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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2208719

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2208719

vendredi 12 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2208719
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantSCP BOREL & DEL PRETE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 28 septembre 2022 et un mémoire, enregistré le 30 novembre 2022, non communiqué, la société Twistudio demande au juge des référés, sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, de condamner solidairement la commune de Gardanne à lui verser, à titre de provision, la somme de 3 600 euros TTC.

Elle soutient que :

- la commune de Gardanne n'a pas payé la facture du 25 mars 2022 correspondant aux nouvelles prestations réalisées à hauteur de 3 600 euros TTC ;

- la commune a accepté le devis correspondant ;

- la commune a émis un bon de commande, qui a été signé ;

- elle a réalisé la prestation correspondante ;

- elle est en droit d'être payée de la facture correspondante ;

- elle peut être indemnisée du préjudice subi résultant du temps consacré à cette procédure.

Par un mémoire en défense, enregistré le 24 novembre 2022, la commune de Gardanne conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la société Twistudio la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'obligation est sérieusement contestable ;

- elle n'a pas donné son accord sur les prestations correspondant à la facture et au bon de commande produits ;

- la facture litigieuse n'a pas fait l'objet d'un devis ou d'une lettre de commande signés, à la différence des deux autres factures réglées à hauteur de 9 300 euros TTC.

Vu :

- le code de la commande publique ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme A pour statuer sur les demandes de référés.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie. ".

2. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient au juge des référés de rechercher si, en l'état du dossier qui lui est soumis, l'obligation du débiteur éventuel de la provision est ou non sérieusement contestable sans avoir à trancher ni de questions de droit se rapportant au bien-fondé de cette obligation ni de questions de fait soulevant des difficultés sérieuses et qui ne pourraient être tranchées que par le juge du fond éventuellement saisi. De même, pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude. Dans ce cas, le montant de la provision que le juge des référés peut allouer n'a d'autre limite que celle qui résulte du caractère non sérieusement contestable de l'obligation dont les parties font état. Dans l'hypothèse où l'évaluation du montant de la provision résultant de cette obligation est incertaine, le juge des référés ne doit allouer de provision, le cas échéant assortie d'une garantie, que pour la fraction de ce montant qui lui parait revêtir un caractère de certitude suffisant.

3. La commune de Gardanne a, suivant une procédure adaptée, commandé plusieurs prestations de graphisme à la société Twistudio pour la refonte de son magazine mensuel. La commune a ainsi émis une première lettre de commande signée par les deux parties le 24 mars 2021, sur la base d'un devis du 14 octobre 2020, pour un montant de 2 700 euros TTC, et une deuxième lettre de commande signée le 24 mars 2021, sur la base d'un devis du 12 mars 2021, pour un montant de 6 600 euros TTC. Par un email du 9 février 2022, la commune a commandé à la société requérante de nouvelles prestations relatives à des changements graphiques de la maquette ainsi que la conception de la maquette du numéro de mars 2022. Le 3 mars 2022, la société Twistudio a émis un nouveau devis portant sur la " modification du design du magazine ", pour un montant de 3 600 euros TTC. Par un email du 8 mars 2022, la commune de Gardanne a adressé à la société requérante un bon de commande daté du 3 mars 2022 correspondant à ce devis, signé par le maire de la commune. La société requérante a ensuite adressé une facture datée du 25 mars 2022, correspondant au devis, pour un montant de 3 600 euros TTC, laquelle n'a pas été réglée par la commune. Par lettres des 12 avril 2022, 7 juin 2022 et 2 septembre 2022, la société Twistudio a mis en demeure la commune de Gardanne de régler cette facture. La société Twistudio demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, de condamner la commune de Gardanne lui verser la somme provisionnelle de 3 600 euros TTC euros au titre des prestations réalisées et non payées.

4. Il résulte de l'instruction que la maquette avec les modifications demandées a été adressée par la société Twistudio à la commune le 10 mars 2022. La commune fait valoir que le devis correspondant n'a pas été signé ni n'a fait l'objet d'une lettre de commande, à la différence des deux premières prestations commandées. Toutefois, en émettant le bon de commande correspondant, la commune de Gardanne s'est engagée à régler le coût des prestations commandées. La commune, qui se borne à faire valoir " qu'elle a déjà payé la somme de 9 300 euros TTC alors même que la maquette proposée ne répondait pas pleinement au cahier des charges " et qu'une réunion a été organisée le 2 mars 2022 en présence de la société Twistudio " afin que le projet de maquette réponde à la commande ", ne conteste pas que les prestations commandées le 3 mars 2022 ont été réalisées et n'établit pas davantage qu'elles auraient été mal exécutées ni même qu'elles ne lui auraient pas été utiles. Il résulte d'ailleurs de l'instruction que la commune n'a pas répondue aux emails adressés par la société requérante les 15 mars, 22 mars 2022 et 5 avril 2022 sollicitant des retours sur les modifications de maquette adressées le 10 mars 2022. Dans ces conditions, la créance de 3 600 euros TTC dont se prévaut la société Twistudio à l'encontre de la commune de Gardanne présente un caractère non sérieusement contestable.

5. La société requérante, qui sollicite également le versement de dommages et intérêts " à hauteur du préjudice subi " pour le temps consacré à cette procédure, sans autre précision, ne permet pas d'en apprécier l'existence avec un degré suffisant de certitude. Cette créance étant sérieusement contestable, il y a donc lieu de rejeter ces conclusions.

6. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de condamner la commune de Gardanne à payer à la société Twistudio la somme de 3 600 euros.

Sur les frais d'instance :

7. La société Twistudio n'étant pas la partie perdante dans la présente instance, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la commune de Gardanne sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La commune de Gardanne est condamnée à verser la somme provisionnelle de 3 600 euros à la société Twistudio.

Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Twistudio et à la commune de Gardanne.

La juge des référés,

Signé

C. A

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

P. La greffière en chef,

La greffière,

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