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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2514575

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2514575

jeudi 27 novembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2514575
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantASSOCIATION JOURDAN CRUDO

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension présentée par la société Noitulos Solution. Cette société contestait la sanction de déréférencement de la plateforme « Mon Compte Formation » pour six mois, ainsi que le remboursement de sommes versées, décidés par la Caisse des dépôts et consignations. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, car la société ne démontrait pas une atteinte suffisamment grave et immédiate à sa situation, notamment en raison de la possibilité de former opposition à la contrainte de paiement et de l'absence de preuve d'une impossibilité de poursuivre son activité hors du dispositif « Mon Compte Formation ».

Texte intégral

Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 novembre 2025, la Sasu Noitulos Solution, représentée par Me Crudo, demande au juge des référés :

1°) d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution d’une part, de la décision notifiée le 20 juin 2025, ensemble la décision implicite de son recours gracieux par laquelle la Caisse des dépôts et consignations a pris à son encontre la sanction de déréférencement de la plateforme « Mon Compte Formation » pour une durée de six mois, a décidé de ne pas procéder au paiement des dossiers de l’échantillon et a demandé le remboursement des sommes versées pour les dossiers ayant fait l’objet d’une prise en charge au titre du droit à la formation, dont la liste est annexée à la décision et d’autre part, la lettre de créance valant mise en demeure du 30 octobre 2025 ;


2°) de mettre à la charge de la Caisse des dépôts et consignations la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- les requêtes enregistrées les 30 octobre et 24 novembre 2025, sous les numéro 2513511 et 2514497, par lesquelles la Sasu Noitulos Solution demande l’annulation des décisions attaquées.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Gilles Fedi, vice-président, pour statuer sur les demandes de référés.

Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions présentées au titre de l’article L. 521-2 du code de justice administrative :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (...) ». L 'article L. 522-3 du même code dispose : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ».Aux termes de l'article R. 522-1 dudit code : « La requête visant au prononcé de mesures d’urgence doit (...) justifier de l’urgence de l’affaire ». L’urgence justifie que soit prononcée la suspension d’une décision administrative lorsque l’exécution de celle-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d’une demande tendant à la suspension d’une telle décision, d’apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l’acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l’exécution de la décision soit suspendue. L’urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l’ensemble des circonstances de l’affaire, y compris la préservation des intérêts publics attachés à la mesure litigieuse.

2. La Sasu Noitulos Solution, qui est un organisme de formation référencé sur la plateforme « Mon Compte Formation », géré par la Caisse des dépôts et consignations, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d’ordonner, la suspension de l’exécution d’une part, de la décision notifiée le 20 juin 2025, ensemble la décision implicite de son recours gracieux par laquelle la Caisse des dépôts et consignations a pris à son encontre la sanction de déréférencement de la plateforme « Mon Compte Formation » pour une durée de six mois, a décidé de ne pas procéder au paiement des dossiers de l’échantillon et a demandé le remboursement des sommes versées pour les dossiers ayant fait l’objet d’une prise en charge au titre du droit à la formation, dont la liste est annexée à la décision et d’autre part, la lettre de créance valant mise en demeure du 30 octobre 2025.

3. Pour justifier l’urgence qu’il y aurait à suspendre les décisions en litige, la Sasu Noitulos Solution fait valoir d’une part, que l’exécution des décisions contestées induit le remboursement de plus de 139 000 euros, avec comme conséquence de mettre en péril la société et d’autre part, qu’au regard de son résultat prévisionnel pour l’exercice 2025, qui devrait s’élever à environ 8 000 euros, un tel niveau de rentabilité ne permet pas d’absorber une charge exceptionnelle de 139 000 euros, avec un solde bancaire professionnel présentant un solde créditeur de 3 821 euros, ce qui la placerait en état de cessation de paiements. Toutefois, elle ne peut, à cet égard, établir une atteinte immédiate à sa situation financière dès lors qu’elle disposerait en cas de contraintes exercées contre elle, d’une possibilité de former une opposition, selon les modalités définies à l’articles R. 6333-7-3 du code du travail, qui a pour effet de suspendre la mise en œuvre de la contrainte. En outre, la société ne justifie, par ailleurs, nullement de l’impossibilité dans laquelle elle se trouverait de proposer des formations autrement que par le biais du dispositif « Mon compte formation ». Par suite, il n’est pas établi par les pièces du dossier, en l’absence d’éléments précis permettant d’établir que la décision de déréférencement, limitée à six mois, et qui a été exécutée sur une période de cinq mois à la date de la présente ordonnance, serait de nature à mettre en danger la pérennité de la société, que l’exécution de la décision litigieuse porterait aux intérêts financiers de la Sasu Noitulos Solution une atteinte d’une gravité telle qu’il en résulterait une situation d’urgence au sens des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative. Ainsi, l’une des conditions requises par cet article ne peut être regardée comme satisfaite. Dans ces conditions, la Sasu Noitulos Solution ne peut être regardée comme établissant, comme il lui incombe, la situation d’urgence justifiant qu’il puisse être fait droit à sa demande de suspension.

4. Il résulte de ce qui précède, sans qu’il soit besoin d’apprécier le doute sérieux sur la légalité des décisions attaquées, que la requête doit être rejetée selon la procédure prévue à l’article L. 522-3 du code de justice administrative. Par voie de conséquence, les conclusions tendant à l’application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la Sasu Noitulos Solution est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la Sasu Noitulos Solution.
Copie en sera adressée à la Caisse des dépôts et consignations.
Fait à Marseille, le 27 novembre 2025.
Le juge des référés,
signé
G. FEDI

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,

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