Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2616285
jeudi 1 octobre 2026
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2616285 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | LAPORTE |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 14 septembre 2026, M. B... C... A..., représenté par Me Laporte, demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521‑1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l’exécution de la décision implicite du 23 mai 2026 par laquelle le préfet des Bouches‑du‑Rhône a rejeté sa demande de délivrance d’un certificat de résidence algérien portant la mention « vie privée et familiale » ;
2°) d’enjoindre au préfet des Bouches‑du‑Rhône de lui délivrer un récépissé l’autorisant à travailler dans un délai de huit jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir ; réexamen ? sa femme travaille ?
3°) de mettre à la charge de l’État le versement de la somme de 1 500 euros sur le fondement de l’article L. 761‑1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur la condition d’urgence :
‑ l’absence de délivrance d’un titre de séjour l’empêche d’exercer une activité professionnelle, et il ne peut assumer financièrement les charges de la famille ;
Sur le doute sérieux sur la légalité de la décision contestée :
- la décision attaquée n’est pas motivée ;
- elle méconnaît l’article 6-4° de l’accord franco-algérien ;
- elle méconnaît l’article 6-5° de l’accord franco-algérien ;
- elle méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
La requête a été communiquée au préfet des Bouches-du-Rhône qui n’a pas présenté de mémoire en défense.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête au fond n° 2613622 enregistrée le 28 juillet 2026.
Vu :
- la convention internationale des droits de l’enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l’accord franco-algérien modifié du 27 décembre 1968 ;
- le code de justice administrative.
Le président du Tribunal a désigné Mme Pilidjian, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l’audience publique du 29 septembre 2026 à 14h00.
Ont été entendus au cours de l’audience publique en présence de Mme Ibram, greffière d’audience :
- le rapport de Mme Pilidjian,
- et les observations de Me Laporte pour M. A....
Considérant ce qui suit :
1. M. A..., ressortissant algérien né le 26 juin 2002 à Oran (Algérie) a sollicité, le 23 janvier 2026 auprès de la préfecture des Bouches-du-Rhône, la délivrance d’un certificat de résidence portant la mention « vie privée et familiale ». En l’absence de réponse de l’administration durant plus de quatre mois à compter de l’enregistrement de cette demande, une décision implicite est née. M. A... demande la suspension de l’exécution de cette décision implicite.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. D’une part, aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (...) ».
3. D’autre part, aux termes de l’article R. 432-1 de ce code : « Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ». Aux termes de l’article R. 432-2 du même code : « La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. (…) ». La circonstance qu'un étranger se soit vu délivrer ou renouveler un récépissé ou une attestation de prolongation de l’instruction pour une durée supérieure au délai prévu à l’article R. 432-2 ou postérieurement à l’expiration de ce délai ne fait pas obstacle à la naissance ou au maintien de la décision implicite de refus née du silence gardé par l’administration au terme de ce délai.
4. L’urgence justifie que soit prononcée la suspension d’un acte administratif lorsque l’exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d’une demande de suspension d’une décision refusant la délivrance d’un titre de séjour, d’apprécier et de motiver l’urgence compte tenu de l’incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l’intéressé. Cette condition d’urgence est, en principe, constatée dans le cas d’un refus de renouvellement du titre de séjour. La circonstance que le requérant a obtenu plusieurs récépissés à la suite d’une demande de titre de séjour, ne prive pas d’objet la demande de suspension du refus de renouveler son titre de séjour.
5. Pour justifier d’une urgence, M. A... fait valoir qu’il est privé de toute possibilité de travailler. Toutefois, cette seule circonstance ne suffit pas à caractériser une situation d'urgence au sens de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, alors qu’il n’apporte au demeurant que peu d’éléments sur la situation financière du foyer. Dans ces conditions, M. A... ne justifie pas d’une situation d’urgence au sens des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu’il soit besoin d’examiner si la condition tenant à l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la décision est remplie, que la requête de M. A... doit être rejetée en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1 : La requête de M. A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... C... A... et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée au préfet des Bouches-du-Rhône.
Fait à Marseille, le 1er octobre 2026.
