vendredi 6 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2411602 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | SELARL WALGENWITZ AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 9 novembre 2024, Mme A B épouse C, représentée par Me Pawlotsky, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 12 septembre 2024 par laquelle la directrice du Centre hospitalier de Montperrin l'a placé en position d'absences injustifiées à compter du 25 octobre 2023 et l'a informé qu'un titre de recettes allait être émis à son encontre au mois de septembre 2024 d'un montant total de 31 021,76 euros, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) d'enjoindre à la directrice dudit centre d'une part, de rétablir le versement de l'intégralité de son traitement, dans un délai de 5 jours sous peine astreinte de 300 euros par jour de retard à compter de la présente ordonnance, d'autre part, de statuer sur sa demande de reconnaissance de maladie professionnelle formulée le 8 novembre 2023 afin de pouvoir fixer son taux d'invalidité et, enfin, de maintenir son plein traitement jusqu'à sa mise à la retraite pour inaptitude imputable au service ;
3°) de mettre à la charge du Centre hospitalier de Montperrin la somme de 2 500 euros en application de l'article L761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie, dès lors qu'elle se retrouve privée de revenus alors que, divorcée, elle a un enfant à charge et ne pourra faire face à ses charges et que cette mesure a d'importantes conséquences sur sa santé ;
- il existe plusieurs moyens propres à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision dès lors que :
* celle-ci ne pouvait pas la placer en position d'absence injustifiée dès lors que cette procédure concerne uniquement les agents en activité et que son absence est justifiée par son inaptitude ;
* celle-ci est dénuée de toute motivation en droit;
* celle-ci ne pouvait être prise de manière rétroactive en intervenant plus d'un an après le constat de l'absence de l'intéressée au rendez-vous médical ;
* son refus de se rendre au rendez-vous avec le médecin agrée ne pouvait fonder son placement en absence injustifiée et l'interruption de son traitement dès lors que le centre hospitalier empêche lui-même la détermination de son véritable taux d'invalidité imputable au service en ce qu'il ne s'est pas prononcé sur l'imputabilité au service de sa seconde maladie professionnelle ainsi que sur sa demande de mise à la retraite anticipée ;
* cette décision est entachée d'un détournement de pouvoir et constitue une sanction déguisée ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 novembre 2024, le centre hospitalier de Montperrin, représenté par la Selarl Walgenwitz Avocats, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de la requérante d'une somme de 2 000 euros au titre des frais d'instance.
Il fait valoir que :
-la condition d'urgence n'est pas satisfaite dès lors que la requérante s'est elle-même placée dans cette situation en refusant de manière répétée de se rendre aux convocations devant les médecins agrées ;
- il n'existe aucun moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 3 octobre 2024 sous le n° 2410117 par laquelle Mme B épouse C demande l'annulation de la décision en litige.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Simon, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Vidal, greffière d'audience, Mme Simon a lu son rapport et entendu :
- les observation de Mme B épouse C et de Me Pawlotsky représentant la requérante qui a conclue aux mêmes fins par les moyens ;
- les observations de Me Chavalarias substituant Me Walgenwitz, représentant le Centre hospitalier de Montperrin, qui a persisté dans ses écritures.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. A compter du 1er novembre 2012, Mme C, psychologue de classe normale, a été affectée, par mutation, au centre médico-psychologique Paul Cézanne, l'un des deux services pédopsychiatriques du centre hospitalier de Montperrin. Par un premier jugement du 3 février 2020, le tribunal administratif de Marseille a annulé la décision du 19 avril 2019 par laquelle la directrice de cet établissement a refusé de reconnaitre l'imputabilité au service de sa pathologie et l'a placée en disponibilité d'office à compter du 29 août 2018 et a enjoint à la directrice de reconnaitre l'imputabilité au service de sa maladie professionnelle. Par un second jugement du 3 février 2020, le tribunal a reconnu l'existence d'une situation de harcèlement moral et condamné le Centre hospitalier Montperrin à lui verser une somme de 10 000 euros à titre de dommages et intérêts. Le 8 octobre 2021, elle a sollicité sa mise en retraite anticipée. Le centre hospitalier a saisi un médecin généraliste ainsi qu'un médecin expert le 14 avril 2022 afin qu'ils l'examinent dans le cadre du CITIS et pour permettre de répondre à sa demande de retraite anticipée pour invalidité. Par une décision du 12 septembre 2024, en raison des absences de l'intéressée aux convocation devant le médecin agréé, la directrice du Centre hospitalier de Montperrin l'a placé en position d'absences injustifiés à compter du 25 octobre 2023, date de réception de son dernier refus de se rendre aux convocations pour expertise, a interrompu le versement de son traitement, a rejeté sa seconde demande de reconnaissance de maladie professionnelle et l'a informée qu'un titre de recette serait émis à son encontre pour un montant de 31 021,76 euros pour la période du 25 octobre 2023 au 12 septembre 2024.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
3. Il résulte de ces dispositions que le prononcé d'une ordonnance de suspension de l'exécution d'une décision administrative est subordonné à la réunion cumulative de l'existence d'une situation d'urgence et d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée.
Sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 12 septembre 2024 en tant qu'elle informe la requérante de ce qu'un titre de recettes va être émis à son encontre :
4. La décision du 12 septembre 2024 en tant qu'elle informe la requérante de ce qu'un titre de recettes va être émis à son encontre ne constitue pas une décision faisant grief. Il suit de là que les conclusions tendant à sa suspension doivent être rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 12 septembre 2024 en tant qu'elle porte placement en position d'absences injustifiées à compter du 25 octobre 2023 :
En ce qui concerne la condition d'urgence :
5. Il résulte de l'instruction que la décision en litige entraine la suspension immédiate du traitement de Mme C qui se retrouve privée de toute rémunération alors même que celle-ci, divorcée, a toujours un enfant à charge et doit faire face aux charges inhérentes de son foyer. En outre, l'édiction de cette décision va entrainer nécessairement l'émission d'un titre de recettes afin d'obtenir le remboursement du trop perçu par l'intéressée ainsi qu'elle en a d'ailleurs été informée. Si la directrice du centre hospitalier a informé Mme C par lettre du 13 septembre 2023 de l'obligation qu'elle avait de se rendre aux convocations auprès d'un médecin généraliste et d'un médecin spécialiste respectivement le 25 octobre 2023 et 30 octobre 2023, l'établissement ne peut utilement soutenir que la requérante s'est placée elle-même dans cette situation d'urgence dès lors qu'il a continué ensuite pendant une année à lui verser sa rémunération et n'établit pas, comme il le fait valoir, avoir réitéré cette information à plusieurs reprises. Par suite, compte tenu de ces circonstances, la condition d'urgence exigée par l'article L. 521-1 du code de justice administrative doit, en l'espèce, être considérée comme remplie.
En ce qui concerne le moyen propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision litigieuse :
6. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () 6o Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
7. En l'espèce, le moyen tiré du défaut de motivation en droit de la décision en litige est de nature à créer un doute sérieux sur sa légalité.
8. Les deux conditions fixées par les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative étant remplies, il y a lieu de prononcer la suspension de l'exécution de la décision litigieuse, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur sa légalité.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
9. La présente ordonnance implique uniquement que le versement du traitement dont bénéficiait Mme C à la date de la décision dont l'exécution est suspendue soit rétabli. Il y a lieu d'enjoindre à la directrice du Centre hospitalier de Montperrin d'y procéder dans un délai de 5 jours. Il n'y a pas lieu, à ce stade, d'assortir cette injonction du prononcé d'une astreinte.
Sur les frais du litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que Mme C, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, verse à centre hospitalier de Montperrin la somme qu'il demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de cet établissement une somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution de la décision 12 septembre 2024 par laquelle la directrice du centre hospitalier de Montperrin a placé Mme C en position d'absences injustifiées à compter du 25 octobre 2023 et a interrompu le versement de son traitement est suspendue.
Article 2 : Il est enjoint à la directrice du centre hospitalier de Montperrin de rétablir le versement du traitement dont bénéficiait Mme C à la date du 12 septembre 2024 dans un délai de cinq jours à compter de la présente ordonnance.
Article 3 : Le centre hospitalier de Montperrin versera à Mme C la somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme C est rejeté.
Article 5: Les conclusions du centre hospitalier de Montperrin présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 6: La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B épouse C et au centre hospitalier de Montperrin.
Fait à Marseille, le 6 décembre 2024.
La juge des référés,
signé
F. SIMON
La République mande et ordonne au directeur général de l'agence régionale de santé Provence-Alpes-Côte d'Azur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026