Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2616549
jeudi 1 octobre 2026
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2616549 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ZANAT |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 septembre 2026, Mme A... B..., représentée par Me Zanat, demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521‑1 du code de justice administrative :
1°) de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) de suspendre l’exécution de la décision implicite du 29 janvier 2026 par laquelle le préfet des Bouches‑du‑Rhône a rejeté sa demande de renouvellement de son certificat de résidence algérien portant la mention « vie privée et familiale » ;
3°) d’enjoindre au préfet des Bouches‑du‑Rhône de lui délivrer un certificat de résidence portant la mention « vie privée et familiale » à titre provisoire dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ou, à défaut, de lui délivrer sous les mêmes conditions une attestation de prolongation d’instruction ;
4°) à défaut, d’enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de procéder au réexamen de sa demande dans un délai de sept jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
5°) de mettre à la charge de l’État le versement de la somme de 1 500 euros sur le fondement de l’article 10 de la loi du 10 juillet 1991 et de l’article L. 761‑1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
Sur la condition d’urgence :
‑ la condition d’urgence est présumée s’agissant d’un refus de renouvellement de titre de séjour ;
- l’urgence est en tout état de cause établie dès lors que l’absence de renouvellement de son certificat de résidence risque d’entraîner la suspension de ses droits ;
Sur le doute sérieux sur la légalité de la décision contestée :
- la décision n’est pas motivée ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation au regard des 6-7° et 7 bis h) de l’accord franco-algérien ;
- elle méconnaît l’article 6-5° de l’accord franco-algérien et l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
La requête a été communiquée au préfet des Bouches-du-Rhône qui n’a pas présenté de mémoire en défense.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête au fond n° 2616516 enregistrée le 17 septembre 2026.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l’accord franco-algérien modifié du 27 décembre 1968 ;
- la loi du 10 juillet 1991 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du Tribunal a désigné Mme Pilidjian, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l’audience publique du 29 septembre 2026 à 14h00.
Mme Pilidjian a lu son rapport au cours de l’audience publique et a prononcé la clôture de l’instruction.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B..., ressortissante algérienne née le 11 novembre 1969 à Khenchela (Algérie), a sollicité, le 29 septembre 2025 auprès de la préfecture des Bouches-du-Rhône, le renouvellement de son certificat de résidence algérien portant la mention « vie privée et familiale » valable du 14 septembre 2024 au 13 septembre 2025. En l’absence de réponse de l’administration durant plus de quatre mois à compter de l’enregistrement de cette demande, une décision implicite est née. Mme B... demande la suspension de l’exécution de cette décision implicite.
Sur la demande d’admission provisoire à l’aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : « Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ».
3. Eu égard à l’urgence qu’il y a à statuer sur la situation de Mme B..., il y a lieu de prononcer son admission à l’aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :
4. D’une part, aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (...) ».
5. D’autre part, aux termes de l’article R. 432-1 de ce code : « Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ». Aux termes de l’article R. 432-2 du même code : « La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. (…) ». La circonstance qu'un étranger se soit vu délivrer ou renouveler un récépissé ou une attestation de prolongation de l’instruction pour une durée supérieure au délai prévu à l’article R. 432-2 ou postérieurement à l’expiration de ce délai ne fait pas obstacle à la naissance ou au maintien de la décision implicite de refus née du silence gardé par l’administration au terme de ce délai.
En ce qui concerne l’urgence :
6. L’urgence justifie que soit prononcée la suspension d’un acte administratif lorsque l’exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d’une demande de suspension d’une décision refusant la délivrance d’un titre de séjour, d’apprécier et de motiver l’urgence compte tenu de l’incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l’intéressé. Cette condition d’urgence est, en principe, constatée dans le cas d’un refus de renouvellement du titre de séjour. La circonstance que le requérant a obtenu plusieurs récépissés à la suite d’une demande de titre de séjour, ne prive pas d’objet la demande de suspension du refus de renouveler son titre de séjour.
