vendredi 12 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2203432 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | JULLIEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 avril 2022, Mme D C, représentée par Me Jullien, demande au tribunal :
1°) de condamner la métropole d'Aix-Marseille-Provence et la commune de Marseille à lui verser la somme de 40 000 euros en réparation des préjudices subis du fait de sa chute le 8 octobre 2021 au niveau du n° 46 de l'avenue Clot Bey à Marseille (13008) ;
2°) de mettre à la charge de la métropole d'Aix-Marseille-Provence et de la commune de Marseille la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les dépens.
Elle soutient que :
- la responsabilité de la métropole d'Aix-Marseille-Provence et de la commune de Marseille est engagée pour défaut d'entretien normal de la chaussée, dès lors qu'elle a chuté dans une excavation située au droit du n° 46 de l'avenue Clot Bey à Marseille le 8 octobre 2021, que cette défectuosité n'était pas signalée ;
- son préjudice corporel doit être réparé par l'allocation d'une somme de 40 000 euros.
Par un mémoire en défense enregistré le 14 juin 2022, la métropole d'Aix-Marseille-Provence, représentée par Me Pontier, conclut au rejet de la requête, à titre subsidiaire à ce que l'indemnisation soit ramenée à de plus justes proportions et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de Mme A C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- ni la matérialité des faits ni le lien de causalité entre la voie et la chute ne sont établis ;
- aucun défaut d'entretien normal ne peut lui être reproché ;
- la faute d'inattention de la victime, qui connaissait les lieux, doit l'exonérer de sa propre responsabilité ;
- la réalité des préjudices allégués n'est pas démontrée ;
- le montant réclamé doit être ramené à de plus justes proportions.
Par un mémoire en défense enregistré le 24 juin 2022, la commune de Marseille, représentée par son maire en exercice, conclut à sa mise hors de cause.
Elle soutient qu'elle n'a plus de compétence en matière d'entretien de voirie, conformément aux dispositions du code général des collectivités territoriales.
Par une lettre enregistrée le 30 juin 2022, la caisse commune de sécurité sociale des Hautes-Alpes informe le tribunal qu'elle n'entend pas intervenir à l'instance.
La procédure a été communiquée à la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, qui a indiqué au tribunal, par un mémoire enregistré le 6 juin 2024, n'avoir aucune créance à faire valoir en sa qualité d'employeur.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Niquet,
- et les conclusions de M. Boidé, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A C expose avoir été victime, le 8 octobre 2021, d'une chute dans une excavation située au niveau du n°46 de l'avenue Clot Bey à Marseille (13008) en quittant son lieu de travail vers 18h50. Faute de réponse expresse à sa demande indemnitaire préalable adressée à la métropole d'Aix-Marseille-Provence, la requérante engage la responsabilité de la métropole d'Aix-Marseille-Provence et de la commune de Marseille et demande leur condamnation à lui verser la somme de 40 000 euros en réparation de ses préjudices corporels.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. Il appartient à la victime d'un dommage survenu à l'occasion de l'utilisation d'un ouvrage public d'apporter la preuve du lien de causalité entre l'ouvrage public dont elle était usagère et le dommage dont elle se prévaut. La collectivité en charge de l'ouvrage peut s'exonérer de sa responsabilité en rapportant la preuve soit de l'entretien normal de celui-ci, soit de ce que le dommage est imputable à la faute de la victime ou à un cas de force majeure.
3. Mme A C doit être regardée comme recherchant d'une part la responsabilité pour faute du maire de la commune de Marseille au titre de sa carence dans l'exercice de ses pouvoirs de police d'assurer la commodité et la sûreté du passage dans les rues et places publiques, et d'autre part celle de la métropole d'Aix-Marseille-Provence au titre du défaut d'entretien normal de la chaussée en cause. A l'appui de ses affirmations, Mme A C verse au dossier cinq photographies non datées et figurant seulement une légère excavation, sans que les prises de vue ne permettent de la situer dans son environnement, ainsi qu'une attestation rédigée de sa main. Si Mme A C justifie d'une part, par la production d'une attestation d'intervention du bataillon des marins-pompiers de Marseille, avoir été transportée le 8 octobre 2021 à l'hôpital Saint Joseph, et d'autre part avoir subi une contusion au genou droit, elle n'établit en revanche pas les circonstances précises de l'accident survenu le jour même ni, par suite, la matérialité des faits et le lien de causalité entre les dommages qu'elle indique avoir subis et la défectuosité alléguée de la chaussée. Dans ces conditions, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la cause exonératoire invoquée par la métropole d'Aix-Marseille-Provence en défense, les conclusions indemnitaires présentées par Mme A C doivent être rejetées.
4. Il résulte de ce qui précède que Mme A C n'est pas fondée à rechercher la responsabilité de la métropole d'Aix-Marseille-Provence ou de la commune de Marseille.
Sur la déclaration de jugement commun :
5. D'une part, la caisse commune de sécurité sociale des Hautes-Alpes, mise en cause, a informé le tribunal ne pas intervenir à l'instance.
6. D'autre part, la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, employeur de Mme A C, a déclaré ne pas avoir de créance à faire valoir.
7. Il y a lieu, dès lors, de leur déclarer commun le présent jugement.
Sur les dépens :
8. La présente instance n'ayant pas donné lieu à dépens, les conclusions présentées à cet égard par la requérante doivent en tout état de cause être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions de la requérante tendant à leur application et dirigées contre la métropole d'Aix-Marseille-Provence et la commune de Marseille, qui ne sont pas parties perdantes. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions que la métropole d'Aix-Marseille-Provence présente au titre des frais d'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement est déclaré commun à la caisse commune de sécurité sociale des Hautes-Alpes et à la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Article 3 : Les conclusions présentées par la métropole d'Aix-Marseille-Provence au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A C, à la commune de Marseille, à la caisse commune de sécurité sociale des Hautes-Alpes, à la région Provence-Alpes-Côte d'Azur et à la métropole d'Aix-Marseille-Provence.
Délibéré après l'audience du 26 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Lopa Dufrénot, présidente,
Mme Niquet, première conseillère,
Mme Ollivaux, première conseillère,
Assistées de M. Giraud, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2024.
La rapporteure,
Signé
A. Niquet
La présidente,
Signé
M. Lopa Dufrénot
Le greffier,
Signé
P. Giraud
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026