LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2401940

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2401940

mardi 24 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2401940
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation7ème chambre
Avocat requérantSELARL ABEILLE & ASSOCIÉS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en plein contentieux, a rejeté la demande d'indemnisation de la requérante. Le tribunal a estimé que le centre hospitalier de Briançon n'avait pas commis de faute dans la prise en charge de l'enfant, car il n'était pas établi que la dent avait été rapportée aux urgences ou qu'un refus de réimplantation avait été opposé. La décision s'appuie sur les dispositions du code de la santé publique, notamment l'article L. 1142-1, qui régissent la responsabilité médicale sans faute.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 27 février 2024, 23 mai 2024, 10 avril et 27 août 2025, Mme B... D..., agissant en tant que représentante légale de son fils mineur A... D..., représentée par la SCP Anselmetti-La Rocca, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d’annuler la décision du 27 décembre 2023 par laquelle le directeur du centre hospitalier de Briançon a rejeté sa demande indemnitaire préalable du 17 août 2023 ;

2°) de condamner le centre hospitalier des Escartons de Briançon à lui verser la somme de 15 737,44 euros, en réparation des préjudices qu’elle estime avoir subis du fait de la prise en charge de son fils A... au sein du service des urgences du centre hospitalier de Briançon ;

3°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Briançon le versement d’une somme de 2 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- la responsabilité du centre hospitalier de Briançon est engagée en raison de l’absence de réimplantation de la dent n°11 par le service des urgences lors de la prise en charge de son fils ;
- l’obligation indemnitaire à la charge du centre hospitalier de Briançon ne doit pas se limiter à une perte de chance évaluée à 50% d’éviter la pose d’un implant dès lors que le centre hospitalier de Briançon est entièrement responsable des préjudices subis par A... D..., ce qui ouvre droit à la réparation intégrale de ses préjudices ;
- elle sollicite en réparation des préjudices subis le versement des sommes de 230 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire, 7 000 euros au titre des souffrances endurées, 800 euros au titre du préjudice esthétique temporaire, 6 707,44 euros au titre des dépenses de santé futures et 1 000 euros au titre du préjudice d’agrément.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 30 avril 2024 et 23 juin 2025, le centre hospitalier de Briançon, représenté par la SELARL Abeille et Associés, conclut à titre principal au rejet de la requête, à titre subsidiaire à l’application du taux de perte de chance de 50% fixé par l’expert au seul préjudice en lien avec la prise en charge médicale, à savoir la pose d’implant, les autres préjudices étant imputables à l’accident ayant conduit au traumatisme, et à titre infiniment subsidiaire à ce que le montant des indemnités susceptible d’être mis à sa charge soit ramené à de plus justes proportions, en tenant compte du taux de perte de chance de 50% fixé par l’expert. Il conclut également au rejet des demandes faites au titre de l’article L 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- il n’est pas démontré que la dent de l’enfant a été rapportée au service des urgences, ni que le personnel a refusé de procéder à la réimplantation de la dent, ce qui exclut toute faute de sa part ;
- le taux de perte de chance, fixé à 50% par l’expert, doit être retenu et s’appliquer aux seuls dommages directement liés à la prise en charge médicale de l’enfant ;
- les demandes indemnitaires faites par Mme D... doivent être ramenées à de plus justes proportions.

La procédure a été communiquée à la caisse commune de sécurité sociale des Hautes-Alpes, qui n’a pas produit de mémoire.


Vu :
l’ordonnance du 24 février 2025 par laquelle le président du tribunal a taxé et liquidé les frais d’expertise du Dr C... à la somme de 900 euros ;
les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.


Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Diwo, rapporteure,
- les conclusions de Mme Baizet, rapporteure publique,
- et les observations de Me France, substituant Me Zandotti, pour le centre hospitalier de Briançon.
Considérant ce qui suit :

1. A... D..., âgé de onze ans, a percuté le bord d’un toboggan de la piscine de Briançon. Il a subi un choc facial, ainsi qu’une avulsion de la dent adulte n°11 et une fracture de la dent n°21. La dent n°11, retrouvée dans la piscine, n’a pas été réimplantée par le service des urgences du centre hospitalier de Briançon. Mme D..., agissant en tant que représentante légale de son fils mineur A..., estime que ce dernier subit un préjudice du fait du refus opposé par les médecins des urgences de réimplanter la dent dans un délai de deux heures suivant le choc, qui le contraindra à effectuer une greffe osseuse et à subir la pose d’un implant à l’âge adulte. Elle en demande réparation.

Sur les conclusions à fin d’annulation dirigées contre la décision de rejet de la demande indemnitaire préalable :

2. La décision de rejet de la demande indemnitaire préalable ayant eu pour seul effet de lier le contentieux à l’égard de l’objet de la demande indemnitaire de la requérante, celle-ci doit être regardée comme ayant formulé des conclusions tendant à une indemnisation de ses préjudices, donnant ainsi à l’ensemble de sa requête le caractère d’un recours de plein contentieux. Il appartient au juge de plein contentieux non pas d’apprécier la légalité de la décision liant le contentieux mais de se prononcer sur le droit du requérant à obtenir l’indemnité qu’il réclame. Par suite, les conclusions présentées par Mme D... à fin d’annulation de la décision de rejet par le centre hospitalier de Briançon de sa demande indemnitaire doivent être rejetées.

