jeudi 6 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2308925 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 5e Ch Magistrat statuant seul |
| Avocat requérant | CARMIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique enregistrés le 22 septembre 2023 et le 22 mai 2024, la métropole-Aix-Marseille Provence défère au tribunal comme prévenue d'une contravention de grande voirie Mme A B, et conclut à ce que le tribunal constate que les faits établis par procès-verbal du 3 août 2023 constituent une contravention de grande voirie prévue et réprimée par l'article 12 du règlement de police des ports de la métropole, l'article L. 2122-1 du code général de la propriété des personnes publiques et les articles L. 5335-4, L. 5337-4 et R. 5337-1 du code des transports et condamne par suite Mme B au paiement d'une amende.
Elle soutient que :
- le 28 juillet 2023, le surveillant de port agréé par le procureur de la République et assermenté devant le tribunal de grande instance de Marseille a constaté une annonce de location du navire Louma III, immatriculé AJB11285 sur un site internet de location de bateaux entre particuliers, révélant l'exercice d'une activité économique sans autorisation ;
- en conséquence, un procès-verbal de constat de contravention de grande voirie a été dressé le 3 août 2023 ; ce procès-verbal de contravention de grande voirie a été notifié par voie de commissaire de justice par acte du 14 août suivant ;
- le manquement aux obligations des articles L. 5333-4 du code des transports, L. 2122-1 et suivants du code général de la propriété des personnes publiques et 12 du règlement de police des ports de plaisance constitue une contravention de grande voirie en application des articles L. 5337-4 et R. 5337-1 du code des transports.
Par un mémoire en défense enregistré le 27 mars 2024, Mme A B, représentée par Me Carmier, conclut à l'annulation du procès-verbal de contravention de grande voirie du 28 juillet 2023, à sa relaxe ou, à titre subsidiaire, à ce que l'amende prononcée à son encontre soit fixée à la somme d'un euro, et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de la Métropole Aix-Marseille Provence la somme sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le procès-verbal de contravention de grande voirie du 28 juillet 2023 est irrégulier dès lors que ses constatations sont fausses ;
- les infractions qui lui sont reprochées ne sont pas constituées ;
- à titre subsidiaire, compte tenu de l'animosité entre son conjoint et le surveillant de port ayant dressé le procès-verbal à son encontre, l'amende éventuellement prononcée à son encontre ne pourra excéder la somme d'un euro.
Vu :
- le procès-verbal de contravention de grande voirie dressé le 28 juillet 2023 ;
- le certificat constatant la notification du procès-verbal, comportant invitation à produire une défense écrite ;
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code pénal ;
- le code de procédure pénale ;
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code des transports ;
- le règlement particulier de police des ports de la métropole d'Aix-Marseille-Provence ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Niquet en application de l'article L. 776-1 du code de justice administrative pour statuer sur les litiges relevant de cet article.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir, au cours de l'audience publique, présenté son rapport et entendu :
- le rapport de Mme Niquet,
- les conclusions de M. Boidé, rapporteur public,
- et les observations de Me Carmier pour Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Le surveillant de port de la Métropole Aix-Marseille-Provence a dressé le 28 juillet 2023 un procès-verbal de contravention de grande voirie à l'encontre de Mme B, au motif de l'exercice d'une activité commerciale de location du navire " LOUMA III " immatriculé " AJB11285 ", depuis le Vieux-Port de Marseille, sur le site internet " ClicketBoat " et de l'entrave à l'exploitation du port. Le procès-verbal a été notifié à Mme B par courrier du 3 août 2023 régulièrement signifié le 14 août suivant par acte de commissaire de justice. Mme B, dont les conclusions doivent être regardées comme tendant à cette seule fin, demande au tribunal de prononcer sa relaxe des fins de la poursuite en contravention de grande voirie engagée à son encontre ou à défaut, de limiter sa condamnation à un euro.
Sur l'action publique :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 2122-1 du code général de la propriété des personnes publiques : " Nul ne peut, sans disposer d'un titre l'y habilitant, occuper une dépendance du domaine public d'une personne publique mentionnée à l'article L. 1 ou l'utiliser dans des limites dépassant le droit d'usage qui appartient à tous ". Aux termes de l'article L. 2132-2 de ce code : " Les contraventions de grande voirie sont instituées par la loi ou par décret, selon le montant de l'amende encourue, en vue de la répression des manquements aux textes qui ont pour objet, pour les dépendances du domaine public n'appartenant pas à la voirie routière, la protection soit de l'intégrité ou de l'utilisation de ce domaine public, soit d'une servitude administrative mentionnée à l'article L. 2131-1. / Elles sont constatées, poursuivies et réprimées par voie administrative ".
