Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2609888
jeudi 1 octobre 2026
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2609888 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 9è ch Magistrat statuant seul |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par un jugement n° 2411388 du 24 février 2026, le tribunal administratif de Marseille a, d’une part, annulé la décision implicite opposée au recours préalable obligatoire formé le 20 août 2024 par laquelle la caisse d’allocations familiales des Bouches a confirmé la mise à la charge de M. A... d’un indu d’allocation de logement familiale d’un montant initial de 6 041 euros constitué de 2022 à 2023, ainsi que la décision implicite opposée au recours préalable obligatoire formé le 20 août 2024 par laquelle la caisse d’allocations familiales des Bouches a confirmé la mise à la charge de M. A... un indu de prime d’activité, d’autre part, enjoint à la caisse d’allocations familiales des Bouches-du-Rhône de rembourser à M. A... les sommes éventuellement déjà recouvrées au titre des indus de prime d’activité et d’allocation de logement sociale, dans un délai de quatre mois à compter de la notification du jugement à intervenir, si dans ce délai elle n’a pas régularisé sa décision de récupération.
Par une demande, enregistrée le 28 mai 2026, M. B... A... a demandé au tribunal, sur le fondement de l’article L. 911-4 du code de justice administrative, d’assurer l’exécution du jugement n° 2411388 précité, au besoin par le prononcé d’une astreinte.
Par un mémoire, enregistré le 30 mai 2026, M. A... a contesté la décision du 28 mai 2026 par laquelle le premier vice-président du tribunal administratif a classé la demande d’exécution du jugement précité.
Par une ordonnance du 4 juin 2026, le président du tribunal a décidé, en application de l’article R. 921-6 du code de justice administrative, l’ouverture d’une procédure juridictionnelle, enregistrée sous le n° 2609888.
Par des mémoires, enregistrés le 28 mai 2026, le 11 juin 2026, le 13 juin 2026, le 7 août 2026, le 16 août 2026, le 31 août 2026 et le 12 septembre 2026, M. A..., demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) sur le fondement de l’article L. 911-4 du code de justice administrative, d’enjoindre à la caisse d’allocations familiales des Bouches-du-Rhône, de prendre les mesures qu’implique l’exécution du jugement n° 2411388 en date du 24 février 2026 par lequel le tribunal administratif de Marseille a enjoint à la caisse d’allocations familiales des Bouches-du-Rhône de rembourser à M. A... les sommes éventuellement déjà recouvrées au titre des indus de prime d’activité et d’allocation de logement sociale, dans un délai de quatre mois, si dans ce délai elle n’a pas régularisé sa décision de récupération, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
2°) d’enjoindre à la caisse d’allocations familiales des Bouches-du-Rhône, de prendre les mesures qu’implique l’exécution du jugement n° 24/04938 du tribunal judiciaire du 18 juin 2026 ;
3°) d’annuler la décision par laquelle la caisse d’allocations familiales a procédé à une compensation des sommes dues ;
4°) d’annuler les créances que la caisse d’allocations familiales détient sur lui ;
5°) d’enjoindre à la caisse d’allocations familiales des Bouches-du-Rhône de rectifier son compte allocataire, de procéder au calcul de ses droits au revenu de solidarité active, de lui communiquer les écritures comptables, de procéder au remboursement des retenues effectuées au titre du revenu de solidarité active ;
6°) de mettre à la charge de la caisse d’allocations familiales des Bouches-du-Rhône la somme de 1 700 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la caisse d’allocations familiales, qui ne pouvait opérer de compensation entre les créances qu’elle détient sur lui et les indus annulés, n’a pas exécuté le jugement du 24 février 2026 ;
- les compensations effectuées sont illégales, elles méconnaissent les articles 1347 du code civil et L. 553-2 du code de la sécurité sociale ;
- les indus référencés ING 001 et ING 002 ; qui ont été annulés, ne pouvaient faire l’objet de compensation ;
- les compensations effectuées, qui constituent une décision nouvelle prise postérieurement au jugement, est entachée d’un détournement de procédure ;
- la caisse d’allocations familiales n’a pas exécuté la décision du juge judiciaire ;
- le refus de la caisse d’allocations familiales de communiquer son dossier d’allocataire méconnait les dispositions des articles L. 311-1 et L. 312-1 du code des relations entre le public et l’administration ;
- les pénalités pour fraude ont été maintenues en dépit de la décision du juge judiciaire.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 8 juin 2026 et le 26 août 2026, la caisse d’allocations familiales des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la demande d’exécution.
