseille, par courrier du 8 mars 2011, de présenter son dossier à la commission de réforme en vue de faire valoir ses droits à une pension de retraite pour invalidité. Le 16 septembre 2011, le comité médical départemental a rendu un avis en faveur d'une inaptitude absolue et définitive à son emploi et à tout emploi de la fonction publique tandis que, par un avis du 5 janvier 2012, la commission de réforme concluait également à la même inaptitude. Par décision du 24 février 2012, Mme A a été placée en disponibilité d'office pour raisons de santé à compter du 10 janvier 2012. Après envoi du dossier de l'intéressée à la CNRACL, celle-ci a ordonné une nouvelle expertise de l'état de santé de Mme A et, par courrier du 10 juillet 2012, l'a informée que le médecin expert, dans son rapport du 22 juin 2012, avait estimé qu'elle n'était pas dans l'incapacité définitive d'exercer ses fonctions et que son inaptitude définitive ne pourrait être évaluée qu'à l'issue d'un nouveau protocole thérapeutique. Mme A a ainsi fait l'objet d'une nouvelle expertise le 30 janvier 2013, l'expert concluant à une inaptitude absolue et définitive à tout emploi. La commission de réforme a rendu un avis en ce sens le 13 juin 2013. La ville de Marseille a de nouveau transmis le dossier de Mme A à la CNRACL qui, par courrier du 6 novembre 2013, lui a demandé de faire effectuer un complément d'expertise par le même expert. Mme A a finalement été convoquée pour une nouvelle expertise le 23 juillet 2015 mais ne s'y est pas rendue. Par courrier du 4 août 2015, la CNRACL l'a informée qu'elle ne pouvait donner une suite favorable à sa demande de retraite pour invalidité. Le 7 septembre 2015, Mme A a été expertisée. Par un avis du 26 novembre 2015, la commission de réforme s'est prononcée en faveur d'un sursis à statuer dans l'attente de l'avis du psychiatre. Mme A ne s'est pas présentée à l'entretien avec le psychiatre le 6 janvier 2016 mais s'y est rendue le 25 octobre 2017 puis a rencontré un autre expert le 28 mars 2018. Par un courrier du 22 décembre 2020, la ville de Marseille a indiqué à la requérante qu'elle transmettait son dossier à la CNRACL. Après avis favorable de celle-ci du 18 janvier 2021, par décision du 22 janvier 2021, Mme A a été admise à faire valoir ses droits à une pension de retraite pour invalidité à compter du 1er avril 2021. Par courrier du 16 février 2022, estimant fautive l'absence de diligence de l'administration dans la conduite de la procédure de sa mise à la retraite, elle a sollicité l'indemnisation de ses préjudices économique et moral auprès de la ville de Marseille. Celle-ci n'a pas répondu expressément à cette demande. Mme A demande au tribunal de condamner solidairement la ville de Marseille et la CNRACL à lui verser la somme de 54 000 euros au titre des préjudices qu'elle estime avoir subis.

Sur la fin de non-recevoir opposée en défense par la CNRACL :

2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision () Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle ". La condition tenant à l'existence d'une décision de l'administration doit être regardée comme remplie si, à la date à laquelle le juge statue, l'administration a pris une décision, expresse ou implicite, sur une demande formée devant elle, régularisant ce faisant la requête.

3. Il ne résulte pas de l'instruction que Mme A ait sollicité réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis auprès de la CNRACL. Par suite, la fin de non-recevoir opposée en défense par celle-ci et tirée de l'absence de liaison du contentieux doit être accueillie.

Sur les conclusions à fin d'indemnisation dirigées contre la ville de Marseille :

