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Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2603797

jeudi 1 octobre 2026

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2603797
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation9è ch Magistrat statuant seul
Avocat requérantCABINET D'AVOCATS BKB

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 5 mars 2026, et un mémoire, enregistré le 22 juillet 2026, M. B... C..., représenté par Me Bordet, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d’annuler la décision implicite du 26 mars 2026, prise sur recours administratif préalable obligatoire, par laquelle la maison départementale des personnes handicapées des Bouches-du-Rhône a refusé sa demande de reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé ;

2°) de reconnaître à M. C... la qualité de travailleur handicapé ;

3°) de mettre à la charge de la maison départementale des personnes handicapées des Bouches-du-Rhône la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que la décision attaquée est entachée d’une erreur d’appréciation de sa situation.

La requête a été communiquée à la maison départementale des personnes handicapées des Bouches-du-Rhône qui n’a pas produit de mémoire en défense.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’action sociale et des familles ;
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Tukov, vice-président, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

A été entendu au cours de l'audience publique, le rapport de M. Tukov, magistrat désigné.

Les parties n’étaient ni présentes, ni représentées.

La clôture de l’instruction a été prononcée, en application des dispositions de l’article R. 772-9 du code de justice administrative, après l’appel de l’affaire à l’audience.


Considérant ce qui suit :

1. M. C... a présenté une demande de reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé auprès de la maison départementale des personnes handicapées des Bouches-du-Rhône. Par sa requête, il demande au tribunal d’annuler la décision implicite du 26 mars 2026, prise sur recours administratif préalable obligatoire, par laquelle la maison départementale des personnes handicapées des Bouches-du-Rhône a refusé de faire droit à sa demande.

Sur les conclusions à fin d’annulation :
2. Aux termes de l’article L. 5213-1 du code du travail : « Est considérée comme travailleur handicapé toute personne dont les possibilités d’obtenir ou de conserver un emploi sont effectivement réduites par suite de l’altération d’une ou plusieurs fonctions physique, sensorielle, mentale ou psychique ». Aux termes de l’article L. 5213-2 du même code : « La qualité de travailleur handicapé est reconnue par la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées mentionnée à l'article L. 146-9 du code de l'action sociale et des familles. Lorsque le handicap est irréversible, la qualité de travailleur handicapé est attribuée de façon définitive (…) ».
3. Selon l’article L. 114 du code de l’action sociale et des familles : « Constitue un handicap, au sens de la présente loi, toute limitation d’activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d’une altération substantielle, durable ou définitive d’une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d’un polyhandicap ou d’un trouble de santé invalidant ». Aux termes de l’article L. 241-6 du même code : « La commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées est compétente pour : 1° Se prononcer sur l’orientation de la personne handicapée et les mesures propres à assurer son insertion scolaire ou professionnelle et sociale ; (…) 4° Reconnaître, s’il y a lieu, la qualité de travailleur handicapé aux personnes répondant aux conditions définies par l'article L. 5213-1 du code du travail ; (…) ». Il résulte de ces dispositions que la qualité de travailleur handicapé doit être appréciée en tenant compte, d’une part, de l’état de santé du demandeur et, d’autre part, des conséquences de cet état de santé sur ses possibilités d’obtenir ou de conserver un emploi.

4. Les recours mentionnés à l’article L. 241-9 du code de l’action sociale et des familles formés contre les décisions relatives à la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé ou à leur orientation professionnelle, constituent des recours de plein contentieux. Eu égard à son office lorsqu’il est saisi de tels recours, il appartient au juge administratif de se prononcer non sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais seulement sur les droits de l’intéressé sur lesquels l'administration s'est prononcée, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction. Au vu de ces éléments, il appartient au juge administratif d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision en fixant alors lui-même les droits de l'intéressé, pour la période en litige, à la date à laquelle il statue, sauf à renvoyer à l'administration compétente, et sous son autorité, le règlement de tel aspect du litige dans des conditions précises qu'il lui appartient de fixer.
5. Il résulte de l’instruction que M. C..., adjoint technique au département, a présenté en 2021 une forme grave de COVID ayant nécessité un mois d’hospitalisation et présente un état de stress post-traumatique. Il soutient qu’il souffre aujourd’hui de fatigues chroniques, d’une difficulté à supporter la station debout, d’essoufflements et de vertiges suite à son infection au COVID. Il résulte de l’instruction que M. C... a bénéficié d’un congé maladie longue durée à partir du 12 septembre 2022 et d’une reprise de ses fonctions à temps partiel thérapeutique du 12 septembre 2025 au 11 décembre 2025. Le docteur A... établit, dans un certificat médical du 24 février 2026, que le requérant « présente toujours à ce jour des difficultés qui ont un retentissement certain sur sa situation au travail » et qu’« une reconnaissance en qualité de travailleur handicapé aiderait monsieur à être soutenu par la mission handicap de la collectivité et à bénéficier, en cas de besoin, d’aménagements nécessaires à son état de santé ». Toutefois, le requérant ne fournit aucun certificat médical circonstancié relatif à son état de santé actuel. Les pièces produites ne suffisent à établir ni l’incapacité du requérant à travailler, ni que l’altération de son état de santé serait de nature à réduire effectivement ses possibilités de conserver un emploi ou d’exercer un emploi d’une autre nature que celui exercé. Dès lors, il y a lieu de considérer que la maison départementale des personnes handicapées des Bouches-du-Rhône n’a pas commis d’erreur d’appréciation en refusant de lui reconnaître la qualité de travailleur handicapé.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d’annulation de la décision implicite du 26 mars 2026 doivent être rejetées, ainsi, que, par voie de conséquence, celles aux fins d’injonction et celles tendant à l’application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.





D E C I D E :



Article 1er : La requête de M. C... est rejetée.



Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B... C... et à la maison départementale des personnes handicapées des Bouches-du-Rhône.


Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2026.



Le magistrat désigné,


Signé


C. TUKOV
La greffière,


Signé


S. BOUCHUT



La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière.