jeudi 17 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2203716 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP GOBERT & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 29 avril 2022 et le 12 mai 2022, le Grand port maritime de Marseille (GPMM), représenté par Me Gobert, défère au Tribunal, en tant que prévenue d'une contravention de grande voirie, la société Cosco Shipping Development Co Ltd, et demande au Tribunal :
1°) de condamner ladite société au versement du montant des frais de remise en état des installations portuaires endommagées par le navire " Cscl Venus " lors du heurt du quai d'Eurofos sur la commune de Fos-sur-Mer survenu le 4 janvier 2019 ;
2°) de mettre à la charge de la contrevenante la somme de 1 200 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le 4 janvier 2019, le navire " Cscl Venus " n° OMI 9467251, appartenant à la société Cosco Shipping Development Co Ltd a, au cours de sa manœuvre, heurté et endommagé le quai et le bollard n°45 du port d'Eurofos, sur la commune de Fos-sur-Mer ;
- ces faits ont été consignés dans un procès-verbal de contravention de grande voirie établi le 4 janvier 2019, par l'officier de port adjoint au GPMM, assermenté conformément à la loi ;
- par courrier recommandé du 5 février 2019, il a indiqué au tiers responsable, l'armateur Cscl Venus Shipping Company Ltd, désormais Cosco Shipping Development Co Ltd, que sa responsabilité était engagée et que, par un prochain courrier, le montant des dépenses engagées pour la remise en état de ses installations serait porté à sa connaissance ;
- par un courrier recommandé du 24 février 2022, il a procédé à la notification du procès-verbal de contravention de grande voirie et a informé la Cscl Venus Shipping que le montant des frais de réparation était estimé à 11 115 euros HT ; il a également été rappelé à la contrevenante que, en vertu de l'article L. 774-2 du code de justice administrative, elle disposait d'un délai de quinze jours suivant la notification du procès-verbal, pour présenter ses défenses écrites ; aucune observation n'a été formulée par la société mise en cause.
Les parties ont été informées le 13 octobre 2022, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de la prescription de l'action publique dans les conditions prévues à l'article 9 du code de procédure pénale.
Vu :
- le procès-verbal de contravention de grande voirie dressé le 4 janvier 2019 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code pénal ;
- le code de procédure pénale ;
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code des transports ;
- le code de justice administrative, notamment son article L. 774-1.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A ;
- les conclusions de Mme Beyrend, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Cournand, représentant le Grand port maritime de Marseille.
Considérant ce qui suit :
1. Le 4 janvier 2019, un procès-verbal de contravention de grande voirie a été dressé par l'officier de port adjoint au Grand port maritime de Marseille, constatant l'endommagement, lors d'une manœuvre effectuée par le navire " Cscl Venus ", appartenant à la société Cosco Shipping Development Co Ltd, du quai et du bollard n°45 du port d'Eurofos, sur la commune de Fos-sur-Mer. Par courrier recommandé du 24 février 2022, le GPMM a notifié à la Cscl Venus Shipping Company Ltd, désormais Cosco Shipping Development Co Ltd, le procès-verbal du 4 janvier 2019 précité.
Sur l'action publique :
2. En vertu des dispositions combinées des articles 9 et 9-2 du code de procédure pénale, l'action publique des contraventions se prescrit par une année révolue à compter du jour où l'infraction a été commise ou à compter de tout acte d'instruction ou de poursuite.
3. Il résulte de l'instruction qu'aucun acte d'instruction n'est intervenu entre, d'une part, le courrier du 5 février 2019 par lequel le GPMM a indiqué à l'armateur Cscl Venus Shipping Company Ltd, désormais Cosco Shipping Development Co Ltd, que sa responsabilité était engagée et, d'autre part, la notification du procès-verbal de contravention de grande voirie par courrier recommandé du 24 février 2022, de telle sorte qu'il s'est écoulé plus d'un an entre deux actes d'instruction. L'action publique est ainsi prescrite. Il s'ensuit qu'il n'y a pas lieu de statuer sur l'action publique.