Elle soutient que le jugement n° 2411388 en date du 24 février 2026 est entièrement exécuté et que les autres litiges portés par le requérant relèvent de litiges distincts.
Deux mémoires ont été enregistrés pour M. A... les 16 et 28 septembre 2026 et n’ont pas été communiqués.
Vu :
- le jugement n° 2411388 du 24 février 2026 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Tukov, vice-président, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, pour statuer seul sur les litiges énumérés par cet article.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
A été entendu au cours de l'audience publique, le rapport de M. Tukov, magistrat désigné, qui a informé les parties, en application de l’article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement à intervenir était susceptible d’être fondé sur un moyen relevé d’office, tiré de l'incompétence de la juridiction administrative pour connaître des conclusions tendant à ce que le tribunal enjoigne à la caisse d’allocations familiales des Bouches-du-Rhône de prendre les mesures qu’implique l’exécution de la décision du juge judiciaire de Marseille en date du 18 juin 2026, dont il n’appartient qu’au juge judiciaire de connaitre.
La clôture de l’instruction a été prononcée, en application de l’article R. 772-9 du code de justice administrative, à l’issue de l’audience.
Des notes en délibéré, présentées par M. A... ont été enregistrées le 16 septembre 2026 et le 28 septembre 2026.
Considérant ce qui suit :
1.
Aux termes de l’article L. 911-4 du code de justice administrative : « En cas d’inexécution d’un jugement (…), la partie intéressée peut demander à la juridiction, une fois la décision rendue, d’en assurer l’exécution. / Si le jugement (…) dont l’exécution est demandée n’a pas défini les mesures d’exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d’exécution et prononcer une astreinte ». Aux termes de l’article R. 921-5 du même code : « Le président (…) du tribunal administratif saisi d’une demande d’exécution sur le fondement de l’article L. 911-4, ou le rapporteur désigné à cette fin, accomplissent toutes diligences qu’ils jugent utiles pour assurer l’exécution de la décision juridictionnelle qui fait l’objet de la demande. / Lorsque le président estime qu’il a été procédé à l’exécution ou que la demande n’est pas fondée, il en informe le demandeur et procède au classement administratif de la demande ». Aux termes de l’article R. 921-6 de ce code : « Dans le cas où le président estime nécessaire de prescrire des mesures d’exécution par voie juridictionnelle, et notamment de prononcer une astreinte, ou lorsque le demandeur le sollicite dans le mois qui suit la notification du classement décidé en vertu du dernier alinéa de l’article précédent et, en tout état de cause, à l’expiration d’un délai de six mois à compter de sa saisine, le président (…) du tribunal ouvre par ordonnance une procédure juridictionnelle. / Toutefois, à l’expiration de ce délai de six mois, lorsque le président estime que les diligences accomplies sont susceptibles de permettre, à court terme, l’exécution de la décision, il informe le demandeur que la procédure juridictionnelle ne sera ouverte, le cas échéant, qu’à l’expiration d’un délai supplémentaire de quatre mois. / Cette ordonnance n’est pas susceptible de recours. L’affaire est instruite et jugée d’urgence. Lorsqu’elle prononce une astreinte, la formation de jugement en fixe la date d’effet ».
Sur les conclusions présentées à fin d’exécution du jugement n° 2411388 en date du 24 février 2026 :
2.
