vendredi 17 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2303736 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL DE LA GRANGE ET FITOUSSI AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 19 avril 2023, 26 juillet et 17 septembre 2024, Mme C A, représentée par la SELARL Lelièvre Saint-Pierre, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner l'assistance publique-hôpitaux de Marseille (AP-HM) à lui verser la somme de 40 224,50 euros en réparation de ses préjudices, assortie des intérêts au taux légal capitalisés, à compter de sa demande indemnitaire préalable reçue le 17 février 2023 ;
2°) de mettre à la charge définitive de l'AP-HM les frais d'expertise ;
3°) de mettre à la charge de l'AP-HM le versement d'une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'AP-HM a commis des fautes au cours de sa prise en charge engageant sa responsabilité, laquelle est également engagée au titre de l'infection nosocomiale dont elle a été victime ;
- elle est fondée à obtenir l'indemnisation de ses préjudices se décomposant comme suit :
- 3 120 euros au titre des frais divers,
- 8 389,50 euros au titre des besoins en tierce personne avant consolidation,
- 8 000 euros au titre des souffrances endurées,
- 3 000 euros au titre du préjudice esthétique temporaire,
- 2 715 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire total et partiel,
- 15 000 euros au titre du déficit fonctionnel permanent.
Par des mémoires, enregistré le 19 mai 2023 et 23 août 2024, la caisse commune de sécurité sociale (CCSS) des Hautes-Alpes et la caisse primaire d'assurance-maladie des Bouches-du-Rhône, représentées par la SCP BBLM, demandent au tribunal de mettre la caisse primaire d'assurance-maladie des Bouches-du-Rhône hors de cause, de mettre à la charge de l'AP-HM la somme de 19 130,72 euros au titre de ses débours et la somme de 1 191 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion outre la somme de 2 000 € au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 septembre 2024, l'office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM), représenté par la SELARL de la Grange et Fitoussi avocats, conclut à sa mise hors de cause et à ce que soit mis à la charge de tout succombant la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 septembre 2024, l'AP-HM, représentée par la SELARL Ensen avocats, conclut la réduction du montant de l'indemnisation sollicitée par Mme A au titre de certains postes de préjudice et au rejet d'autres postes, au rejet de sa demande d'assortir les sommes sollicitées des intérêts au taux légal capitalisés, à la réduction du montant des frais d'instance sollicités et au rejet des conclusions de la CCSS des Hautes-Alpes. A titre subsidiaire, elle conclut la diminution des demandes de la CCS des Hautes Alpes.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de de ce que les conclusions tendant à ce que les sommes allouées à la caisse commune de sécurité sociale des Hautes-Alpes au titre de ses débours soient assorties des intérêts à compter de la date de notification du jugement à intervenir sont sans objet dès lors que, en vertu des dispositions de l'article 1231-7 du code civil, tout jugement prononçant une condamnation à une indemnité fait courir les intérêts jusqu'à son exécution au taux légal.
Vu :
- Les ordonnances du président du tribunal administratif de Marseille du 22 juillet 2024 taxant les frais et honoraires du docteur D F à la somme de 2 400 euros et ceux du docteur E B à la somme de 2400 euros ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- l'arrêté du 23 décembre 2024 relatif aux montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale pour l'année 2025 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Hétier-Noël, rapporteure,
- les conclusions de Mme Lourtet, rapporteure public,
- les observations de Me Lelièvre, pour Mme A,
- et de Me Signouret, pour l'AP-HM.
Considérant ce qui suit :
1. Le 30 novembre 2019, Mme A a été victime d'une chute à son domicile. Elle a été opérée le 1er décembre 2019 à l'hôpital Nord, relevant de l'AP-HM, pour une ostéosynthèse de la cheville gauche. Elle a ensuite présenté des complications infectieuses ayant nécessité une nouvelle chirurgie le 7 mai 2020. Mme A demande au tribunal de condamner l'AP-HM à l'indemniser de l'ensemble de ses préjudices.