La juge des référés,
signé
H. PILIDJIAN
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier
Par une requête, enregistrée le 14 septembre 2026, M. B... C... A..., représenté par Me Laporte, demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521‑1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l’exécution de la décision implicite du 23 mai 2026 par laquelle le préfet des Bouches‑du‑Rhône a rejeté sa demande de délivrance d’un certificat de résidence algérien portant la mention « vie privée et familiale » ;
2°) d’enjoindre au préfet des Bouches‑du‑Rhône de lui délivrer un récépissé l’autorisant à travailler dans un délai de huit jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir ; réexamen ? sa femme travaille ?
3°) de mettre à la charge de l’État le versement de la somme de 1 500 euros sur le fondement de l’article L. 761‑1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur la condition d’urgence :
‑ l’absence de délivrance d’un titre de séjour l’empêche d’exercer une activité professionnelle, et il ne peut assumer financièrement les charges de la famille ;
Sur le doute sérieux sur la légalité de la décision contestée :
- la décision attaquée n’est pas motivée ;
- elle méconnaît l’article 6-4° de l’accord franco-algérien ;
- elle méconnaît l’article 6-5° de l’accord franco-algérien ;
- elle méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
La requête a été communiquée au préfet des Bouches-du-Rhône qui n’a pas présenté de mémoire en défense.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête au fond n° 2613622 enregistrée le 28 juillet 2026.
Vu :
- la convention internationale des droits de l’enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l’accord franco-algérien modifié du 27 décembre 1968 ;
- le code de justice administrative.
Le président du Tribunal a désigné Mme Pilidjian, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l’audience publique du 29 septembre 2026 à 14h00.
Ont été entendus au cours de l’audience publique en présence de Mme Ibram, greffière d’audience :
- le rapport de Mme Pilidjian,
- et les observations de Me Laporte pour M. A....
Considérant ce qui suit :
1. M. A..., ressortissant algérien né le 26 juin 2002 à Oran (Algérie) a sollicité, le 23 janvier 2026 auprès de la préfecture des Bouches-du-Rhône, la délivrance d’un certificat de résidence portant la mention « vie privée et familiale ». En l’absence de réponse de l’administration durant plus de quatre mois à compter de l’enregistrement de cette demande, une décision implicite est née. M. A... demande la suspension de l’exécution de cette décision implicite.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. D’une part, aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (...) ».
3. D’autre part, aux termes de l’article R. 432-1 de ce code : « Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ». Aux termes de l’article R. 432-2 du même code : « La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. (…) ». La circonstance qu'un étranger se soit vu délivrer ou renouveler un récépissé ou une attestation de prolongation de l’instruction pour une durée supérieure au délai prévu à l’article R. 432-2 ou postérieurement à l’expiration de ce délai ne fait pas obstacle à la naissance ou au maintien de la décision implicite de refus née du silence gardé par l’administration au terme de ce délai.
4. L’urgence justifie que soit prononcée la suspension d’un acte administratif lorsque l’exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d’une demande de suspension d’une décision refusant la délivrance d’un titre de séjour, d’apprécier et de motiver l’urgence compte tenu de l’incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l’intéressé. Cette condition d’urgence est, en principe, constatée dans le cas d’un refus de renouvellement du titre de séjour. La circonstance que le requérant a obtenu plusieurs récépissés à la suite d’une demande de titre de séjour, ne prive pas d’objet la demande de suspension du refus de renouveler son titre de séjour.
5. Pour justifier d’une urgence, M. A... fait valoir qu’il est privé de toute possibilité de travailler. Toutefois, cette seule circonstance ne suffit pas à caractériser une situation d'urgence au sens de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, alors qu’il n’apporte au demeurant que peu d’éléments sur la situation financière du foyer. Dans ces conditions, M. A... ne justifie pas d’une situation d’urgence au sens des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu’il soit besoin d’examiner si la condition tenant à l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la décision est remplie, que la requête de M. A... doit être rejetée en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1 : La requête de M. A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... C... A... et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée au préfet des Bouches-du-Rhône.
Fait à Marseille, le 1er octobre 2026.
La juge des référés,
signé
H. PILIDJIAN
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier
Décisions similaires
TA95Excès de pouvoir
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2600300
01/10/2026
TA78Excès de pouvoir
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2612179
01/10/2026
TA78Excès de pouvoir
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2604311
01/10/2026
TA78Excès de pouvoir
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2603832
01/10/2026