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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2300792

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2300792

mercredi 16 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2300792
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantSELARL JOB-RICOUART & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 25 janvier et 11 août 2023, le centre de gestion de la fonction publique territoriale des Bouches-du-Rhône, représenté par Me Ladouari, demande au juge des référés, dans le dernier état de ses écritures :

1°) sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, à titre principal, de condamner solidairement le groupement de maîtrise d'œuvre dont la société Ingémétrie est mandataire, la société Horizon et la société Socotec à lui verser à titre de provision la somme totale de 44 304,37 euros TTC en réparation de ses préjudices, à titre subsidiaire, de condamner la société Ingémétrie à lui verser, à titre de provision, la somme de 33 855,42 euros TTC, la société Horizon à lui verser la somme de 17 346,50 euros TTC, la société Socotec à lui verser la somme de 5 726,34 euros TTC et la société Schindler à lui verser la somme de 2 010,20 euros TTC ;

2°) de mettre à la charge solidaire de ces sociétés la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- les désordres affectant l'ascenseur relèvent, à titre principal, de la garantie décennale et à titre subsidiaire, de la responsabilité contractuelle des maîtres d'œuvre, des sociétés Horizon, Schindler et du contrôleur technique ;

- les désordres affectant la gaine d'ascenseur relèvent, à titre principal, pour le maître d'œuvre, d'un défaut de conception sur le fondement de la garantie décennale et, à titre subsidiaire, de sa responsabilité contractuelle, pour la société Horizon, de la garantie décennale au titre d'un défaut d'exécution et, pour le contrôleur technique, de la garantie décennale ;

- s'agissant de l'absence de remise en état de fonctionnement de l'ascenseur, ce désordre relève, pour le maître d'œuvre, à titre principal, de la garantie décennale et, à titre subsidiaire, de sa responsabilité contractuelle pour manquement à son devoir de conseil et, pour les sociétés Horizon et Socotec, de la garantie décennale ;

- la matérialité des désordres ainsi que leur imputabilité ont été établis par le rapport d'expertise, de sorte que l'obligation n'est pas sérieusement contestable ;

- son préjudice financier correspond aux travaux de remise en état de l'ascenseur s'élevant à la somme de 14 441,29 euros TTC, aux mesures conservatoires qu'il a dû prendre en charge pour un montant de 528 euros TTC, au coût de l'abonnement GSM s'élevant à la somme de 614,23 euros TTC, aux coûts de la maintenance de l'appareil pour 3 350,34 euros TTC, aux allocations provisionnelles versées à l'expert s'élevant à la somme de 13 030 euros TTC ainsi qu'aux honoraires d'expertise restant pour un montant de 12 290,51 euros TTC ;

- il est donc fondé à solliciter, à titre principal, la condamnation in solidum des défendeurs à lui verser une provision globale de 44 304,37 euros TTC au titre de son préjudice financier ;

- à titre subsidiaire, le groupement de maîtrise d'œuvre doit être condamné à lui verser 60% de cette provision soit 26 582,62 euros TTC, la société Horizon, 30%, soit 13 291,31 euros TTC et la société Socotec, 10%, soit 4 430,44 euros TTC ;

- il a droit au versement d'une provision correspondant à son préjudice de jouissance, d'un montant de 11 283,75 euros TTC et 3 350,34 euros TTC, soit 14 634,09 euros TTC ;

- le groupement de maîtrise d'œuvre doit être condamné à verser 7 272,80 euros TTC de cette somme, la société Horizon 4 055,19 euros TTC, la société Socotec 1 295,90 euros et la société Schindler 2 010,20 euros, suivant les taux d'imputabilité retenus par l'expert.

