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Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2617349

jeudi 1 octobre 2026

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2617349
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 28 septembre 2026, M. B... C... demande au juge des référés :
1°) d’ordonner au préfet des Bouches-du-Rhône de mettre à sa disposition, dans un délai de 48 heures à compter de la notification de l’ordonnance, une attestation de prolongation de l’instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour déposée le 2 mars 2026, à défaut, d’ordonner au préfet des Bouches-du-Rhône de le convoquer sans délai afin de lui délivrer un récépissé de renouvellement de son titre de séjour permettant de justifier de la régularité de son séjour et de l’exercice de son activité professionnelle, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de l’expiration du délai fixé par l’ordonnance ;

2°) d’ordonner que l’attestation ou le récépissé délivré lui permette de justifier de la régularité de son séjour et, conformément aux dispositions applicables, de poursuivre son activité professionnelle ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat le versement d’une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient :

Sur l’urgence :

- qu’il a déposé une demande de renouvellement de son titre de séjour via ANEF auprès de la préfecture de Bouches-du-Rhône le 2 mars 2026, il a fait une relance le 7 août 2026 et le 8 septembre 2026 : son titre a expiré le 22 août 2026 ; qu’à défaut de production d’un justificatif administratif, son employeur lui a indiqué que son contrat serait susceptible d’être suspendu à compter du 29 septembre 2026, alors qu’il est seul à travailler ;

Sur l’atteinte grave aux libertés fondamentales :

- l’atteinte grave et manifestement illégale résulte du défaut de délivrance par la préfecture d’un document provisoire lui permettant de justifier de son droit au séjour et au travail pendant l’instruction de sa demande, alors que son épouse et sa fille sont françaises.

La procédure a été communiquée au préfet des Bouches-du-Rhône qui n’a pas produit d’observations.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Fedi, vice-président, pour statuer sur les demandes de référés.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Au cours de l’audience publique du 1er octobre 2026 à 9 heures 30, tenue en présence de M. Létard, greffier d’audience, M.Fedi a lu son rapport et a entendu les observations de M. C... qui a conclu aux mêmes fins que sa requête par les mêmes moyens et a fait valoir qu’il n’était pas en possession du récépissé.

Le préfet des Bouches-du-Rhône n’était ni présent ni représenté.

La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B... C..., ressortissant marocain, né le 27 août 1994, a demandé le renouvellement de son titre séjour le 2 mars 2026. Il demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, qu’il soit enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de lui délivrer une nouvelle attestation de prolongation d’instruction ou tout document provisoire autorisant le séjour et le travail.

2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d’une demande en ce sens justifiée par l’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d’un service public aurait porté, dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ». En vertu de cet article, le juge administratif des référés, saisi d’une demande en ce sens justifiée par une urgence particulière, peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une autorité administrative aurait porté une atteinte grave et manifestement illégale. Ces dispositions législatives confèrent au juge des référés le pouvoir de prendre, dans les délais les plus brefs et au regard de critères d’évidence, les mesures de sauvegarde nécessaires à la protection des libertés fondamentales.

3. Aux termes de l’article R. 431-15-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Le dépôt d'une demande présentée au moyen du téléservice mentionné à l'article R. 431-2 donne lieu à la délivrance immédiate d'une attestation dématérialisée de dépôt en ligne. Ce document ne justifie pas de la régularité du séjour de son titulaire. / Lorsque l'instruction d'une demande complète et déposée dans le respect des délais mentionnés à l'article R. 431-5 se poursuit au-delà de la date de validité du document de séjour détenu, le préfet est tenu de mettre à la disposition du demandeur via le téléservice mentionné au premier alinéa une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande dont la durée de validité ne peut être supérieure à trois mois. Ce document, accompagné du document de séjour expiré, lui permet de justifier de la régularité de son séjour pendant la durée qu'il précise. Lorsque l'instruction se prolonge, en raison de circonstances particulières, au-delà de la date d'expiration de l'attestation, celle-ci est renouvelée aussi longtemps que le préfet n'a pas statué sur la demande (…) ». Aux termes du dernier alinéa de l’article R. 431-15-2 du même code : « (…) L'attestation de prolongation de l'instruction d'une demande de renouvellement d'une carte de séjour permettant l'exercice d'une activité professionnelle autorise son titulaire à exercer une activité sur le territoire de la France métropolitaine dans le cadre de la réglementation en vigueur. ». Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.

5. Il résulte de l’instruction que depuis l’introduction de sa demande de renouvellement de titre de séjour, alors que son titre de séjour a expiré et qu’aucune décision n’a été prise sur sa demande de renouvellement de titre de séjour, aucun document lui permettant de justifier de la régularité de son séjour n’a été mis à la disposition du requérant. L’irrégularité de sa situation due à l’absence de délivrance d’un tel document impliquera la rupture de son contrat de travail dans quelques jours. Dès lors, la condition d’urgence posée par l’article L. 521-2 du code de justice administrative doit être regardée comme remplie dans les circonstances de l’espèce.

6. En s’abstenant de délivrer une attestation de prolongation d’instruction à M. C..., en application des articles R. 431-15-1 et R. 431-15-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, le préfet a porté une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté d’aller et venir et à son droit au travail.

7. Il résulte de ce qui précède qu’il y a lieu d’enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de délivrer à Mme A... une attestation de prolongation d’instruction, dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de la présente ordonnance.


O R D O N N E :


Article 1 : Il est enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de remettre à M. C... une attestation de prolongation d’instruction l’autorisant à travailler dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... C... et au préfet des Bouches-du-Rhône.

Copie en sera adressée au ministre de l’intérieur et des outre-mer.

Fait à Marseille, le 1er octobre 2026.


Le juge des référés,


Signé


G.FEDI


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier