jeudi 10 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2204286 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SELARL ANDREANI-HUMBERT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 mai 2022, Mme B A demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 28 avril 2022 par laquelle le directeur de l'agence Pôle emploi Provence-Alpes-Côte d'azur (PACA) a refusé sa demande d'aide individuelle à la formation pour suivre une formation intitulée " L'acteur sous la direction de cinq réalisateurs -formation intensive de 10 jours " ;
2°) d'ordonner à l'agence Pôle emploi Bretagne la communication de toutes décisions de prise en charge de ladite formation ;
3°) d'enjoindre au directeur de Pôle emploi PACA de lui délivrer l'autorisation sollicitée, sous astreinte de 200 euros par jour de retard après un délai de 48 heures à compter de la date de notification du présent jugement ;
4°) de mettre à la charge de Pôle emploi PACA les entiers dépens.
Elle soutient que :
- le directeur de Pôle emploi PACA ne pouvait lui opposer l'existence d'un autre mode de prise en charge financière ;
- la décision contestée est discriminatoire et porte atteinte au principe d'égalité de traitement des demandeurs d'emploi entre les différentes régions.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er juillet 2022, le directeur régional de Pôle emploi PACA, représenté par Me Andreani, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués par Mme A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- la délibération du conseil d'administration de Pôle emploi n°2015-10 du 3 février 2015 ;
- l'instruction de Pôle emploi n° 2017-5 du 10 janvier 2017 relative à l'aide individuelle à la formation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Le Mestric, première conseillère,
- les conclusions de Mme Pilidjian, rapporteure publique.
L'instruction a été close à l'issue de l'appel de l'affaire à l'audience publique en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, inscrite sur la liste des demandeurs d'emploi depuis le 18 décembre 2018, a présenté le 23 avril 2022 à Pôle emploi-Marseille une demande de financement d'une aide individuelle à la formation de dix jours intitulée " L'acteur sous la direction de cinq réalisateurs " organisée par l'organisme de formation Clap Class. Par une décision du 28 avril 2022, dont elle demande l'annulation, le directeur de l'agence Pôle Emploi de Marseille Paradis a rejeté sa demande au motif qu'un autre dispositif de financement existait.
2. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne en matière d'aide ou d'action sociale, de logement ou au titre des dispositions en faveur des travailleurs privés d'emploi, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il lui appartient d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision, en fixant alors lui-même tout ou partie des droits de l'intéressé et en le renvoyant, au besoin, devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation pour le surplus, sur la base des motifs de son jugement. Dans le cas d'un contentieux portant sur une demande d'aide destinée à prendre en charge tout ou partie d'une dépense spécifique, soit le requérant a effectivement exposé cette dépense et le juge doit rechercher s'il satisfaisait alors aux conditions pour obtenir l'aide sollicitée, soit il n'a pas été en mesure de le faire et le juge doit rechercher si la demande d'aide conserve un objet et si le requérant remplit les conditions pour l'obtenir, au regard des dispositions applicables et de la situation de fait existant à la date à laquelle il statue. Dans les deux cas il doit, le cas échéant, prendre en considération la marge d'appréciation dont l'administration dispose pour accorder l'aide en litige.
3. Aux termes de l'article L. 5411-6 du code du travail : " Le demandeur d'emploi immédiatement disponible pour occuper un emploi est orienté et accompagné dans sa recherche d'emploi par Pôle emploi. Il est tenu de participer à la définition et à l'actualisation du projet personnalisé d'accès à l'emploi mentionné à l'article L. 5411-6-1 () ". Aux termes de l'article L. 5411-6-1 du même code : " Un projet personnalisé d'accès à l'emploi est élaboré et actualisé conjointement par le demandeur d'emploi et Pôle emploi ou, lorsqu'une convention passée avec Pôle emploi le prévoit, un organisme participant au service public de l'emploi. Le projet personnalisé d'accès à l'emploi et ses actualisations sont alors transmis pour information à Pôle emploi. / Ce projet précise, en tenant compte de la formation du demandeur d'emploi, de ses qualifications, de ses connaissances et compétences acquises au cours de ses expériences professionnelles, de sa situation personnelle et familiale ainsi que de la situation du marché du travail local, la nature et les caractéristiques de l'emploi ou des emplois recherchés, la zone géographique privilégiée et le niveau de salaire attendu. () ".
