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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2516294

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2516294

mercredi 25 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2516294
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantFREICHET

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, a ordonné une expertise médicale à la demande de Mme B..., agent du centre communal d'action sociale d'Aix-en-Provence. Cette mesure vise à évaluer l'ensemble des préjudices corporels et patrimoniaux résultant de sa maladie professionnelle (syndrome du canal carpien bilatéral) et d'un accident de service reconnus imputables. Le juge a considéré la demande utile car susceptible de se rattacher à un futur litige indemnitaire, et a désigné un expert avec une mission détaillée pour décrire l'état de santé, évaluer les préjudices et fournir des éléments sur leur évolution.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 décembre 2025 Mme A... B..., représentée par la Selarl Freichet AMG, demande au juge des référés d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article R. 532-1 du code de justice administrative, une expertise portant sur les préjudices résultant de sa maladie professionnelle n°57 C de type syndrome du canal carpien bilatéral et de l’accident du 16 novembre 2022, reconnu imputable au service.


La procédure a régulièrement été communiquée au centre communal d’action sociale d’Aix-en-Provence et à la caisse primaire centrale d’assurance maladie des Bouches-du-Rhône, qui n’ont pas produit de mémoire.

Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Argoud, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référés.


Considérant ce qui suit :




Sur les conclusions à fin d’expertise :

Aux termes de l’article R. 532-1 du code de justice administrative : « Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l’absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d’expertise ou d’instruction ».

L’utilité d’une mesure d’instruction ou d’expertise qu’il est demandé au juge des référés d’ordonner sur le fondement de l’article R. 532-1 du code de justice administrative doit être appréciée, d’une part, au regard des éléments dont le demandeur dispose ou peut disposer par d’autres moyens et, d’autre part, bien que ce juge ne soit pas saisi du principal, au regard de l’intérêt que la mesure présente dans la perspective d’un litige principal, actuel ou éventuel, auquel elle est susceptible de se rattacher.

Par deux décisions du 24 novembre 2022, et du 27 mai 2024, le centre communal d’action sociale d’Aix-en-Provence a reconnu l’imputabilité au service de la chute du 16 novembre 2022 dont a été victime la requérante, et de la maladie professionnelle n°57 C de type syndrome du canal carpien bilatéral dont elle souffre en fixant la consolidation de la maladie du 17 janvier 2024 avec une invalidité partielle permanente de 11%. L’expertise sollicitée permettra d’apprécier les préjudices résultant de ces affections pour la requérante. Dès lors, la présente demande d’expertise, susceptible de se rattacher à une action ultérieure devant le juge du fond, entre dans le champ d’application des dispositions précitées de l’article R. 532-1 du code de justice administrative et présente un caractère utile. Par suite, il y a lieu d’y faire droit et de fixer la mission de l’expert comme il est précisé à l’article 1er de la présente ordonnance.



O R D O N N E :

Article 1er : le docteur D... C... exerçant 23 rue Edouard Beri à Nice (06000), est désigné pour procéder, en présence des parties à l’instance, à une expertise médicale avec la mission suivante :

1°) examiner Mme B... et se faire communiquer tous documents et pièces qu’il estimera utiles à l’accomplissement de sa mission ;

2°) décrire l’état de santé de Mme B..., les lésions constatées, les modalités de traitement et leur évolution ;

3°) évaluer les préjudices corporels de Mme B... qui sont directement imputables à la maladie professionnelle et à l’accident du 16 novembre 2022 en précisant le déficit fonctionnel temporaire partiel ou total, la date de consolidation de son état physique, le taux de déficit fonctionnel permanent et ses répercussions sur les conditions d’existence de l’intéressée, l’importance des souffrances physiques et psychiques endurées, les préjudices esthétique et sexuels et le préjudice d’agrément ;

4°) donner tous les éléments utiles sur les préjudices patrimoniaux subis par Mme B..., en particulier les dépenses de santé actuelles, les frais divers, les dépenses de santé futures, évaluer le besoin de véhicule adapté ou d’assistance à tierce personne, décrire l’incidence professionnelle et le préjudice de formation ;

5°) dire si l’état de santé de Mme B... est susceptible de modification en aggravation ou amélioration ; dans l’affirmative fournir toutes précisions utiles sur cette évolution, sur son degré de probabilité et dans le cas où un nouvel examen serait nécessaire, mentionner dans quel délai ;

6°) d’une façon générale de donner tous les éléments d’appréciation sur les préjudices subis et leur évolution probable.

Article 2 : L’expert accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-1 à R. 621-14 du code de justice administrative.

Article 3 : En application de l’article R. 621-9 du code de justice administrative, l’expert déposera son rapport au greffe du Tribunal administratif de Marseille par voie numérique dans le délai de quatre mois à compter de la notification de la présente ordonnance. Il notifiera une copie de son rapport à chacune des parties intéressées et, avec l’accord de celles-ci, utilisera à cette fin, dans la mesure du possible, des moyens électroniques.

Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B..., au centre communal d’action sociale d’Aix-en-Provence, à la caisse primaire centrale d’assurance maladie des Bouches-du-Rhône et à l’expert, le docteur D... C....


Fait à Marseille, le 25 février 2026.



Le juge des référés,


Signé


J.-M. ARGOUD

La République mande et ordonne au Ministre de la Santé et de l’Accès aux soins en ce qui le concerne ou à tous commissaires à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
P/La greffière en chef,
La greffière,








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