mardi 12 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2203408 |
| Type | Décision |
| Recours | Question préjudicielle |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | SCP ERMENEUX LEVAIQUE ARNAUD |
Vu la procédure suivante :
Par un jugement du 7 avril 2022, le tribunal judiciaire d'Aix-en-Provence a sursis à statuer sur la demande tendant à ce que Mme B épouse C A soit déclarée solidairement responsable du paiement des impositions et pénalités dues par la SAS BM, pour un montant de 186 302 euros et a ordonné la transmission au tribunal administratif de la question préjudicielle suivante : la rectification fiscale de la société BM relative aux exercices 2012 et 2013 est-elle ou non conforme aux dispositions de l'article L. 52 du livre des procédures fiscales relatives à la durée de la vérification sur place des livres ou documents '
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 mai 2022, la directrice régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône conclut à ce qu'il soit jugé que la rectification fiscale de la société BM relative aux exercices 2012 et 2013 est conforme aux dispositions de l'article L. 52 du livre des procédures fiscales relatives à la durée de la vérification sur place des livres ou documents.
Elle soutient que :
- la vérification sur place a duré moins de trois mois ;
- en toute hypothèse, eu égard aux graves irrégularités privant de valeur probante la comptabilité de la SAS BM, les dispositions du 4° du II de l'article L. 52 du livre des procédures fiscales permettant la prolongation jusqu'à six mois des opérations de contrôle étaient applicables.
Par deux mémoires enregistrés les 8 et 16 juin 2022, Mme B épouse C, représentée par Me Cauchie, conclut, dans le dernier état de ses écritures, à ce qu'il soit jugé que la rectification fiscale de la société BM relative aux exercices 2012 et 2013 n'est pas conforme aux dispositions de l'article L. 52 du livre des procédures fiscales relatives à la durée de la vérification sur place des livres ou documents et ne saurait lui être opposée et à ce qu'une somme de 6 000 euros soit mise à la charge de l'Etat au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le délai de trois mois prévue par l'article L. 52 du livre des procédures fiscales n'a pas été respecté, les opérations de contrôle ayant débuté le 9 septembre 2014 et pris fin le 16 décembre suivant ;
- en l'absence de précision sur la date à laquelle l'administration a requis la communication sous forme dématérialisée de la comptabilité sociale, les dispositions du III de l'article L. 52, suspendant ce délai durant le temps nécessaire à la remise de la copie de ces fichiers ne peuvent trouver à s'appliquer ;
- le courrier adressé à la société le 21 août 2014, silencieux sur la suspension du délai de trois mois et sur les périodes concernées, ne pouvait, eu égard à son contenu, tenir lieu de réquisition, seule susceptible d'entraîner la suspension du délai de trois mois ;
- les dispositions du II de l'article L. 52 du livre des procédures fiscales ne sauraient davantage trouver à s'appliquer dès lors que, en méconnaissance de sa propre doctrine, qui lui est opposable, l'administration n'a pas informé la société de ce que, en raison d'irrégularités comptables, le délai de trois mois serait porté à six mois.
Les parties ont été informées par courrier du 10 juin 2022 de ce que le jugement était susceptible d'être fondée sur un moyen, relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin de décharge présentées par Mme B.
Par ordonnance du 9 juin 2022, la clôture d'instruction a été reportée au 17 juin 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Anne Menasseyre, présidente rapporteure,
- et les conclusions de M. Claudé-Mougel, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Par jugement du 7 avril 2022, le tribunal judiciaire d'Aix-en-Provence a sursis à statuer sur la demande tendant à ce que Mme B épouse C A soit déclarée solidairement responsable du paiement des impositions et pénalités dues par la SAS BM, pour un montant de 186 302 euros, et a ordonné la transmission au tribunal administratif de la question préjudicielle suivante : la rectification fiscale de la société BM relative aux exercices 2012 et 2013 est-elle ou non conforme aux dispositions de l'article L. 52 du livre des procédures fiscales relatives à la durée de la vérification sur place des livres ou documents '
2. Aux termes du I. de l'article L. 47 A du livre des procédures fiscales, dans sa rédaction applicable en l'espèce : " Lorsque la comptabilité est tenue au moyen de systèmes informatisés, le contribuable satisfait à l'obligation de représentation des documents comptables mentionnés au premier alinéa de l'article 54 du code général des impôts en remettant au début des opérations de contrôle, sous forme dématérialisée () une copie des fichiers des écritures comptables () ". Aux termes de l'article L. 52 de ce livre, dans sa rédaction applicable en l'espèce : " I.-Sous peine de nullité de l'imposition, la vérification sur place des livres ou documents comptables ne peut s'étendre sur une durée supérieure à trois mois en ce qui concerne : / 1° Les entreprises industrielles et commerciales ou les contribuables se livrant à une activité non commerciale dont le chiffre d'affaires ou le montant annuel des recettes brutes n'excède pas les limites prévues au I de l'article 302 septies A du code général des impôts ; () III.- En cas de mise en œuvre du I de l'article L. 47 A, le délai de trois mois prévu au I du présent article est suspendu jusqu'à la remise de la copie des fichiers des écritures comptables à l'administration. () ". Il résulte de la combinaison de ces dispositions que la vérification sur place des livres et documents mentionnée à l'article L. 52 débute à la date à laquelle le vérificateur commence à contrôler sur place la sincérité des déclarations fiscales et se trouve suspendue, dans le cas de remise incomplète des écritures comptables, jusqu'au jour de la remise complète des documents comptables informatisés de l'entreprise vérifiée. Par ailleurs, l'article L. 52 du livre des procédures fiscales n'impose pas à l'administration, à peine d'irrégularité de la procédure, d'informer le contribuable de la suspension du délai de vérification sur place lorsque la copie des fichiers des écritures comptables n'est pas concomitante à la première intervention.