4. Par délibération n° 2015-10 du 3 février 2015 du conseil d'administration de Pôle emploi, une aide individuelle à la formation, revêtant un caractère complémentaire et subsidiaire aux financements accordés par les collectivités publiques et les organismes paritaires collecteurs agréés, peut être attribuée pour financer en tout ou partie les frais pédagogiques des formations, suivies par des demandeurs d'emploi, dont le contenu, les coûts pédagogiques et la durée ont été validés par Pôle emploi, dans le cadre de leur projet professionnel.
5. Enfin l'article 3 de l'instruction n° 2017-5 du 10 janvier 2017 visée ci-dessus indique, s'agissant des conditions d'attribution de cette aide, que : " Seules les actions de formation ayant été validées par Pôle emploi dans le cadre du projet personnalisé d'accès à l'emploi (PPAE) du demandeur d'emploi peuvent donner lieu à l'attribution de l'aide individuelle de formation. () / La validation de la demande d'aide individuelle à la formation se fait au regard notamment : / () - du fait que la formation apparaisse nécessaire et/ou adaptée au reclassement du demandeur d'emploi tel que défini dans son projet professionnel ; () / L'aide individuelle à la formation sert à financer des actions de formation qui ont pour vocation un retour rapide et durable à l'emploi. Ainsi les formations supérieures à un an (par exemple, les formations universitaires) doivent rester exceptionnelles. Elles doivent préparer à un métier et avoir une visée professionnelle directe (BTS, Master professionnel, etc.) (). ".
6. Il résulte de ces dispositions que l'aide individuelle à la formation, qui présente un caractère subsidiaire et complémentaire aux aides équivalentes susceptibles d'être accordées par d'autres partenaires institutionnels de Pôle emploi, peut être octroyée à tout demandeur d'emploi portant sur un projet de formation individuelle inscrit à son projet personnalisé d'accès à l'emploi. L'acceptation de la formation et de la prise en charge financière, en lieu et place du demandeur d'emploi, de tout ou partie des frais pédagogiques y afférents par Pôle emploi est notamment subordonnée à la condition que les autres aides ne soient pas mobilisables et que la politique d'achat de Pôle emploi, dans le cadre des marchés de formation, ne réponde pas à cette demande. En outre, l'attribution de cette aide ne constitue pas un droit. Elle est attribuée au niveau local, en fonction de priorités arrêtées au niveau régional, dans la limite des enveloppes disponibles et compte tenu des possibilités de reprise d'emploi selon le projet personnalisé propre à chaque demandeur d'emploi.
7. Il résulte de l'instruction que Mme A a demandé la prise en charge de sa formation intitulée " L'acteur sous la direction de cinq réalisateurs " pour un coût de 2 100 euros. Cette prise en charge a été refusée par une décision du directeur de l'agence Pôle emploi de Marseille du 28 avril 2022, au motif, non sérieusement contesté, qu'une autre modalité de financement est disponible via le dispositif régional " Pass sud formation " que Mme A ne démontre d'ailleurs pas avoir sollicité. Par suite, compte tenu du caractère subsidiaire de l'aide sollicitée, la requérante ne remplit pas les conditions préalables pour obtenir le bénéfice de l'aide individuelle à la formation.
8. Si Mme A fait valoir que d'autres demandeurs d'emploi en région Bretagne auraient bénéficié d'une aide individuelle à la formation de la part de Pôle emploi pour la même formation, cette circonstance à la supposée même avérée est sans incidence sur ses propres droits au bénéfice de l'aide alors d'ailleurs qu'elle ne démontre pas, eu égard au motif de refus précédemment mentionné, que ces tiers se trouvaient dans la même situation qu'elle. Par suite, et sans qu'il soit besoin en tout état de cause de faire droit aux conclusions accessoires présentées par la requérante à fin de communication de documents émanant de Pôle emploi Bretagne, le moyen tiré de la méconnaissance du principe d'égalité doit être écarté.
9. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A tendant à l'annulation de la décision de refus du 28 avril 2022, à la communication par l'agence Pôle emploi Bretagne de toute décision de prise en charge de la formation " L'acteur sous la direction de cinq réalisateurs ", au prononcé d'une injonction d'octroi de l'aide sollicitée ainsi qu'à la mise à la charge de Pôle Emploi des dépens de l'instance doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à Pôle Emploi, devenu France Travail.
Délibéré après l'audience du 26 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Hameline, présidente,
Mme Le Mestric, première conseillère,
Mme Fabre, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2024.
La rapporteure,
signé
F. Le Mestric
La présidente,
signé
M-L. Hameline La greffière
signé
B. Marquet
La République mande et ordonne au ministre du travail et de l'emploi en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026