jeudi 2 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2308929 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | HERNANDEZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 septembre 2023, la métropole-Aix-Marseille Provence défère au tribunal comme prévenu d'une contravention de grande voirie, M. A B et conclut à ce que le tribunal constate que les faits établis par le procès-verbal du 8 août 2023 constituent la contravention prévue et réprimée par les articles L. 5337-4 et R. 5337-1 du code des transports et le condamne par suite au paiement d'une amende.
Elle soutient que :
- l'exercice non autorisé d'une activité économique de M. B constitue une infraction aux dispositions des articles L. 5333-4 du code des transports, L. 2122-1 et suivants du code général de la propriété des personnes publiques et l'article 12 du règlement de police des ports de plaisance ;
- ce manquement constitue une contravention de grande voirie en application des articles L. 5337-4 et R. 5337-1 du code des transports.
Vu le mémoire enregistré le 19 février 2024, M. A B, représenté par Me Hernandez, conclut à l'annulation du procès-verbal de contravention de grande voirie dressé le 8 août 2023, au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de la métropole-Aix-Marseille Provence la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- la société Onet Sécurité n'a effectué que deux constatations les 10 et 17 juillet 2023 ;
- aucune activité de location donnant lieu à une transaction financière ne peut lui être reprochée ;
- il n'a pas, le 10 juillet 2023, été informé commettre une contravention ;
- il est en situation de recherche d'emploi, ne percevant que l'allocation d'aide au retour à l'emploi.
Le tribunal a informé les parties, conformément aux dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen d'ordre public tiré de l'irrecevabilité des conclusions présentées par M. B tendant à l'annulation du procès-verbal de grande voirie dressé le 8 août 2023 à son encontre dès lors que cet acte qui constitue un préalable à la saisine du juge et n'est pas détachable de la procédure de contravention de grande voie, ne comporte pas de décision.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code des transports ;
- le code pénal ;
- le règlement particulier de police des ports de plaisance approuvé par délibération de la communauté urbaine Marseille-Provence Métropole du 22 décembre 2014 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lopa Dufrénot,
- et les conclusions de M. Boidé, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La Métropole Aix-Marseille-Provence a dressé le 8 août 2023 un procès-verbal de contravention de grande voirie à l'encontre de M. B, propriétaire du navire Angélique immatriculé TLE70021. Le procès-verbal a été notifié à M. B par lettre recommandée avec accusé de réception du 9 août 2023 et signifié à sa personne, par acte de commissaire de justice du 18 août suivant.
Sur les conclusions reconventionnelles :
2. Aux termes de l'article L. 774-2 du code de justice administrative, dans sa rédaction en vigueur au moment des faits : " Dans les dix jours qui suivent la rédaction d'un procès-verbal de contravention, le préfet fait faire au contrevenant notification de la copie du procès-verbal. /(). Pour les contraventions de grande voirie mentionnées au chapitre VII du titre III du livre III de la cinquième partie dudit code, les autorités mentionnées aux articles L. 5337-3-1 et L. 5337-3-2 du même code sont compétentes concurremment avec le représentant de l'Etat dans le département. ()/ La notification est faite dans la forme administrative, mais elle peut également être effectuée par lettre recommandée avec demande d'avis de réception./La notification indique à la personne poursuivie qu'elle est tenue, si elle veut fournir des défenses écrites, de les déposer dans le délai de quinzaine à partir de la notification qui lui est faite./Il est dressé acte de la notification ; cet acte doit être adressé au tribunal administratif et y être enregistré comme les requêtes introductives d'instance. ".
3. Le procès-verbal de contravention de grande voirie dressé par le surveillant de port agréé par le Procureur de la République et assermenté devant le tribunal de grande instance de Marseille, à l'encontre de M. B ne comporte par lui-même aucune décision. Il constitue un acte préalable à la saisine du juge et n'est pas détachable de la procédure de contravention de grande voirie. Dès lors, les conclusions présentées par M. B tendant à l'annulation d'un tel acte sont irrecevables.
Sur l'action publique :
4. Aux termes de l'article L. 2122-1 du code général de la propriété des personnes publiques : " Nul ne peut, sans disposer d'un titre l'y habilitant, occuper une dépendance du domaine public d'une personne publique mentionnée à l'article L. 1 ou l'utiliser dans des limites dépassant le droit d'usage qui appartient à tous ". Aux termes de l'article L. 2132-2 de ce code : " Les contraventions de grande voirie sont instituées par la loi ou par décret, selon le montant de l'amende encourue, en vue de la répression des manquements aux textes qui ont pour objet, pour les dépendances du domaine public n'appartenant pas à la voirie routière, la protection soit de l'intégrité ou de l'utilisation de ce domaine public, soit d'une servitude administrative mentionnée à l'article L. 2131-1. / Elles sont constatées, poursuivies et réprimées par voie administrative ".
