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Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2616184

jeudi 1 octobre 2026

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2616184
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantABDOULAYE YOUNSA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 12 septembre 2026, M. A... B..., représenté par Me Abdoulaye Younsa, demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521‑1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l’exécution de l’arrêté du 24 juillet 2026 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône a procédé au retrait de sa carte de résident et lui a demandé de restituer cette carte ;

2°) de mettre à la charge de l’Etat le versement de la somme de 2 500 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

Sur la condition d’urgence :
‑ l’urgence est caractérisée dès lors que le retrait de sa carte de résident le place dans une situation précaire et porte atteinte à sa liberté de déplacement ;

Sur le doute sérieux sur la légalité de la décision contestée :
- l’arrêté est entaché d’un défaut d’examen sérieux et particulier de sa situation individuelle ;
- il méconnaît l’article L. 432-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entaché d’une erreur d’appréciation quant à l’existence d’une menace grave à l’ordre public ;
- il méconnaît l’article 10 de l’accord franco-tunisien dès lors qu’il est parent d’un enfant français ;
- il méconnaît l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il méconnaît l’article 3-1 de la convention internationale des droits de l’enfant ;
- il est entaché d’une erreur manifeste d’appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 29 septembre 2026, le préfet des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.

Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête au fond n° 2616208 enregistrée le 12 septembre 2026.

Vu :
- la convention internationale des droits de l’enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l’accord franco-tunisien ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.

Le président du Tribunal a désigné Mme Pilidjian, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement convoquées à l’audience publique du 29 septembre 2026 à 14h00.

Ont été entendus au cours de l’audience publique en présence de Mme Ibram, greffière d’audience :
- le rapport de Mme Pilidjian,
- et les observations de Me Abdoulaye Younsa pour M. B....

La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue des débats de l’audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B..., ressortissant tunisien né le 25 décembre 1983 à Sousse (Tunisie), demande au juge des référés de suspendre l’exécution de l’arrêté du 24 juillet 2026 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône a procédé au retrait de sa carte de résident valable du 3 juillet 2024 au 2 juillet 2034, et lui a demandé de restituer cette carte.

Sur les conclusions présentées sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (...) ».

3. En l’état de l’instruction, aucun des moyens soulevés n’est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l’arrêté du 24 juillet 2026. Par suite, sans qu’il soit besoin de se prononcer sur la condition d’urgence, les conclusions aux fins de suspension doivent être rejetées.

4. Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l’État, qui n’est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par M. B... au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.


O R D O N N E :



Article 1 : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B... et au ministre de l’intérieur.

Copie en sera adressée au préfet des Bouches-du-Rhône.

Fait à Marseille, le 1er octobre 2026.


La juge des référés,



signé


H. PILIDJIAN

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier