jeudi 21 août 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2509765 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | A&P ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 11 août 2025, le Grand Port Maritime de Marseille (GPMM), représenté par Me Andine, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre à Mme C, M. B et tous occupants de leur chef et personnes non identifiées qui occupent sans droit ni titre le terrain sis au 62-64 chemin du Littoral dans le 2ème arrondissement de Marseille, de libérer les lieux sans délai, sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard à compter de la date de notification de la présente ordonnance ;
2°) d'ordonner à Mme C, M. B et tous occupants de leur chef et personnes non identifiées qui occupent sans droit ni titre le terrain sis au 62-64 chemin du Littoral dans le 2ème arrondissement de Marseille de procéder au démontage de toutes les installations présentes sur le site et à l'enlèvement de tous véhicules, objets et détritus sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard à compter de la date de notification de la présente ordonnance ;
3°) d'autoriser, faute pour les occupants d'avoir libéré les lieux, le Grand Port Maritime de Marseille à requérir le concours de la force publique pour procéder à leur expulsion.
Il soutient que :
- des familles occupent actuellement irrégulièrement, sans droit ni titre, la parcelle cadastrée section n°0134, section 0A, située sur le territoire de la commune de Marseille et qui est la propriété du grand port maritime de Marseille ;
- cette occupation irrégulière a été constatée par un commissaire de justice qui a demandé aux requis de quitter les lieux ;
- eu égard à la dangerosité des lieux, une conduite de gaz étant située sous les habitations précaires illégales, des raccordements aux installations électriques du GPMM ayant été effectués, et des activités mécaniques automobiles étant réalisées par les occupants sur le terrain, la condition d'urgence est satisfaite et l'expulsion immédiate des requis peut être ordonnée ;
- la demande d'expulsion ne se heurte à aucune contestation sérieuse, dès lors que les occupants ne justifient d'aucun titre les habilitant à occuper en permanence, à usage d'habitation, des parcelles du domaine public maritime ;
- la demande d'expulsion est utile afin d'assurer la sécurité des occupants sans droit ni titre et des riverains ainsi que la continuité des missions de service public assurées par le GPMM.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de M. Marcon, greffier d'audience, Mme A a lu son rapport et entendu les observations de Me Audouard substituant Me Andine, représentant le Grand Port Maritime de Marseille.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision. ". Le juge des référés tient de ces dispositions le pouvoir, en cas d'urgence et d'utilité, d'ordonner l'expulsion des occupants sans titre du domaine public.
2. Il résulte de l'instruction que plusieurs familles occupent sans droit ni titre la parcelle cadastrée section OA n° 0134, propriété du Grand Port Maritime de Marseille (GPMM). L'accès à la parcelle a été forcé, une voiture est stationnée sur le trottoir devant l'entrée du terrain et un cadenas assorti d'une chaine a été installé ainsi que cela résulte du procès-verbal de constat du commissaire de justice du 7 août 2025. Ce dernier a pu identifier certaines des personnes occupant irrégulièrement les lieux, notamment Mme C et M. B, qui ont indiqué être installés depuis deux semaines avec sept autres personnes. Les personnes présentes sur les lieux vivent dans des abris de fortune construits au moyen d'éléments de récupération divers, s'alimentent en électricité en se branchant irrégulièrement sur les réseaux de distribution, mettant en péril ces réseaux et constituant un danger pour les personnes à proximité des terrains sous lequel passe de surcroit une conduite de gaz. Le procès-verbal constate également sur le terrain de nombreux détritus, des pièces détachées d'automobile, un véhicule, un camion, un réfrigérateur et divers mobiliers. En dépit de la demande du commissaire de justice de quitter les lieux, les familles concernées sont demeurées sur place. Ainsi, les conditions sanitaires et de sécurité ne sont pas assurées pour les requis dans un environnement peu sécurisé et soumis à un aléa incendie très important. Eu égard à l'ensemble de ces circonstances, la mesure d'expulsion sollicitée présente les caractères d'urgence et d'utilité exigés par les dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative. Elle ne se heurte par ailleurs à aucune contestation sérieuse. Il y a donc lieu de faire droit à la demande du Grand Port Maritime de Marseille, et d'ordonner aux requis de libérer les lieux qu'ils occupent sans droit ni titre, faute de quoi leur expulsion pourra se faire avec le concours de la force publique et d'ordonner la remise en état des lieux notamment l'enlèvement des véhicules, pièces détachées et autres objets déposés sur le terrain ainsi que le démontage des cabanes et abris tels que relevés dans le procès-verbal du commissaire de justice. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
3. Conformément au premier alinéa de l'article R. 522-13 du code de justice administrative, la présente ordonnance prendra effet à compter de sa notification aux défendeurs.
ORDONNE :
Article 1er : Il est enjoint à Mme C, M. B et tous occupants de leur chef et personnes non identifiées, de libérer le domaine public (parcelle cadastrée section 0A n°0134) qu'ils occupent irrégulièrement sis au 62-64 chemin du Littoral dans le 2ème arrondissement de Marseille, et de procéder à la remise en état des lieux.
Article 2 : Faute pour les intéressés d'avoir libéré les lieux à compter de la date de notification de la présente ordonnance, le Grand Port Maritime de Marseille pourra requérir le concours de la force publique pour procéder à leur expulsion.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée au Grand Port Maritime de Marseille et à Mme C, M. B et à tous occupants de leur chef et personnes non identifiées.
Copie en sera adressée au préfet des Bouches-du-Rhône.
Fait à Marseille le 21 août 2025.
La juge des référés,
Mme A
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026