jeudi 24 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2210317 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 1eCh Magistrat statuant seul |
| Avocat requérant | SELARL GRIMALDI & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 8 décembre 2022 et le 6 mai 2024, Mme D B, représentée par Me Grimaldi, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 13 juin 2022 par lequel le maire de la commune de Marseille lui a infligé une sanction d'exclusion temporaire de fonctions d'un jour ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre à la commune de Marseille de rétablir ses droits et de reconstituer sa carrière dans un délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir sous astreinte de 200 euros pour jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Marseille une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision n'est pas suffisamment motivée ;
- le signataire de l'acte est incompétent ;
- la matérialité des faits reprochés n'est pas démontrée ;
- la décision est entachée d'une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 3 avril 2024, la commune de Marseille conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 3 mai 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 4 juin 2024.
Un mémoire, enregistré le 17 juin 2024 présenté par Mme B postérieurement à la clôture de l'instruction, n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme A en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de Mme Pilidjian, rapporteure publique,
- les observations de Me Bouakfa, représentant Mme B,
- les observations de Mme C, représentant la commune de Marseille.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B est titulaire du grade d'éducateur de jeunes enfants de classe exceptionnelle affectée à la crèche Saint-Louis de la commune de Marseille. Par un arrêté du 13 juin 2022, le maire de la commune de Marseille lui a infligé une sanction d'exclusion temporaire de fonctions d'une durée d'un jour. Mme B a présenté un recours gracieux reçu le 11 août suivant qui a fait l'objet d'une décision implicite de rejet. Mme B demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 13 juin 2022 ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 530-1 du code général de la fonction publique : " Toute faute commise par un fonctionnaire dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions l'expose à une sanction disciplinaire sans préjudice, le cas échéant, des peines prévues par la loi pénale () ". () ".. À cet égard, l'article L. 533-1 du même code prévoit que : " Les sanctions disciplinaires pouvant être infligées aux fonctionnaires sont réparties en quatre groupes : / () 1° Premier groupe : / () c) L'exclusion temporaire de fonctions pour une durée maximale de trois jours. () ". Il incombe à l'autorité investie du pouvoir disciplinaire d'établir les faits sur le fondement desquels elle inflige une sanction à un agent public et il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un agent public ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire constituent des fautes de nature à justifier une sanction.
3. Pour prononcer la sanction attaquée, le maire de la commune de Marseille s'est fondé sur la circonstance que Mme B avait eu un comportement inapproprié à l'égard d'agents placés sous son autorité constitutifs de faits de harcèlement moral et qu'elle a ainsi manqué à son obligation de dignité. La défense fait valoir que cinq agents, qui étaient en poste lorsque Mme B était affectée au sein de la crèche Saint Louis, ont saisi la commission de lutte contre le harcèlement en raison de propos humiliants et agressifs tenus par la requérante à leur égard. Toutefois, si les attestations produites par ces agents révèlent un climat conflictuel de travail avec Mme B, et si les mentions des évaluations de 2017 et de 2020 de la requérante révèlent parfois des difficultés en matière de gestion du personnel, ces éléments ne permettent pas, à eux-seuls, d'établir que son comportement justifiait le prononcé d'une sanction disciplinaire, alors que trois témoignages, notamment ceux de deux auxiliaires de puériculture ayant travaillé avec l'intéressée au sein de la crèche Saint-Louis au cours de l'année 2020, attestent que Mme B se montre bienveillante et à l'écoute de son personnel. Dans ces conditions, la commune de Marseille n'établit pas la matérialité des faits sur lesquels est fondée la sanction en litige. Par suite, celle-ci doit être annulée, ainsi que la décision de rejet du recours gracieux présenté par Mme B, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
4. Le présent jugement, qui prononce l'annulation de l'arrêté du 13 juin 2022 excluant temporairement de ses fonctions Mme B, implique la reconstitution de sa carrière. Il y a lieu d'enjoindre à la commune de Marseille d'y procéder dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais d'instance :
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Marseille le versement à Mme B d'une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 13 juin 2022 par lequel le maire de la commune de Marseille a infligé à Mme B une sanction d'exclusion temporaire de fonctions d'un jour ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint à la commune de Marseille de procéder à la reconstitution de la carrière de Mme B dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La commune de Marseille versera à Mme B une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B et à la commune de Marseille.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 octobre 2024.
La magistrate désignée,
signé
E. A
La greffière,
signé
B. Marquet
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2210317
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026