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 mars 2023, la société Ingémétrie conclut, à titre principal, à l'irrecevabilité de la requête, au rejet des conclusions formées à son encontre, à titre subsidiaire, à ce que la condamnation prononcée à son encontre n'excède pas 8 166,17 euros TTC, et à ce que soit mis à la charge du centre de gestion de la fonction publique territoriale des Bouches-du-Rhône ou de toute autre partie perdante la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable dès lors que la délibération du 5 novembre 2020 du conseil d'administration donnant pouvoir au président du centre de gestion de la fonction publique territoriale des Bouches-du-Rhône pour agir au nom du centre de gestion est illégale ;

- elle est irrecevable pour défaut d'indentification des défendeurs ;

- l'obligation est sérieusement contestable ;

- le CDG13 ne précise pas le fondement juridique sur lequel il entend rechercher sa responsabilité ;

- elle n'a commis aucune faute dès lors qu'il appartenait à la société Horizon de faire une étude de sol ;

- le remplacement des cartes mères et du toit de cabine a déjà été réglé par la société Horizon auprès de la société Schindler ;

- elle ne peut être condamnée au titre de l'abonnement GSM et de la maintenance de l'ascenseur, ces dépenses concernant la société Schindler ;

- le centre de gestion n'est pas recevable à demander au juge des référés l'octroi d'une provision au titre des frais d'expertise ;

- le préjudice de jouissance n'est pas justifié et est exclusivement imputable à la société Schindler ;

- elle ne saurait être condamnée à un montant supérieur à 141,74 euros TTC s'agissant du préjudice lié à l'inutilisation de l'appareil et à 365,06 euros TTC s'agissant du préjudice lié à l'inutilité de l'investissement pour la mise en accessibilité des locaux aux personnes à mobilité réduite ;

- il convient donc d'écarter les demandes de provision du CDG13 liées au remplacement des cartes mères et du toit de cabine pour 1 868,81 euros TTC, au coût de maintien de l'abonnement GSM pour 614,23 euros TTC, au coût de maintenance de l'ascenseur pour 3 350,34 euros TTC, aux frais d'expertise pour un montant de 25 370,51 euros TTC, et celles excédant un montant de 509,80 euros TTC pour le préjudice de jouissance.

- le montant global de la provision demandée doit être ramené à 60% de 13 610,28 euros TTC, soit 8 166,17 euros TTC.

Par un mémoire en défense, enregistré le 25 juillet 2023, la société Schindler conclut, à titre principal, au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge du centre de gestion de la fonction publique territoriale des Bouches-du-Rhône la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le préjudice de jouissance demandé n'est pas justifié ;

- les frais de ligne téléphonique (GSM) sont sérieusement contestables dès lors qu'ils incombent au maître d'ouvrage ;

- les frais inhérents au contrat de maintenance sont également sérieusement contestables dès lors que le CDG13 a attendu plus de deux années pour solliciter la désignation d'un expert et a ensuite refusé toute intervention de sa part, et que le CDG13 a dans tous les cas l'obligation de souscrire un contrat de maintenance ;

- la demande de condamnation à lui verser la somme de 2 010,20 euros TTC doit être rejetée ;

- le CDG13 n'est pas fondé à solliciter une somme sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 septembre 2023, la société Socotec construction, représentée par Me Tertian, conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- elle n'a pas été associée aux opérations d'expertise, le rapport d'expertise lui étant inopposable ;

- que l'imputabilité des dommages est limitée par sa mission ;

- elle n'a pas été investie de la mission relative au fonctionnement des installations, notamment de l'ascenseur.

Un mémoire en défense présenté par la société Horizon, enregistré le 15 septembre 2023, n'a pas été communiqué.

Un mémoire en défense présenté par la société Ingémétrie, enregistré le 18 septembre 2023, n'a pas été communiqué.

Vu :

- l'ordonnance n° 1809375 du 13 mai 2019 par laquelle le juge des référés du tribunal administratif de Marseille a ordonné une expertise et désigné, en qualité d'expert, M. C ;

- la décision du 20 mai 2020 désignant M. A en qualité de sapiteur ;

- le rapport d'expertise déposé au greffe du tribunal le 4 novembre 2021 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le décret n° 85-643 du 26 juin 1985 ;

- le code de la commande publique ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les demandes de référés.

