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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2516411

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2516411

mercredi 7 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2516411
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantSELARL BLANC TARDIVEL

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Marseille a été saisi par la société Serpe d’un référé précontractuel contestant la passation d’un marché de travaux paysagers par la société d’économie mixte Canal de Provence. Le juge a constaté que le pouvoir adjudicateur est une personne morale de droit privé et que le contrat en cause est un contrat de droit privé, ne relevant pas de la compétence du juge administratif. En application de l’article 2 de l’ordonnance du 7 mai 2009, le contentieux de la passation de tels contrats relève du juge judiciaire. Par conséquent, la requête a été rejetée comme portée devant une juridiction incompétente, sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :


Par une requête, enregistrée le 24 décembre 2025, la société Serpe, représentée par Me Tardivel, demande au tribunal, à titre principal, d’annuler la procédure de passation du marché en cause et d’enjoindre à la société du canal de Provence de reprendre la procédure de passation du marché au stade de l’analyse des offres.


Vu :
- le code de la commande publique ;
- le code de procédure civil ;
- l’ordonnance n° 2009-515 du 7 mai 2009 ;
- le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :


Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « (...) les présidents de formation de jugement des tribunaux (...) peuvent, par ordonnance : (…) 2° Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative (…) ».


Aux termes de l’article L. 551-1 du code de justice administrative : « Le président du tribunal administratif, ou le magistrat qu’il délègue, peut être saisi en cas de manquement aux obligations de publicité et de mise en concurrence auxquelles est soumise la passation par les pouvoirs adjudicateurs de contrats administratifs ayant pour objet l’exécution de travaux, la livraison de fournitures ou la prestation de services, avec une contrepartie économique constituée par un prix ou un droit d’exploitation, la délégation d’un service public ou la sélection d’un actionnaire opérateur économique d’une société d’économie mixte à opération unique. / (…) / Le juge est saisi avant la conclusion du contrat ».

La passation et l’attribution des contrats passés en application du code de la commande publique sont susceptibles de donner lieu à une procédure de référé précontractuel qui, selon que le contrat revêtira un caractère administratif ou privé, doit être intentée devant le juge administratif ou devant le juge judiciaire.


Aux termes de l’article L. 6 du code de la commande publique : « S'ils sont conclus par des personnes morales de droit public, les contrats relevant du présent code sont des contrats administratifs (…) ».


Aux termes de l’article 2 de l’ordonnance du 7 mai 2009 relative aux procédures de recours applicables aux contrats de la commande publique : « En cas de manquement aux obligations de publicité et de mise en concurrence auxquelles est soumise la passation par des pouvoirs adjudicateurs des contrats de droit privé ayant pour objet l'exécution de travaux, la livraison de fournitures ou la prestation de services, avec une contrepartie économique constituée par un prix ou un droit d'exploitation, les personnes ayant intérêt à conclure l'un de ces contrats et susceptibles d'être lésées par ce manquement peuvent saisir le juge avant la conclusion du contrat. / La demande est portée devant la juridiction judiciaire ».


Il résulte de l’instruction que la procédure contestée a été lancée par la société d’économie mixte Canal de Provence. Ainsi, le pouvoir adjudicateur à l’origine de la procédure ici contestée est une personne morale de droit privé et se trouve soumis, pour les marchés qu’il passe, aux dispositions du code de la commande publique. Il ne résulte pas de l’instruction que le marché en cause, relatifs à des travaux paysagers, constituerait un marché de travaux publics ou que la société Canal de Provence agirait au nom et pour le compte d’une personne publique.


Par suite, la contestation relative à la procédure en cause, qui oppose deux personnes morales de droit privé au sujet de la conclusion d’un contrat de droit privé, n’entre pas dans le champ d’application matériel de l’article L. 551-1 du code de justice administrative. En application des dispositions de l’article 2 de l’ordonnance du 7 mai 2009, le contentieux de la passation de ces contrats en cas de manquement aux obligations de publicité et de mise en concurrence ne relève pas de la compétence du juge administratif, mais de celle du juge judiciaire, devant qui est instituée une procédure en application des dispositions des articles 1441-1 et suivants du code de procédure civile, équivalente à celle prévue par les articles L. 551-1 et suivants du code de justice administrative. Les conclusions présentées par la société Serpe sur le fondement des articles L. 551-1 et suivants du code de justice administrative doivent, dès lors, être rejetées comme présentées devant une juridiction incompétente pour en connaître.



O R D O N N E :



Article 1er : La requête de la société Serpe est rejetée.



Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Serpe.




Le président de la 3ème chambre,


Signé

P-Y. Gonneau



La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
Le greffier,






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