Sur les demandes de mise hors de cause de l'ONIAM et de la caisse primaire d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône :
2. Aucune conclusion n'étant dirigée contre l'ONIAM, sa demande de mise hors de cause doit être accueillie.
3. La CCSS des Hautes Alpes venant aux droits de la caisse primaire d'assurance maladie des Hautes Alpes en vertu de l'arrêté du 10 septembre 2021 portant création d'une caisse commune de sécurité sociale dans le département des Hautes Alpes, qui elle-même venait aux droits de la caisse primaire d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône, en vertu d'une convention relative à l'activité Recours contre tiers et d'une décision du directeur général de la caisse nationale d'assurance maladie prise en application de l'article L.221-3-1 du Code de la sécurité sociale et de la décision actualisée du 1er janvier 2020 relative à l'organisation du réseau en matière d'exercice des recours subrogatoires, publiée au BO Santé, Protection sociale, Solidarité n° 2020/01 du 15 janvier 2020, la demande de mise hors de cause de la caisse primaire d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône doit également être accueillie.
Sur la responsabilité de l'AP-HM :
4. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute./ Les établissements, services et organismes susmentionnés sont responsables des dommages résultant d'infections nosocomiales, sauf s'ils rapportent la preuve d'une cause étrangère () ". Doit être regardée, au sens de ces dispositions, comme présentant un caractère nosocomial une infection survenant au cours ou au décours de la prise en charge d'un patient et qui n'était ni présente, ni en incubation au début de celle-ci, sauf s'il est établi qu'elle a une autre origine que la prise en charge.
5. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport du 29 avril 2024 de l'expertise diligentée par le tribunal, que l'indication opératoire initiale du 1er décembre 2019 était formelle au vu de la fracture de la malléole gauche dont souffrait Mme A. Le protocole opératoire a été conforme aux règles de l'art ainsi que la radiographie postopératoire. L'intervention chirurgicale a toutefois été responsable d'une blessure fautive du nerf fibulaire superficielle. Cette intervention chirurgicale s'est également compliquée d'une infection tardive du site opératoire profond par la bactérie staphylococcus aureus qui peut être qualifiée d'infection associée aux soins. Cette infection nosocomiale a nécessité une reprise chirurgicale le 7 mai 2020. La prise en charge médico chirurgicale de la pathologie initiale puis de l'infection nosocomiale ont été responsable de douleurs polyarticulaires et d'un syndrome dépressif. Dès lors, et en l'absence de cause étrangère, Mme A est fondée à engager la responsabilité de l'AP-HM, qui, au demeurant, ne la conteste pas et à solliciter l'indemnisation intégrale de son préjudice en lien direct et exclusif avec les fautes commises et l'infection nosocomiale dont elle a souffert.
Sur les préjudices :
6. Il est constant que l'état de santé de Mme A doit être regardé comme consolidé à la date du 24 juin 2021.
En ce qui concerne les préjudices patrimoniaux :
S'agissant des frais d'assistance aux opérations d'expertises ;
7. Mme A demande le remboursement des frais qu'elle a engagés et dont elle justifie pour un montant de 3 120 euros au titre de l'assistance à expertise. Il y a lieu de condamner l'AP-HM à lui verser cette somme.
S'agissant des frais d'assistance d'une tierce personne ;
8. Lorsque le juge administratif indemnise dans le chef de la victime d'un dommage corporel la nécessité de recourir à l'aide d'une tierce personne, il détermine le montant de l'indemnité réparant ce préjudice en fonction des besoins de la victime et des dépenses nécessaires pour y pourvoir. Il doit à cette fin se fonder sur un taux horaire déterminé, au vu des pièces du dossier, par référence, soit au montant des salaires des personnes à employer augmentés des cotisations sociales dues par l'employeur, soit aux tarifs des organismes offrant de telles prestations, en permettant le recours à l'aide professionnelle d'une tierce personne d'un niveau de qualification adéquat et sans être lié par les débours effectifs dont la victime peut justifier. Il n'appartient notamment pas au juge, pour déterminer cette indemnisation, de tenir compte de la circonstance que l'aide a été ou pourrait être apportée par un membre de la famille ou un proche de la victime.
9. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise et du compte rendu de la consultation du 29 novembre 2021 au centre d'évaluation de traitement de la douleur chronique adultes et enfants, que Mme A a eu besoin de l'assistance d'une tierce personne pour les gestes de la vie courante à raison de 3 heures par jour du 28 avril au 5 mai 2020 puis du 13 mai au 24 juin 2020 soit 51 jours, de 2 heures par jour du 25 juin au 25 juillet 2020 soient 31 jours puis de quatre heures par semaine du 26 juillet 2020 au 23 juin 2021 soit 332 jours. Dès lors, il convient, en tenant compte du salaire minimum interprofessionnel de croissance, augmenté des charges sociales, de 14 euros pour une aide non spécialisée jusqu'au 31 décembre 2020 puis de 15 euros, pour une année évaluée à 412 jours pour tenir compte des congés payés, de mettre à la charge de l'AP-HM la somme de 5 757,97' euros.
En ce qui concerne les préjudices extra-patrimoniaux :
S'agissant du déficit fonctionnel temporaire ;
10. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que le déficit fonctionnel temporaire de Mme A en lien direct et exclusif avec les fautes de l'AP-HM et l'infection nosocomiale, a été total du 6 au 12 mai 2020 soit 7 jours. Son déficit fonctionnel temporaire a ensuite été partiel de 50 % du 28 avril au 5 mai 2020 et du 13 mai au 24 juin 2020 soit 51 jours, de 30 % du 25 juin au 25 juillet 2020 soit 31 jours puis de 15 % du 26 juillet 2020 jusqu'à la date de consolidation de son état de santé soit 333 jours. Le préjudice subi à ce titre doit être évalué sur une base de 17 euros par jour, à la somme de 1 557,75 euros.
S'agissant des souffrances endurées ;
11. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que Mme A a enduré des souffrances évaluées à 3,5 sur 7 comprenant la douleur physique mais également les souffrances psychiques et morales liées à la complication infectieuse et à la lésion neurologique. En l'espèce, il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en le fixant à la somme de 5 400 euros.
S'agissant du préjudice esthétique temporaire ;
12. Mme A a présenté un préjudice esthétique temporaire en lien avec l'inflammation de la cicatrice initiale avec écoulement et le port de cannes anglaises suite à la seconde opération d'ablation du matériel d'ostéosynthèse. Ce préjudice a été évalué par l'expert à 2 sur 7. Par suite, il y a lieu de faire une juste appréciation de ce poste de préjudice en l'évaluant à la somme de 2 000 euros.
S'agissant du déficit fonctionnel permanent ;
13. Il résulte de l'instruction que Mme A, née le 9 mai 1972, présente un taux de déficit fonctionnel permanent de 6% en lien exclusif avec les fautes commises par l'AP-HM et l'infection nosocomiale dont elle a été victime. Eu égard à ce taux et à son âge à la date de consolidation de son état de santé, il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en l'évaluant à la somme de 6 575 euros.
14. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de condamner l'AP-HM à verser à Mme A une somme de 24'410,72 euros en réparation des préjudices qu'elle a subis. Cette somme sera assortie des intérêts au taux légal à compter 17 février 2023, date de réception de la demande indemnitaire préalable par l'AP-HM, ces intérêts portant eux-mêmes intérêts un an après cette date soit à compter du 17 février 2024.
