mercredi 22 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2310403 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | AXONE DROIT PUBLIC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 7 et 20 novembre 2023, la société Néo Paysages, représentée par la société d'avocats CLL Avocats, demande au juge des référés :
1°) sur le fondement de l'article L. 551-1 du code de justice administrative, d'annuler la procédure de passation du lot n° 1 du marché en cause ;
2°) de mettre à la charge de la commune d'Aubagne la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que son offre a été dénaturée dès lors que la commune d'Aubagne n'a retenu au titre du nombre de travailleurs mobilisables pour le marché que six personnes alors qu'une équipe de renfort composée de deux personnes était proposée et qu'intervenaient également une personne en bureau d'études, un conducteur de travaux et un chef de secteur, soit onze personnes.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 novembre 2023, la commune d'Aubagne conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de la société requérante la somme de 6 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que le moyen soulevé par la requérante n'est pas fondé.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 novembre 2023, la société Paysages méditerranéens conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de la société Néo Paysages la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que le moyen soulevé par la requérante n'est pas fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la commande publique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Gonneau, vice-président, pour statuer sur les demandes de référés.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 21 novembre 2023, tenue en présence de Mme Romelli, greffière d'audience, M. Gonneau a lu son rapport et a entendu les observations de Me Darmon, représentant la société Néo Paysages qui a conclu aux mêmes fins que ses mémoires par les mêmes moyens et Me Anton, représentant la commune d'Aubagne qui a maintenu les termes de son mémoire en défense.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. La commune d'Aubagne a soumis à la concurrence un marché d'entretien de ses espaces verts. La société Néo Paysages demande l'annulation de la procédure de passation du lot n° 1 de ce marché.
2. Aux termes de l'article L. 551-1 du code de justice administrative : " Le président du tribunal administratif, ou le magistrat qu'il délègue, peut être saisi en cas de manquement aux obligations de publicité et de mise en concurrence auxquelles est soumise la passation par les pouvoirs adjudicateurs de contrats administratifs ayant pour objet l'exécution de travaux, la livraison de fournitures ou la prestation de services, avec une contrepartie économique constituée par un prix ou un droit d'exploitation, la délégation d'un service public ou la sélection d'un actionnaire opérateur économique d'une société d'économie mixte à opération unique. () ". Aux termes de l'article L. 551-2 du même code : " I.- Le juge peut ordonner à l'auteur du manquement de se conformer à ses obligations et suspendre l'exécution de toute décision qui se rapporte à la passation du contrat, sauf s'il estime, en considération de l'ensemble des intérêts susceptibles d'être lésés et notamment de l'intérêt public, que les conséquences négatives de ces mesures pourraient l'emporter sur leurs avantages. / Il peut, en outre, annuler les décisions qui se rapportent à la passation du contrat et supprimer les clauses ou prescriptions destinées à figurer dans le contrat et qui méconnaissent lesdites obligations. () ".
3. Aux termes de l'article L. 2152-7 du code de la commande publique dans sa rédaction applicable : " Le marché est attribué au soumissionnaire ou, le cas échéant, aux soumissionnaires qui ont présenté l'offre économiquement la plus avantageuse sur la base d'un ou plusieurs critères objectifs, précis et liés à l'objet du marché ou à ses conditions d'exécution () ".
4. Il n'appartient pas au juge du référé précontractuel, qui doit seulement se prononcer sur le respect, par l'autorité concédante, des obligations de publicité et de mise en concurrence auxquelles est soumise la passation d'un contrat, de se prononcer sur l'appréciation portée sur la valeur d'une offre ou les mérites respectifs des différentes offres. Il lui appartient, en revanche, lorsqu'il est saisi d'un moyen en ce sens, de vérifier que l'autorité concédante n'a pas dénaturé le contenu d'une offre en en méconnaissant ou en en altérant manifestement les termes et procédé ainsi à la sélection de l'attributaire du contrat en méconnaissance du principe fondamental d'égalité de traitement des candidats.
5. Il résulte du cadre de réponse technique produit par la société requérante qu'au titre de l'item " effectif affecté au marché, nombre de salariés affectés à l'exécution de la prestation ", elle a proposé d'affecter au marché " deux équipes de référence avec chacune un chef d'équipe et deux ouvriers qualifiés ", en ajoutant " Nous aurons de même une équipe de renfort composée d'un chef d'équipe et d'un ouvrier qualifié " et " ces équipes seront aidés par notre bureau d'études paysagères interne composé de notre conceptrice paysagiste ", et qu'au titre de l'item " désignation de l'interlocuteur unique ", elle a désigné un conducteur de travaux, remplacé en cas de congés ou indisponibilités par le chef de secteur. Il résulte du rapport d'analyse des offres que la commune d'Aubagne a estimé que le personnel mis à disposition, soit six personnes et une équipe de renfort, aidés par un paysagiste, était insuffisant pour mener à bien plusieurs chantiers en simultané. Il ressort du règlement de la consultation qu'au titre du critère de la valeur technique, le sous-critère " moyens humains et techniques affectés aux contrats " était pondéré à hauteur de 20% de la note. La société Néo Paysages a obtenu la note de 3/5 au titre de ce sous-critère. Cette appréciation du caractère suffisant du personnel disponible pour effectuer les prestations, auquel la commune a pu sans dénaturation de l'offre ne pas ajouter le conducteur de travaux et le chef de secteur, lesquels avaient la même fonction d'interlocuteur unique et non pas de personnel affecté au marché, n'est pas susceptible, comme il a été dit ci-dessus, de discussion devant le juge des référés précontractuels. Par suite le moyen tiré d'une telle dénaturation doit être écarté.
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune d'Aubagne, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que demande la société Néo Paysages au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la société Néo Paysages le versement d'une somme de 2 000 euros au titre des frais exposés par la commune d'Aubagne et non compris dans les dépens et d'une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la société Paysages méditerranéens et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête présentée par la société Néo Paysages est rejetée.
Article 2 : La société Néo Paysage versera à la commune d'Aubagne la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La société Néo Paysage versera à la société Paysages méditerranéens la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Néo Paysages, à la société Paysages méditerranéens et à la commune d'Aubagne.
Le juge des référés,
signé
P-Y. GONNEAU
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef ;
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026