3. La SAS BM, créée en 2012 et dissoute en 2018, et qui avait pour activité la commercialisation de cigarettes électroniques et accessoires, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur la période allant du 1er mai 2012 au 31 décembre 2013, engagée, en matière de taxe sur la valeur ajoutée, par avis de vérification de comptabilité du 21 août 2014 prévoyant une première intervention le 9 septembre 2014, et, pour l'ensemble de ses déclarations fiscales ou opérations susceptibles d'être examinées hormis la taxe sur la valeur ajoutée, par avis de vérification du 21 octobre 2014 prévoyant une première intervention le 3 novembre 2014.
4. Il résulte de l'instruction que la comptabilité de la société était tenue sous forme informatisée. L'avis de vérification qui lui a été adressé le 21 août 2014, lui demandait de tenir à la disposition du vérificateur ses documents comptables et pièces justificatives et précisait la période visée par le contrôle. Il indiquait également que la SAS BM devait remettre ces documents sous la forme d'une copie des fichiers des écritures comptables si sa comptabilité était tenue au moyen d'un système informatisé. Ces mentions permettaient à la société, contrairement à ce que soutient Mme B, de mesurer l'étendue de ses obligations. Il résulte de l'instruction que le fichier des écritures comptables a été remis au vérificateur le 22 septembre 2014 s'agissant de la vérification engagée par le premier avis, et le 3 novembre 2014 s'agissant du contrôle engagé par le second avis. Il s'ensuit, en application des dispositions combinées du III de l'article L. 52 du livre des procédures fiscales et du I de l'article L. 47 A du même code, que le délai de trois mois fixé au I du même article L. 52, qui a couru à compter du 9 septembre 2014, date de la première intervention dans les locaux de la société, a été suspendu entre cette date et le 22 septembre 2014, date de la remise de la comptabilité informatisée. Ainsi, à la date de la réunion de synthèse qui s'est tenue le 16 décembre 2014, le délai de trois mois n'était pas expiré.
5. Au surplus, les dispositions du 4° du II. de l'article L. 52 du livre des procédures fiscales portent de trois à six mois la durée maximale des opérations de contrôle sur place en cas de graves irrégularités privant de valeur probante la comptabilité. Elles n'imposent nullement à l'administration, à peine d'irrégularité de la procédure, d'informer le contribuable de la prolongation du délai de vérification sur place lorsque, comme en l'espèce, la comptabilité s'avère dénuée de valeur probante. Si Mme B invoque le paragraphe 140 de l'instruction référencée BOI-CF-PGR-20-30-20 selon lequel " Lorsque les irrégularités constatées dans la comptabilité conduisent à mettre en cause sa valeur probante, le vérificateur informera le contribuable que la durée de la vérification est portée à 6 mois. ", cette instruction, relative à la procédure d'imposition, ne peut être opposée à l'administration sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales.
6. Il y a donc lieu de répondre à la question posée que la rectification fiscale de la société BM relative aux exercices 2012 et 2013 est conforme aux dispositions de l'article L. 52 du livre des procédures fiscales relatives à la durée de la vérification sur place des livres ou documents.
7. Enfin, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions présentées par Mme B, partie perdante, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E:
Article 1er : La durée de vérification de comptabilité dont a fait l'objet la SAS BM n'a pas excédé le délai prescrit par les dispositions de l'article L. 52 du livre des procédures fiscales.
Article 2 : Les conclusions présentées par Mme B épouse C A sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié au tribunal judicaire d'Aix-en-Provence, à Mme B épouse C A et à la directrice régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte-d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône.
Délibéré après l'audience du 28 juin 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Menasseyre, présidente rapporteure,
Mme Caselles, première conseillère.
M. Danveau, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2022.
La présidente rapporteure,
Signé
A. Menasseyre
L'assesseure la plus ancienne dans l'ordre du tableau,
Signé
S. CasellesLe greffier,
Signé
A. Brémond
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Le greffier,
N°2203408
Tribunal Administratif de Lyon — N° TA69-2410256
**Sujet principal** : Demande d'annulation du refus de la préfète du Rhône de fixer un rendez-vous pour le dépôt d'une demande de titre de séjour. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Lyon (7ème chambre). **Solution retenue** : Le tribunal donne acte du désistement de la requête de la demanderesse. Ce désistement est prononcé car, ayant annoncé un mémoire complémentaire dans sa requête sommaire, elle ne l'a pas produit dans le délai légal de quinze jours. **Textes appliqués** : L'article R. 911-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui prévoit la sanction du désistement en cas de non-production d'un mémoire complémentaire annoncé dans le délai imparti.
03/04/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-25PA03088
03/04/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-25PA03164
03/04/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-25PA03165
03/04/2026