4. Aux termes de l'article 30 du décret du 26 décembre 2003 relatif au régime de retraite des fonctionnaires affiliés à la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales, dans sa version alors en vigueur : " Le fonctionnaire qui se trouve dans l'impossibilité définitive et absolue de continuer ses fonctions par suite de maladie, blessure ou infirmité grave dûment établie peut être admis à la retraite soit d'office, soit sur demande. () La mise en retraite d'office pour inaptitude définitive à l'exercice de l'emploi ne peut être prononcée qu'à l'expiration des congés de maladie, des congés de longue maladie et des congés de longue durée dont le fonctionnaire bénéficie en vertu des dispositions statutaires qui lui sont applicables () ". Aux termes de l'article 31 du même décret, dans sa version alors en vigueur : " Une commission de réforme est constituée dans chaque département pour apprécier la réalité des infirmités invoquées, la preuve de leur imputabilité au service, les conséquences et le taux d'invalidité qu'elles entraînent, l'incapacité permanente à l'exercice des fonctions. () Le pouvoir de décision appartient dans tous les cas à l'autorité qui a qualité pour procéder à la nomination, sous réserve de l'avis conforme de la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales. Les énonciations de cette décision ne peuvent préjuger ni de la reconnaissance effective du droit, ni des modalités de liquidation de la pension, ces dernières n'étant déterminées que par l'arrêté de concession. La Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales peut, à tout moment, obtenir la communication du dossier complet de l'intéressé, y compris les pièces médicales. Tous renseignements médicaux ou pièces médicales dont la production est indispensable pour l'examen des droits définis au présent titre pourront être communiqués, sur leur demande, aux services administratifs dépendant de l'autorité à laquelle appartient le pouvoir de décision ainsi qu'à ceux de la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales. () L'avis de la commission de réforme est communiqué au fonctionnaire sur sa demande. Le secrétariat de la commission de réforme est informé des décisions de la collectivité ainsi que des avis de la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales lorsque ceux-ci diffèrent de l'avis de la commission de réforme ". Aux termes de l'article 59 du même décret : " I. - L'attribution d'une pension, d'une rente viagère d'invalidité ou de la majoration spéciale prévue à l'article 34 est subordonnée à la présentation d'une demande adressée au directeur général de la Caisse des dépôts et consignations. La demande d'attribution d'une pension doit être adressée au moins six mois avant la date souhaitée pour l'admission à la retraite. L'employeur doit faire parvenir au moins trois mois avant la date de radiation des cadres du fonctionnaire le dossier afférent à une demande d'attribution de pension. Le dossier afférent à une demande d'attribution de pension doit parvenir au moins trois mois avant la date de radiation des cadres du fonctionnaire () ". Aux termes de l'article 13 de l'arrêté du 4 août 2004 relatif aux commissions de réforme des agents de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière : " La demande d'inscription à l'ordre du jour de la commission est adressée au secrétariat de celle-ci par l'employeur de l'agent concerné. L'agent concerné peut également adresser une demande de saisine de la commission à son employeur, qui doit la transmettre au secrétariat de celle-ci dans un délai de trois semaines ; le secrétariat accuse réception de cette transmission à l'agent concerné et à son employeur ; passé le délai de trois semaines, l'agent concerné peut faire parvenir directement au secrétariat de la commission un double de sa demande par lettre recommandée avec accusé de réception ; cette transmission vaut saisine de la commission. La commission doit examiner le dossier dans le délai d'un mois à compter de la réception de la demande d'inscription à l'ordre du jour par son secrétariat. Ce délai est porté à deux mois lorsqu'il est fait application de la procédure prévue au deuxième alinéa de l'article 16. Dans ce cas, le secrétariat de la commission notifie à l'intéressé et à son employeur la date prévisible d'examen de ce dossier. Le traitement auquel l'agent avait droit, avant épuisement des délais en cours à la date de saisie de la commission de réforme, lui est maintenu durant les délais mentionnés et en tout état de cause jusqu'à l'issue de la procédure justifiant la saisie de la commission de réforme ". Aux termes de l'article 16 du même arrêté : " La commission de réforme doit être saisie de tous témoignages, rapports et constatations propres à éclairer son avis. Elle peut faire procéder à toutes mesures d'instructions, enquêtes et expertises qu'elle estime nécessaires () ".

En ce qui concerne la responsabilité de la ville de Marseille :

