vendredi 12 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2204532 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL ABEILLE & ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 30 mai 2022, M. A B, représenté par Me Reynaud, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite de rejet née du silence conservé par la présidente du conseil de la métropole d'Aix-Marseille-Provence sur sa demande tendant à l'indemnisation de son préjudice ;
2°) de désigner un expert avant-dire droit pour déterminer l'étendue de ses préjudices nés de sa chute à scooter, le 29 juin 2020, sur la corniche Kennedy à Marseille ;
3°) de condamner la métropole d'Aix-Marseille-Provence à lui verser la somme de 5 000 euros à titre provisionnel, à valoir sur l'indemnisation définitive de son préjudice ;
4°) à titre subsidiaire, de condamner la métropole d'Aix-Marseille-Provence à lui verser la somme de 25 000 euros en réparation du préjudice corporel qu'il a subi du fait de la chute à scooter survenue le 29 juin 2020 à Marseille ;
5°) de mettre à la charge de la métropole d'Aix-Marseille-Provence la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les dépens.
Il soutient que :
- la responsabilité de la métropole d'Aix-Marseille-Provence est engagée pour défaut d'entretien normal de la chaussée, dès lors qu'il a chuté, alors qu'il circulait à scooter, en raison d'une flaque d'huile présente sur la chaussée, située corniche Kennedy à Marseille, que ce défaut d'entretien n'était pas signalé ; le lien de causalité entre la chute et le défaut d'entretien est établi ;
- il n'a lui-même commis aucune faute ;
- il a subi une fracture fermée à la suite de sa chute ; l'étendue de son préjudice doit être fixée par un expert médical ;
- dans l'attente de la fixation de son préjudice, une allocation provisionnelle de 5 000 euros doit lui être versée ;
- à titre subsidiaire, son préjudice corporel peut être réparé par l'allocation d'une somme de 25 000 euros.
Par un mémoire en défense enregistré le 22 juillet 2022, la métropole d'Aix-Marseille-Provence, représentée par Me Pontier, conclut au rejet de la requête ou à titre subsidiaire, à ce que les missions de l'expert désigné par le tribunal soient précisées et limitées et à ce que la demande provisionnelle soit ramenée à de plus justes proportions, et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- ni la matérialité des faits ni le lien de causalité entre la voie et la chute ne sont établis ;
- aucun défaut d'entretien normal ne peut lui être reproché ;
- la faute d'inattention de la victime, qui connaissait les lieux, doit l'exonérer de sa propre responsabilité ;
- la réalité des préjudices allégués n'est pas démontrée ;
- la mesure d'expertise ne serait d'aucune utilité ;
- le montant réclamé doit être ramené à de plus justes proportions.
Par une lettre enregistrée le 14 juin 2022, la caisse commune de sécurité sociale des Hautes-Alpes informe le tribunal qu'elle n'entend pas intervenir à l'instance.
La procédure a été communiquée à la commune de Marseille, en qualité d'employeur de M. B, qui n'a pas produit d'observations.
La procédure a été communiquée à la mutuelle Marseille métropole Mutame Provence, qui n'a pas produit d'observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Niquet,
- et les conclusions de M. Boidé, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B expose avoir été victime, le 29 juin 2020, d'une chute alors qu'il circulait à scooter sur la corniche Kennedy à Marseille, qui serait due à la présence d'une flaque d'huile sur la chaussée devenue glissante. Faute de réponse expresse à sa demande indemnitaire préalable adressée à la métropole d'Aix-Marseille-Provence, le requérant, dont les conclusions doivent être regardées comme tendant à cette seule fin, engage la responsabilité de la métropole d'Aix-Marseille-Provence et demande la désignation d'un expert médical en vue de déterminer l'étendue de son préjudice corporel, le versement d'une provision à hauteur de 5 000 euros ainsi que, à titre subsidiaire, le versement d'une somme de 25 000 euros en réparation de ses préjudices corporels.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. Il appartient à la victime d'un dommage survenu à l'occasion de l'utilisation d'un ouvrage public d'apporter la preuve du lien de causalité entre l'ouvrage public dont elle était usagère et le dommage dont elle se prévaut. La collectivité en charge de l'ouvrage peut s'exonérer de sa responsabilité en rapportant la preuve soit de l'entretien normal de celui-ci, soit de ce que le dommage est imputable à la faute de la victime ou à un cas de force majeure.
