Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2616712
jeudi 1 octobre 2026
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2616712 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | BALLU |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 septembre 2026, M. C... A... B..., représenté par Me Ballu, demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521‑1 du code de justice administrative :
1°) de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) de suspendre l’exécution de la décision implicite du 4 juillet 2025 par laquelle le préfet des Bouches‑du‑Rhône a rejeté sa demande de renouvellement de son certificat de résidence algérien ;
3°) d’enjoindre au préfet des Bouches‑du‑Rhône de lui délivrer à titre provisoire un certificat de résidence algérien valable dix ans dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 250 euros par jour de retard, et de lui délivrer dans cette attente et dans un délai de vingt-quatre heures une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler, sous astreinte de 250 euros par jour de retard ;
4°) à défaut, d’enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de réexaminer sa situation dans un délai de cinq jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 250 euros par jour de retard, et de lui délivrer dans cette attente et dans un délai de vingt-quatre heures une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler, sous astreinte de 250 euros par jour de retard ;
5°) de mettre à la charge de l’État le versement de la somme de 1 500 euros sur le fondement de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l’article L. 761‑1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur la condition d’urgence :
- l’urgence est présumée s’agissant d’un refus de renouvellement ;
- en tout état de cause, l’urgence est établie dès lors que son contrat de travail a été suspendu ;
Sur le doute sérieux sur la légalité de la décision contestée :
- l’auteur de la décision n’est pas compétent ;
- la décision attaquée n’est pas motivée ;
- elle méconnaît l’article 7bis de l’accord franco-algérien ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation ;
- elle méconnaît l’article 6-5° de l’accord franco algérien et l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
La requête a été communiquée au préfet des Bouches-du-Rhône qui n’a pas présenté de mémoire en défense.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête au fond n° 2616705 enregistrée le 18 septembre 2026.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l’accord franco-algérien modifié du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du Tribunal a désigné Mme Pilidjian, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l’audience publique du 29 septembre 2026 à 14h00.
Ont été entendus au cours de l’audience publique en présence de Mme Ibram, greffière d’audience :
- le rapport de Mme Pilidjian,
- et les observations de Me Leonhardt, qui substitue Me Ballu pour M. A... B....
Considérant ce qui suit :
1. M. A... B..., ressortissant algérien né le 4 novembre 1972 à Ferdjioua Mila (Algérie), a sollicité, le 4 mars 2025 auprès de la préfecture des Bouches-du-Rhône, le renouvellement de son certificat de résidence algérien valable du 7 avril 2015 au 6 avril 2025. En l’absence de réponse de l’administration durant plus de quatre mois à compter de l’enregistrement de cette demande, une décision implicite est née. M. A... B... demande la suspension de l’exécution de cette décision implicite.
Sur la demande d’admission provisoire à l’aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : « Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ».
3. Eu égard à l’urgence qu’il y a à statuer sur la situation de M. A... B..., il y a lieu de prononcer son admission à l’aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :
4. D’une part, aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (...) ».
5. D’autre part, aux termes de l’article R. 432-1 de ce code : « Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ». Aux termes de l’article R. 432-2 du même code : « La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. (…) ». La circonstance qu'un étranger se soit vu délivrer ou renouveler un récépissé ou une attestation de prolongation de l’instruction pour une durée supérieure au délai prévu à l’article R. 432-2 ou postérieurement à l’expiration de ce délai ne fait pas obstacle à la naissance ou au maintien de la décision implicite de refus née du silence gardé par l’administration au terme de ce délai.
En ce qui concerne l’urgence :
6. L’urgence justifie que soit prononcée la suspension d’un acte administratif lorsque l’exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d’une demande de suspension d’une décision refusant la délivrance d’un titre de séjour, d’apprécier et de motiver l’urgence compte tenu de l’incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l’intéressé. Cette condition d’urgence est, en principe, constatée dans le cas d’un refus de renouvellement du titre de séjour. La circonstance que le requérant a obtenu plusieurs récépissés à la suite d’une demande de titre de séjour, ne prive pas d’objet la demande de suspension du refus de renouveler son titre de séjour.