3. Par ailleurs, aux termes de l'article L. 5337-1 du code des transports : " Sans préjudice des sanctions pénales encourues, tout manquement aux dispositions du chapitre V du présent titre, à celles du présent chapitre et aux dispositions réglementant l'utilisation du domaine public, notamment celles relatives aux occupations sans titre, constitue une contravention de grande voirie réprimée dans les conditions prévues par les dispositions du présent chapitre () ". Et aux termes de l'article R. 5337-1 du code des transports : " Constitue une contravention de grande voirie la violation des interdictions ou le manquement aux obligations prévues par le règlement général de police défini au chapitre III et par les règlements locaux le complétant. / Sauf disposition législative contraire, ces contraventions sont punies de l'amende prévue par le premier alinéa de l'article L. 2132-26 du code général de la propriété des personnes publiques ". Aux termes de l'article 12 du règlement particulier de police des ports de plaisance approuvé par délibération de la communauté urbaine Marseille-Provence Métropole du 22 décembre 2014, relatif à la surveillance du bateau par le propriétaire ou la personne qui en la charge : " Le propriétaire du bateau ou la personne qui en a la charge, doit veiller à ce que ce dernier : / () ne gêne pas l'exploitation du port () ".
4. D'autre part, aux termes de l'article L. 2132-26 du code général de la propriété des personnes publiques : " Sous réserve des textes spéciaux édictant des amendes d'un montant plus élevé, l'amende prononcée pour les contraventions de grande voirie ne peut excéder le montant prévu par le 5° de l'article 131-13 du code pénal () ". Et aux termes de l'article 131-13 du code pénal : " Constituent des contraventions les infractions que la loi punit d'une amende n'excédant pas 3 000 euros. Le montant de l'amende est le suivant : () 5° 1 500 euros au plus pour les contraventions de la 5e classe () ".
5. Lorsqu'il retient la qualification de contravention de grande voirie s'agissant des faits qui lui sont soumis, le juge est tenu d'infliger une amende au contrevenant. Alors même que les dispositions précitées ne prévoient pas de modulation des amendes, le juge, qui est le seul à les prononcer, peut toutefois, dans le cadre de ce contentieux répressif, moduler leur montant dans la limite du plafond prévu par la loi et du plancher que constitue le montant de la sanction directement inférieure, pour tenir compte de la gravité de la faute commise, laquelle est appréciée au regard de la nature du manquement et de ses conséquences.
6. Pour engager les poursuites à l'encontre de Mme B, la métropole Aix-Marseille Provence a considéré que celle-ci exerçait une activité commerciale de location de son navire " LOUMA III " immatriculé " AJB11285 ", dès lors que le surveillant de port agréé par le procureur de la République a constaté le 28 juillet 2023 une annonce de location de ce navire sur un site internet dédié à la location de bateaux entre particuliers. Toutefois, Mme B établit par les courriels du site internet en cause datés des 11 juillet, 22 août et 13 septembre 2023 non contestés par la métropole d'Aix-Marseille-Provence, qu'elle s'est inscrite sur le site internet de location de bateaux le 11 juillet 2023, que son navire n'a toutefois pas été loué via ce site, et enfin que l'annonce pour la location a été retirée le 25 juillet suivant. Par suite, l'annonce de location du navire était retirée à la date à laquelle l'agent assermenté a indiqué avoir effectué les constatations et les faits reprochés de location d'un navire ne sont pas établis. En l'absence de preuve de matérialité des faits, la seule intention de mettre le bateau en cause en location, pendant une brève durée, ne suffit pas à établir que l'infraction reprochée serait constituée.
7. Enfin, alors qu'il résulte du procès-verbal du 3 août 2023 que Mme B dispose pour son navire d'une autorisation d'occupation temporaire du domaine public, dans le périmètre de plan d'eau de la société nautique MACT, il ne résulte toutefois pas de l'instruction que l'annonce passée par l'intéressée sur internet pendant une durée d'un peu plus de deux semaines ait constitué une entrave à l'exploitation du port, les faits ainsi reprochés par la métropole d'Aix-Marseille-Provence ne sont pas davantage établis.
8. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de prononcer la relaxe des fins des poursuites engagées contre Mme B pour contravention de grande voirie.
Sur les frais liés au litige :
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la métropole d'Aix-Marseille-Provence une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Mme A B est relaxée des fins des poursuites.
Article 2 : La métropole Aix-Marseille-Provence versera à Mme B la somme de 1 000 (mille) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera adressé à la Métropole d'Aix-Marseille Provence pour notification à Mme A B dans les conditions prévues à l'article L. 774-6 du code de justice administrative.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juin 2024.
La magistrate désignée,
A. Niquet
Le greffier,
P. Giraud
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026