Aucun texte législatif ou réglementaire ni aucun principe général du droit s'imposant même en l'absence de texte, ne fait obstacle à ce qu’une autorité administrative créancière d’un bénéficiaire de la prime d’activité ou d’allocation de logement familiale affecte, par la voie de la compensation, au remboursement d’un trop perçu dont un bénéficiaire de prime exceptionnelle de fin d’année serait redevable les créances non fiscales détenues par ce dernier dès lors que les deux dettes réciproques sont l'une et l'autre liquides et exigibles.
3.
A la suite du jugement n° 2411388 du 24 février 2026 par lequel le tribunal administratif a annulé la décision implicite opposée au recours préalable obligatoire formé le 20 août 2024 par laquelle la caisse d’allocations familiales des Bouches a confirmé la mise à la charge de M. A... un indu d’allocation de logement familiale d’un montant initial de 6 041 euros constitué de 2022 à 2023, référencé IM4 09 et la décision implicite opposée au recours préalable obligatoire formé le 20 août 2024 par laquelle la caisse d’allocations familiales des Bouches-du-Rhône a mis à sa charge un indu de prime d’activité, référencé IM4 10, il résulte de l’instruction, notamment des tableaux comptables fournis dans le dossier de l’allocataire, que la caisse d’allocations familiales a procédé à l’annulation des créances IM4 009 et IM4010 en litige. Si le requérant soutient que ces créances sont actives depuis son espace CAF, il résulte de l’instruction que les dettes de l’intéressé, relatives à des indus de revenu de solidarité active, de prime exceptionnelle de fin d’année, de majoration pour fraude, et d’aide au logement, constitué sur une période courant de mai 2025 à juillet 2025, sont distinctes de celles en litige et annulées par le tribunal administratif. Il résulte de l’instruction que la caisse d’allocations familiales, a procédé à une compensation entre, d’une part, les sommes dont elle était redevable en exécution du jugement à savoir les retenues effectuées au titre de l’indu IM4 009 d’un montant total de 313,74 euros, d’autre part, le montant d’un trop perçu de prime exceptionnelle de fin d’année référencé ING 001 et ING 002, répartis en deux compensations, de 307,72 euros et de 5,02 euros. Il est constant que l’indu référencé IM4 10 n’a fait l’objet d’aucune retenue sur prestation. Contrairement à ce que soutient le requérant, il résulte de l’instruction et notamment de la simple lecture du jugement dont le requérant demande l’exécution que les décisions de récupération des indus référencés ING 001 et ING 002 n’ont pas été annulées. Par suite, en affectant la somme de 313,74 euros, correspondant à la retenue effectuée au titre de l’indu IM4 009 annulé par le jugement n° 2411388, au recouvrement d’autres créances détenues par elle, la caisse d’allocations familiales doit être regardée comme ayant intégralement exécuté le jugement du 24 février 2026.
Sur les conclusions relatives à la légalité de la compensation effectuée :
4.
M. A... soutient que la compensation effectuée par la caisse d’allocations familiales des Bouches-du-Rhône à la suite de l’annulation prononcée par le tribunal, est illégale. Toutefois, une telle contestation, qui a trait à la légalité d’une décision de compensation, prise en exécution du jugement n° 2411388, soulève un litige distinct de celui de l’exécution de cette décision. Par suite, M. A..., n’est pas fondé à soutenir que, du fait de l’illégalité de la compensation opérée, la caisse d’allocations familiales des Bouches-du-Rhône n’aurait pas exécuté le jugement du 24 février 2026.
Sur les autres demandes :
5.
Si M. A... entend, par ailleurs, demander la communication des écritures comptables, à ce qu’il soit enjoint à la caisse d’allocations familiales de procéder au calcul de ses droits au revenu de solidarité active, de procéder au remboursement des retenues effectuées au titre du revenu de solidarité active, d’annuler les créances que la caisse d’allocations familiales détient sur lui, il soulève, ce faisant, des litiges distincts qui ne se rapportent pas à l’exécution de la décision du 24 février 2026. Dès lors, ne peuvent qu’être rejetées ses conclusions tendant à ce que le tribunal annule les créances que la caisse d’allocations familiales détient sur lui, et à ce qu’il enjoigne, à la caisse d’allocations familiales des Bouches-du-Rhône, pour assurer l’exécution du jugement du 24 février 2026, de lui communiquer les bases de calcul des sommes qui lui sont dues ou réclamées, de rectifier son compte allocataire, de procéder au calcul de ses droits au revenu de solidarité active, de procéder au remboursement des retenues effectuées au titre du revenu de solidarité active.