Considérant ce qui suit :

1. Le centre de gestion de la fonction publique territoriale des Bouches-du-Rhône (CDG13) a lancé un marché de travaux de mise en accessibilité aux personnes à mobilité réduite de ses locaux a confié le lot n°1 " maçonnerie aménagement extérieur " à la société Horizon, laquelle était chargée de la construction de la structure de l'ascenseur. Le lot " ascenseur " et son entretien ont été confiés à la société Schindler par un contrat du 25 août 2015. La maîtrise d'œuvre de l'opération a été confiée, le 22 juillet 2014, à un groupement composé des entreprises Ingémétrie, mandataire, Acessmetrie et Precodia. La société Socotec avait la charge du contrôle technique des travaux. La réception des travaux a été prononcée sans réserve le 16 septembre 2015 s'agissant des travaux effectués par Horizon et à une date non précisée pour Schindler. En octobre 2016, des fissurations de l'ensuit de l'ascenseur ainsi que des infiltrations d'eau au R+1 ont été constatées, conduisant à la mise à l'arrêt de l'ascenseur. Saisi par le CDG13, le juge des référés du tribunal administratif de Marseille a, par une ordonnance du 13 mai 2019, désigné un expert judiciaire, qui a remis son rapport le 4 novembre 2021. Le CDG13 demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, de condamner solidairement le groupement de maîtrise d'œuvre, la société Horizon, ainsi que la société Socotec et la société Schindler à lui verser à titre de provision la somme totale de 46 314,57 euros TTC en réparation de ses préjudices.

Sur les fins de non-recevoir soulevées par la société Ingémétrie :

2. Aux termes de l'article 28 du décret du 26 juin 1985 relatif aux centres départementaux de gestion de la fonction publique territoriale, le président du centre représente celui-ci en justice. Aux termes de son article 27, seul le conseil d'administration décide de toute action en justice.

3. Par une délibération du 5 novembre 2020, le conseil d'administration du CDG13 a autorisé son président " à engager auprès de tout ordre juridictionnel les procédures d'urgence nécessaires à la défense des intérêts du CDG13 " et " à ester en justice au nom du CDG13 pour en défendre les intérêts quels que soient l'ordre juridictionnel et le degré de juridiction concerné ". Cette délibération précise que dans ces deux hypothèses, " le président soumettra les actions engagées à l'approbation du conseil d'administration à l'occasion de la première réunion de l'assemblée suivant lesdites actions ". Ainsi, contrairement à ce que soutient la société Ingémétrie, cette délibération n'a pas pour objet de déléguer au président du CDG13 le pouvoir de décider des actions en justice à engager mais seulement d'autoriser son président à le représenter en justice, le conseil d'administration demeurant compétent pour décider d'engager une action en justice, conformément au décret précité. Par suite, le moyen tiré de l'illégalité de la délibération du 5 novembre 2020 doit être écarté et par suite, la fin de non-recevoir tirée du défaut de qualité pour agir du président du CDG13.

4. La circonstance que la société Socotec et la société Horizon ont changé d'adresses ou de dénomination est sans influence sur la recevabilité de la requête dès lors qu'il résulte de l'instruction que le marché litigieux a bien été signé avec ces sociétés, auxquelles la procédure a été transmise.

5. Le CDG13 a précisé, dans son mémoire enregistré le 11 août 2023, les fondements juridiques sur lesquels il entendait engager la responsabilité des intervenants à l'opération de travaux litigieuse. Par suite, la fin de non-recevoir tirée de ce motif doit également être écartée.

Sur la demande de provision :

6. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie. ".

7. Il résulte de ces dispositions que, pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude.

En ce qui concerne la demande de provision présentée sur le fondement de la responsabilité contractuelle :

