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Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2616373

jeudi 1 octobre 2026

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2616373
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantVIALE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 15 et 28 septembre 2026, M. B... A..., représenté par Me Viale, demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521‑1 du code de justice administrative :

1°) de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) de suspendre l’exécution de l’arrêté du 16 juillet 2026 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône a procédé au retrait de sa carte de résident ;

3°) d’enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de lui délivrer une autorisation de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l’Etat le versement de la somme de 1 500 euros sur le fondement de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

Sur la condition d’urgence :
‑ l’urgence est caractérisée dès lors que le retrait de sa carte de résident le place dans une situation précaire et porte atteinte à sa liberté de déplacement ;

Sur le doute sérieux sur la légalité de la décision contestée :
- la procédure contradictoire a été méconnue dès lors que le délai de dix jours qui lui a été imparti pour présenter ses observations n’a pas été respecté, l’arrêté étant intervenu avant le terme de ce délai ;
- l’arrêté méconnaît l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il méconnaît l’article 3-1 de la convention internationale des droits de l’enfant ;
- il est entaché d’une erreur d’appréciation dès lors que sa présence sur le territoire n’est pas constitutive d’une menace à l’ordre public.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 25 et 29 septembre 2026, le préfet des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les conditions pour obtenir la suspension de l’exécution de la décision ne sont pas remplies.

Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête au fond n° 2616399 enregistrée le 15 septembre 2026.

Vu :
- la convention internationale des droits de l’enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la loi du 10 juillet 1991 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.

Le président du Tribunal a désigné Mme Pilidjian, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement convoquées à l’audience publique du 29 septembre 2026 à 14h00.

Ont été entendus au cours de l’audience publique en présence de Mme Ibram, greffière d’audience :
- le rapport de Mme Pilidjian,
- et les observations de Me Viale pour M. A....

La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue des débats de l’audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A..., ressortissant tunisien né le 7 août 1988 à Ghardimaou (Tunisie), demande au juge des référés de suspendre l’exécution de l’arrêté du 16 juillet 2026 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône a procédé au retrait de sa carte de résident valable du 8 septembre 2016 au 7 septembre 2026, et lui a demandé de restituer cette carte.

Sur les conclusions présentées sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (...) ».

3. En l’état de l’instruction, aucun des moyens soulevés n’est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l’arrêté du 16 juillet 2026. Par suite, sans qu’il soit besoin de se prononcer sur la condition d’urgence, les conclusions aux fins de suspension doivent être rejetées.

4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête à fin de suspension doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles à fin d’injonction, sous astreinte et la demande d’admission à l’aide juridictionnelle provisoire.



O R D O N N E :



Article 1 : M. A... n’est pas admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : La requête de M. A... est rejetée.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A..., à Me Viale, et au ministre de l’intérieur.

Copie en sera adressée au préfet des Bouches-du-Rhône.

Fait à Marseille, le 1er octobre 2026.


La juge des référés,


signé


H. PILIDJIAN

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier