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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2514201

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2514201

vendredi 28 novembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2514201
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Avocat requérantGUYON

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A..., chirurgien-dentiste, qui demandait la condamnation de l'État à lui verser 620 459,48 euros en réparation des préjudices subis du fait de son impossibilité d'exercer pendant plus de seize mois en raison de son refus de se soumettre à l'obligation vaccinale contre la Covid-19. La requête a été jugée manifestement irrecevable car introduite le 17 novembre 2025, soit avant que l'administration n'ait statué sur sa demande indemnitaire préalable du 13 novembre 2025, en méconnaissance des articles R. 421-1 et R. 421-2 du code de justice administrative. Le tribunal a appliqué l'article R. 222-1 du même code pour rejeter la requête par ordonnance sans invitation à régulariser, cette irrecevabilité ne pouvant être couverte que par l'intervention ultérieure d'une décision administrative.

Texte intégral

La présidente de la 8ème chambreVu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 17 novembre 2025, M. B... A..., représenté par Me Guyon, demande au tribunal :

1°) de condamner l’Etat, à titre principal sur le fondement de la responsabilité pour faute, ou, à titre subsidiaire, sur le fondement de la responsabilité sans faute, à lui verser la somme de 620 459,48 euros, assortie des intérêts au taux légal et capitalisés à compter de sa demande indemnitaire préalable, en réparation de l’ensemble des préjudices qu’il estime avoir subis du fait de l’impossibilité d’exercer son activité de chirurgien-dentiste durant plus de seize mois en raison de son refus de se soumettre à l’obligation vaccinale contre le virus SARS Cov-2 (covid 19) ;

2°) d’enjoindre à l’Etat de lui verser cette somme dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 400 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 4 000 euros en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


Vu les autres pièces du dossier.


Vu le code de justice administrative.



Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : / (…) / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n’est pas tenue d’inviter leur auteur à les régulariser ou qu’elles n’ont pas été régularisées à l’expiration du délai imparti par une demande en ce sens (…) ».

2. Aux termes du premier alinéa de l’article R. 421-1 du même code : « La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d’une somme d’argent, elle n’est recevable qu’après l’intervention de la décision prise par l’administration sur une demande préalablement formée devant elle (…) ». Aux termes de l’article R. 421-2 de ce code : « Sauf disposition législative ou réglementaire contraire, dans les cas où le silence gardé par l’autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l’intéressé dispose, pour former un recours, d’un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née une décision implicite de rejet (…) ». Aux termes du premier alinéa de l’article R. 612-1 de ce même code : « Lorsque des conclusions sont entachées d’une irrecevabilité susceptible d’être couverte après l’expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d’office cette irrecevabilité qu’après avoir invité leur auteur à les régulariser ».

3. Il résulte des dispositions citées au point précédent que lorsqu’un requérant, après avoir présenté une demande à l’administration, saisit le juge administratif avant que celle-ci ne se soit prononcée sur cette demande, ses conclusions, dirigées contre une décision qui n’est pas encore née, sont irrecevables. Si cette irrecevabilité peut être couverte, en cours d’instance, par l’intervention d’une décision expresse ou implicite, il est loisible au juge, tant qu’aucune décision n’a été prise par l’administration, de rejeter pour ce motif les conclusions dont il est saisi. Une telle irrecevabilité étant manifeste et le juge ne pouvant inviter le requérant à la régulariser, puisqu’une telle régularisation ne peut résulter que de l’intervention ultérieure d’une décision expresse ou implicite, les conclusions qui en sont entachées peuvent être rejetées par ordonnance sur le fondement du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

4. Il ressort des pièces du dossier que la demande indemnitaire préalable que M. A... a adressée au Premier ministre est datée du 13 novembre 2025 et a été confiée aux services postaux le lendemain. La présente requête, introduite le 17 novembre 2025 alors qu’il est constant que l’administration ne s’est pas prononcée sur la demande du 13 novembre, est donc prématurée et, dès lors, manifestement irrecevable. Elle peut, par suite, être rejetée comme telle en application des dispositions précitées du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.





O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....

Copie en sera adressée au Premier ministre.



Fait à Marseille, le 28 novembre 2025.



La présidente de la 8ème chambre,


Signé


E. Felmy



La République mande et ordonne au Premier ministre en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière

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