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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2210024

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2210024

mardi 18 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2210024
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantSCP BERENGER BLANC BURTEZ-DOUCEDE & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 30 novembre 2022, M. A B, représenté par Me Galissard, demande au juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article R. 541-1 du code de justice administrative :

1°) de condamner la commune de Saint-Victoret (13730) à lui verser à titre de provision, pour l'exécution du protocole d'accord intervenu entre les parties le 8 juillet 202, la somme de 32 022 euros, actualisée selon l'indice BT01 à la date de la décision à intervenir, au titre du coût des travaux à exécuter pour mettre un terme aux dommages causés par la réalisation par la commune d'équipements publics en limite de sa propriété ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Victoret la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que les travaux objet du protocole et chiffrés d'après devis n'ont pas été exécutés par la commune, qui tente d'en modifier la nature initialement prévue.

Par un mémoire en défense, enregistré le 31 janvier 2023, la commune de Saint-Victoret, agissant par son maire et représentée par la SCP Bérenger, Blanc, Burtez-Doucede et associés, avocats, conclut à titre principal au rejet de la requête, et à titre subsidiaire, à ce que la provision soit en tout état de cause limitée à la somme de 22 615,20 euros, et dans tous les cas, au rejet des conclusions présentées sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

La commune fait valoir que :

- M. B est revenu sur les termes de l'accord et qu'un ordre de service d'arrêt du chantier est intervenu le 22 juillet 2022 ;

- la commune est cependant disposée à avancer le seul coût des travaux de réfection du mur, pour un montant de 22 615 euros, que le requérant veut exécuter seul, étant précisé que les travaux prévus relatifs au fossé situé coté parking, mentionnés dans le devis initial, seront exécutés par la commune.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. d'Hervé, magistrat honoraire, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie. ".

2. Il résulte de ces dispositions, que pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude.

3. A la suite de la réalisation par la commune de Saint-Victoret de travaux d'aménagement d'une aire de stationnement public, dite " parking des boulistes ", M. B, dont l'habitation préexistante est érigée sur une parcelle limitrophe, ceinte d'un mur de clôture, s'est rapproché du maître d'ouvrage pour qu'il soit remédié aux conséquences dommageables pour lui de ces travaux, qui ont notamment réhaussé le niveau du terrain d'assiette du parking, et qui tiennent d'une part, à des infiltrations constatées en pied du mur de clôture de la propriété du requérant, et d'autre part, à la création de vues sur sa propriété, en raison de la réduction de fait de la hauteur de de ce mur, côté aire de stationnement.

4. Aux termes d'un protocole d'accord transactionnel conclu entre M. B et la commune de Saint-Victoret le 8 juillet 2021, cette dernière s'est engagée à prendre en charge les travaux nécessaires pour, d'une part, mettre un terme aux infiltrations constatées et, d'autre part, compenser l'élévation du niveau du sol en surélevant le mur de clôture existant. Le requérant produit un devis relatif à de tels travaux, actualisé à la date du15 novembre 2022, pour un montant de 32 022 euros TTC. C'est sur cette base qu'il demande au juge des référés de condamner la commune à lui verser une provision de ce montant, à revaloriser à la date de la décision à intervenir, en soutenant que la commune tarde à réaliser les travaux et à exécuter les termes de leur accord.

5. Il résulte de l'instruction et notamment du compte rendu de chantier " n° 2 juillet-août 2022 " que l'entreprise titulaire du marché, conclu à l'initiative de la commune pour résoudre notamment les problèmes d'infiltration et réaliser la reprise du mur de clôture et sa surélévation, a fait part de discussion par M. B des conditions d'exécution du protocole en ce qui concerne notamment la nature de la clôture à lamelles à implanter pour surélever le mur d'enceinte et que le chantier pour cette partie des travaux est à l'arrêt dans l'attente du chiffrage de cette nouvelle option.

6. Outre que le retard de mise en œuvre du protocole semble ainsi en partie imputable au requérant qui a souhaité revenir sur les modalités retenues pour son exécution, la commune ne s'est en tout état de cause engagée, avec l'accord de M. B, qu'à financer l'exécution de travaux, dont une partie a par ailleurs le caractère de travaux publics. Si les conditions de mise en œuvre de cet engagement par la commune sont susceptibles le cas échéant de générer un préjudice particulier, en raison notamment du retard d'exécution qui lui serait en partie imputable et de la persistance consécutive des nuisances subies par le riverain, ce dernier ne peut se prévaloir en l'espèce d'une obligation non sérieusement contestable dans son principe et son montant de la commune de lui verser directement le montant estimé représentatif du coût de ces travaux qu'elle s'est engagée à faire réaliser à ses frais.

7. Si la commune fait part de son accord de principe pour verser à M. B une somme réduite ne représentant que le coût des seuls travaux à effectuer sur son mur, en conservant à sa charge le coût des travaux de voirie, il lui appartient de conclure avec le requérant un nouveau protocole d'accord pour mettre un terme au litige selon de telles modalités.

8. Il résulte de tout ce qui précède que la demande de M. B ne peut être accueillie et que sa requête doit être rejetée en toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée M. A B et à la commune de Saint-Victoret.

Fait à Marseille, le 18 avril 2023.

Le juge des référés

signé

J-L d'HERVE

La République mande et ordonne au préfet des Bouches du Rhône en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

La greffière,

4

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