Sur la responsabilité du centre hospitalier de Briançon :

3. Aux termes de l’article L. 1142-1 du code de la santé publique : « I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute.(…) ». Dans le cas où la faute commise lors de la prise en charge ou du traitement d’un patient a compromis ses chances d’obtenir une amélioration de son état de santé ou d’échapper à son aggravation, le préjudice résultant directement de la faute commise par l’établissement et qui doit être intégralement réparé, n’est pas le dommage corporel constaté, mais la perte de chance d’éviter que ce dommage soit advenu. La réparation qui incombe à l’hôpital doit alors être évaluée à une fraction du dommage déterminée en fonction de l’ampleur de la chance perdue. En revanche, lorsque le dommage corporel ne serait pas survenu en l’absence de la faute commise par l’établissement, le préjudice qui en résulte doit être intégralement réparé.

4. Il résulte de l’instruction et notamment du rapport de l’expertise ordonnée le 30 juillet 2024 par le juge des référés et réalisée par le Dr C..., que le meilleur pronostic d’une réimplantation concerne les dents remises en place dans un délai inférieur à trente minutes. Les dents réimplantées entre trente minutes et deux heures bénéficient d’un moins bon pronostic, qui reste toutefois acceptable. Les dents implantées après deux heures ont quant à elles un très mauvais pronostic. Dans l’hypothèse où les services médicaux auraient en effet refusé de réimplanter la dent du jeune A... D... dans un délai inférieur à deux heures suivant l’avulsion, alors qu’il est établi que l’établissement possède un plateau technique permettant d’effectuer cette opération, une faute serait caractérisée, qui aurait fait perdre à l’enfant une chance d’éviter les préjudices subis. Le taux de perte de chance est évalué à 50% par l’expert. En revanche, en l’absence d’un tel refus, la prise en charge A... D... aurait été conforme aux données acquises de la science et aucune faute ne pourrait ainsi être caractérisée à la charge du centre hospitalier de Briançon.

5. Il résulte de l’instruction, et notamment des mentions du dossier médical, non contestées, que le jeune A... D... a été admis au service des urgences du centre hospitalier de Briançon le 17 août 2023 à 18h37, et a quitté ce service à 19h44. L’heure exacte de l’avulsion de la dent n’est pas connue, mais se situe aux alentours de 18 heures, ainsi qu’il ressort des déclarations du directeur adjoint du centre hospitalier de Briançon telles que retranscrites par l’expert. Il ne résulte toutefois pas de l’instruction que la dent de l’enfant aurait été remise aux services médicaux, ni que ceux-ci auraient refusé de procéder à sa réimplantation malgré l’existence d’un plateau technique. Si la requérante s’appuie sur l’attestation établie par sa belle-mère, grand-mère de l’enfant A..., selon laquelle elle aurait remis la dent aux parents à 18h45, celle-ci se contente de témoigner de la seule remise de la dent aux parents dans un temps autorisant une réimplantation efficiente. Il ne résulte pas de l’instruction que les parents auraient sollicité le personnel médical aux fins de réimplantation, ni que ceux-ci auraient refusé de pratiquer cette opération. Le dossier médical consulté par l’expert ne fait par ailleurs pas état de la présence de la dent au moment de la prise en charge de l’enfant dans le service des urgences, ni des demandes des parents aux fins de réimplantation. Dans ces conditions, il ne résulte de l’instruction ni des éléments suffisants de nature à caractériser le refus de prise en charge allégué par la requérante, ni par voie de conséquence une faute à la charge du centre hospitalier de Briançon.

6. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme D..., en tant que représentante légale de son fils mineur A... D..., doit être rejetée en toutes ses conclusions.

Sur la déclaration de jugement commun :

7. La caisse commune de sécurité sociale des Hautes-Alpes, mise en cause, n’a pas produit de mémoire. Par suite, il y a lieu de lui déclarer commun le présent jugement.

Sur la charge des frais d’expertise :

8. Il y a lieu de mettre à la charge définitive de Mme B... D... les frais et honoraires d’expertise liquidés et taxés à la somme de 900 euros pour le Dr C... par l’ordonnance du 24 février 2025 du président du tribunal.





D É C I D E :




Article 1er : La requête de Mme D..., agissant en tant que représentante légale de son fils mineur A... D..., est rejetée.

Article 2 : Les frais d’expertise, liquidés et taxés à la somme de 900 euros, sont mis à la charge définitive de Mme D....

Article 3 : Le présent jugement est déclaré commun à la caisse commune d’assurance maladie des Hautes-Alpes

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B... D..., en tant que représentante légale de son fils mineur A... D..., au centre hospitalier de Briançon, et à la caisse commune de sécurité sociale des Hautes-Alpes.

Copie en sera adressée au Dr C..., expert.


Délibéré après l’audience du 3 mars 2026, à laquelle siégeaient :

M. Vanhullebus, président,
Mme Hetier-Noël, première conseillère,
Mme Diwo, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 mars 2026.


La rapporteure,
signé
C. DIWO
Le président,
signé
T. VANHULLEBUS


La greffière,


signé


VIDAL


La République mande et ordonne à la ministre de la Santé, des Familles, E... et des personnes handicapées, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions