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Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2617302

jeudi 1 octobre 2026

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2617302
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantKHITER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 26 septembre 2026, M. B... A..., représenté par Me Khiter, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l’exécution de la décision du 27 janvier 2026 par laquelle la commission de discipline du conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) a prononcé à son encontre la sanction d’interdiction d’exercer toute activité privée de sécurité pour une durée de douze mois ainsi qu’une pénalité financière d’un montant de 15 000 euros ;

2°) de mettre à la charge du CNAPS la somme de 2 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

• l’urgence à suspendre l’exécution de la décision est établie eu égard aux conséquences irrémédiables qu’elle emporte sur sa situation financière, l’interdiction d’exercice prononcée à son encontre l’empêchant d’honorer ses engagements contractuels ; en effet, cette décision place son foyer dans une situation de précarité financière et le met en difficulté pour faire face à ses dépenses courantes, alors qu’il assume la charge de trois enfants ;

• la décision est entachée d’un doute sérieux quant à sa légalité dès lors que :
* elle a été prise en méconnaissance de l’article L. 634-5 du code de la sécurité intérieure, les agents du CNAPS chargés d’effectuer les contrôles n’ayant été ni commissionnés, ni assermentés ;
* elle a été prise en méconnaissance de l’article L. 634-1 de ce même code, le procureur de la République territorialement compétent ayant été tardivement informé des contrôles effectués par les agents du CNAPS ;
* elle méconnaît les dispositions de l’article L. 634-3 du code précité, le compte-rendu de visite n’ayant pas été remis au dirigeant de la société ;
* la société et son dirigeant n’ont pas été informés de ce qu’ils disposaient du droit de se taire, en méconnaissance de l’article 9 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen ;
* le grief tiré de la tardiveté des déclarations préalables à l’embauche de quatre agents est infondé, aucune intention frauduleuse n’étant caractérisée et la situation étant régularisée ;
* le grief tiré du recours à des entreprises sous-traitantes à l’origine de travail dissimulé est infondé, dès lors qu’il ne lui appartenait pas de vérifier le respect par ses sous-traitants de leurs obligations sociales à l’issue des prestations réalisées ;
* le manquement allégué à son devoir de vigilance n’est pas fondé dans la mesure où la dissimulation d’emploi salarié commise par ses sous-traitants n’est pas caractérisée et que le CNAPS ne lui ayant pas transmis, dans le cadre de la procédure contradictoire, les éléments relatifs à l’infraction reprochée, la société n’a pu utilement la contester ;
* le recrutement d’un agent privé de sécurité en dépit de l’interdiction temporaire d’exercice prononcée à son encontre résulte d’une erreur isolée ;
* le grief tiré de l’exercice par l’un des salariés de la société, d’une activité de surveillance et de gardiennage sur la voie publique sans l’obtention de l’autorisation préfectorale prévue à l’article L. 613-1 du code précité n’est pas suffisamment établi ;
* les sanctions adoptées ne sont pas proportionnées aux faits et à sa situation.



Vu :
• la requête enregistrée sous le n° 2617298 ;
• les autres pièces du dossier.

Vu :
• le code de la sécurité intérieure ;
• le code du travail ;
• le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Felmy, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision ou de certains de ses effets lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (…) ». Aux termes du premier alinéa de son article R. 522-1 : « La requête visant au prononcé de mesures d’urgence doit (…) justifier de l’urgence de l’affaire. » Aux termes de l’article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence (…), le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu’il y ait lieu d’appliquer les deux premiers alinéas de l’article L. 522-1. »

2. L’urgence justifie que soit prononcée la suspension d’un acte administratif lorsque l’exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d’un acte administratif, d’apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l’acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l’exécution de la décision soit suspendue. L’urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l’ensemble des circonstances de l’affaire et des justifications apportées par le requérant, à la date à laquelle le juge des référés se prononce.

3. Pour établir la situation d’urgence dans laquelle il se trouve, le requérant soutient que la décision contestée emporte des conséquences irrémédiables sur sa situation financière notamment en ce que l’interdiction d’exercice prononcée à son encontre l’empêche d’honorer ses engagements contractuels et que, de ce fait, elle place son foyer dans une situation de précarité financière, le mettant en difficulté pour faire face à ses dépenses courantes. Toutefois, les éléments produits par l’intéressé, notamment les avis d’imposition au titre des années 2024 pour son épouse et 2025 pour lui-même, ne permettent pas d’apprécier la situation financière actuelle du requérant ni les ressources dont disposent les différents membres du foyer, lequel comprend deux enfants majeurs, en regard d’un montant de charges mensuelles allégué de plus de 1 000 euros, étant par ailleurs entendu que les écritures de la requête font état d’un revenu mensuel de 9 000 euros pour Mme A.... Ainsi, le requérant ne démontre pas la situation de précarité financière alléguée. Dans ces conditions, M. A... n’établit pas que l’exécution de la décision en litige porte une atteinte suffisamment grave et immédiate à sa situation. Par suite, la condition d’urgence posée à l’article L. 521-1 du code de justice administrative n’est pas remplie.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A... doit être rejetée selon la procédure prévue par l’article L. 522-3 du code de justice administrative en toutes ses conclusions incluant celles relatives à ses frais d’instance.













O R D O N N E :




Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....

Copie en sera adressée au conseil national des activités privées de sécurité.


Fait à Marseille, le 1er octobre 2026.


La juge des référés,


Signé


E. Felmy


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière.