mercredi 30 avril 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2209917 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP BBLM & ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 28 novembre 2022 et le 19 juin 2023, M. C A, représenté par Me Rouzeau, demande au tribunal :
1°) de condamner la commune de Martigues à lui verser la somme de 50 000 euros en réparation des préjudices subis du fait de sa chute le 26 janvier 2022, ainsi que les intérêts à compter du 11 octobre 2022 ainsi que leur capitalisation ;
2°) d'ordonner une expertise avant-dire droit ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Martigues la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que la somme de 1 500 euros d'honoraires et frais du médecin expert qu'il a consulté.
Il soutient que :
- les faits sont établis ;
- la responsabilité de la commune de Martigues est engagée pour défaut d'entretien normal de la parcelle lui appartenant et sur laquelle il a chuté dans une bouche d'évacuation non signalée et non recouverte ;
- le lien de causalité entre les faits et l'ouvrage public est établi ;
- ses préjudices patrimoniaux et extrapatrimoniaux doivent être réparés par l'allocation d'une indemnité globale de 50 000 euros.
Par des mémoires en défense enregistrés le 17 mars 2023 et le 11 décembre 2024, la commune de Martigues, représenté représentée par Me Phelip, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la matérialité des faits n'est pas démontrée ;
- l'ouvrage public est entretenu ;
- la faute de la victime est seule à l'origine de l'accident ;
- les demandes indemnitaires sont excessives.
Par un mémoire enregistré le 5 juillet 2023, la caisse commune de sécurité sociale des Hautes-Alpes, représentée par Me Martha, demande au tribunal de condamner la commune de Martigues à lui verser les sommes de 2 593,93 euros au titre de ses débours, ainsi que les intérêts au taux légal à compter de la décision à intervenir, et de 857,98 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion, et de mettre à la charge de cette commune la somme de 900 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La clôture de l'instruction a été fixée en dernier lieu au 4 février 2025 par une ordonnance du 20 janvier précédent.
Vu :
- l'ordonnance n° 2209921 du juge des référés du 2 mai 2023 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Niquet,
- les conclusions de M. Boidé, rapporteur public,
- et les observations de Me Rouzeau pour M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A expose avoir chuté le 26 janvier 2022 dans une excavation située sur la parcelle cadastrée section DN n° 0191 sur le territoire de la commune de Martigues (13500), au niveau du cercle de Saint-Julien les Martigues, engage la responsabilité de la commune de Martigues et demande au tribunal de la condamner à lui verser la somme de 50 000 euros en réparation de ses préjudices nés de cette chute.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. Il appartient à la victime d'un dommage survenu à l'occasion de l'utilisation d'un ouvrage public d'apporter la preuve du lien de causalité entre l'ouvrage public dont elle était usagère et le dommage dont elle se prévaut. La collectivité en charge de l'ouvrage peut s'exonérer de sa responsabilité en rapportant la preuve soit de l'entretien normal de celui-ci, soit de ce que le dommage est imputable à la faute de la victime ou à un cas de force majeure.
3. A l'appui de ses demandes indemnitaires, M. A fait valoir qu'il a chuté, le 26 janvier 2022, dans une excavation destinée au recueil des eaux, non recouverte, à la sortie du " cercle de Saint Julien les Martigues ", sur un terrain communal, en travaux, derrière lequel il avait stationné son véhicule. Toutefois, si un témoin, membre de ce même " cercle ", indique avoir entendu crier l'intéressé ce 26 janvier 2022 à la suite de sa chute dans les circonstances qu'il relate, et l'avoir aidé à se relever de l'excavation qu'il incrimine, il résulte de l'instruction que, selon la caisse commune de sécurité sociale des Hautes-Alpes, l'accident déclaré serait intervenu le 28 janvier 2022, date également consignée dans le rapport d'expertise amiable réalisé, à la demande de M. A, par le Dr B le 30 mai 2023. En outre, alors que M. A produit des certificats médicaux indiquant qu'il a subi à cette occasion une entorse grave de la cheville droite, il n'a consulté un médecin que le 31 janvier 2022, sans que le lien de causalité entre l'ouvrage public et d'une part, sa chute du 26 ou 28 janvier 2022 et d'autre part, les préjudices résultant de son entorse, qui n'a été constatée que le 31 janvier suivant, ne résulte par ailleurs de l'instruction. Par ailleurs, à supposer même établies les circonstances de fait alléguées par le requérant et la date de l'accident, il résulte de l'instruction, éclairée en particulier par les photographies produites par celui-ci, que la zone en cause était en travaux, que des cônes de signalisation étaient présents sur le site, ainsi que des monticules de terre, incitant les usagers à une particulière vigilance, à laquelle le requérant aurait d'autant plus dû se livrer compte tenu notamment de sa fragilité résultant de son opération encore récente de la hanche droite.
4. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'ordonner la désignation d'un expert, M. A n'est pas fondé à rechercher la responsabilité de la commune de Martigues et demander sa condamnation à réparer son préjudice.
Sur les débours de la caisse commune de sécurité sociale des Hautes-Alpes :
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions subrogatoires et à fin de remboursement des débours et de versement de l'indemnité forfaitaire de gestion présentées par la caisse commune de sécurité sociale des Hautes-Alpes sur le fondement de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions de M. A et de la caisse commune de sécurité sociale des Hautes-Alpes tendant à leur application, pour le premier en vue de la prise en charge tant des frais d'avocat que ceux liés à l'expertise diligentée par M. A lui-même, et dirigées contre la commune de Martigues, qui n'est pas partie perdante. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions que la commune de Martigues présente au titre des frais d'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, à la caisse commune de sécurité sociale des Hautes-Alpes et à la commune de Martigues.
Délibéré après l'audience du 10 avril 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Lopa Dufrénot, présidente,
Mme Niquet, première conseillère,
Mme Ollivaux, première conseillère,
Assistées de Mme Aras, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 avril 2025.
La rapporteure,
signé
A. Niquet
La présidente,
signé
M. Lopa Dufrénot
La greffière,
signé
M. Aras
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026