Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2516022
jeudi 1 octobre 2026
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2516022 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 9è ch Magistrat statuant seul |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 décembre 2025, Mme B... A... demande au tribunal :
1°) d’annuler la décision implicite du 22 octobre 2025, prise sur recours administratif préalable obligatoire, par laquelle la maison départementale des personnes handicapées des Bouches-du-Rhône a refusé sa demande de reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé ;
2°) de reconnaître son handicap.
Elle soutient que les douleurs chroniques physiques et la dépression dont elle souffre altèrent significativement sa vie quotidienne et ses capacités professionnelles.
La requête a été communiquée à la maison départementale des personnes handicapées des Bouches-du-Rhône qui n’a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’action sociale et des familles ;
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Tukov, vice-président, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
• le rapport de M. Tukov, président-rapporteur, qui a informé les parties, en application des dispositions de l’article R. 611-7-3 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d’impliquer le prononcé d’office d’une injonction afin de renouveler la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé à Mme A...,
• les observations de Mme A....
La clôture de l’instruction a été prononcée, en application des dispositions de l’article R. 772-9 du code de justice administrative, après que les parties ont formulé leurs observations orales à l’audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B... A... a présenté une demande de reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé auprès de la maison départementale des personnes handicapées des Bouches-du-Rhône. Par sa requête, elle demande au tribunal d’annuler la décision implicite du 22 octobre 2025, prise sur recours administratif préalable obligatoire, par laquelle la maison départementale des personnes handicapées des Bouches-du-Rhône a refusé de faire droit à sa demande.
Sur les conclusions à fin d’annulation :
2. Aux termes de l’article L. 5213-1 du code du travail : « Est considérée comme travailleur handicapé toute personne dont les possibilités d’obtenir ou de conserver un emploi sont effectivement réduites par suite de l’altération d’une ou plusieurs fonctions physique, sensorielle, mentale ou psychique ». Aux termes de l’article L. 5213-2 du même code : « La qualité de travailleur handicapé est reconnue par la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées mentionnée à l'article L. 146-9 du code de l'action sociale et des familles. Lorsque le handicap est irréversible, la qualité de travailleur handicapé est attribuée de façon définitive (…) ».
3. Selon l’article L. 114 du code de l’action sociale et des familles : « Constitue un handicap, au sens de la présente loi, toute limitation d’activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d’une altération substantielle, durable ou définitive d’une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d’un polyhandicap ou d’un trouble de santé invalidant ». Aux termes de l’article L. 241-6 du même code : « La commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées est compétente pour : 1° Se prononcer sur l’orientation de la personne handicapée et les mesures propres à assurer son insertion scolaire ou professionnelle et sociale ; (…) 4° Reconnaître, s’il y a lieu, la qualité de travailleur handicapé aux personnes répondant aux conditions définies par l'article L. 5213-1 du code du travail ; (…) ». Il résulte de ces dispositions que la qualité de travailleur handicapé doit être appréciée en tenant compte, d’une part, de l’état de santé du demandeur et, d’autre part, des conséquences de cet état de santé sur ses possibilités d’obtenir ou de conserver un emploi.
4. Il résulte de l’instruction, et notamment de deux certificats médicaux du 14 novembre 2024 et du 9 juillet 2026, que Mme A... présente des cervicalgies invalidantes, une raideur cervicale avec pincement discal et rétrécissement foraminal C5-C6 suite à un accident de la voie publique en 2017, ainsi qu’un état d’anxiété et des troubles du sommeil importants dus à des douleurs chroniques qui « la limitent au quotidien dans les actes de la vie quotidienne et dans la recherche d’emploi ». Mme A..., soutient, sans être nullement contredite, faute de mémoire en défense éclairant le tribunal sur ce point, que ses pathologies provoquent une altération de ses fonctions physiques, mentales et cognitives qui réduisent ses possibilités de trouver un emploi. Dans ces circonstances, et en l’absence d’écriture en défense de l’administration, Mme A... justifie que ses possibilités de trouver et conserver un emploi sont durablement compromises en raison de son état de santé actuel. Par suite, Mme A... est fondée à soutenir que la décision refusant de lui reconnaître la qualité de travailleur handicapé est entachée d’erreur d’appréciation et qu’elle doit, dès lors, se voir reconnaître cette qualité au sens des dispositions précitées de l’article L.5213-1 du code du travail. Par suite, Mme A... est fondée à demander l’annulation la décision implicite du 22 octobre 2025 lui refusant la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé.
