mardi 6 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2210224 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL DE LA GRANGE ET FITOUSSI AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 6 décembre 2022, Mme A B, représentée par Me Borgel, demande au tribunal :
1°) de condamner l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) à lui verser une somme 1 394 810,29 euros à titre de dommages et intérêts ;
2°) de mettre à la charge de l'ONIAM une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- en l'absence de faute, l'amputation subie, dommage grave et anormal, directement imputable à un acte médical, ouvre droit à l'indemnisation par la solidarité nationale ;
- son préjudice doit être réparé à hauteur de 1 140 euros au titre des frais d'assistance à expertise, 640 euros au titre de l'assistance par une tierce personne temporaire, 790 055,59 euros au titre des dépenses de santé futures, 2 250 euros au titre des frais de logement adapté, 21 555,50 euros au titre des frais de véhicule adapté, 80 101,58 euros au titre de l'assistance par une tierce personne, 230 259,62 euros au titre des pertes de gains professionnels futurs, 150 000 euros au titre de l'incidence professionnelle, 5 250 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire, 15 000 euros au titre des souffrances endurées, 5 000 euros au titre du préjudice esthétique temporaire, 80 550 euros au titre du déficit fonctionnel permanent, 8 000 euros au titre du préjudice esthétique permanent et 5 000 euros au titre du préjudice d'agrément.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 décembre 2023, l'ONIAM, représenté par Me Fitoussi, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
La requête a été régulièrement communiquée à la caisse commune de sécurité sociale des Hautes-Alpes, pour le compte de la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) des Bouches-du-Rhône, qui n'a pas produit de mémoire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Derollepot, rapporteur,
- et les conclusions de Mme Lourtet, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B s'est présentée au service des urgences de l'hôpital Nord, relevant de l'Assistance publique - hôpitaux de Marseille (AP-HM), le 5 décembre 2014 pour une douleur et un œdème au niveau du pied droit puis de nouveau le 16 janvier 2015 au même service pour un gros orteil douloureux depuis quelques jours sur le même pied, sortant le jour même avec une prescription d'antalgique et d'un écho-doppler artério-veineux des membres inférieurs. Le 18 janvier 2015, elle s'est rendue à nouveau à l'hôpital Nord, les douleurs au niveau de son pied s'étant majorées. Suite au diagnostic de thrombose de la fémorale profonde, de présence de caillots dans la fémorale superficielle basse, dans la poplitée et dans l'artère de jambe, Mme B a alors été prise en charge et a bénéficié d'une intervention chirurgicale le 19 janvier 2015. Suite à une nouvelle thrombose des trois artères de la jambe, une nouvelle intervention a eu lieu le 26 janvier 2015, puis elle a subi une amputation de jambe au-dessous du genou le 6 février 2015. Après avoir saisi la commission de conciliation et d'indemnisation (CCI) Provence-Alpes-Côte d'Azur, laquelle a rejeté, le 25 novembre 2021, sa demande de règlement amiable, Mme B demande l'indemnisation, au titre de la solidarité nationale, de ses préjudices.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. Aux termes du II de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " Lorsque la responsabilité d'un professionnel, d'un établissement, service ou organisme mentionné au I ou d'un producteur de produits n'est pas engagée, un accident médical, une affection iatrogène ou une infection nosocomiale ouvre droit à la réparation des préjudices du patient, et, en cas de décès, de ses ayants droit au titre de la solidarité nationale, lorsqu'ils sont directement imputables à des actes de prévention, de diagnostic ou de soins et qu'ils ont eu pour le patient des conséquences anormales au regard de son état de santé comme de l'évolution prévisible de celui-ci et présentent un caractère de gravité, fixé par décret, apprécié au regard de la perte de capacités fonctionnelles et des conséquences sur la vie privée et professionnelle mesurées en tenant notamment compte du taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique, de la durée de l'arrêt temporaire des activités professionnelles ou de celle du déficit fonctionnel temporaire. Ouvre droit à réparation des préjudices au titre de la solidarité nationale un taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique supérieur à un pourcentage d'un barème spécifique fixé par décret ; ce pourcentage, au plus égal à 25%, est déterminé par ledit décret ".
3. En vertu de ces dispositions, l'ONIAM doit assurer, au titre de la solidarité nationale, la réparation des dommages résultant directement d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins à la double condition qu'ils présentent un caractère d'anormalité au regard de l'état de santé du patient comme de l'évolution prévisible de cet état et que leur gravité excède le seuil défini à l'article D. 1142-1 du même code.
4. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport de l'expertise diligentée par la CCI, que l'amputation subie par Mme B est en relation directe et certaine avec une nouvelle thrombose survenue dans les suites de la thrombectomie du 19 janvier 2015, la désoblitération artérielle ayant été complète. La résurgence de sa coagulopathie a conduit, malgré une prise en charge médicale bien conduite et un traitement optimal, à une évolution défavorable constitutif d'un échec thérapeutique. Par suite, en l'absence de lien direct et certain entre les dommages de la patiente et les interventions en litige, Mme B n'est pas fondée à solliciter l'engagement de la solidarité nationale et ses conclusions indemnitaires doivent par suite être rejetées.
Sur la déclaration de jugement commun :
5. La caisse commune de sécurité sociale des Hautes-Alpes, agissant pour le compte de la CPAM des Bouches-du-Rhône, mise en cause, n'a pas produit à l'instance. Il y a lieu de lui déclarer commun le présent jugement.
Sur les frais d'instance :
6. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par Mme B doivent dès lors être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement est déclaré commun à la caisse commune de sécurité sociale des Hautes-Alpes, agissant pour le compte de la CPAM des Bouches-du-Rhône.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à la Caisse commune de sécurité sociale des Hautes-Alpes, à la caisse commune de sécurité sociale des Hautes-Alpes, agissant pour le compte de la caisse primaire d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône et à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales.
Délibéré après l'audience du 2 juillet 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Frédérique Simon, présidente,
M. Alexandre Derollepot, premier conseiller,
Mme Ludivine Journoud, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 août 2024.
Le rapporteur,
signé
A. Derollepot
La présidente,
signé
F. Simon
La greffière,
signé
A. Vidal
La République mande et ordonne à la ministre de la santé, du travail et des solidarités en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026