Sur la demande relative à l’exécution de la décision n° 24/04938 du tribunal judiciaire du 18 juin 2026 :
6.
Il résulte des dispositions citées au point 1 que seule l’inexécution d’une décision rendue par une juridiction administrative est susceptible de fonder la mise en œuvre de la procédure prévue par celles-ci.
7.
Les conclusions de M. A... tendent à ce que le tribunal assure l’exécution d’une décision du juge judiciaire de Marseille en date du 18 juin 2026 qui a annulé la décision du 6 août 2024 par laquelle la caisse d’allocations familiales a prononcé à son encontre une pénalité administrative et des majorations associées. Le tribunal administratif de Marseille est compétent pour statuer sur les seules demandes d’exécution de ses propres décisions. Il ne lui appartient pas d’assurer l’exécution des décisions juridictionnelles rendues par l’autorité judiciaire. De telles demandes, qui ne ressortissent pas de la compétence de l’ordre administratif, doivent être rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaitre.
Sur les frais liés au litige :
8.
Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font, en tout état de cause, obstacle à ce que la caisse d’allocations familiales des Bouches-du-Rhône, qui n’a pas la qualité de partie perdante verse à M. A... une somme que celui-ci réclame au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions de la requête relatives à l’exécution de la décision n° 24/04938 du tribunal judiciaire présentées par M. A... sont rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaitre.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A... est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B... A... et à la caisse d’allocations familiales des Bouches-du-Rhône.
Copie en sera adressé au département des Bouches-du-Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2026.
Le magistrat désigné,
Signé
C. Tukov
Le greffier,
Signé
S. Bouchut
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution du présent jugement.
Pour expédition,
Pour la greffière en chef,
Le greffier.
Par un jugement n° 2411388 du 24 février 2026, le tribunal administratif de Marseille a, d’une part, annulé la décision implicite opposée au recours préalable obligatoire formé le 20 août 2024 par laquelle la caisse d’allocations familiales des Bouches a confirmé la mise à la charge de M. A... d’un indu d’allocation de logement familiale d’un montant initial de 6 041 euros constitué de 2022 à 2023, ainsi que la décision implicite opposée au recours préalable obligatoire formé le 20 août 2024 par laquelle la caisse d’allocations familiales des Bouches a confirmé la mise à la charge de M. A... un indu de prime d’activité, d’autre part, enjoint à la caisse d’allocations familiales des Bouches-du-Rhône de rembourser à M. A... les sommes éventuellement déjà recouvrées au titre des indus de prime d’activité et d’allocation de logement sociale, dans un délai de quatre mois à compter de la notification du jugement à intervenir, si dans ce délai elle n’a pas régularisé sa décision de récupération.
Par une demande, enregistrée le 28 mai 2026, M. B... A... a demandé au tribunal, sur le fondement de l’article L. 911-4 du code de justice administrative, d’assurer l’exécution du jugement n° 2411388 précité, au besoin par le prononcé d’une astreinte.
Par un mémoire, enregistré le 30 mai 2026, M. A... a contesté la décision du 28 mai 2026 par laquelle le premier vice-président du tribunal administratif a classé la demande d’exécution du jugement précité.
Par une ordonnance du 4 juin 2026, le président du tribunal a décidé, en application de l’article R. 921-6 du code de justice administrative, l’ouverture d’une procédure juridictionnelle, enregistrée sous le n° 2609888.