Sur les conclusions à fin d’injonction :
5. Aux termes de l’article L. 911-1 du code de justice administrative : « Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution » Aux termes de l’article. L. 911-2 du même code : « Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé ».
6. En premier lieu, si la requérante demande au tribunal de reconnaître son handicap, il n’appartient pas au juge administratif, en dehors des cas prévus par les dispositions des articles L. 911-1 et L. 911-2 du code de justice administrative, inapplicables en l’espèce, d’adresser des injonctions à l’administration.
7. En second lieu, en raison du motif qui la fonde, l’annulation de la décision attaquée implique nécessairement que la CDAPH des Bouches-du-Rhône reconnaisse la qualité de travailleur handicapé pour une durée de deux ans à Mme A... à compter de la notification du présent jugement.
D E C I D E :
Article 1er : La décision implicite du 22 octobre 2025 par laquelle la maison départementale des personnes handicapées des Bouches-du-Rhône a refusé de reconnaître à Mme A... la qualité de travailleur handicapé, est annulée.
Article 2 : La qualité de travailleur handicapé est reconnue à Mme B... A... pour une durée de deux ans à compter de la notification du présent jugement.
Article 3: Le présent jugement sera notifié à Mme B... A... et à la maison départementale des personnes handicapées des Bouches-du-Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2026.
Le magistrat désigné,
Signé
C. TUKOV
La greffière,
Signé
S. BOUCHUT
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière.
Par une requête, enregistrée le 18 décembre 2025, Mme B... A... demande au tribunal :
1°) d’annuler la décision implicite du 22 octobre 2025, prise sur recours administratif préalable obligatoire, par laquelle la maison départementale des personnes handicapées des Bouches-du-Rhône a refusé sa demande de reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé ;
2°) de reconnaître son handicap.
Elle soutient que les douleurs chroniques physiques et la dépression dont elle souffre altèrent significativement sa vie quotidienne et ses capacités professionnelles.
La requête a été communiquée à la maison départementale des personnes handicapées des Bouches-du-Rhône qui n’a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’action sociale et des familles ;
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Tukov, vice-président, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
• le rapport de M. Tukov, président-rapporteur, qui a informé les parties, en application des dispositions de l’article R. 611-7-3 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d’impliquer le prononcé d’office d’une injonction afin de renouveler la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé à Mme A...,
• les observations de Mme A....
La clôture de l’instruction a été prononcée, en application des dispositions de l’article R. 772-9 du code de justice administrative, après que les parties ont formulé leurs observations orales à l’audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B... A... a présenté une demande de reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé auprès de la maison départementale des personnes handicapées des Bouches-du-Rhône. Par sa requête, elle demande au tribunal d’annuler la décision implicite du 22 octobre 2025, prise sur recours administratif préalable obligatoire, par laquelle la maison départementale des personnes handicapées des Bouches-du-Rhône a refusé de faire droit à sa demande.
Sur les conclusions à fin d’annulation :
2. Aux termes de l’article L. 5213-1 du code du travail : « Est considérée comme travailleur handicapé toute personne dont les possibilités d’obtenir ou de conserver un emploi sont effectivement réduites par suite de l’altération d’une ou plusieurs fonctions physique, sensorielle, mentale ou psychique ». Aux termes de l’article L. 5213-2 du même code : « La qualité de travailleur handicapé est reconnue par la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées mentionnée à l'article L. 146-9 du code de l'action sociale et des familles. Lorsque le handicap est irréversible, la qualité de travailleur handicapé est attribuée de façon définitive (…) ».
