Le Tribunal administratif de Marseille a rejeté la requête en référé de M. B..., ressortissant algérien, qui demandait, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour. Le juge a constaté que le dossier de l'intéressé, qui sollicitait un changement de statut d'étudiant vers la mention « salarié » sur le fondement de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, était incomplet, faute de production de la décision relative à l'autorisation de travail. En conséquence, la demande a été jugée manifestement mal fondée et rejetée sans audience, en application de l'article L. 522-3 du même code.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 11 février 2026, M. A... B..., demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d’enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de lui délivrer un récépissé de sa demande de titre de séjour, dans le délai de 48 heures ou, à défaut, de prescrire toute autre mesure que le tribunal estimera utile afin de garantir la continuité de son droit au séjour ;
2°) de dire que la décision à intervenir sera exécutoire immédiatement.
Vu :
l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
le code de l'entrée et du séjour et du droit d'asile ;
le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Ressortissant algérien, M. B... soutient qu’il était titulaire d’un titre de séjour en qualité d’étudiant valable jusqu’au 30 novembre 2025. Il a sollicité un changement de statut pour un certificat de résidence algérien portant la mention « salarié » par courrier parvenu à la préfecture des Bouches-du-Rhône le 31 octobre 2025. N’ayant reçu aucun récépissé de sa demande, M. B... demande au juge des référés d’enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de lui délivrer un tel récépissé.
Aux termes des deux premiers alinéas de l’article L. 522-1 du code de justice administrative : « Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. / Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. ». Aux termes de l’article L. 521-3 du même code : « En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ». L’article L. 522-3 de ce code prévoit cependant que « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ».
L’article 7 de l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié prévoit que : « (…) b) Les ressortissants algériens désireux d'exercer une activité professionnelle salariée reçoivent après le contrôle médical d'usage et sur présentation d'un contrat de travail visé par les services du ministre chargé de l'emploi, un certificat de résidence valable un an pour toutes professions et toutes régions, renouvelable et portant la mention « salarié » : cette mention constitue l'autorisation de travail exigée par la législation française ; c) Les ressortissants algériens désireux d'exercer une activité professionnelle soumise à autorisation reçoivent, s'ils justifient l'avoir obtenue, un certificat de résidence valable un an renouvelable et portant la mention de cette activité (…) ».
Aux termes de l’article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « L’étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu’il précise. (…) ».. Par ailleurs, si l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié régit d’une manière complète les conditions dans lesquelles les ressortissants algériens peuvent être admis à séjourner en France et y exercer une activité professionnelle, ainsi que les règles concernant la nature et la durée de validité des titres de séjour qui peuvent leur être délivrés, il n’a toutefois pas entendu écarter, sauf stipulations incompatibles expresses, l’application des dispositions de procédure qui s’appliquent à tous les étrangers en ce qui concerne la délivrance, le renouvellement ou le refus de titres de séjour dès lors que ces ressortissants algériens se trouvent dans une situation entrant à la fois dans les prévisions de l’accord et dans celles du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.
Il résulte de ces dispositions que l’étranger qui sollicite la délivrance d’un titre de séjour a le droit, s’il a déposé un dossier complet, d’obtenir un récépissé de sa demande qui vaut autorisation provisoire de séjour et qui, dans certains cas l’autorise à exercer une activité professionnelle.
Il résulte de l’instruction que, par un courrier électronique en date du 16 janvier 2026, la préfecture des Bouches-du-Rhône a informé M. B... que son dossier était incomplet au motif qu’il ne comportait pas « la décision de la main-d’œuvre étrangère concernant [son] autorisation de travail ». Alors même que la demande déposée par son employeur est à l’instruction, son dossier de demande de changement de statut n’est pas complet et il ne peut être délivré de récépissé à M. B.... Il suit de là que la requête est manifestement mal fondée et ne peut qu’être rejetée en application de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....
Fait à Marseille, le 20 février 2026.
Le juge des référés,
Signé
T. Trottier
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,