Par des mémoires, enregistrés le 28 mai 2026, le 11 juin 2026, le 13 juin 2026, le 7 août 2026, le 16 août 2026, le 31 août 2026 et le 12 septembre 2026, M. A..., demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) sur le fondement de l’article L. 911-4 du code de justice administrative, d’enjoindre à la caisse d’allocations familiales des Bouches-du-Rhône, de prendre les mesures qu’implique l’exécution du jugement n° 2411388 en date du 24 février 2026 par lequel le tribunal administratif de Marseille a enjoint à la caisse d’allocations familiales des Bouches-du-Rhône de rembourser à M. A... les sommes éventuellement déjà recouvrées au titre des indus de prime d’activité et d’allocation de logement sociale, dans un délai de quatre mois, si dans ce délai elle n’a pas régularisé sa décision de récupération, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
2°) d’enjoindre à la caisse d’allocations familiales des Bouches-du-Rhône, de prendre les mesures qu’implique l’exécution du jugement n° 24/04938 du tribunal judiciaire du 18 juin 2026 ;
3°) d’annuler la décision par laquelle la caisse d’allocations familiales a procédé à une compensation des sommes dues ;
4°) d’annuler les créances que la caisse d’allocations familiales détient sur lui ;
5°) d’enjoindre à la caisse d’allocations familiales des Bouches-du-Rhône de rectifier son compte allocataire, de procéder au calcul de ses droits au revenu de solidarité active, de lui communiquer les écritures comptables, de procéder au remboursement des retenues effectuées au titre du revenu de solidarité active ;
6°) de mettre à la charge de la caisse d’allocations familiales des Bouches-du-Rhône la somme de 1 700 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la caisse d’allocations familiales, qui ne pouvait opérer de compensation entre les créances qu’elle détient sur lui et les indus annulés, n’a pas exécuté le jugement du 24 février 2026 ;
- les compensations effectuées sont illégales, elles méconnaissent les articles 1347 du code civil et L. 553-2 du code de la sécurité sociale ;
- les indus référencés ING 001 et ING 002 ; qui ont été annulés, ne pouvaient faire l’objet de compensation ;
- les compensations effectuées, qui constituent une décision nouvelle prise postérieurement au jugement, est entachée d’un détournement de procédure ;
- la caisse d’allocations familiales n’a pas exécuté la décision du juge judiciaire ;
- le refus de la caisse d’allocations familiales de communiquer son dossier d’allocataire méconnait les dispositions des articles L. 311-1 et L. 312-1 du code des relations entre le public et l’administration ;
- les pénalités pour fraude ont été maintenues en dépit de la décision du juge judiciaire.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 8 juin 2026 et le 26 août 2026, la caisse d’allocations familiales des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la demande d’exécution.
Elle soutient que le jugement n° 2411388 en date du 24 février 2026 est entièrement exécuté et que les autres litiges portés par le requérant relèvent de litiges distincts.
Deux mémoires ont été enregistrés pour M. A... les 16 et 28 septembre 2026 et n’ont pas été communiqués.
Vu :
- le jugement n° 2411388 du 24 février 2026 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Tukov, vice-président, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, pour statuer seul sur les litiges énumérés par cet article.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
A été entendu au cours de l'audience publique, le rapport de M. Tukov, magistrat désigné, qui a informé les parties, en application de l’article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement à intervenir était susceptible d’être fondé sur un moyen relevé d’office, tiré de l'incompétence de la juridiction administrative pour connaître des conclusions tendant à ce que le tribunal enjoigne à la caisse d’allocations familiales des Bouches-du-Rhône de prendre les mesures qu’implique l’exécution de la décision du juge judiciaire de Marseille en date du 18 juin 2026, dont il n’appartient qu’au juge judiciaire de connaitre.
La clôture de l’instruction a été prononcée, en application de l’article R. 772-9 du code de justice administrative, à l’issue de l’audience.
Des notes en délibéré, présentées par M. A... ont été enregistrées le 16 septembre 2026 et le 28 septembre 2026.
Considérant ce qui suit :
1.
