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Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2617399

jeudi 1 octobre 2026

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2617399
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantBALDÉ

Texte intégral

Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 octobre 2026, M. B... A..., représenté par Me Baldé, demande au juge des référés :

1°) à titre principal, d’enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de lui délivrer un titre de séjour, dans un délai d’un mois sous astreinte de 300 euros par jour de retard ;

2°) à titre subsidiaire, d’enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône la délivrance immédiate d’un récépissé de demande de titre de séjour l’autorisant à travailler, pour une durée minimale de
trois mois ou de procéder au réexamen de sa situation administrative dans un délai d’un mois à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 300 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat le versement d’une somme de 1 500 euros à son conseil sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


Il soutient que :


Sur l’urgence :


- cette carence administrative a déjà conduit son employeur à suspendre son contrat de travail à compter du 15 septembre 2026, le privant ainsi de toute rémunération et par courrier du 22 septembre 2026, son employeur l’a informé qu’à défaut de production, avant l’expiration du délai de quatorze jours qui lui a été imparti, d’un document l’autorisant à séjourner et à travailler en France, son contrat de travail serait rompu, ce délai de quatorze jours visés, prend fin le 30 septembre 2026


Sur l’attente grave et manifestement illégale aux libertés fondamentales :


- en s’abstenant de lui délivrer une a attestation de décision favorable ou un titre de séjour, le préfet des Bouches-du-Rhône a méconnu les articles R. 431-12 et R. 431-13 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté d’aller et venir et à la liberté du travail ;
Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :
- le code de justice administrative ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.
Le président du tribunal a désigné M. Fedi, vice-président, pour statuer sur les demandes de référés.

Au cours de l’audience publique du 1er octobre 2026 à 9h30, tenue en présence de M. Létard, greffier d’audience, M. Fedi a lu son rapport et a entendu les observations de Mme C... pour Me Abdoulaye substituant Me Baldé, représentant M. A... qui a conclu aux mêmes fins que sa requête par les mêmes moyens.

Le préfet des Bouches-du-Rhône n’était ni présent ni représenté.

La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B... A..., ressortissant mauritanien, né le 30 décembre 1995, est entré en France, sous couvert d’un visa de long séjour valant titre de séjour et l’autorisant à exercer une activité professionnelle du 15 août 2025 au 14 août 2026. Il demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, qu’il soit enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de lui délivrer le titre de séjour sollicité ou à défaut une attestation de décision favorable l’autorisant à travailler.

Sur les conclusions présentées au titre de l’article L. 521-2 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l’'article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d’une demande en ce sens justifiée par l’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d’un service public aurait porté, dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ». En vertu de cet article, le juge administratif des référés, saisi d’une demande en ce sens justifiée par une urgence particulière, peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une autorité administrative aurait porté une atteinte grave et manifestement illégale. Ces dispositions législatives confèrent au juge des référés le pouvoir de prendre, dans les délais les plus brefs et au regard de critères d’évidence, les mesures de sauvegarde nécessaires à la protection des libertés fondamentales.

3. Aux termes de l’article R. 431-15-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Lorsque le préfet prend une décision favorable sur la demande présentée, une attestation dématérialisée est mise à la disposition du demandeur via le téléservice mentionné au premier alinéa qui lui permet de justifier de la régularité de son séjour, dans l'attente de la remise du titre. ».

4. M. B... A... a sollicité le 18 mai 2026 le renouvellement de son titre de séjour et l’administration lui a délivré une attestation de prolongation d’instruction valable du 15 juin 2026 au 14 septembre 2026. Il n’est pas contesté que le requérant est, à la date de la présente ordonnance, toujours dépourvu d’un document autorisant sa présence sur le territoire français depuis le 15 septembre 2026. Cette absence de délivrance porte une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté du requérant d’aller et de venir et de travailler. L’intéressé, qui est depuis cette date d’expiration du récépissé, en situation irrégulière sur le territoire français, justifie ainsi de la condition d’urgence, d’autant que son contrat de travail a été suspendu par son employeur le 15 septembre 2026 et que par courrier du 22 septembre 2026, son employeur l’a informé qu’à défaut de production, avant l’expiration du délai de quatorze jours d’un document l’autorisant à séjourner et à travailler en France, son contrat de travail serait rompu.

5. Dans ces conditions, il y a lieu d’enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de remettre à M. B... A..., soit la carte de séjour qu’il a sollicité, soit l’attestation dématérialisée justifiant de la décision favorable apportée à sa demande avec autorisation de travailler, prévue à l’article R. 431-15-1 précité, dans un délai de 48 heures à compter de la notification de la présente ordonnance, sans qu’il soit besoin d’assortir cette injonction d’une astreinte.

Sur les frais d’instance :

6. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat le versement à M. A... de la somme de 1 000 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.










O R D O N N E :











Article 1 : Il est enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de délivrer à M. A... soit la carte de séjour sollicitée, soit l’attestation dématérialisée avec autorisation de travailler justifiant de la décision favorable donnée à sa demande, dans un délai de 48 heures à compter de la notification de la présente ordonnance.

Article 2 : L’État versera à M. A... la somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A... et préfet des Bouches-du-Rhône
Copie, pour information, sera adressée au ministre de l’intérieur.

Fait à Marseille, le 1er octobre 2026.
Le juge des référés,

Signé
G. FEDI


La République mande et ordonne au Préfet des Bouches-du-Rhône, en ce qui le concerne et à tous les huissiers à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Le greffier