7. Aux termes de l’article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « La demande d'un titre de séjour figurant sur une liste fixée par arrêté du ministre chargé de l'immigration s'effectue au moyen d'un téléservice à compter de la date fixée par le même arrêté. Les catégories de titres de séjour désignées par arrêté figurent en annexe 9 du présent code. (…) ». Enfin, l’article R. 431-5 de ce code dispose que : « Si l'étranger séjourne déjà en France, sa demande est présentée dans les délais suivants : 1° L'étranger qui dispose d'un document de séjour mentionné aux 2° à 8° de l'article L. 411-1 présente sa demande de titre de séjour entre le cent-vingtième jour et le soixantième jour qui précède l'expiration de ce document de séjour lorsque sa demande porte sur un titre de séjour figurant dans la liste mentionnée à l'article R. 431-2. (...) ».
8. Il résulte de l’instruction que Mme B... a sollicité une première fois le renouvellement de son certificat de résidence sur l’ANEF le 23 juin 2025, ainsi que l’atteste la confirmation de dépôt. Le 18 juillet 2025, elle a été informée, à tort, de la clôture de son dossier au motif que son titre de séjour était en cours de fabrication. La préfecture l’a alors invitée à déposer de nouveau sa demande de renouvellement sur l’ANEF, ce que Mme B... a fait le 29 septembre 2025. Dans ces conditions particulières, et alors que la requérante a initialement déposé sa demande de renouvellement dans les délais requis à l’article R. 431-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, elle peut se prévaloir de la présomption d’urgence, laquelle n’est pas contestée par le préfet des Bouches-du-Rhône, qui n’a produit aucune observation à l’instance. Ainsi, la condition d’urgence doit être regardée comme satisfaite.
En ce qui concerne le doute sérieux quant à la légalité de la décision implicite litigieuse :
9. En l’état de l’instruction, le moyen tiré du défaut de motivation soulevé par Mme B... est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige.
10. Il résulte de ce qui précède, et dès lors que les deux conditions prévues à l’article L. 521-1 du code de justice administrative sont remplies, que l’exécution de la décision implicite du 29 janvier 2026 par laquelle le préfet des Bouches-du-Rhône a refusé de renouveler le certificat de résidence algérien de Mme B... doit être suspendue.
Sur les conclusions à fin d’injonction sous astreinte :
11. La présente décision implique, en application de l’article L. 911-2 du code de justice administrative, que le préfet des Bouches-du-Rhône procède au réexamen de la situation de Mme B... dans le délai d’un mois à compter de la notification de la présente ordonnance, et qu’il lui délivre, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour lui permettant de travailler, dans le délai de cinq jours à compter de la notification de la présente ordonnance. Il n’y a pas lieu d’assortir ces injonctions d’une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
12. Mme B... a obtenu, à titre provisoire, le bénéfice de l’aide juridictionnelle. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce et sous réserve que Mme B... soit admise définitivement à l’aide juridictionnelle et que Me Zanat, avocate de cette dernière, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’Etat, de mettre à la charge de l’Etat le versement de 1 000 euros à Me Zanat.
O R D O N N E :
Article 1 : Mme B... est admise à titre provisoire au bénéfice de l’aide juridictionnelle.
Article 2 : L’exécution de la décision implicite du 29 janvier 2026 par laquelle le préfet des Bouches-du-Rhône a rejeté la demande de Mme B... de délivrance tendant au renouvellement de son titre de séjour est suspendue.
Article 3 : Il est enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de réexaminer la demande de Mme B... dans un délai d’un mois à compter de la notification de la présente ordonnance et de lui délivrer, dans un délai de cinq jours à compter de la notification de la présente ordonnance, une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler, valable jusqu’à l’adoption d’une nouvelle décision ou jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur la légalité de la décision implicite portant refus de renouvellement de titre de séjour.
Article 4 : L’Etat versera à Me Zanat une somme de 1 000 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Mme B... obtienne le bénéfice de l’aide juridictionnelle et que Me Zanat renonce à percevoir la part contributive de l’Etat.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B... est rejeté.
Article 6 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B..., à Me Zanat et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée au préfet des Bouches-du-Rhône.
Fait à Marseille, le 1er octobre 2026.
