mercredi 15 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2309605 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | GUYON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 13 octobre 2023, Mmes C A et B D A, représentées par Me Guyon, demandent au tribunal :
1°) de condamner l'Etat à leur verser la somme totale de 20 000 euros, soit 10 000 euros chacune, en réparation des préjudices qu'elles estiment avoir subis du fait de la carence de l'administration à respecter le protocole transactionnel signé à la suite d'un accident de la circulation ;
2°) d'enjoindre au préfet de la zone de défense et sécurité Sud de verser les sommes dues dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de cent euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 600 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- à la suite de l'accident de la circulation ayant mis en cause un policier, la responsabilité pour faute de l'Etat, représenté par le préfet de la zone de défense et sécurité sud, est engagée en raison de son inaction fautive à respecter les termes du protocole transactionnel annexé au courrier du 8 septembre 2015 ;
- cette inaction leur a causé un préjudice anormal et spécial ;
- leur préjudice financier est estimé à 4 500 euros chacune, le préjudice moral à 3 500 euros chacune et la perte de chance de bénéficier d'une expertise à 2 000 euros chacune.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 mars 2024, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut à l'incompétence de la juridiction administrative pour statuer sur la requête.
Il fait valoir que la juridiction administrative n'est pas compétente pour connaître du litige relatif à un accident de la circulation causé par un véhicule de police.
Un mémoire présenté par le préfet de la zone de défense et sécurité sud, qui se déclaré incompétent pour défendre sur ce litige, a été enregistré le 9 février 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 57-1424 du 31 décembre 1957 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Gaspard-Truc,
- et les conclusions de M. Garron, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Le 18 février 2015, Mme C A et sa fille B D A ont été victimes d'un accident de la circulation impliquant un véhicule du ministère de l'intérieur conduit par un fonctionnaire de police. Le 8 septembre 2015, le préfet de la zone de défense et de sécurité sud leur a proposé un protocole d'accord transactionnel, qu'elles ont accepté le 15 janvier 2019, qui prévoyait l'octroi d'une provision de 300 euros en réparation de leur préjudice corporel. Par la présente requête, Mmes A et D A demandent la condamnation de l'Etat à leur verser la somme totale de 20 000 euros, soit 10 000 euros chacune, à titre d'indemnisation des préjudices qu'elles estiment avoir subis du fait de la carence de l'administration à respecter cette transaction.
2. Aux termes des dispositions de l'article 1er de la loi du 31 décembre 1957 attribuant compétence aux tribunaux judiciaires pour statuer sur les actions en responsabilité des dommages causés par tout véhicule et dirigés contre une personne de droit public : " Par dérogation à l'article 13 de la loi des 16-24 août 1790 sur l'organisation judiciaire, les tribunaux de l'ordre judiciaire sont seuls compétents pour statuer sur toute action en responsabilité tendant à la réparation des dommages de toute nature causés par un véhicule quelconque. Cette action sera jugée conformément aux règles du droit civil, la responsabilité de la personne morale de droit public étant, à l'égard des tiers, substituée à celle de son agent, auteur des dommages causés dans l'exercice de ses fonctions () ". Ainsi, le juge judiciaire est seul compétent pour réparer les dommages qui sont le fait d'un véhicule appartenant à une personne de droit public ou placé sous sa garde et ceux qui sont imputables à l'un de ses agents chargé de conduire un véhicule ou associé à sa conduite.
3. Il résulte de l'instruction que les dommages, notamment corporels, subis par les requérantes ont été causés par un accident de la circulation impliquant un véhicule conduit par un commandant de police. L'action en responsabilité délictuelle ou quasi délictuelle tendant à la réparation de ces dommages relève donc de la compétence du juge judiciaire. Si Mmes A invoquent devant la juridiction administrative la responsabilité contractuelle de l'Etat qui résulterait de son inobservation fautive du protocole transactionnel accepté le 15 janvier 2019, le juge judiciaire est seul compétent, ainsi qu'il a été dit précédemment, pour statuer sur l'action en responsabilité tendant à la réparation des dommages engendrés par l'accident de la circulation dont les requérantes ont été victimes le 18 février 2015. Le présent recours, qui met en cause le respect par l'administration de la transaction conclue entre les parties pour mettre fin au litige portant sur les conséquences dommageables de cet accident, relève donc lui aussi de la compétence de la juridiction judiciaire. Il y a lieu, dans ces conditions et en application de l'article 1er de la loi du 31 décembre 1957, de rejeter les conclusions indemnitaires et aux fins d'injonction et d'astreinte de la requête de Mmes A et D A comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître. Par ailleurs, les conclusions des requérantes présentées sur le fondement des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions indemnitaires et aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par Mmes A et D A sont rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mmes C A et B D A et au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 18 décembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Jorda-Lecroq, présidente de chambre,
Mme Gaspard-Truc, première conseillère,
Mme Forest, première conseillère,
Assistées de Mme Aras, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 janvier 2025.
La rapporteure,
signé
F. Gaspard-Truc
La présidente,
signé
K. Jorda-Lecroq
La greffière,
signé
M. Aras
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026