Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2616336
jeudi 1 octobre 2026
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2616336 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SELARL CARLINI & ASSOCIES |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 septembre 2026, M. A... B..., représenté par Me Archenoul, demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521‑1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l’exécution de la décision implicite du 18 octobre 2025 par laquelle le préfet des Bouches‑du‑Rhône a rejeté sa demande de renouvellement de sa carte de séjour pluriannuelle portant la mention « vie privée et familiale » ;
2°) d’enjoindre au préfet des Bouches‑du‑Rhône de lui délivrer une carte de séjour portant la mention « vie privée et familiale » dans un délai de sept jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) à défaut, d’enjoindre au préfet de réexamen sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler dans un délai de sept jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l’État le versement de la somme de 1 800 euros sur le fondement de l’article L. 761‑1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur la condition d’urgence :
‑ la condition d’urgence est présumée s’agissant d’un refus de renouvellement d’un titre de séjour ;
- l’absence de renouvellement de sa carte de séjour l’empêche d’exercer normalement son activité professionnelle ;
Sur le doute sérieux sur la légalité de la décision contestée :
- la décision attaquée n’est pas motivée ;
- elle méconnaît les articles L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile l’article L. 433-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu’il continue de remplir les conditions pour lesquelles une première carte de séjour pluriannuelle lui a été délivré.
La requête a été communiquée au préfet des Bouches-du-Rhône qui n’a pas présenté de mémoire en défense.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête au fond n° 2616333 enregistrée le 15 septembre 2026.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du Tribunal a désigné Mme Pilidjian, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l’audience publique du 29 septembre 2026 à 14h00.
Mme Pilidjian a lu son rapport au cours de l’audience publique et a prononcé la clôture de l’instruction.
Considérant ce qui suit :
1. M. B..., ressortissant arménien né le 12 septembre 1982 à Edjmidzin (Arménie) a sollicité, le 18 juin 2025 auprès de la préfecture des Bouches-du-Rhône, le renouvellement de sa carte de séjour pluriannuelle portant la mention « vie privée et familiale » et valable du 10 août 2023 au 9 août 2025. En l’absence de réponse de l’administration durant plus de quatre mois à compter de l’enregistrement de cette demande, une décision implicite est née. M. B... demande la suspension de l’exécution de cette décision implicite.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. D’une part, aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (...) ».
3. D’autre part, aux termes de l’article R. 432-1 de ce code : « Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ». Aux termes de l’article R. 432-2 du même code : « La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. (…) ». La circonstance qu'un étranger se soit vu délivrer ou renouveler un récépissé ou une attestation de prolongation de l’instruction pour une durée supérieure au délai prévu à l’article R. 432-2 ou postérieurement à l’expiration de ce délai ne fait pas obstacle à la naissance ou au maintien de la décision implicite de refus née du silence gardé par l’administration au terme de ce délai.
En ce qui concerne l’urgence :
4. L’urgence justifie que soit prononcée la suspension d’un acte administratif lorsque l’exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d’une demande de suspension d’une décision refusant la délivrance d’un titre de séjour, d’apprécier et de motiver l’urgence compte tenu de l’incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l’intéressé. Cette condition d’urgence est, en principe, constatée dans le cas d’un refus de renouvellement du titre de séjour. La circonstance que le requérant a obtenu plusieurs récépissés à la suite d’une demande de titre de séjour, ne prive pas d’objet la demande de suspension du refus de renouveler son titre de séjour.
5. Le préfet des Bouches-du-Rhône, qui n’a produit aucune observation à l’instance, n’a pas contesté la situation d’urgence née du refus de renouvellement de titre de séjour opposé à M. B..., présumée et telle que résultant notamment des difficultés auxquelles il est exposé. Ainsi, la condition d’urgence doit être regardée comme satisfaite.
En ce qui concerne le doute sérieux quant à la légalité de la décision implicite litigieuse :
6. En l’état de l’instruction, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions combinées des articles L. 423-23 et L. 433-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige.
7. Il résulte de ce qui précède, et dès lors que les deux conditions prévues à l’article L. 521-1 du code de justice administrative sont remplies, que l’exécution de la décision implicite du 18 octobre 2025 par laquelle le préfet des Bouches-du-Rhône a refusé de renouveler le titre de séjour de M. B... doit être suspendue.
Sur les conclusions à fin d’injonction sous astreinte :
8. La présente décision implique, en application de l’article L. 911-1 du code de justice administrative, que le préfet des Bouches-du-Rhône délivre à M. B... à titre provisoire dans l’attente du jugement au fond, une carte de séjour pluriannuelle portant la mention « vie privée et familiale » dans un délai d’un mois à compter de la notification de la présente ordonnance, et lui délivre dans l’attente et sous cinq jours une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler.
Sur les frais liés au litige :
9. En application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu de mettre à la charge de l’État une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par M. B... et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1 : L’exécution de la décision implicite du 18 octobre 2025 par laquelle le préfet des Bouches-du-Rhône a rejeté la demande de renouvellement de la carte de séjour pluriannuelle présentée par M. B... est suspendue.
Article 2 : Il est enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de délivrer à M. B..., à titre provisoire, dans l’attente du jugement au fond, une carte de séjour pluriannuelle portant la mention « vie privée et familiale » dans un délai d’un mois à compter de la notification de la présente ordonnance, et de lui délivrer dans cette attente et sous cinq jours une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler.
Article 3 : L’Etat versera à M. B... une somme de 1 000 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B... est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B... et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée au préfet des Bouches-du-Rhône.
Fait à Marseille, le 1er octobre 2026.