Aux termes de l’article L. 911-4 du code de justice administrative : « En cas d’inexécution d’un jugement (…), la partie intéressée peut demander à la juridiction, une fois la décision rendue, d’en assurer l’exécution. / Si le jugement (…) dont l’exécution est demandée n’a pas défini les mesures d’exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d’exécution et prononcer une astreinte ». Aux termes de l’article R. 921-5 du même code : « Le président (…) du tribunal administratif saisi d’une demande d’exécution sur le fondement de l’article L. 911-4, ou le rapporteur désigné à cette fin, accomplissent toutes diligences qu’ils jugent utiles pour assurer l’exécution de la décision juridictionnelle qui fait l’objet de la demande. / Lorsque le président estime qu’il a été procédé à l’exécution ou que la demande n’est pas fondée, il en informe le demandeur et procède au classement administratif de la demande ». Aux termes de l’article R. 921-6 de ce code : « Dans le cas où le président estime nécessaire de prescrire des mesures d’exécution par voie juridictionnelle, et notamment de prononcer une astreinte, ou lorsque le demandeur le sollicite dans le mois qui suit la notification du classement décidé en vertu du dernier alinéa de l’article précédent et, en tout état de cause, à l’expiration d’un délai de six mois à compter de sa saisine, le président (…) du tribunal ouvre par ordonnance une procédure juridictionnelle. / Toutefois, à l’expiration de ce délai de six mois, lorsque le président estime que les diligences accomplies sont susceptibles de permettre, à court terme, l’exécution de la décision, il informe le demandeur que la procédure juridictionnelle ne sera ouverte, le cas échéant, qu’à l’expiration d’un délai supplémentaire de quatre mois. / Cette ordonnance n’est pas susceptible de recours. L’affaire est instruite et jugée d’urgence. Lorsqu’elle prononce une astreinte, la formation de jugement en fixe la date d’effet ».
Sur les conclusions présentées à fin d’exécution du jugement n° 2411388 en date du 24 février 2026 :
2.
Aucun texte législatif ou réglementaire ni aucun principe général du droit s'imposant même en l'absence de texte, ne fait obstacle à ce qu’une autorité administrative créancière d’un bénéficiaire de la prime d’activité ou d’allocation de logement familiale affecte, par la voie de la compensation, au remboursement d’un trop perçu dont un bénéficiaire de prime exceptionnelle de fin d’année serait redevable les créances non fiscales détenues par ce dernier dès lors que les deux dettes réciproques sont l'une et l'autre liquides et exigibles.
3.
A la suite du jugement n° 2411388 du 24 février 2026 par lequel le tribunal administratif a annulé la décision implicite opposée au recours préalable obligatoire formé le 20 août 2024 par laquelle la caisse d’allocations familiales des Bouches a confirmé la mise à la charge de M. A... un indu d’allocation de logement familiale d’un montant initial de 6 041 euros constitué de 2022 à 2023, référencé IM4 09 et la décision implicite opposée au recours préalable obligatoire formé le 20 août 2024 par laquelle la caisse d’allocations familiales des Bouches-du-Rhône a mis à sa charge un indu de prime d’activité, référencé IM4 10, il résulte de l’instruction, notamment des tableaux comptables fournis dans le dossier de l’allocataire, que la caisse d’allocations familiales a procédé à l’annulation des créances IM4 009 et IM4010 en litige. Si le requérant soutient que ces créances sont actives depuis son espace CAF, il résulte de l’instruction que les dettes de l’intéressé, relatives à des indus de revenu de solidarité active, de prime exceptionnelle de fin d’année, de majoration pour fraude, et d’aide au logement, constitué sur une période courant de mai 2025 à juillet 2025, sont distinctes de celles en litige et annulées par le tribunal administratif. Il résulte de l’instruction que la caisse d’allocations familiales, a procédé à une compensation entre, d’une part, les sommes dont elle était redevable en exécution du jugement à savoir les retenues effectuées au titre de l’indu IM4 009 d’un montant total de 313,74 euros, d’autre part, le montant d’un trop perçu de prime exceptionnelle de fin d’année référencé ING 001 et ING 002, répartis en deux compensations, de 307,72 euros et de 5,02 euros. Il est constant que l’indu référencé IM4 10 n’a fait l’objet d’aucune retenue sur prestation. Contrairement à ce que soutient le requérant, il résulte de l’instruction et notamment de la simple lecture du jugement dont le requérant demande l’exécution que les décisions de récupération des indus référencés ING 001 et ING 002 n’ont pas été annulées. Par suite, en affectant la somme de 313,74 euros, correspondant à la retenue effectuée au titre de l’indu IM4 009 annulé par le jugement n° 2411388, au recouvrement d’autres créances détenues par elle, la caisse d’allocations familiales doit être regardée comme ayant intégralement exécuté le jugement du 24 février 2026.