8. En premier lieu, la réception d'un ouvrage est l'acte par lequel le maître de l'ouvrage déclare accepter l'ouvrage avec ou sans réserve. Elle vaut pour tous les participants à l'opération de travaux, même si elle n'est prononcée qu'à l'égard de l'entrepreneur, et met fin aux rapports contractuels entre le maître de l'ouvrage et les constructeurs en ce qui concerne la réalisation de l'ouvrage. Elle interdit, par conséquent, au maître de l'ouvrage d'invoquer, après qu'elle a été prononcée, et sous réserve de la garantie de parfait achèvement, des désordres apparents causés à l'ouvrage ou des désordres causés aux tiers, dont il est alors réputé avoir renoncé à demander la réparation. Il en résulte qu'indépendamment de la décision du maître d'ouvrage de réceptionner les prestations de maîtrise d'œuvre, la réception de l'ouvrage met fin aux rapports contractuels entre le maître d'ouvrage et le maître d'œuvre en ce qui concerne les prestations indissociables de la réalisation de l'ouvrage, au nombre desquelles figurent, notamment, les missions de conception de cet ouvrage. La responsabilité contractuelle du maître d'œuvre ne peut donc plus être engagée qu'à raison des manquements qu'il aurait commis dans son devoir d'assistance à la réception, et non de fautes qu'il aurait commises dans la conception de l'ouvrage.

9. En l'espèce, il résulte de l'instruction que la réception des travaux a été prononcée le 16 septembre 2015 sans réserve, faisant ainsi obstacle à ce que le CDG13 recherche la responsabilité contractuelle des maîtres d'œuvres ainsi que des autres constructeurs sur le terrain contractuel au titre des fautes dans la conception ou le suivi de l'exécution des ouvrages.

10. En second lieu, la responsabilité des maîtres d'œuvre pour manquement à leur devoir de conseil peut être engagée dès lors qu'ils se sont abstenus d'appeler l'attention du maître d'ouvrage sur des désordres affectant l'ouvrage et dont ils pouvaient avoir connaissance, en sorte que la personne publique soit mise à même de ne pas réceptionner l'ouvrage ou d'assortir la réception de réserves. Il importe peu, à cet égard, que les vices en cause aient ou non présenté un caractère apparent lors de la réception des travaux, dès lors que le maître d'œuvre en avait eu connaissance en cours de chantier. Toutefois cette responsabilité peut être atténuée lorsque le maître d'ouvrage avait lui-même une connaissance suffisante des défectuosités affectant l'ouvrage et a accepté d'en prononcer la réception.

11. Il ne résulte pas de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que l'absence de remise en état de l'ascenseur après la mise en œuvre de mesures conservatoires ayant conduit à la cessation des infiltrations, au demeurant postérieure à la réception des travaux, trouve sa cause dans un défaut de conseil des maîtres d'œuvre au moment de la réception des travaux ou qu'ils en aient eu connaissance durant le chantier. Par suite, le CDG13 n'est pas fondé à rechercher la responsabilité des maîtres d'œuvre pour manquement à leur devoir de conseil s'agissant du désordre lié à l'absence de remise en l'état de l'ascenseur après les premiers travaux de réparation.

En ce qui concerne la demande de provision présentée sur le fondement de la garantie décennale :

S'agissant du caractère décennal des désordres :

12. Il résulte des principes qui régissent la garantie décennale des constructeurs que des désordres apparus dans le délai d'épreuve de dix ans à compter de la réception de l'ouvrage, de nature à compromettre la solidité de celui-ci ou à le rendre impropre à sa destination dans un délai prévisible, engagent leur responsabilité, même si ces désordres ne se sont pas révélés dans toute leur étendue avant l'expiration du délai de dix ans. Le caractère apparent des désordres à la réception fait obstacle à ce que la responsabilité des constructeurs puisse être engagée sur le fondement de la garantie décennale. Le constructeur dont la responsabilité est recherchée sur ce fondement ne peut en être exonéré, outre les cas de force majeure et de faute du maître d'ouvrage, que lorsque, eu égard aux missions qui lui étaient confiées, il n'apparaît pas que les désordres lui soient en quelque manière imputables.

13. Il résulte du rapport d'expertise que des fissurations de l'enduit affectant les parois de la gaine de l'ascenseur ainsi que des infiltrations d'eau devant la porte de l'ascenseur au R+1 ont été constatées. L'expert mentionne que les infiltrations ont provoqué la destruction totale ou partielle de diverses cartes électroniques de commande de l'ascenseur, qui dû être mis à l'arrêt. Il résulte de l'instruction que le défaut d'étanchéité de la gaine rend l'ascenseur lui-même non étanche à l'eau, et donc impropre à sa destination, même si ce désordre a pris fin suite aux interventions du CDG13. Ainsi, les désordres affectant la gaine d'ascenseur et l'ascenseur mettent en cause la stabilité de l'ouvrage et le rende impropre à sa destination et sont donc propres à engager la responsabilité décennale des constructeurs.

