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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2601938

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2601938

jeudi 19 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2601938
TypeDécision
RecoursPlein contentieux

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer M. A..., ressortissant algérien, ou de lui adresser par voie postale, dans un délai de quinze jours, un récépissé de demande de titre de séjour. Le juge a constaté que le silence de l'administration sur la demande de changement de statut de l'intéressé, qui devait justifier de la régularité de son séjour pour un stage, créait une situation d'urgence justifiant cette mesure utile. Cette décision s'appuie sur les articles R. 431-12 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui imposent à l'autorité administrative de remettre un récépissé après enregistrement d'une demande complète.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :


Par une requête et un mémoire, enregistrés les 5 et 17 février 2026, M. B... A... demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :


1°) d’enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de prendre toute mesure utile afin de mettre fin au blocage administratif affectant sa situation, notamment par l’enregistrement de sa demande de changement de statut et par la délivrance d’un récépissé ;


2°) de mettre les dépens à la charge de l’Etat.



Vu les autres pièces du dossier.


Vu :
le code de l'entrée et du séjour et du droit d'asile ;
le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :


Ressortissant algérien né le 2 février 2000, M. A... est entré sur le territoire français le 2 mai 2025, muni d’un visa long séjour valant titre de séjour portant la mention « stagiaire ». Il a sollicité auprès de la préfecture de Meurthe-et-Moselle un certificat de résidence en qualité de travailleur temporaire et a reçu plusieurs récépissés de sa demande, dont le dernier valable jusqu’au 16 février 2026. Mais, à la suite de son déménagement dans les Bouches-du-Rhône où il poursuit des études, sa demande a été classée par le préfet de Meurthe-et-Moselle. M. A... a alors sollicité un titre de séjour en qualité d’étudiant par courrier parvenu à la préfecture des Bouches-du-Rhône le 1er décembre 2025. N’ayant reçu aucun récépissé de sa demande, M. A... saisit le juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, afin d’enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de procéder à l’enregistrement de sa demande de changement de statut et de lui délivrer un récépissé.

Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. »

Aux termes de l’article L. 431-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « La détention d'un document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour, d'une attestation de demande d'asile ou d'une autorisation provisoire de séjour autorise la présence de l'étranger en France sans préjuger de la décision définitive qui sera prise au regard de son droit au séjour. » Aux termes du premier alinéa de l’article R. 431-3 du même code : « La demande de titre de séjour ne figurant pas dans la liste mentionnée à l'article R. 431-2, est effectuée à Paris, à la préfecture de police et, dans les autres départements, à la préfecture ou à la sous-préfecture. / Le préfet peut également prescrire que les demandes de titre de séjour appartenant aux catégories qu'il détermine soient adressées par voie postale. » et aux termes du premier alinéa de l’article R. 431-12 : « L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise. Ce document est revêtu de la signature de l'agent compétent ainsi que du timbre du service chargé, en vertu de l'article R. 431-20, de l'instruction de la demande. ». Enfin, l’article R. 431-13 du même code précise que « La durée de validité du récépissé mentionné à l'article R. 431-12 ne peut être inférieure à un mois. Il peut être renouvelé. ».

Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable. Il appartient alors au juge des référés d’apprécier et de motiver l’urgence compte tenu de l’incidence immédiate du dysfonctionnement sur la situation concrète de l’intéressé. La condition d’urgence est en principe constatée dans le cas d’une demande de renouvellement d’un titre de séjour.

Il ne résulte pas de l’instruction que le dossier de demande de M. A... d’un titre de séjour aurait été incomplet, le préfet des Bouches-du-Rhône, qui s’est abstenu de produire à l’instance, ne le soutenant d’ailleurs pas, pas plus qu’il ne fait valoir que ne seraient pas satisfaites les conditions prévues pour le renouvellement du titre de séjour sollicité par le requérant. Ce dernier établit par ailleurs qu’il devra justifier de la régularité de son séjour pour effectuer un stage dans le cadre de ses études. Ainsi, le silence gardé par l’administration sur la demande de remise d’un document provisoire de séjour crée une situation d'urgence au sens de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

La prescription de la mesure demandée est utile et n’est pas susceptible de faire obstacle à l’exécution d’une décision administrative.

Il résulte de ce qui précède qu’il y a lieu d’enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance, M. A... et de lui remettre le récépissé prévu à l’article R. 431-12 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ou de lui adresser ce document par voie postale dans les mêmes conditions de délai.

En l’absence de dépens de la nature de ceux prévus par l’article R. 761-1 du code de justice administrative, les conclusions tendant à ce que les dépens soient mis à la charge de l’Etat ne peuvent qu’être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er : Il est enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance, M. A... et de lui remettre le récépissé prévu à l’article R. 431-12 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ou de lui adresser ce document par voie postale dans les mêmes conditions de délai.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A..., au ministre de l'intérieur et au préfet des Bouches-du-Rhône.

Fait à Marseille, 19 février 2026.



Le juge des référés,

Signé

T. Trottier


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,


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