Sur les conclusions relatives à la légalité de la compensation effectuée :
4.
M. A... soutient que la compensation effectuée par la caisse d’allocations familiales des Bouches-du-Rhône à la suite de l’annulation prononcée par le tribunal, est illégale. Toutefois, une telle contestation, qui a trait à la légalité d’une décision de compensation, prise en exécution du jugement n° 2411388, soulève un litige distinct de celui de l’exécution de cette décision. Par suite, M. A..., n’est pas fondé à soutenir que, du fait de l’illégalité de la compensation opérée, la caisse d’allocations familiales des Bouches-du-Rhône n’aurait pas exécuté le jugement du 24 février 2026.
Sur les autres demandes :
5.
Si M. A... entend, par ailleurs, demander la communication des écritures comptables, à ce qu’il soit enjoint à la caisse d’allocations familiales de procéder au calcul de ses droits au revenu de solidarité active, de procéder au remboursement des retenues effectuées au titre du revenu de solidarité active, d’annuler les créances que la caisse d’allocations familiales détient sur lui, il soulève, ce faisant, des litiges distincts qui ne se rapportent pas à l’exécution de la décision du 24 février 2026. Dès lors, ne peuvent qu’être rejetées ses conclusions tendant à ce que le tribunal annule les créances que la caisse d’allocations familiales détient sur lui, et à ce qu’il enjoigne, à la caisse d’allocations familiales des Bouches-du-Rhône, pour assurer l’exécution du jugement du 24 février 2026, de lui communiquer les bases de calcul des sommes qui lui sont dues ou réclamées, de rectifier son compte allocataire, de procéder au calcul de ses droits au revenu de solidarité active, de procéder au remboursement des retenues effectuées au titre du revenu de solidarité active.
Sur la demande relative à l’exécution de la décision n° 24/04938 du tribunal judiciaire du 18 juin 2026 :
6.
Il résulte des dispositions citées au point 1 que seule l’inexécution d’une décision rendue par une juridiction administrative est susceptible de fonder la mise en œuvre de la procédure prévue par celles-ci.
7.
Les conclusions de M. A... tendent à ce que le tribunal assure l’exécution d’une décision du juge judiciaire de Marseille en date du 18 juin 2026 qui a annulé la décision du 6 août 2024 par laquelle la caisse d’allocations familiales a prononcé à son encontre une pénalité administrative et des majorations associées. Le tribunal administratif de Marseille est compétent pour statuer sur les seules demandes d’exécution de ses propres décisions. Il ne lui appartient pas d’assurer l’exécution des décisions juridictionnelles rendues par l’autorité judiciaire. De telles demandes, qui ne ressortissent pas de la compétence de l’ordre administratif, doivent être rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaitre.
Sur les frais liés au litige :
8.
Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font, en tout état de cause, obstacle à ce que la caisse d’allocations familiales des Bouches-du-Rhône, qui n’a pas la qualité de partie perdante verse à M. A... une somme que celui-ci réclame au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions de la requête relatives à l’exécution de la décision n° 24/04938 du tribunal judiciaire présentées par M. A... sont rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaitre.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A... est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B... A... et à la caisse d’allocations familiales des Bouches-du-Rhône.
Copie en sera adressé au département des Bouches-du-Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2026.
Le magistrat désigné,
Signé
C. Tukov
Le greffier,
Signé
S. Bouchut
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution du présent jugement.
Pour expédition,
Pour la greffière en chef,
Le greffier.
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