mercredi 28 mai 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2210129 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP LESAGE BERGUET GOUARD-ROBERT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 1er décembre 2022, Mme D C veuve B, représentée par Me Petit, demande au tribunal :
1°) de condamner la commune de Châteaurenard à lui verser la somme de 7 440 euros en réparation des préjudices subis du fait de sa chute le 7 janvier 2020, survenue alors qu'elle circulait à pied au 500-630 avenue Pierre de Coubertin ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Châteaurenard la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les frais d'expertise.
Elle soutient que :
- l'accident dont elle a été victime en raison d'un trou dans l'asphalte, révèle un défaut d'entretien normal de l'ouvrage public, qui n'était pas signalé ;
- la matérialité du dommage est établie, ainsi que le lien de causalité entre sa chute et le défaut d'entretien ;
- ses préjudices extra-patrimoniaux doivent être réparés par le versement d'une indemnité de 7 440 euros.
Par un mémoire en défense enregistré le 6 février 2023, la commune de Châteaurenard, représentée par Me Berguet, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 600 euros soit mise à la charge de Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les conditions d'engagement de sa responsabilité ne sont pas réunies.
La requête a été communiquée le 12 décembre 2022 à la caisse primaire d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône, qui n'a pas produit d'observations.
La clôture de l'instruction a été fixée au 25 octobre 2024.
Vu le code de justice administrative.
Vu :
- le rapport d'expertise judiciaire établi le 5 juillet 2022 ;
- l'ordonnance n° 2102514 du 25 janvier 2022 de la première vice-présidente du tribunal de taxation et liquidation des frais d'expertise ;
- les autres pièces du dossier.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Ollivaux,
- les conclusions de M. Boidé, rapporteur public,
- et les observations de Me Brillet pour Mme B, ainsi que celles de Me Berguet pour la commune de Châteaurenard.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D B expose avoir été victime, le 7 janvier 2020, d'une chute provoquée par une excavation dans l'asphalte du parking du complexe sportif de la piscine municipale de Châteaurenard (13160), située 500-630 avenue Pierre de Coubertin. La commune de Châteaurenard ayant, par une décision implicitement née du silence gardé, rejeté la demande préalable d'indemnisation que lui avait adressée Mme B par courrier du 2 septembre 2022 reçu le 6 septembre suivant, cette dernière engage la responsabilité de la commune et demande sa condamnation à lui verser la somme de 7 440 euros en réparation de son préjudice corporel.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. Pour obtenir réparation, par le maître de l'ouvrage, des dommages qu'ils ont subis à l'occasion de l'utilisation d'un ouvrage public, les usagers doivent démontrer devant le juge administratif, d'une part, la réalité de leur préjudice et, d'autre part, l'existence d'un lien de causalité direct entre l'ouvrage et le dommage. Pour s'exonérer de la responsabilité qui pèse ainsi sur elle, il incombe à la collectivité maître d'ouvrage, soit d'établir qu'elle a normalement entretenu l'ouvrage, soit de démontrer la faute de la victime ou l'existence d'un évènement de force majeure.
3. Il résulte de l'instruction, notamment de l'attestation d'un témoin des faits en cause, et du certificat initial d'un médecin généraliste daté du 7 janvier 2020, faisant état d'une entorse de la cheville avec œdème de la malléole externe droite et d'une suspicion de fracture du thorax, confirmées par radiographie le lendemain, que Mme B a chuté le 7 janvier 2020 devant la piscine municipale de Châteaurenard, sur un nid de poule affectant le parking situé en face du complexe sportif. Toutefois, il en résulte également, et notamment des photographies non datées produites aux débats, ainsi que d'un courriel de la commune à son assureur du 7 octobre 2020, que l'affaissement de l'asphalte en cause, à l'origine de sa chute, ne dépassait pas une profondeur de quatre centimètres et n'excédait en tout état de cause pas cinq centimètres. Il n'est en outre pas contesté que la chute est survenue en plein jour, à une heure de parfaite visibilité, et à proximité d'un club sportif où l'intéressée pratiquait régulièrement la gymnastique, cette dernière ne découvrant dès lors pas la configuration des lieux. Dans ces conditions, la présence de ce léger affaissement de l'enrobé du parking n'excédait pas les obstacles et défectuosités contre lesquels doit se prémunir un piéton normalement attentif, et la requérante doit dès lors être regardée, en tout état de cause, comme ayant commis une faute d'imprudence de nature à exonérer la commune de sa responsabilité. Par suite, Mme B n'est pas fondée à rechercher la responsabilité de celle-ci.
4. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions indemnitaires de la requête de Mme B doivent être rejetées.
Sur la déclaration de jugement commun :
5. La caisse primaire d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône, mise en cause, n'a pas produit d'observations. Il y a lieu, dès lors, de lui déclarer commun le présent jugement.
Sur la charge définitive des dépens :
6. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. () ".
7. Les frais de l'expertise judiciaire ont été taxés et liquidés à la somme de 900 euros par ordonnance du 25 janvier 2022. En application des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu de mettre cette somme à la charge définitive de Mme B.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions de la requérante tendant à leur application et dirigées contre la commune de Châteaurenard, qui n'est pas partie perdante. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions que la commune présente au titre des frais d'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Châteaurenard au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement est déclaré commun à la caisse primaire d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône.
Article 4 : Les frais d'expertise, taxés et liquidés à la somme de 900 (neuf cents) euros, sont mis à la charge définitive de Mme B.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme D C veuve B et à la commune de Châteaurenard.
Copie en sera adressée, pour information, au Dr A, expert.
Délibéré après l'audience du 15 mai 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Lopa Dufrénot, présidente,
Mme Niquet, première conseillère,
Mme Ollivaux, première conseillère,
Assistées de Mme Aras, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 mai 2025.
La rapporteure,
signé
J. Ollivaux
La présidente,
signé
M. Lopa Dufrénot
La greffière,
signé
M. Aras
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026