vendredi 28 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-1801318 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET HERPIN LEFEVRE XUEREF |
Vu les procédures suivantes :
I°/ Par une requête enregistrée sous le n° 1801318 le 4 juin 2018, M. A C, représenté par Me Xueref, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des deux cotisations de taxe foncière mises à sa charge au titre de l'année 2016 pour des montants de 7 955 euros et 1 543 euros ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. C soutient qu'il ne peut être regardé comme le débiteur de la taxe foncière, en application des dispositions du I de l'article 1400 du code général des impôts, dès lors qu'il n'a pas accès aux constructions réalisées sur son terrain par la société Etablissements André Radiguet.
Par un mémoire enregistré le 9 novembre 2018, le directeur départemental des finances publiques du Calvados conclut au rejet de la requête au motif que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
II°/ Par une requête et un mémoire enregistrés sous le n° 2001001 les 8 juin et 4 août 2020, M. A C, représenté par Me Xueref, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations de taxe foncière mises à sa charge au titre de l'année 2016 pour des montants de 7 955 euros et 1 543 euros, de l'année 2017 pour un montant de 13 750 euros et de l'année 2018 pour un montant de 13 790 euros ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. C soutient que :
- il ne peut être regardé comme le débiteur de la taxe foncière en application des dispositions du I de l'article 1400 du code général des impôts dès lors qu'il n'a pas accès aux constructions réalisées sur son terrain par la société Etablissements André Radiguet ;
- à supposer qu'il soit redevable de la taxe foncière, la méthode comptable ne devait pas être appliquée dès lors que la société Etablissements André Radiguet n'exerce pas une activité industrielle et que le maintien des constructions à l'actif de son bilan est le résultat d'une erreur comptable ;
- l'administration fiscale ne pouvait appliquer cumulativement la méthode comptable et la méthode par comparaison.
Par un mémoire enregistré le 10 décembre 2020, le directeur départemental des finances publiques du Calvados conclut au rejet de la requête au motif que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Silvani,
- et les conclusions de M. Blondel, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C est propriétaire de deux bâtiments situés avenue de la Gare et 2 rue Neuve à Condé-en-Normandie. M. C met ces deux bâtiments à la disposition de la société Etablissements André Radiguet, qui y exploite une activité de confection de protections pour piscine à destination d'entreprises qui construisent et installent des piscines. En 2015, la société Etablissements André Radiguet a fait l'objet d'une vérification de comptabilité à la suite de laquelle l'administration a assujetti M. C, en sa qualité de propriétaire des deux bâtiments, à la taxe foncière au titre de l'année 2016 pour des montants de 7 955 euros et 1 543 euros, de l'année 2017 pour un montant de 13 750 euros et de l'année 2018 pour un montant de 13 790 euros.
2. M. C a présenté, le 14 février 2018, deux réclamations portant sur les avis d'imposition n°s 1714650507345 et 1714650507246 établis au titre de l'année 2016. Ces réclamations ont été rejetées par une décision du 5 avril 2018. Par la requête enregistrée sous le n° 1801318, M. C demande la décharge de ces deux cotisations de taxe foncière.
3. Le 19 décembre 2018, M. C a présenté une nouvelle réclamation portant sur les avis d'imposition n°s 1714650507345 et 1714650507246 établis au titre de l'année 2016, ainsi que sur l'avis n° 1714412613885 établi au titre de l'année 2017 et sur l'avis n° 1814412606495 établi au titre de l'année 2018. Cette réclamation a été rejetée par une décision du 8 avril 2020. Par la requête enregistrée sous le n° 2001001, M. C demande la décharge des cotisations de taxe foncière mises à sa charge au titre des années 2016, 2017 et 2018.
4. Les requêtes n°s 1801318 et 2001001 présentées par M. C ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur le débiteur de la taxe professionnelle :
5. Aux termes de l'article 1400 du code général des impôts : " I. - Sous réserve des dispositions des articles 1403 et 1404, toute propriété, bâtie ou non bâtie, doit être imposée au nom du propriétaire actuel ".
