jeudi 21 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2303139 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 9è ch Magistrat statuant seul |
| Avocat requérant | SCP LIZEE PETIT TARLET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 avril 2023, Mme B D, représentée par la SCP Lizee Petit Tarlet, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la présidente du conseil départemental des Bouches-du-Rhône a rejeté son recours administratif préalable obligatoire notifié le 6 décembre 2022, et formée à l'encontre du courrier du 25 novembre 2022 par lequel la caisse des allocations familiales des Bouches-du-Rhône l'informait du rejet de sa demande d'ouverture des droits au revenu de solidarité active ;
2°) de mettre à la charge du département des Bouches-du-Rhône la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- elle ne percevait aucun revenu quand elle a déposé sa demande de revenu de solidarité active le 31 août 2021 ;
- elle a répondu aux demandes de pièces de la caisse des allocations familiales des Bouches-du-Rhône ;
- elle ne comprend pas la décision de rejet qui lui est opposée ;
- elle remplit les conditions pour que les droits au revenu de solidarité active lui soient ouverts.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 octobre 2024, le département des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la sécurité sociale ;
- la loi du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président du tribunal a désigné Mme Caselles, première conseillère, pour statuer sur le litige en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Ont été entendus à l'audience :
- le rapport de Mme Caselles, première conseillère,
- les observations de M. A et de Mme C, représentant le département des Bouches-du-Rhône.
La clôture de l'instruction a été prononcée, en application des dispositions de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, après que les parties ont formulé leurs observations orales.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D a demandé le revenu de solidarité active en août 2021 dans le département des Bouches-du-Rhône. Par une décision du 28 septembre 2022, dont la teneur a été notifiée le 25 novembre 2022 par la caisse des allocations familiales des Bouches-du-Rhône, la présidente du conseil départemental des Bouches-du-Rhône a rejeté cette demande. Mme D a notifié le 6 décembre 2022 au conseil départemental des Bouches-du-Rhône un recours administratif préalable, auquel l'administration n'a pas répondu. Mme D demande l'annulation de la décision implicite de rejet née du silence de l'administration.
Sur l'ouverture des droits au revenu de solidarité active :
2. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne à l'allocation de revenu de solidarité active, à la prime d'activité ou à l'aide personnelle au logement, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention dans la reconnaissance du droit à cette allocation ou à cette aide qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé sur lesquels l'administration s'est prononcée, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative . Au vu de ces éléments, il appartient au juge administratif d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision en fixant alors lui-même les droits de l'intéressé, pour la période en litige, à la date à laquelle il statue ou, s'il ne peut y procéder, de renvoyer l'intéressé devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation sur la base des motifs de son jugement.
3. Aux termes de l'article R. 262-6 du code de l'action sociale et des familles : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux ". Aux termes de l'article R. 262-37 de ce même code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments.". L'article R. 262-83 du même code prévoit que : " Le bénéficiaire du revenu de solidarité active ainsi que les membres du foyer sont tenus de produire, à la demande de l'organisme chargé du service de la prestation et au moins une fois par an, toute pièce justificative nécessaire au contrôle des conditions d'ouverture de droit, en particulier au contrôle des ressources, notamment les bulletins de salaire. "
4. Il résulte de ces dispositions que le bénéficiaire du revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation notamment ses activités et l'ensemble des ressources dont il dispose.
5. Il résulte de l'instruction que la caisse des allocations familiales des Bouches-du-Rhône a procédé à plusieurs appels de pièces, dont un le 30 mars 2022 afin d'obtenir la copie des relevés de comptes personnels et professionnels, à partir de sa création et sur 12 mois, de la SASU que Mme D déclarait avoir liquidé. La caisse des allocations familiales des Bouches-du-Rhône lui a également demandé de lui retourner complété un imprimé précisant le régime fiscal de son entreprise. Le département des Bouches du Rhône reconnaît dans ses écritures que Mme D a satisfait à l'ensemble des demandes de pièces formulées avant l'édiction de la décision de refus du 28 septembre 2022 de la présidente du conseil départemental des Bouches-du-Rhône, tout en la justifiant par la production tardive des pièces demandées. Toutefois, il n'est pas établi qu'à la date de la décision précitée, le conseil du département des Bouches-du-Rhône et la caisse des allocations familiales des Bouches-du-Rhône ne disposaient pas de l'ensemble des pièces nécessaires pour traiter la demande de Mme D, et auraient pu ainsi se prévaloir de l'article 5-1-1 du règlement départemental d'aide social des Bouches-du-Rhône au terme duquel une demande peut être classée sans suite si le demandeur ne transmet pas les documents réclamés dans les trois mois de l'appel de pièces, cette option n'étant au demeurant qu'une possibilité et non une obligation. Dans ces conditions, le conseil départemental des Bouches-du-Rhône n'était pas fondé à écarter la demande formulée en août 2021, même en invitant la requérante à formuler une nouvelle demande.
Sur les frais de l'instance :
6. Contrairement à ce que fait valoir le département des Bouches-du-Rhône, la requérante a chiffré les frais qu'elle a exposés et non compris dans les dépens à 1500 euros dans ses conclusions. Le département des Bouches-du-Rhône versera au conseil de Mme D la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative à condition qu'il renonce à la partie contributive de l'Etat.
DECIDE :
Article 1er : La décision implicite par laquelle la présidente du conseil départemental des Bouches-du-Rhône a rejeté le recours administratif préalable obligatoire notifié le 6 décembre 2022 est annulée.
Article 2 : Le département des Bouches-du-Rhône versera au conseil de Mme D la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative à condition qu'il renonce à la partie contributive de l'Etat.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B D, à Me Eric Tarlet et au département des Bouches-du-Rhône.
Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 novembre 2024.
La magistrate désignée,
signé
S. CasellesLa greffière,
signé
S. Ibram
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
N°2303139
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026