5. De plus, aux termes de l'article L. 5337-1 du code des transports : " Sans préjudice des sanctions pénales encourues, tout manquement aux dispositions du chapitre V du présent titre, à celles du présent chapitre et aux dispositions réglementant l'utilisation du domaine public, notamment celles relatives aux occupations sans titre, constitue une contravention de grande voirie réprimée dans les conditions prévues par les dispositions du présent chapitre () ". Aux termes de l'article R. 5337-1 du code des transports : " Constitue une contravention de grande voirie la violation des interdictions ou le manquement aux obligations prévues par le règlement général de police défini au chapitre III et par les règlements locaux le complétant. /Sauf disposition législative contraire, ces contraventions sont punies de l'amende prévue par le premier alinéa de l'article L. 2132-26 du code général de la propriété des personnes publiques.
6. Par ailleurs, aux termes de l'article 12 du règlement particulier de police des ports de plaisance approuvé par délibération de la communauté urbaine Marseille-Provence Métropole du 22 décembre 2014, relatif à la surveillance du bateau par le propriétaire ou la personne qui en la charge : " Le propriétaire du bateau ou la personne qui en a la charge, doit veiller à ce que ce dernier : () ne gêne pas l'exploitation du port ".
7. Enfin, aux termes de l'article L. 5337-4 du code des transports : " Est puni de 3 750 € d'amende le fait, pour le propriétaire ou la personne responsable qui en a la garde : () / 2° De laisser stationner ou de déposer sans autorisation des véhicules, objets, matériaux ou autres en violation de l'article L. 5335-4 () ". Lorsqu'il retient la qualification de contravention de grande voirie s'agissant des faits qui lui sont soumis, le juge est tenu d'infliger une amende au contrevenant. Alors même que les dispositions précitées ne prévoient pas de modulation des amendes, le juge, qui est le seul à les prononcer, peut toutefois, dans le cadre de ce contentieux répressif, moduler leur montant dans la limite du plafond prévu par la loi et du plancher que constitue le montant de la sanction directement inférieure, pour tenir compte de la gravité de la faute commise, laquelle est appréciée au regard de la nature du manquement et de ses conséquences.
8. Lorsque le rédacteur du procès-verbal n'a pas été le témoin personnel des faits qu'il relate, ce procès-verbal ne peut servir de base aux poursuites que si ses énonciations sont corroborées par les résultats de l'instruction poursuivie devant la juridiction administrative.
9. Il résulte des termes du procès-verbal dressé le 8 août 2023 par le surveillant de port agréé par le procureur de la République et assermenté devant le tribunal de grande instance de Marseille, fait état de ce que les 10, 17 et 27 juillet 2023 que les agents de sécurité de la société Onet Sécurité missionnée par la métropole Aix-Marseille Provence, ont constaté la présence du le navire Angélique immatriculé TLE70021 à la cale de mise à l'eau du port de plaisance de La Ciotat ainsi que l'exercice d'une activité de location de celui-ci.
10. Toutefois, d'une part, ainsi que le relève M. B, les pièces annexées au procès-verbal, constituées par deux relevés établis par l'agent de sécurité de la société Onet Sécurité précitée ne portent que des constatations opérées les journées des 10 et 17 juillet 2023 sur la plage horaire de 8 h 30 à 18 h 30, de la présence du navire immatriculé TLE70021 respectivement à 10 h 30 et 9 h 29. Dès lors, la Métropole Aix-Marseille-Provence n'établit pas la matérialité des manquements reprochés le 27 juillet suivant. Par suite, il y a lieu de le relaxer des fins des poursuites engagées à son encontre au titre de faits reprochés à M. B le 27 juillet 2023.
11. D'autre part, il résulte de l'instruction, et notamment des mentions portées sur le procès-verbal du 8 août 2023 dressé par le surveillant de port assermenté et sur le fondement duquel les poursuites ont été engagées, que dans les mains courantes établies les 10 et 17 juillet 2023, les agents de la société ONET, en charge de la surveillance des cales de mise à l'eau du port de La Ciotat, ont indiqué respectivement " 10h33 1 loueur " ainsi que l'immatriculation du bateau " TLE 70021 Marque Clubman " et " 09h29 loueur Immatriculation TLE 70021 ". Or, en se bornant à produire de tels rapports dépourvus de précisions, la Métropole Aix-Marseille-Provence n'établit pas la matérialité des faits reprochés à M. B consistant dans l'exercice d'une activité commerciale et l'entrave à l'exploitation du port. Ainsi, M. B est fondé à solliciter sa relaxe.
12. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de prononcer la relaxe des fins des poursuites engagées contre M. B pour contravention de grande voirie.
Sur les frais liés au litige :
13. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la métropole Aix-Marseille-Provence une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : M. B est relaxé des fins des poursuites.
Article 2 : La métropole Aix-Marseille-Provence versera à M. B une somme de 1 000 (mille) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions présentées par M. B à fin d'annulation du procès-verbal dressé le 8 août 2023 à son encontre est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera adressé à la métropole Aix-Marseille-Provence pour notification à M. A B, dans les conditions prévues à l'article L. 774-6 du code de justice administrative.
Délibéré après l'audience du 11 avril 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Lopa Dufrénot, présidente,
Mme Niquet, première conseillère,
Mme Ollivaux, première conseillère,
Assistées de M. Giraud, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 2 mai 2024.
La rapporteure,
signé
A. NIQUET La présidente,
signé
M. LOPA DUFRENOT
Le greffier,
signé
P. GIRAUD
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026