La juge des référés,
signé
H. PILIDJIAN
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier
Par une requête, enregistrée le 17 septembre 2026, Mme A... B..., représentée par Me Zanat, demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521‑1 du code de justice administrative :
1°) de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) de suspendre l’exécution de la décision implicite du 29 janvier 2026 par laquelle le préfet des Bouches‑du‑Rhône a rejeté sa demande de renouvellement de son certificat de résidence algérien portant la mention « vie privée et familiale » ;
3°) d’enjoindre au préfet des Bouches‑du‑Rhône de lui délivrer un certificat de résidence portant la mention « vie privée et familiale » à titre provisoire dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ou, à défaut, de lui délivrer sous les mêmes conditions une attestation de prolongation d’instruction ;
4°) à défaut, d’enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de procéder au réexamen de sa demande dans un délai de sept jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
5°) de mettre à la charge de l’État le versement de la somme de 1 500 euros sur le fondement de l’article 10 de la loi du 10 juillet 1991 et de l’article L. 761‑1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
Sur la condition d’urgence :
‑ la condition d’urgence est présumée s’agissant d’un refus de renouvellement de titre de séjour ;
- l’urgence est en tout état de cause établie dès lors que l’absence de renouvellement de son certificat de résidence risque d’entraîner la suspension de ses droits ;
Sur le doute sérieux sur la légalité de la décision contestée :
- la décision n’est pas motivée ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation au regard des 6-7° et 7 bis h) de l’accord franco-algérien ;
- elle méconnaît l’article 6-5° de l’accord franco-algérien et l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
La requête a été communiquée au préfet des Bouches-du-Rhône qui n’a pas présenté de mémoire en défense.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête au fond n° 2616516 enregistrée le 17 septembre 2026.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l’accord franco-algérien modifié du 27 décembre 1968 ;
- la loi du 10 juillet 1991 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du Tribunal a désigné Mme Pilidjian, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l’audience publique du 29 septembre 2026 à 14h00.
Mme Pilidjian a lu son rapport au cours de l’audience publique et a prononcé la clôture de l’instruction.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B..., ressortissante algérienne née le 11 novembre 1969 à Khenchela (Algérie), a sollicité, le 29 septembre 2025 auprès de la préfecture des Bouches-du-Rhône, le renouvellement de son certificat de résidence algérien portant la mention « vie privée et familiale » valable du 14 septembre 2024 au 13 septembre 2025. En l’absence de réponse de l’administration durant plus de quatre mois à compter de l’enregistrement de cette demande, une décision implicite est née. Mme B... demande la suspension de l’exécution de cette décision implicite.
Sur la demande d’admission provisoire à l’aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : « Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ».
3. Eu égard à l’urgence qu’il y a à statuer sur la situation de Mme B..., il y a lieu de prononcer son admission à l’aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :
4. D’une part, aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (...) ».
5. D’autre part, aux termes de l’article R. 432-1 de ce code : « Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ». Aux termes de l’article R. 432-2 du même code : « La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. (…) ». La circonstance qu'un étranger se soit vu délivrer ou renouveler un récépissé ou une attestation de prolongation de l’instruction pour une durée supérieure au délai prévu à l’article R. 432-2 ou postérieurement à l’expiration de ce délai ne fait pas obstacle à la naissance ou au maintien de la décision implicite de refus née du silence gardé par l’administration au terme de ce délai.
En ce qui concerne l’urgence :
6. L’urgence justifie que soit prononcée la suspension d’un acte administratif lorsque l’exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d’une demande de suspension d’une décision refusant la délivrance d’un titre de séjour, d’apprécier et de motiver l’urgence compte tenu de l’incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l’intéressé. Cette condition d’urgence est, en principe, constatée dans le cas d’un refus de renouvellement du titre de séjour. La circonstance que le requérant a obtenu plusieurs récépissés à la suite d’une demande de titre de séjour, ne prive pas d’objet la demande de suspension du refus de renouveler son titre de séjour.
