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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2507089

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2507089

jeudi 10 juillet 2025

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2507089
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantMARECHAL

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a ordonné une expertise médicale à la demande de M. B, agent communal, afin d'évaluer l'ensemble des préjudices résultant d'une maladie chronique des bronches reconnue imputable au service. La mesure a été jugée utile sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, en vue d'un éventuel litige indemnitaire futur. La mission confiée à l'expert porte notamment sur la description des lésions, l'évaluation des préjudices corporels et patrimoniaux, et la détermination du lien avec l'activité professionnelle. La demande de frais de justice présentée par le requérant a été rejetée, la commune n'étant pas la partie perdante dans cette instance.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 17 juin 2025, M. C B, représenté par Me Marechal, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, une expertise portant sur les préjudices résultant de la maladie chronique des bronches qui a été reconnue imputable au service ;

2°) de mettre la somme de 1 500 euros à la charge de la commune de Marseille au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que l'expertise est utile.

La requête a été régulièrement communiquée à la commune de Marseille, qui n'a pas produit d'observations.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Argoud, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référés.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions à fin d'expertise :

1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction ".

2. L'utilité d'une mesure d'instruction ou d'expertise qu'il est demandé au juge des référés d'ordonner sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative doit être appréciée, d'une part, au regard des éléments dont le demandeur dispose ou peut disposer par d'autres moyens et, d'autre part, bien que ce juge ne soit pas saisi du principal, au regard de l'intérêt que la mesure présente dans la perspective d'un litige principal, actuel ou éventuel, auquel elle est susceptible de se rattacher.

3. La commune de Marseille a reconnu l'imputabilité au service de la maladie professionnelle de M. B, qui a développé une maladie chronique des bronches à la suite de l'exposition à des produits chlorés dans le cadre de l'activité professionnelle. L'expertise sollicitée permettra précisément les préjudices en lien avec cette pathologie. Dès lors, la présente demande d'expertise, susceptible de se rattacher à une action ultérieure devant le juge du fond, entre dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative et présente un caractère utile. Par suite, il y a lieu d'ordonner une expertise au contradictoire de la commune de Marseille et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.

Sur les frais d'instance :

4. L'article L. 761-1 du code de justice administrative fait obstacle à ce que soit mis à la charge de la commune de Marseille, qui n'est pas la partie perdante, la charge des frais exposés par le requérant et non compris dans les dépens.

O R D O N N E :

Article 1er : le docteur A D, exerçant service de pneumologie de l'hôpital nord, chemin des Bourrely à Marseille (13015) est désigné pour procéder, en présence de la commune de Marseille, à une expertise médicale avec la mission suivante :

1°) examiner M. B et se faire communiquer tous documents et pièces qu'il estimera utiles à l'accomplissement de sa mission ;

2°) décrire l'état de santé de M. B, les lésions constatées, les modalités de traitement et leur évolution ; réunir tous éléments devant permettre de déterminer si la pathologie dont il souffre est en lien avec son activité professionnelle, et peut se rattacher à une maladie professionnelle ou si celle-ci est la conséquence d'un état antérieur ou a été provoquée par d'autres causes ;

3°) évaluer les préjudices corporels de M. B qui sont directement imputables à la maladie en cause en précisant le déficit fonctionnel temporaire partiel ou total, la date de consolidation de son état physique, le taux de déficit fonctionnel permanent et ses répercussions sur les conditions d'existence de l'intéressé, l'importance des souffrances physiques et psychiques endurées, les préjudices esthétique et sexuels et le préjudice d'agrément ;

4°) donner tous les éléments utiles sur les préjudices patrimoniaux subis par M. B, en particulier les dépenses de santé actuelles, les frais divers, les dépenses de santé futures, évaluer le besoin de véhicule adapté ou d'assistance à tierce personne, décrire l'incidence professionnelle et le préjudice de formation ;

5°) dire si l'état de santé de M. B est susceptible de modification en aggravation ou amélioration ; dans l'affirmative fournir toutes précisions utiles sur cette évolution, sur son degré de probabilité et dans le cas où un nouvel examen serait nécessaire, mentionner dans quel délai ;

6°) d'une façon générale de donner tous les éléments d'appréciation sur les préjudices subis et leur évolution probable.

Article 2 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-1 à R. 621-14 du code de justice administrative.

Article 3 : En application de l'article R. 621-9 du code de justice administrative, l'expert déposera son rapport au greffe du Tribunal administratif de Marseille en deux exemplaires (1 exemplaire numérique + 1 exemplaire papier) dans le délai de quatre mois à compter de la notification de la présente ordonnance. Il notifiera une copie de son rapport à chacune des parties intéressées et, avec l'accord de celles-ci, utilisera à cette fin, dans la mesure du possible, des moyens électroniques.

Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B, à la commune de Marseille, et au docteur A D, expert.

Fait à Marseille, le 10 juillet 2025.

Le juge des référés,

Signé

J.-M. ARGOUD

La République mande et ordonne au Ministre de la Santé et de l'Accès aux soins en ce qui le concerne ou à tous commissaires à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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