mardi 24 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2204898 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 9è ch Magistrat statuant seul |
| Avocat requérant | SLIMANI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés 14 juin 2022 et le 19 juillet 2023, M. C B, représenté par Me Slimani, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler le titre exécutoire n°16816 du 23 avril 2022 par lequel le conseil départemental des Bouches-du-Rhône a mis à sa charge la somme de 1 854,69 euros ;
2°) le rétablissement de ses droits au revenu de solidarité active avec effet rétroactif du 1er janvier 2019 sous astreinte de 100 euros de retard ;
3°) de condamner le département des Bouches du Rhône à lui verser la somme de 90 euros au titre du préjudice financier et 1 000 euros au titre du préjudice moral qu'il a subis ;
4°) de mettre à la charge la somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- il est victime d'une confusion sur son identité ;
- la bourse scolaire attribuée sur critère sociaux à sa fille ne peut être regardée comme un revenu ;
- le département des Bouches du Rhône a apprécié de manière erronée sa situation personnelle ;
- sa femme possède un seul compte bancaire ouvert au crédit agricole, et il est à l'origine des dépôts d'espèces et de chèques sur ce même compte ;
- il n'avait aucune ressource en 2018, ce qui est conforme aux déclarations trimestrielles qu'il a déposées, et il est sans ressources depuis le 1er janvier 2019.
Le département des Bouches-du-Rhône a produit l'entier dossier de l'allocataire le 5 juillet 2022.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 août 2023, le département des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
M. B a produit des pièces complémentaires le 25 octobre 2022.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 5 octobre 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la sécurité sociale ;
- la loi du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Par lettre du 7 août 2023, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions indemnitaires qui n'ont pas été précédées d'une demande formée devant l'administration, en méconnaissance de l'article R. 421-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente du tribunal a désigné Mme Caselles, première conseillère, pour statuer sur le litige en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Le rapport de Mme Caselles, première conseillère, a été entendu au cours de l'audience publique, ainsi que les observations de M. A représentant le conseil départemental des Bouches-du-Rhône.
La clôture de l'instruction a été prononcée, en application des dispositions de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, après que les parties ont formulé leurs observations orales.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, radié du dispositif de revenu de solidarité active depuis décembre 2018, doit être regardé comme demandant l'annulation du titre exécutoire n°16816 du 23 avril 2022 par lequel le conseil départemental des Bouches-du-Rhône a mis à sa charge la somme de 1 854,69 euros.
Sur la recevabilité :
En ce qui concerne les conclusions indemnitaires :
7. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. ".
8. Dès lors qu'il ne résulte pas de l'instruction que M. B, préalablement à la saisine du tribunal, aurait demandé à la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône ou au département des Bouches-du-Rhône, de leur verser des dommages intérêts, ses conclusions respectives tendant au paiement d'une indemnité au titre de son préjudice moral et matériel sont irrecevables.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de revenu de solidarité active ou d'aide exceptionnelle de fin d'année, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
3. Aux termes de l'article R. 262-6 du code de l'action sociale et des familles : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux ". Aux termes de l'article R. 262-35 du même code : " Le revenu de solidarité active cesse d'être dû à compter du premier jour du mois civil au cours duquel les conditions d'ouverture du droit cessent d'être réunies. Toutefois, en cas de décès du bénéficiaire, d'un enfant ou d'un autre membre du foyer, l'allocation ou la majoration d'allocation cesse d'être due au premier jour du mois civil qui suit celui du décès. ". Aux termes de l'article R. 262-37 du code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments.".
4. Il résulte des dispositions précitées que le bénéficiaire du revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes les informations relatives notamment aux ressources dont il dispose ainsi qu'à ses activités et tout changement en la matière. En l'espèce, la radiation du dispositif à compter du mois de décembre 2018, ainsi que l'indu de revenu de solidarité active d'un montant de 1 854,69 euros mis à la charge de M. B résulte de la découverte de cinq comptes bancaires appartenant à l'épouse du requérant. Si les références de l'ensemble de ces comptes ne sont pas versés au dossier, il résulte néanmoins de l'instruction que deux d'entre eux, ouverts auprès du crédit agricole de Courbevoie, font état de dépôt d'espèces et de chèques réguliers à hauteur de 350 euros en janvier, février et octobre 2018, 450 euros en mars et avril 2018, 250 euros en mai et juin 2018, 200 euros septembre 2018, 100 euros en novembre 2018, qui n'avaient pas été déclarés, ainsi qu'en attestent les relevés bancaires versés au dossier par le département des Bouches-du-Rhône. Par ailleurs, et alors que M. B s'était déclaré sans ressources, il résulte de la décision de la commission amiable du 10 décembre 2019 que son compte bancaire mentionne un dépôt d'espèces à hauteur de 1 170 euros, le dépôt d'un chèque et enfin un virement de 200 euros en janvier 2019, ainsi qu'un versement d'espèces de 300 euros en février 2019.
5. Si M. B soutient que sa femme ne détient qu'un seul compte bancaire, qu'il a déclaré l'intégralité de ses ressources, et qu'en outre il est à l'origine des crédits constatés sur les comptes appartenant à sa femme, ces affirmations, en l'absence de tout éléments probants, ne sont pas suffisants pour contredire les constatations de la caisse des allocations familiales des Bouches-du-Rhône selon lesquelles le requérant n'avait pas déclaré l'intégralité de ses ressources, la confusion sur son identité, ou celle de son épouse, n'étant, par ailleurs, pas établie au regard des pièces versées au dossier. De plus, il résulte de la décision de la commission amiable du 10 décembre 2019 que les sommes correspondant à la bourse d'étude de la fille de M. B n'ont pas été prises en compte. Il résulte de ce qui vient d'être dit que, dès lors que les ressources de M. B étaient incontrôlables, ce dernier n'avait pas droit au revenu de solidarité active, et c'est à bon droit que le département des Bouches-du-Rhône a supprimé ses droits au revenu de solidarité active et a réclamé un indu de 1 854,69 euros.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation et d'injonction, ainsi que celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au département des Bouches-du-Rhône.
Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 octobre 2023.
La magistrate désignée,
Signé
S. CasellesLe greffier,
Signé
I. Abed
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Le greffier,
N°2204898
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026