La juge des référés,
signé
H. PILIDJIAN
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier
Par une requête, enregistrée le 15 septembre 2026, M. A... B..., représenté par Me Archenoul, demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521‑1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l’exécution de la décision implicite du 18 octobre 2025 par laquelle le préfet des Bouches‑du‑Rhône a rejeté sa demande de renouvellement de sa carte de séjour pluriannuelle portant la mention « vie privée et familiale » ;
2°) d’enjoindre au préfet des Bouches‑du‑Rhône de lui délivrer une carte de séjour portant la mention « vie privée et familiale » dans un délai de sept jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) à défaut, d’enjoindre au préfet de réexamen sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler dans un délai de sept jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l’État le versement de la somme de 1 800 euros sur le fondement de l’article L. 761‑1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur la condition d’urgence :
‑ la condition d’urgence est présumée s’agissant d’un refus de renouvellement d’un titre de séjour ;
- l’absence de renouvellement de sa carte de séjour l’empêche d’exercer normalement son activité professionnelle ;
Sur le doute sérieux sur la légalité de la décision contestée :
- la décision attaquée n’est pas motivée ;
- elle méconnaît les articles L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile l’article L. 433-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu’il continue de remplir les conditions pour lesquelles une première carte de séjour pluriannuelle lui a été délivré.
La requête a été communiquée au préfet des Bouches-du-Rhône qui n’a pas présenté de mémoire en défense.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête au fond n° 2616333 enregistrée le 15 septembre 2026.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du Tribunal a désigné Mme Pilidjian, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l’audience publique du 29 septembre 2026 à 14h00.
Mme Pilidjian a lu son rapport au cours de l’audience publique et a prononcé la clôture de l’instruction.
Considérant ce qui suit :
1. M. B..., ressortissant arménien né le 12 septembre 1982 à Edjmidzin (Arménie) a sollicité, le 18 juin 2025 auprès de la préfecture des Bouches-du-Rhône, le renouvellement de sa carte de séjour pluriannuelle portant la mention « vie privée et familiale » et valable du 10 août 2023 au 9 août 2025. En l’absence de réponse de l’administration durant plus de quatre mois à compter de l’enregistrement de cette demande, une décision implicite est née. M. B... demande la suspension de l’exécution de cette décision implicite.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. D’une part, aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (...) ».
3. D’autre part, aux termes de l’article R. 432-1 de ce code : « Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ». Aux termes de l’article R. 432-2 du même code : « La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. (…) ». La circonstance qu'un étranger se soit vu délivrer ou renouveler un récépissé ou une attestation de prolongation de l’instruction pour une durée supérieure au délai prévu à l’article R. 432-2 ou postérieurement à l’expiration de ce délai ne fait pas obstacle à la naissance ou au maintien de la décision implicite de refus née du silence gardé par l’administration au terme de ce délai.
En ce qui concerne l’urgence :
4. L’urgence justifie que soit prononcée la suspension d’un acte administratif lorsque l’exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d’une demande de suspension d’une décision refusant la délivrance d’un titre de séjour, d’apprécier et de motiver l’urgence compte tenu de l’incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l’intéressé. Cette condition d’urgence est, en principe, constatée dans le cas d’un refus de renouvellement du titre de séjour. La circonstance que le requérant a obtenu plusieurs récépissés à la suite d’une demande de titre de séjour, ne prive pas d’objet la demande de suspension du refus de renouveler son titre de séjour.
5. Le préfet des Bouches-du-Rhône, qui n’a produit aucune observation à l’instance, n’a pas contesté la situation d’urgence née du refus de renouvellement de titre de séjour opposé à M. B..., présumée et telle que résultant notamment des difficultés auxquelles il est exposé. Ainsi, la condition d’urgence doit être regardée comme satisfaite.
En ce qui concerne le doute sérieux quant à la légalité de la décision implicite litigieuse :
6. En l’état de l’instruction, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions combinées des articles L. 423-23 et L. 433-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige.
7. Il résulte de ce qui précède, et dès lors que les deux conditions prévues à l’article L. 521-1 du code de justice administrative sont remplies, que l’exécution de la décision implicite du 18 octobre 2025 par laquelle le préfet des Bouches-du-Rhône a refusé de renouveler le titre de séjour de M. B... doit être suspendue.
Sur les conclusions à fin d’injonction sous astreinte :
8. La présente décision implique, en application de l’article L. 911-1 du code de justice administrative, que le préfet des Bouches-du-Rhône délivre à M. B... à titre provisoire dans l’attente du jugement au fond, une carte de séjour pluriannuelle portant la mention « vie privée et familiale » dans un délai d’un mois à compter de la notification de la présente ordonnance, et lui délivre dans l’attente et sous cinq jours une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler.
Sur les frais liés au litige :
9. En application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu de mettre à la charge de l’État une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par M. B... et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1 : L’exécution de la décision implicite du 18 octobre 2025 par laquelle le préfet des Bouches-du-Rhône a rejeté la demande de renouvellement de la carte de séjour pluriannuelle présentée par M. B... est suspendue.
Article 2 : Il est enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de délivrer à M. B..., à titre provisoire, dans l’attente du jugement au fond, une carte de séjour pluriannuelle portant la mention « vie privée et familiale » dans un délai d’un mois à compter de la notification de la présente ordonnance, et de lui délivrer dans cette attente et sous cinq jours une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler.
Article 3 : L’Etat versera à M. B... une somme de 1 000 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B... est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B... et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée au préfet des Bouches-du-Rhône.
Fait à Marseille, le 1er octobre 2026.
La juge des référés,
signé
H. PILIDJIAN
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier
Décisions similaires
TA95Excès de pouvoir
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2600300
01/10/2026
TA78Excès de pouvoir
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2612179
01/10/2026
TA78Excès de pouvoir
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2604311
01/10/2026
TA78Excès de pouvoir
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2603832
01/10/2026