lundi 30 juin 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2504048 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | SELARL CARLINI & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire qui n'a pas été communiqué, enregistrés le 9 avril 2025 et le 23 avril 2025, M. A B, représenté par Me Radius, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, une expertise portant l'infection survenue sur au décours de la prise en charge au centre hospitalier de la Timone qui a débuté le 26 novembre 2018 ;
2°) de condamner l'Assistance publique - hôpitaux de Marseille (AP-HM) à lui verser la somme de 3 000 euros à titre de provision sur l'indemnisation des préjudices subis du fait de cette infection et au paiement des dépens de l'instance ;
3°) de mettre à la charge de l'AP-HM le versement de la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'expertise demandée est utile ;
- le caractère nosocomial de l'infection engage de plein droit la responsabilité de l'AP-HM ;
- compte tenu des préjudices subis du fait des souffrances endurées, du déficit fonctionnel temporaire et des troubles dans les conditions d'existence, il n'est pas sérieusement contestable que le préjudice subi est au moins égal à 3 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 avril 2025, l'Assistance publique - hôpitaux de Marseille, agissant par le directeur en exercice, représenté par la Selarl Carlini et associés, déclare ne pas s'opposer à l'expertise et demande le rejet des conclusions à fin de provision et du surplus des conclusions.
Elle soutient que le principe de la responsabilité fait l'objet d'une contestation sérieuse.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 avril 2025, l'Office National d'Indemnisation des Accidents Médicaux, des affections iatrogènes et des maladies nosocomiales (ONIAM), agissant par le représentant légal en exercice, représenté par la SCP Saidji et Moreau, demande à être mis hors de cause.
La requête a été communiquée à la caisse commune de sécurité sociale (CCSS) des Hautes-Alpes qui n'a pas produit d'observations.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- le code de justice administrative.
Le président du Tribunal a désigné M. E Argoud, magistrat, pour statuer sur les demandes en référé.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'expertise :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction () ".
2. Le requérant demande une expertise portant sur la survenance d'une infection au décours de la prise en charge au centre hospitalier de la Timone, relevant de l'AP-HM le 26 novembre 2018. Il résulte de l'instruction que M. B a été pris en charge pour une plaie du cinquième rayon de la main droite avec une lésion du nerf fléchisseur. Cette prise en charge a été suivie par un retour à domicile de l'intéressé le 27 novembre 2018 avec une prescription de séances de rééducation. Le requérant soutient que la cicatrisation définitive intervenue le 27 mars a été précédée par une infection par un staphylocoque qui a nécessité une reprise chirurgicale le 22 décembre et une antibiothérapie. Ces complications ont engendré des préjudices susceptibles de faire l'objet d'une action en réparation devant la juridiction administrative. Ainsi, la demande présente un caractère utile et entre dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Il y a donc lieu d'y faire droit, d'ordonner une expertise au contradictoire de l'AP-HM et de la CCSS des Hautes-Alpes et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1 de la présente ordonnance.
3. il ne résulte pas de l'instruction que la présence de l'ONIAM soit utile. Il y a lieu de mettre l'ONIAM hors de cause.
Sur la demande de provision :
4. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie ".
5. Il résulte de ces dispositions, que pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude
6. En l'état de l'instruction le requérant n'apporte pas d'élément permettant d'apprécier les préjudices qu'il a subi du fait de l'infection, survenue au décours de la prise en charge par l'hôpital de la Timone, dont le caractère nosocomial n'est au demeurant pas établi. Par suite l'existence de l'obligation dont se prévaut le requérant est sérieusement contestable. Les conclusions tendant au versement d'une provision doivent être rejetées.