3. Selon l’article L. 114 du code de l’action sociale et des familles : « Constitue un handicap, au sens de la présente loi, toute limitation d’activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d’une altération substantielle, durable ou définitive d’une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d’un polyhandicap ou d’un trouble de santé invalidant ». Aux termes de l’article L. 241-6 du même code : « La commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées est compétente pour : 1° Se prononcer sur l’orientation de la personne handicapée et les mesures propres à assurer son insertion scolaire ou professionnelle et sociale ; (…) 4° Reconnaître, s’il y a lieu, la qualité de travailleur handicapé aux personnes répondant aux conditions définies par l'article L. 5213-1 du code du travail ; (…) ». Il résulte de ces dispositions que la qualité de travailleur handicapé doit être appréciée en tenant compte, d’une part, de l’état de santé du demandeur et, d’autre part, des conséquences de cet état de santé sur ses possibilités d’obtenir ou de conserver un emploi.
4. Il résulte de l’instruction, et notamment de deux certificats médicaux du 14 novembre 2024 et du 9 juillet 2026, que Mme A... présente des cervicalgies invalidantes, une raideur cervicale avec pincement discal et rétrécissement foraminal C5-C6 suite à un accident de la voie publique en 2017, ainsi qu’un état d’anxiété et des troubles du sommeil importants dus à des douleurs chroniques qui « la limitent au quotidien dans les actes de la vie quotidienne et dans la recherche d’emploi ». Mme A..., soutient, sans être nullement contredite, faute de mémoire en défense éclairant le tribunal sur ce point, que ses pathologies provoquent une altération de ses fonctions physiques, mentales et cognitives qui réduisent ses possibilités de trouver un emploi. Dans ces circonstances, et en l’absence d’écriture en défense de l’administration, Mme A... justifie que ses possibilités de trouver et conserver un emploi sont durablement compromises en raison de son état de santé actuel. Par suite, Mme A... est fondée à soutenir que la décision refusant de lui reconnaître la qualité de travailleur handicapé est entachée d’erreur d’appréciation et qu’elle doit, dès lors, se voir reconnaître cette qualité au sens des dispositions précitées de l’article L.5213-1 du code du travail. Par suite, Mme A... est fondée à demander l’annulation la décision implicite du 22 octobre 2025 lui refusant la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé.
Sur les conclusions à fin d’injonction :
5. Aux termes de l’article L. 911-1 du code de justice administrative : « Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution » Aux termes de l’article. L. 911-2 du même code : « Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé ».
6. En premier lieu, si la requérante demande au tribunal de reconnaître son handicap, il n’appartient pas au juge administratif, en dehors des cas prévus par les dispositions des articles L. 911-1 et L. 911-2 du code de justice administrative, inapplicables en l’espèce, d’adresser des injonctions à l’administration.
7. En second lieu, en raison du motif qui la fonde, l’annulation de la décision attaquée implique nécessairement que la CDAPH des Bouches-du-Rhône reconnaisse la qualité de travailleur handicapé pour une durée de deux ans à Mme A... à compter de la notification du présent jugement.
D E C I D E :
Article 1er : La décision implicite du 22 octobre 2025 par laquelle la maison départementale des personnes handicapées des Bouches-du-Rhône a refusé de reconnaître à Mme A... la qualité de travailleur handicapé, est annulée.
Article 2 : La qualité de travailleur handicapé est reconnue à Mme B... A... pour une durée de deux ans à compter de la notification du présent jugement.
Article 3: Le présent jugement sera notifié à Mme B... A... et à la maison départementale des personnes handicapées des Bouches-du-Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2026.
Le magistrat désigné,
Signé
C. TUKOV
La greffière,
Signé
S. BOUCHUT
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière.
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