5. Dans le cadre du traitement de la première demande de placement à la retraite de Mme A, il résulte de l'instruction que la ville de Marseille a rapidement fait procéder au complément d'expertise sollicité par la CNRACL, permettant par suite une clôture du dossier transmis en mars 2012 moins de 4 mois plus tard. Dans le cadre du traitement de la demande transmise à la CNRACL le 25 juillet 2013, il résulte toutefois de l'instruction que la ville de Marseille, saisie par la CRNACL d'une demande de complément d'expertise le 6 novembre 2013, n'a fait convoquer la requérante par l'expert médical que le 23 juillet 2015 malgré cinq relances de la CNRACL. Egalement, dans le cadre du traitement de la demande transmise à la CNRACL le 4 janvier 2021, alors que la requérante, convoquée le 6 janvier 2016 par l'expert médical dont l'avis a été sollicité par la commission de réforme, ne conteste pas ne pas avoir honoré son rendez-vous, la ville de Marseille n'a organisé de nouvelles expertises concernant son invalidité qu'en octobre 2017 et mars 2018. De surcroît, il ne résulte pas de l'instruction qu'entre mars 2018, date de la dernière expertise, et janvier 2021, date de transmission du dossier à la CNRACL, soit durant presque 3 ans, la ville de Marseille ait diligenté une quelconque démarche. Par suite, la requérante est fondée à soutenir que la ville de Marseille, qui n'a pas traité son dossier de mise à la retraite dans un délai raisonnable, a commis une faute susceptible d'engager sa responsabilité.

6. La ville de Marseille fait toutefois valoir qu'en s'abstenant d'entreprendre la moindre démarche pour obtenir sa mise à la retraite, Mme A a commis une faute de nature à l'exonérer de sa responsabilité. Il ne résulte pas de l'instruction que la requérante, qui percevait alors un demi-traitement, se soit manifestée auprès de la ville de Marseille concernant l'avancée de la procédure, et ce entre le 8 mars 2011, date de son courrier de demande de placement à la retraite, et la décision effective du 22 janvier 2021 de placement à la retraite, soit pendant une période de 10 ans. Dans ces conditions, elle a commis une faute de nature à atténuer la responsabilité de la ville de Marseille à hauteur de 30 %.

En ce qui concerne les préjudices :

7. La carence fautive de la ville du Marseille dans la mise en œuvre de ses obligations de placement à la retraite d'un fonctionnaire présentant une inaptitude absolue et définitive à l'exercice de toute fonction après expiration de ses droits à congé de maladie est susceptible d'engager sa responsabilité, pour autant qu'il en soit résulté un préjudice direct et certain.

8. En premier lieu, Mme A soutient avoir été privée de la possibilité d'exercer un emploi dans le secteur privé et, en conséquence, d'une majoration de retraite. La requérante ne produit toutefois aucun élément de nature à établir le caractère sérieux et suffisamment probable de la chance qu'elle aurait eue, dans le cas où elle aurait été placée en retraite pour invalidité dans un délai raisonnable, de tirer des revenus d'un emploi dans le secteur privé, en dépit de son inaptitude définitive à tout emploi dans la fonction publique. L'existence d'un préjudice financier n'est ainsi pas établie.

9. En second lieu, Mme A qui produit un certificat médical en ce sens, invoque un préjudice moral lié au fait que son état de santé tant physique que psychologique s'est dégradé en raison, d'une part, de l'inactivité et, d'autre part, de l'incertitude dans laquelle elle a été laissée de 2011 à 2021. Il sera fait une juste appréciation du préjudice moral subi par la requérante, dont le dossier de placement à la retraite a été négligé de 2013 à 2021, en l'évaluant à la somme de 8 000 euros. Compte tenu du partage de responsabilité exposé au point 6, la ville de Marseille doit être condamnée à verser à Mme A la somme de 5 600 euros au titre de ce préjudice moral.

10. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A est seulement fondée à demander la condamnation de la ville de Marseille à lui verser une somme de 5 600 euros.

Sur les frais liés à l'instance :

11. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la ville de Marseille, par application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le versement à la requérante d'une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font en revanche obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de la CNRACL, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance. Enfin, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de Mme A le versement de la somme demandée par la CNRACL au titre des mêmes dispositions.

D E C I D E :

Article 1er : La ville de Marseille est condamnée à verser à Mme A la somme de 5 600 euros.

Article 2 : La ville de Marseille versera à Mme A la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Les conclusions présentées par la CNRACL sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à la ville de Marseille et à la

la caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales.

Délibéré après l'audience du 5 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Jorda-Lecroq, présidente,

Mme Gaspard-Truc, première conseillère,

Mme Forest, première conseillère,

Assistées par Mme Faure, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 novembre 2024.

La rapporteure,

Signé

H. Forest

La présidente,

Signé

K. Jorda-Lecroq

La greffière,

Signé

N. Faure

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

La greffière.

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