7. Aux termes de l’article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « La demande d'un titre de séjour figurant sur une liste fixée par arrêté du ministre chargé de l'immigration s'effectue au moyen d'un téléservice à compter de la date fixée par le même arrêté. Les catégories de titres de séjour désignées par arrêté figurent en annexe 9 du présent code. (…) ». Selon les termes du 4° de l’article 1er de l’arrêté du 1er juillet 2024 pris pour l’application de cet article, les demandes de certificat de résidence valable dix ans prévu aux articles 7 bis et 7 ter de l'accord franco-algérien doivent être présentées par téléservice depuis le 4 juillet 2024. Enfin, l’article R. 431-5 de ce code dispose que : « Si l'étranger séjourne déjà en France, sa demande est présentée dans les délais suivants : 1° L'étranger qui dispose d'un document de séjour mentionné aux 2° à 8° de l'article L. 411-1 présente sa demande de titre de séjour entre le cent-vingtième jour et le soixantième jour qui précède l'expiration de ce document de séjour lorsque sa demande porte sur un titre de séjour figurant dans la liste mentionnée à l'article R. 431-2. (...) ».
8. M. A... B... a sollicité le renouvellement de son certificat de résidence délivré sur le fondement de l’article 7 bis de l’accord franco-algérien le 4 mars 2025, alors que son certificat de résidence algérien expirait le 6 avril 2025, soit au-delà de la période comprise entre le cent-vingtième jour et le soixantième jour qui précédait l'expiration de ce document de séjour. Sa demande doit dès lors s’analyser comme une première demande de titre de séjour. Ainsi, M. A... B... ne peut bénéficier d’une présomption d’urgence s’attachant à sa situation et il lui appartient de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour elle de bénéficier à bref délai d’une mesure provisoire dans l’attente d’une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.
9. Pour justifier l’existence d’une situation d’urgence, M. A... B... justifie être dans l’impossibilité de poursuivre ses missions d’intérim depuis le 3 août 2026, ainsi que la cessation de son inscription sur la liste des demandeurs d’emploi alors qu’il est parent de deux enfants mineurs. Il doit être regardé, dans ces conditions, comme établissant l’existence d’une situation d’urgence.
En ce qui concerne le doute sérieux quant à la légalité de la décision implicite litigieuse :
10. En l’état de l’instruction, le moyen tiré de la méconnaissance de l’article 7 bis de l’accord franco-algérien est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige.
11. Il résulte de ce qui précède, et dès lors que les deux conditions prévues à l’article L. 521-1 du code de justice administrative sont remplies, que l’exécution de la décision implicite du 4 juillet 2025 par laquelle le préfet des Bouches-du-Rhône a refusé de renouveler le certificat de résidence algérien de M. A... B... doit être suspendue.
Sur les conclusions à fin d’injonction sous astreinte :
12. La présente décision implique, en application de l’article L. 911-1 du code de justice administrative, que le préfet des Bouches-du-Rhône délivre à M. A... B... à titre provisoire dans l’attente du jugement au fond, un certificat de résidence algérien valable dix ans dans un délai d’un mois à compter de la notification de la présente ordonnance, et lui délivre dans l’attente et sous cinq jours une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler.
Sur les frais liés au litige :
13. M. A... B... a obtenu, à titre provisoire, le bénéfice de l’aide juridictionnelle. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce et sous réserve que M. A... B... soit admis définitivement à l’aide juridictionnelle et que Me Ballu, avocate de ce dernier, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’Etat, de mettre à la charge de l’Etat le versement de 1 000 euros à Me Ballu.
O R D O N N E :
Article 1 : M. A... B... est admis à titre provisoire au bénéfice de l’aide juridictionnelle.
Article 2 : L’exécution de la décision implicite du 4 juillet 2025 par laquelle le préfet des Bouches-du-Rhône a rejeté la demande de M. A... B... tendant au renouvellement de son certificat de résidence algérien est suspendue.
Article 3 : Il est enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de délivrer à M. A... B..., à titre provisoire, dans l’attente du jugement au fond, un certificat de résidence algérien valable dix ans dans un délai d’un mois à compter de la notification de la présente ordonnance, et de lui délivrer dans cette attente et sous cinq jours une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler.
Article 4 : L’Etat versera à Me Ballu une somme de 1 000 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que M. A... B... obtienne le bénéfice de l’aide juridictionnelle et que Me Ballu renonce à percevoir la part contributive de l’Etat.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A... B... est rejeté.
Article 6 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C... A... B..., à Me Ballu et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée au préfet des Bouches-du-Rhône.
Fait à Marseille, le 1er octobre 2026.