S'agissant de l'imputabilité des désordres :

En ce qui concerne la gaine d'ascenseur :

14. L'expert constate un défaut d'étanchéité en partie supérieure de la gaine, rendant celle-ci non étanche à l'eau, cause d'infiltrations d'eaux de pluie dans l'ascenseur. Ce désordre trouve son origine dans un tassement différentiel des sols sous la fondation de l'ascenseur, affectant sa stabilité, ainsi qu'une non-conformité du joint de dilatation entre les deux bâtiments, où a été posée la gaine. Il impute ce désordre à un défaut de conception de la maîtrise d'œuvre, qui n'a pas fait procéder à une étude géotechnique, et à un défaut de suivi des travaux de cette même maîtrise d'œuvre ayant conduit à la non-conformité du joint de dilatation, à un défaut d'exécution des travaux par la société Horizon, ainsi qu'à un manquement du contrôleur technique qui n'a formulé aucune observation au stade du projet et en cours de travaux. Dès lors qu'il résulte des documents contractuels que la mission de maîtrise d'œuvre incluait les études d'avant-projet et de projet, la société Ingémétrie n'est pas fondée à faire valoir qu'il incombait à la société Horizon de réaliser l'étude géotechnique. Par suite, les sociétés Ingémétrie, Horizon et Socotec sont solidairement responsables de ce désordre.

En ce qui concerne l'ascenseur :

15. Il résulte de l'instruction que les infiltrations d'eau dans l'ascenseur sont liées à un défaut de conception de la maîtrise d'œuvre, laquelle n'a pas conçu de système pour les éviter et à un défaut d'exécution des travaux de la société Horizon, qui n'a pas signalé ce défaut de conception, ainsi qu'à un manquement du contrôleur technique qui n'a pas relevé ce défaut, pourtant visible. Par suite, la responsabilité solidaire de la société Ingémétrie, de la société Horizon et de la Socotec est engagée.

En ce qui concerne l'absence de remise en état de l'ascenseur après la cessation des infiltrations :

16. Il résulte de l'instruction que malgré l'intervention réalisée par la société Horizon à la demande du CDG13 pour mettre fin au problème d'étanchéité de la gaine, l'ascenseur n'a pu être remis en état. L'expert impute cette absence de remise en état à la société Schindler, laquelle n'a pas effectué le diagnostic nécessaire permettant de procéder aux opérations qui auraient permis de remettre l'appareil en état de fonctionner. L'expert considère également que cette absence de remise en état provient d'un défaut initial de conception de la maîtrise d'œuvre, d'un défaut d'exécution de la société Horizon et d'un contrôle technique incomplet. Par suite, la responsabilité solidaire des entreprises Ingémétrie, Horizon, Socotec et Schindler est engagée au titre de ce désordre.

S'agissant du montant de la provision :

En ce qui concerne le préjudice financier lié aux désordres affectant la gaine et l'ascenseur en raison des infiltrations :

17. Il résulte de l'instruction que le CDG13 a réalisé des mesures conservatoires consistant en la réalisation d'un " pliage " plomb de la cage d'ascenseur entre le bâtiment existant et la gaine permettant d'éviter les infiltrations, à hauteur de 528 euros, ainsi que des investigations pour la gaine à hauteur de 1 860 euros, consistant en la détection des réseaux, rendues nécessaires en l'absence de plans. Des travaux de remise en état de l'ascenseur ont ensuite été réalisés en cours d'expertise et s'élèvent à la somme de 7 470,02 euros. Le CDG13 n'est pas fondé à solliciter en sus 5 111,27 euros au titre de la réparation et du remplacement des éléments de l'ascenseur, ce coût étant compris dans les 7 470,02 euros de réparation et correspondant au devis de la société Schindler du 5 octobre 2021. Par suite, le montant des travaux non sérieusement contestables pouvant être indemnisés à titre de provision s'élève à la somme de 9 858,02 euros.