Sur l'atteinte au domaine public :
4. Aux termes de l'article L. 2132-2 du code général de la propriété des personnes publiques : " Les contraventions de grande voirie sont instituées par la loi ou par décret, selon le montant de l'amende encourue, en vue de la répression des manquements aux textes qui ont pour objet, pour les dépendances du domaine public n'appartenant pas à la voirie routière, la protection soit de l'intégrité ou de l'utilisation de ce domaine public, soit d'une servitude administrative mentionnée à l'article L. 2131-1. ". Aux termes de l'article L. 5335-2 du code des transports : " Il est interdit de porter atteinte au bon état () du port et de ses installations () ". Aux termes de l'article L. 5337-1 du même code : " Sans préjudice des sanctions pénales encourues, tout manquement aux dispositions du chapitre V du présent titre, à celles du présent chapitre et aux dispositions réglementant l'utilisation du domaine public, notamment celles relatives aux occupations sans titre, constitue une contravention de grande voirie réprimée dans les conditions prévues par les dispositions du présent chapitre ".
5. Il résulte de l'instruction, et notamment du procès-verbal dressé le 4 janvier 2019 par l'officier de port adjoint au GPMM, que lors d'une manœuvre effectuée au terminal Eurofos, dans les bassins ouest du Grand port maritime de Marseille, le navire " Cscl Venus ", appartenant à la société Cosco Shipping Development Co Ltd, a endommagé le quai et le bollard n°45. Alors qu'il ne résulte pas de l'instruction que l'état des installations ou les conditions météorologiques auraient constitué un fait ayant mis le contrevenant dans l'impossibilité de prendre les mesures de nature à éviter tout dommage aux installations portuaires, ces faits contreviennent aux dispositions ci-dessus reproduites et constituent une contravention de grande voirie.
Sur la réparation :
6. Le juge, saisi d'un litige relatif à l'évaluation par l'administration du dommage causé au domaine public par l'auteur d'une contravention de grande voirie, n'en remet pas en cause le montant, sauf si ce dernier présente un caractère anormal.
7. Il résulte de l'instruction, notamment de l'estimatif établi le 4 février 2022 par le GPMM, que le coût des travaux de remise en état des installations endommagées est estimé à la somme de 11 115 euros. Ce montant qui n'a fait l'objet d'aucune actualisation de la part du GPMM, n'est pas contesté par la société Cosco Shipping Development Co Ltd qui n'a pas produit de mémoire en défense. Par ailleurs, eu égard aux dommages, il ne résulte pas de l'instruction que le montant auquel le GPMM estime la remise en état du domaine public présenterait un caractère anormal. Par suite, il y a lieu de condamner la société Cosco Shipping Development Co Ltd à payer au GPMM la somme précitée de 11 115 euros, correspondant à la remise en état du domaine public portuaire.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société Cosco Shipping Development Co Ltd le versement au GPMM d'une somme de 1 200 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur l'action publique.
Article 2 : La société Cosco Shipping Development Co Ltd est condamnée à verser au Grand Port Maritime de Marseille la somme de 11 115 euros (onze mille cent quinze euros) correspondant aux frais de remise en état du domaine public portuaire.
Article 3 : La société Cosco Shipping Development Co Ltd versera au Grand port maritime de Marseille la somme de 1 200 (mille deux cents) euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera adressé au Grand Port Maritime de Marseille pour notification à la société Cosco Shipping Development Co Ltd, dans les conditions prévues à l'article L. 774-6 du code de justice administrative.
Délibéré après l'audience du 3 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Laso, président,
Mme Niquet, première conseillère,
Mme Ollivaux, première conseillère,
Assistés de M. Giraud, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 novembre 2022.
Le président-rapporteur,
signé
J-M. AL'assesseure la plus ancienne,
signé
A. NIQUET
Le greffier,
signé
P. GIRAUD
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026