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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2507087

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2507087

mardi 12 août 2025

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2507087
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantRENOULT

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, a fait droit à la demande d'expertise médicale présentée par une agente municipale victime d'un accident de service reconnu le 8 mai 2020. La commune de Trets ne s'étant pas opposée à cette mesure, le juge a désigné un expert pour évaluer les préjudices corporels et patrimoniaux subis, ainsi que le lien entre la pathologie actuelle et l'accident. Cette expertise, jugée utile en vue d'un éventuel litige au fond, devra être réalisée dans un délai de quatre mois.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 12 juin 2025, Mme D E B, représentée par Me Renoult, demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, une expertise portant sur les préjudices résultant de l'accident de service dont elle a été victime le 8 mai 2020.

Par un mémoire en défense, enregistré le 1er juillet 2025, la commune de Trets, agissant par le maire en exercice, représentée par la Selarl Abeille, déclare ne pas s'opposer à l'expertise.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Argoud, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référés.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions à fin d'expertise :

1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction ".

2. L'utilité d'une mesure d'instruction ou d'expertise qu'il est demandé au juge des référés d'ordonner sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative doit être appréciée, d'une part, au regard des éléments dont le demandeur dispose ou peut disposer par d'autres moyens et, d'autre part, bien que ce juge ne soit pas saisi du principal, au regard de l'intérêt que la mesure présente dans la perspective d'un litige principal, actuel ou éventuel, auquel elle est susceptible de se rattacher.

3. Le 8 mai 2020, Mme B participait sur son lieu de travail à l'organisation de la distribution de masques. Elle a été victime d'un malaise, et fait état de troubles visuels se manifestant par la vue de papillons noirs, et par une sensation de grande fatigue. Par une décision du 29 juin 2020, le maire de la commune de Trets a reconnu l'imputabilité au service de l'accident de santé du 8 mai 2020. L'expertise sollicitée permettra précisément de déterminer les conséquences pour l'intéressée du malaise dont elle a été victime le 8 mai 2020, auquel l'employeur a reconnu la qualification d'accident de service. Dès lors, la présente demande d'expertise, susceptible de se rattacher à une action ultérieure devant le juge du fond, entre dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative et présente un caractère utile. Par suite, il y a lieu d'y faire droit et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.

O R D O N N E :

Article 1er : Le docteur C A, exerçant 41 boulevard Edouard Herriot à Marseille (13008) est désigné pour procéder, en présence de la commune de Trets à une expertise médicale avec la mission suivante :

1°) examiner Mme E B et se faire communiquer tous documents et pièces qu'il estimera utiles à l'accomplissement de sa mission ;

2°) décrire l'état de santé de Mme E B, les lésions constatées, les modalités de traitement et leur évolution ; réunir tous éléments devant permettre de déterminer si la pathologie dont elle souffre est en lien avec le malaise intervenu le 8 mai 2020, et peut se rattacher à cet accident de santé ou si celle-ci est la conséquence d'un état antérieur ou a été provoquée par d'autres causes ;

3°) évaluer les préjudices corporels de Mme E B qui sont directement imputables à l'accident en cause en précisant le déficit fonctionnel temporaire partiel ou total, la date de consolidation de son état physique, le taux de déficit fonctionnel permanent et ses répercussions sur les conditions d'existence de l'intéressé, l'importance des souffrances physiques et psychiques endurées, les préjudices esthétique et sexuels et le préjudice d'agrément ;

4°) donner tous les éléments utiles sur les préjudices patrimoniaux subis par Mme E B, en particulier les dépenses de santé actuelles, les frais divers, les dépenses de santé futures, évaluer le besoin de véhicule adapté ou d'assistance à tierce personne, décrire l'incidence professionnelle et le préjudice de formation ;

5°) dire si l'état de santé de Mme E B est susceptible de modification en aggravation ou amélioration ; dans l'affirmative fournir toutes précisions utiles sur cette évolution, sur son degré de probabilité et dans le cas où un nouvel examen serait nécessaire, mentionner dans quel délai ;

6°) d'une façon générale de donner tous les éléments d'appréciation sur les préjudices subis et leur évolution probable.

Article 2 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-1 à R. 621-14 du code de justice administrative.

Article 3 : En application de l'article R. 621-9 du code de justice administrative, l'expert déposera son rapport au greffe du Tribunal administratif de Marseille en 1 exemplaire numérique dans le délai de quatre mois à compter de la notification de la présente ordonnance. Il notifiera une copie de son rapport à chacune des parties intéressées et, avec l'accord de celles-ci, utilisera à cette fin, dans la mesure du possible, des moyens électroniques.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D E B, à la commune de Trets, et à l'expert.

Fait à Marseille, le 12 août 2025.

Le juge des référés,

Signé

J.-M. ARGOUD

La République mande et ordonne au Ministre de la Santé et de l'Accès aux soins en ce qui le concerne ou à tous commissaires à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

P/Le greffier en chef,

Le greffier

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