Sur la charge des dépens :
7. En application des dispositions de l'article R. 621-13 du code de justice administrative, les frais de l'expertise seront liquidés et taxés par ordonnance laquelle désignera la partie qui les supportera. Par suite, les conclusions du requérant relatives aux dépens ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais d'instance :
8. L'article L. 761-1 du code de justice administrative fait obstacle à ce que soit mis à la charge de l'AP-HM, qui n'est pas la partie perdante à la présente instance, la charge des frais exposés par le requérant et non compris dans les dépens. Dès lors, les conclusions du requérant, présentées sur ce fondement, doivent être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : La docteure C D, exerçant Hôpital Nord, chemin des Bourrely à Marseille (13015) est désignée pour procéder, en présence de la requérante, de l'AP-HM, de l'ONIAM et de la CCSS des Hautes-Alpes, à une expertise médicale avec la mission suivante :
1°) examiner M. B et se faire communiquer son entier dossier médical et plus généralement tous documents et pièces qu'il estimera utiles à l'accomplissement de sa mission ;
2°) procéder à l'examen de M. B, décrire son état de santé actuel et son état de santé antérieur à l'infection, en ne retenant que les seuls antécédents qui peuvent avoir une incidence sur les séquelles en lien l'infection ;
3°) décrire les conditions dans lesquelles l'infection est survenue et donner tous éléments sur le lien entre l'infection et la prise en charge par le centre hospitalier enfin, dire si l'infection a été à l'origine des préjudices subis et si oui dans quel pourcentage ; déterminer, dans le cas où l'infection ne serait pas la cause directe des préjudices subis mais aurait fait perdre, la requérante, des chances de les éviter, l'importance de cette perte de chance, en pourcentage ;
4°) préciser, la durée du déficit fonctionnel temporaire partiel ou total ;
5°) fixer la date de consolidation ;
6°) indiquer le taux de déficit fonctionnel permanent et les répercussions sur les conditions d'existence de M. B notamment, le cas échéant, sur le plan professionnel, l'importance des souffrances endurées, le préjudice esthétique, le préjudice d'agrément et le préjudice sexuel, ainsi que tout autre élément de nature à permettre au tribunal de se prononcer sur les préjudices subis par M. B ;
7°) dégager en les spécifiant tous les éléments de préjudice, notamment ceux propres à justifier une indemnisation ; le cas échéant, donner tous les éléments utiles sur les préjudices patrimoniaux subis par M. B s'il y a lieu, évaluer le besoin d'assistance à une tierce personne et dans l'affirmative en définir les conditions, décrire les soins futurs et les aides compensatoires au handicap de la victime (dépenses de santé, logement adapté, frais divers, appareillage spécifique, véhicule adapté), en précisant la fréquence de leur renouvellement ;
8°) dire si l'état de M. B est susceptible de modifications en aggravation ou en amélioration, et, dans l'affirmative, fournir toutes précisions utiles sur cette évolution, son degré de probabilité et, dans le cas où un nouvel examen lui apparaîtrait nécessaire, indiquer le délai dans lequel il devra y être procédé ;
9°) d'indiquer, dans sa conclusion, de façon récapitulative et succincte, les circonstances, les causes et l'étendue des préjudices subis par la victime.
Article 2 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-1 à R. 621-14 du code de justice administrative.
Article 3 : En application de l'article R. 621-9 du code de justice administrative, l'expert déposera son rapport au greffe du tribunal administratif de Marseille par voie numérique dans le délai de trois mois à compter de la notification de la présente ordonnance. Il notifiera une copie de son rapport à chacune des parties intéressées et, avec l'accord de celles-ci, utilisera à cette fin, dans la mesure du possible, des moyens électroniques.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : L'ONIAM est mis hors de cause.
Article 6 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, à l'Assistance publique - hôpitaux de Marseille, à la caisse commune de sécurité sociale des Hautes-Alpes, à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des maladies iatrogènes et des infections nosocomiales et à Mme C D, expert.
Fait à Marseille, le 30 juin 2025.
Le juge des référés,
Signé
E Argoud
La République mande et ordonne au ministre chargé de la Santé et de l'Accès aux soins en ce qui le concerne ou à tous commissaires à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026