La juge des référés,
signé
H. PILIDJIAN
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier
Par une requête, enregistrée le 18 septembre 2026, M. C... A... B..., représenté par Me Ballu, demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521‑1 du code de justice administrative :
1°) de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) de suspendre l’exécution de la décision implicite du 4 juillet 2025 par laquelle le préfet des Bouches‑du‑Rhône a rejeté sa demande de renouvellement de son certificat de résidence algérien ;
3°) d’enjoindre au préfet des Bouches‑du‑Rhône de lui délivrer à titre provisoire un certificat de résidence algérien valable dix ans dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 250 euros par jour de retard, et de lui délivrer dans cette attente et dans un délai de vingt-quatre heures une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler, sous astreinte de 250 euros par jour de retard ;
4°) à défaut, d’enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de réexaminer sa situation dans un délai de cinq jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 250 euros par jour de retard, et de lui délivrer dans cette attente et dans un délai de vingt-quatre heures une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler, sous astreinte de 250 euros par jour de retard ;
5°) de mettre à la charge de l’État le versement de la somme de 1 500 euros sur le fondement de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l’article L. 761‑1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur la condition d’urgence :
- l’urgence est présumée s’agissant d’un refus de renouvellement ;
- en tout état de cause, l’urgence est établie dès lors que son contrat de travail a été suspendu ;
Sur le doute sérieux sur la légalité de la décision contestée :
- l’auteur de la décision n’est pas compétent ;
- la décision attaquée n’est pas motivée ;
- elle méconnaît l’article 7bis de l’accord franco-algérien ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation ;
- elle méconnaît l’article 6-5° de l’accord franco algérien et l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
La requête a été communiquée au préfet des Bouches-du-Rhône qui n’a pas présenté de mémoire en défense.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête au fond n° 2616705 enregistrée le 18 septembre 2026.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l’accord franco-algérien modifié du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du Tribunal a désigné Mme Pilidjian, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l’audience publique du 29 septembre 2026 à 14h00.
Ont été entendus au cours de l’audience publique en présence de Mme Ibram, greffière d’audience :
- le rapport de Mme Pilidjian,
- et les observations de Me Leonhardt, qui substitue Me Ballu pour M. A... B....
Considérant ce qui suit :
1. M. A... B..., ressortissant algérien né le 4 novembre 1972 à Ferdjioua Mila (Algérie), a sollicité, le 4 mars 2025 auprès de la préfecture des Bouches-du-Rhône, le renouvellement de son certificat de résidence algérien valable du 7 avril 2015 au 6 avril 2025. En l’absence de réponse de l’administration durant plus de quatre mois à compter de l’enregistrement de cette demande, une décision implicite est née. M. A... B... demande la suspension de l’exécution de cette décision implicite.
Sur la demande d’admission provisoire à l’aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : « Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ».
3. Eu égard à l’urgence qu’il y a à statuer sur la situation de M. A... B..., il y a lieu de prononcer son admission à l’aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :
4. D’une part, aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (...) ».
5. D’autre part, aux termes de l’article R. 432-1 de ce code : « Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ». Aux termes de l’article R. 432-2 du même code : « La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. (…) ». La circonstance qu'un étranger se soit vu délivrer ou renouveler un récépissé ou une attestation de prolongation de l’instruction pour une durée supérieure au délai prévu à l’article R. 432-2 ou postérieurement à l’expiration de ce délai ne fait pas obstacle à la naissance ou au maintien de la décision implicite de refus née du silence gardé par l’administration au terme de ce délai.
En ce qui concerne l’urgence :
6. L’urgence justifie que soit prononcée la suspension d’un acte administratif lorsque l’exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d’une demande de suspension d’une décision refusant la délivrance d’un titre de séjour, d’apprécier et de motiver l’urgence compte tenu de l’incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l’intéressé. Cette condition d’urgence est, en principe, constatée dans le cas d’un refus de renouvellement du titre de séjour. La circonstance que le requérant a obtenu plusieurs récépissés à la suite d’une demande de titre de séjour, ne prive pas d’objet la demande de suspension du refus de renouveler son titre de séjour.