7. Aux termes de l’article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « La demande d'un titre de séjour figurant sur une liste fixée par arrêté du ministre chargé de l'immigration s'effectue au moyen d'un téléservice à compter de la date fixée par le même arrêté. Les catégories de titres de séjour désignées par arrêté figurent en annexe 9 du présent code. (…) ». Enfin, l’article R. 431-5 de ce code dispose que : « Si l'étranger séjourne déjà en France, sa demande est présentée dans les délais suivants : 1° L'étranger qui dispose d'un document de séjour mentionné aux 2° à 8° de l'article L. 411-1 présente sa demande de titre de séjour entre le cent-vingtième jour et le soixantième jour qui précède l'expiration de ce document de séjour lorsque sa demande porte sur un titre de séjour figurant dans la liste mentionnée à l'article R. 431-2. (...) ».
8. Il résulte de l’instruction que Mme B... a sollicité une première fois le renouvellement de son certificat de résidence sur l’ANEF le 23 juin 2025, ainsi que l’atteste la confirmation de dépôt. Le 18 juillet 2025, elle a été informée, à tort, de la clôture de son dossier au motif que son titre de séjour était en cours de fabrication. La préfecture l’a alors invitée à déposer de nouveau sa demande de renouvellement sur l’ANEF, ce que Mme B... a fait le 29 septembre 2025. Dans ces conditions particulières, et alors que la requérante a initialement déposé sa demande de renouvellement dans les délais requis à l’article R. 431-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, elle peut se prévaloir de la présomption d’urgence, laquelle n’est pas contestée par le préfet des Bouches-du-Rhône, qui n’a produit aucune observation à l’instance. Ainsi, la condition d’urgence doit être regardée comme satisfaite.
En ce qui concerne le doute sérieux quant à la légalité de la décision implicite litigieuse :
9. En l’état de l’instruction, le moyen tiré du défaut de motivation soulevé par Mme B... est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige.
10. Il résulte de ce qui précède, et dès lors que les deux conditions prévues à l’article L. 521-1 du code de justice administrative sont remplies, que l’exécution de la décision implicite du 29 janvier 2026 par laquelle le préfet des Bouches-du-Rhône a refusé de renouveler le certificat de résidence algérien de Mme B... doit être suspendue.
Sur les conclusions à fin d’injonction sous astreinte :
11. La présente décision implique, en application de l’article L. 911-2 du code de justice administrative, que le préfet des Bouches-du-Rhône procède au réexamen de la situation de Mme B... dans le délai d’un mois à compter de la notification de la présente ordonnance, et qu’il lui délivre, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour lui permettant de travailler, dans le délai de cinq jours à compter de la notification de la présente ordonnance. Il n’y a pas lieu d’assortir ces injonctions d’une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
12. Mme B... a obtenu, à titre provisoire, le bénéfice de l’aide juridictionnelle. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce et sous réserve que Mme B... soit admise définitivement à l’aide juridictionnelle et que Me Zanat, avocate de cette dernière, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’Etat, de mettre à la charge de l’Etat le versement de 1 000 euros à Me Zanat.
O R D O N N E :
Article 1 : Mme B... est admise à titre provisoire au bénéfice de l’aide juridictionnelle.
Article 2 : L’exécution de la décision implicite du 29 janvier 2026 par laquelle le préfet des Bouches-du-Rhône a rejeté la demande de Mme B... de délivrance tendant au renouvellement de son titre de séjour est suspendue.
Article 3 : Il est enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de réexaminer la demande de Mme B... dans un délai d’un mois à compter de la notification de la présente ordonnance et de lui délivrer, dans un délai de cinq jours à compter de la notification de la présente ordonnance, une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler, valable jusqu’à l’adoption d’une nouvelle décision ou jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur la légalité de la décision implicite portant refus de renouvellement de titre de séjour.
Article 4 : L’Etat versera à Me Zanat une somme de 1 000 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Mme B... obtienne le bénéfice de l’aide juridictionnelle et que Me Zanat renonce à percevoir la part contributive de l’Etat.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B... est rejeté.
Article 6 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B..., à Me Zanat et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée au préfet des Bouches-du-Rhône.
Fait à Marseille, le 1er octobre 2026.
La juge des référés,
signé
H. PILIDJIAN
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
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