18. Il résulte encore de l'instruction que le CDG13 a maintenu l'abonnement de téléalarme (GSM) dans l'espoir de la remise en état de l'ascenseur, occasionnant une dépense de 614,23 euros TTC. La circonstance que le montant de cet abonnement est versé à la société Schindler et qu'il soit souscrit par le CDG13, ainsi que le font valoir les défendeurs, est sans incidence sur la condamnation prononcée en réparation de ce préjudice suivant les responsabilités établies aux points 13 et 14. L'expert relève encore une dépense de 3 650,34 euros TTC correspondant à la maintenance effectuée par Schindler pour l'appareil, suivant contrat conclu avec le CDG13, alors que l'ascenseur était à l'arrêt, de laquelle il convient de retirer 300 euros TTC correspondant au coût de l'intervention de la société Socotec avant remise en service, laquelle incombe au CDG13, soit une dépense 3 350,34 euros TTC. La circonstance qu'un tel contrat de maintenance devait en tout état de cause être souscrit par le CDG, ainsi que le fait valoir la société Schindler, est sans incidence sur la condamnation prononcée en réparation de ce préjudice suivant les responsabilités établies aux points 13 et 14.

19. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de condamner solidairement les sociétés Ingémétrie, Socotec et Horizon à verser au CDG13 une provision de 13 822,59 euros TTC au titre de son préjudice financier.

En ce qui concerne le préjudice de jouissance lié à l'ensemble des désordres :

20. Le CDG13 sollicite 11 283,75 euros TTC au titre de son préjudice de jouissance, résultant de l'immobilisation de l'ascenseur du 22 novembre 2016 au 21 avril 2021, soit pendant 51 mois, ainsi que de l'inutilité des travaux de mise en accessibilité de ses locaux sur la même période.

21. L'expert évalue ce montant à la somme de 4 380,90 euros pour l'immobilisation de l'ascenseur et 13 275 euros pour l'investissement réalisé par le CDG13 au titre des travaux de mise en accessibilité, sur une période de 60 mois, montant qui n'est pas sérieusement contesté par les défendeurs. Il y a donc lieu de condamner les entreprises Ingémétrie, Horizon, Schindler et Socotec à verser au CDG13 une provision de 11 283,75 euros TTC au titre de ce préjudice, lequel présente un caractère non sérieusement contestable.

Sur les frais d'expertise :

22. Il n'appartient pas au juge des référés statuant en matière de provision de se prononcer sur les dépens, qui relèvent d'une instance au fond. Par suite, les conclusions présentées le CDG13 relatives aux frais et honoraires d'expertise doivent être rejetées.

Sur les frais d'instance :

23. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge solidaire des sociétés Ingémétrie, Socotec, Horizon et Schindler une somme globale de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative au titre des frais exposés par le CDG13 et non compris dans les dépens. Le CDG13 n'étant pas la partie perdante dans la présente instance, ces mêmes dispositions font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions présentées au même titre par les sociétés Ingémétrie et Schindler.

O R D O N N E :

Article 1er : Les sociétés Ingémétrie, Socotec et Horizon sont condamnées in solidum à verser au CDG13 la somme provisionnelle de 13 822,59 euros.

Article 2 : Les sociétés Ingémétrie, Socotec, Horizon et Schindler sont condamnées in solidum à verser au CDG13 la somme provisionnelle de 11 283,75 euros.

Article 3 : Les sociétés Ingémétrie, Socotec, Horizon et Schindler verseront solidairement la somme de 2 000 euros au CDG13 au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à au centre de gestion de la fonction publique territoriale des Bouches-du-Rhône, à la société Horizon, à la société Ingémétrie, à la société Schindler, à la société Socotec construction et à la société SMA.

Le juge des référés,

Signé

P-Y B

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

P. La greffière en chef,

La greffière,

N°2300792

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TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

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