7. Aux termes de l’article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « La demande d'un titre de séjour figurant sur une liste fixée par arrêté du ministre chargé de l'immigration s'effectue au moyen d'un téléservice à compter de la date fixée par le même arrêté. Les catégories de titres de séjour désignées par arrêté figurent en annexe 9 du présent code. (…) ». Selon les termes du 4° de l’article 1er de l’arrêté du 1er juillet 2024 pris pour l’application de cet article, les demandes de certificat de résidence valable dix ans prévu aux articles 7 bis et 7 ter de l'accord franco-algérien doivent être présentées par téléservice depuis le 4 juillet 2024. Enfin, l’article R. 431-5 de ce code dispose que : « Si l'étranger séjourne déjà en France, sa demande est présentée dans les délais suivants : 1° L'étranger qui dispose d'un document de séjour mentionné aux 2° à 8° de l'article L. 411-1 présente sa demande de titre de séjour entre le cent-vingtième jour et le soixantième jour qui précède l'expiration de ce document de séjour lorsque sa demande porte sur un titre de séjour figurant dans la liste mentionnée à l'article R. 431-2. (...) ».
8. M. A... B... a sollicité le renouvellement de son certificat de résidence délivré sur le fondement de l’article 7 bis de l’accord franco-algérien le 4 mars 2025, alors que son certificat de résidence algérien expirait le 6 avril 2025, soit au-delà de la période comprise entre le cent-vingtième jour et le soixantième jour qui précédait l'expiration de ce document de séjour. Sa demande doit dès lors s’analyser comme une première demande de titre de séjour. Ainsi, M. A... B... ne peut bénéficier d’une présomption d’urgence s’attachant à sa situation et il lui appartient de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour elle de bénéficier à bref délai d’une mesure provisoire dans l’attente d’une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.
9. Pour justifier l’existence d’une situation d’urgence, M. A... B... justifie être dans l’impossibilité de poursuivre ses missions d’intérim depuis le 3 août 2026, ainsi que la cessation de son inscription sur la liste des demandeurs d’emploi alors qu’il est parent de deux enfants mineurs. Il doit être regardé, dans ces conditions, comme établissant l’existence d’une situation d’urgence.
En ce qui concerne le doute sérieux quant à la légalité de la décision implicite litigieuse :
10. En l’état de l’instruction, le moyen tiré de la méconnaissance de l’article 7 bis de l’accord franco-algérien est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige.
11. Il résulte de ce qui précède, et dès lors que les deux conditions prévues à l’article L. 521-1 du code de justice administrative sont remplies, que l’exécution de la décision implicite du 4 juillet 2025 par laquelle le préfet des Bouches-du-Rhône a refusé de renouveler le certificat de résidence algérien de M. A... B... doit être suspendue.
Sur les conclusions à fin d’injonction sous astreinte :
12. La présente décision implique, en application de l’article L. 911-1 du code de justice administrative, que le préfet des Bouches-du-Rhône délivre à M. A... B... à titre provisoire dans l’attente du jugement au fond, un certificat de résidence algérien valable dix ans dans un délai d’un mois à compter de la notification de la présente ordonnance, et lui délivre dans l’attente et sous cinq jours une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler.
Sur les frais liés au litige :
13. M. A... B... a obtenu, à titre provisoire, le bénéfice de l’aide juridictionnelle. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce et sous réserve que M. A... B... soit admis définitivement à l’aide juridictionnelle et que Me Ballu, avocate de ce dernier, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’Etat, de mettre à la charge de l’Etat le versement de 1 000 euros à Me Ballu.
O R D O N N E :
Article 1 : M. A... B... est admis à titre provisoire au bénéfice de l’aide juridictionnelle.
Article 2 : L’exécution de la décision implicite du 4 juillet 2025 par laquelle le préfet des Bouches-du-Rhône a rejeté la demande de M. A... B... tendant au renouvellement de son certificat de résidence algérien est suspendue.
Article 3 : Il est enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de délivrer à M. A... B..., à titre provisoire, dans l’attente du jugement au fond, un certificat de résidence algérien valable dix ans dans un délai d’un mois à compter de la notification de la présente ordonnance, et de lui délivrer dans cette attente et sous cinq jours une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler.
Article 4 : L’Etat versera à Me Ballu une somme de 1 000 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que M. A... B... obtienne le bénéfice de l’aide juridictionnelle et que Me Ballu renonce à percevoir la part contributive de l’Etat.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A... B... est rejeté.
Article 6 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C... A... B..., à Me Ballu et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée au préfet des Bouches-du-Rhône.
Fait à Marseille, le 1er octobre 2026.
La juge des référés,
signé
H. PILIDJIAN
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier
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