3. A l'appui de ses affirmations, M. B verse aux débats une attestation d'un tiers indiquant avoir été témoin d'un accident le 23 juin 2020, sur la corniche Kennedy, d'un homme ayant chuté à scooter en raison d'une plaque de gras sur la chaussée, ainsi que plusieurs captures d'écran issues de vidéos du centre de surveillance urbain, faisant apparaître, dans la circulation routière, un scooter chutant sur la chaussée. Toutefois, malgré les contestations de la métropole d'Aix-Marseille-Provence en défense, le requérant n'apporte aucun élément plus précis, notamment un témoignage, particulièrement concernant l'identité de la victime et le lieu de la chute. Par ailleurs, les captures d'écran de vidéos produites ne permettent pas davantage de déterminer l'emplacement de l'accident, ni d'identifier le conducteur du véhicule, victime, ni même la date de la chute dès lors que celle a été ajoutée manuellement. En outre, si le requérant établit avoir été hospitalisé le 29 juin 2020 ainsi que cela résulte de la lettre de liaison du 1er juillet suivant d'un médecin de l'hôpital de la Timone à Marseille, il résulte de ce même courrier que l'entrée de l'intéressé à l'hôpital a été réalisée " depuis le domicile ", avec un passage au service d'accueil des urgences, sans que cela ne permette de préciser les circonstances de la chute de M. B. De plus, si le requérant justifie, par les pièces médicales qu'il produit, avoir subi une opération à la cheville gauche, il n'établit en revanche pas les circonstances précises des faits à l'origine de la pathologie et ne peut ainsi être regardé comme établissant la matérialité des faits, ni le lien de causalité entre les dommages qu'il indique avoir subis et le défaut d'entretien allégué de la chaussée. Dans ces conditions, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la cause exonératoire invoquée par la métropole d'Aix-Marseille-Provence en défense, les conclusions à fin de désignation d'un expert, ainsi que les conclusions indemnitaires, présentées à titre de provision ou subsidiairement, à titre définitif, doivent être rejetées.
4. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'ordonner une expertise médicale, M. B n'est pas fondé à rechercher la responsabilité de la métropole d'Aix-Marseille-Provence.
Sur la déclaration de jugement commun :
5. En premier lieu, la caisse commune de sécurité sociale des Hautes-Alpes, mise en cause, a informé le tribunal ne pas intervenir à l'instance.
6. En deuxième lieu, la commune de Marseille, mise en cause en sa qualité d'employeur public du requérant, n'est pas intervenue à l'instance.
7. En dernier lieu, la mutuelle Marseille métropole Mutame Provence, appelée en la cause par le requérant, n'a pas produit d'observations.
8. Il y a lieu, dès lors, de leur déclarer commun le présent jugement.
Sur les dépens :
9. La présente instance n'ayant pas donné lieu à dépens, les conclusions présentées à cet égard par le requérant doivent en tout état de cause être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions du requérant tendant à leur application et dirigées contre la métropole d'Aix-Marseille-Provence, qui n'est pas partie perdante. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions que la métropole d'Aix-Marseille-Provence présente au titre des frais d'instance.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement est déclaré commun à la caisse commune de sécurité sociale des Hautes-Alpes, à la commune de Marseille et à la mutuelle Marseille métropole Mutame Provence.
Article 3 : Les conclusions présentées par la métropole d'Aix-Marseille-Provence au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à la commune de Marseille, à la caisse commune de sécurité sociale des Hautes-Alpes, à la mutuelle Marseille métropole Mutame Provence et à la métropole d'Aix-Marseille-Provence.
Délibéré après l'audience du 26 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Lopa Dufrénot, présidente,
Mme Niquet, première conseillère,
Mme Ollivaux, première conseillère,
Assistées de M. Giraud, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2024.
La rapporteure,
Signé
A. NIQUET
La présidente,
Signé
M. LOPA DUFRÉNOTLe greffier,
Signé
P. GIRAUD
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026