Sur les conclusions présentées par la CCSS des Hautes-Alpes :
En ce qui concerne les débours :
15. A l'appui de sa demande de remboursement, d'un montant total de 19 130,72 euros, la CCSS des Hautes-Alpes produit un état des débours établi le 5 juillet 2024 ainsi qu'une attestation d'imputabilité du médecin-conseil du 12 août 2024. Au vu de ces éléments et du rapport d'expertise les frais hospitaliers à prendre en compte sont ceux exposés du 6 au 12 mai 2020 uniquement. En outre, les frais post-consolidation intitulés " ATM 3 février 2022 " n'étant pas en lien direct avec les fautes commises par l'AP HM et l'infection nosocomiale de sorte qu'ils seront également exclus. Les autres frais sont en revanche justifiés. Dans ces conditions, l'AP-HM doit être condamnée à verser à la CCSS des Hautes-Alpes une somme de 17 497,55 euros.
En ce qui concerne les intérêts :
16. Même en l'absence de demande tendant à l'allocation d'intérêts, tout jugement prononçant une condamnation à une indemnité fait courir les intérêts au taux légal au jour de son prononcé jusqu'à son exécution. Ainsi la demande de la CCSS des Hautes-Alpes tendant à ce que lui soient alloués, à compter de la date du jugement attaqué, des intérêts au taux légal sur la somme que l'AP-HM a été condamnée à lui verser, est dépourvue de tout objet et doit dès lors être rejetée.
En ce qui concerne l'indemnité forfaitaire de gestion :
17. En application de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale et de l'article 1er de l'arrêté du 18 décembre 2023 susvisé et eu égard à la somme dont elle obtient le remboursement dans le présent jugement, la CCSS des Hautes-Alpes est en droit d'obtenir le versement d'une indemnité forfaitaire de gestion d'un montant de 1 212 euros.
Sur la charge des frais d'expertise :
18. Il y a lieu de mettre à la charge définitive de l'AP-HM les frais et honoraires de l'expertise de Mme A du 29 avril 2024, liquidés et taxés à la somme de 2 400 euros pour chacun des deux experts par ordonnances du président du tribunal du 22 juillet 2024.
Sur les frais liés au litige :
19. 19. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'AP-HM le versement à Mme A d'une somme de 2 000 euros ainsi que le versement d'une somme de 800 euros à la CCSS des Hautes-Alpes et de 1 000 euros à l'ONIAM, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : L'ONIAM et la caisse primaire d'assurance-maladie des Bouches-du-Rhône sont mis hors de cause.
Article 2 : L'AP-HM est condamnée à verser une somme de 24'410,72 euros à Mme A qui sera assortie des intérêts au taux légal à compter du 17 février 2023, ces intérêts portant eux-mêmes intérêts un an après cette date soit à compter du 17 février 2024.
Article 3 : L'AP-HM est condamnée à rembourser les débours de la CCSS des Hautes-Alpes à hauteur de 17 497,55 euros.
Article 4 : L'AP-HM est condamnée à verser une indemnité forfaitaire de gestion de 1 212 euros à la CCSS des Hautes-Alpes en application de l'article L. 376-1 alinéa 9 du code de la sécurité sociale.
Article 5 : Les frais de l'expertise ordonnée par le tribunal administratif de Marseille le 27 juin 2023 d'un montant total de 4 800 euros sont mis à la charge définitive de l'AP-HM.
Article 6 : L'AP-HM versera une somme de 2 000 euros à Mme A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 7 : L'AP-HM versera une somme de 1 000 euros à l'ONIAM sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 8 : L'AP-HM versera une somme de 800 euros à la CCSS des Hautes-Alpes sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 9 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 10 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A, à l'assistance publique-hôpitaux de Marseille, à l'office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales, à la caisse primaire d'assurance-maladie des Bouches-du-Rhône et à la caisse commune de sécurité sociale des Hautes-Alpes.
Copie en sera adressée pour information au Dr D F et au Dr E B, experts.
Délibéré après l'audience du 10 décembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Simon, présidente,
Mme Hétier-Noël, première conseillère,
Mme Diwo, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 janvier 2025.
La rapporteure,
signé
C. HETIER-NOEL La présidente,
signé
F. SIMON
La greffière,
signé
A. VIDAL
La République mande et ordonne au directeur général de l'agence régionale de santé Provence-Alpes-Côte d'Azur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026