6. En l'espèce, il résulte de l'instruction que l'entrepôt situé avenue de la Gare à Condé-sur-Noireau était la propriété personnelle de M. B C, père de l'actuel gérant. M. B C a conclu avec la société, en 1973, un bail commercial d'une durée de dix-huit ans. Ce bail stipulait que les constructions édifiées pendant sa durée seraient la propriété de la société pendant le bail, mais deviendraient ensuite la propriété du bailleur au terme du bail. Le 30 septembre 1991, M. B C est ainsi devenu propriétaire des constructions réalisées sur ce site entre 1973 et 1991. En 2004, M. B C a donné le bien à son fils, M. A C, gérant de la société, qui en est par suite devenu le propriétaire. Celui-ci est également propriétaire du terrain sur lequel est implanté le bâtiment ainsi que du terrain et des constructions situés 2 rue Neuve.
7. M. C soutient qu'il ne peut être tenu au paiement de la taxe foncière au motif qu'il n'avait pas accès aux constructions édifiées sur ses terrains par la société Etablissements André Radiguet. Toutefois, il ressort des développements qui précèdent que M. C est propriétaire des terrains et des deux bâtiments situés avenue de la Gare et 2 rue Neuve. En application des dispositions citées au point 5, cette seule qualité suffit à le rendre débiteur de la taxe foncière due au titre de ces deux propriétés bâties. Le moyen doit, par suite, être écarté.
Sur la qualification d'établissement industriel :
8. L'article 1500 du code général des impôts, dans sa version alors applicable, dispose que : " Les bâtiments et terrains industriels sont évalués : 1° selon les règles fixées à l'article 1499 lorsqu'ils figurent à l'actif du bilan de leur propriétaire ou de leur exploitant, et que celui-ci est soumis aux obligations définies à l'article 53 A ;() 3° selon les règles fixées à l'article 1498 lorsque les conditions prévues au 1° () ne sont pas satisfaites. ". L'article 1499 du même code, alors en vigueur, prévoit que : " La valeur locative des immobilisations industrielles passibles de la taxe foncière sur les propriétés bâties est déterminée en appliquant au prix de revient de leurs différents éléments, revalorisé à l'aide des coefficients qui avaient été prévus pour la révision des bilans, des taux d'intérêt fixés par décret en Conseil d'Etat () ".
9. Revêtent un caractère industriel, au sens des articles 1499 et 1500 du code général des impôts, les établissements dont l'activité nécessite d'importants moyens techniques, non seulement lorsque cette activité consiste dans la fabrication ou la transformation de biens corporels mobiliers, mais aussi lorsque le rôle des installations techniques, matériels et outillages mis en œuvre, fût-ce pour les besoins d'une autre activité, est prépondérant.
10. En l'espèce, il est constant que l'activité de la société Etablissements André Radiguet consiste dans la fabrication ou la transformation de biens corporels mobiliers, en l'occurrence des couvertures pour piscine. Si la confection de ces couvertures pour piscine nécessite certaines opérations manuelles n'exigeant qu'un outillage léger, il n'en demeure pas moins que, pour confectionner ces couvertures, la société doit utiliser trois chariots de soudure d'une valeur unitaire supérieure à 10 000 euros. La société doit également utiliser des machines à coudre d'une valeur unitaire de près de 3 000 euros ainsi qu'une machine destinée à poser des œillets d'une valeur de 6 000 euros. La valeur brute de l'ensemble des matériels est supérieure à 125 000 euros. La confection, qui est réalisée dans deux entrepôts de 1 500 m² chacun, permet de générer un chiffre d'affaires annuel supérieur à 1,4 million d'euros. Au regard de ces éléments, les moyens techniques nécessaires à la fabrication des couvertures de piscine doivent être qualifiés d'importants. Par suite, c'est à bon droit que le service a estimé que l'activité de la société présentait un caractère industriel.
Sur l'application de la méthode comptable pour l'établissement situé avenue de la Gare à Condé-sur-Noireau :
11. Aux termes de l'article 1467 du code général des impôts : " La cotisation foncière des entreprises a pour base la valeur locative des biens passibles d'une taxe foncière situés en France ". Il ressort des dispositions de l'article 1500 du même code, citées au point 8, que les bâtiments et terrains industriels sont évalués selon les règles de la méthode comptable fixées à l'article 1499 lorsqu'ils figurent à l'actif du bilan de leur propriétaire ou de leur exploitant, et que celui-ci est soumis aux obligations définies à l'article 53 A. Lorsque ces conditions ne sont pas réunies, ils sont alors évalués selon les règles de la méthode particulière fixées à l'article 1498.
12. En l'espèce, ainsi qu'il a été indiqué au point 6, M. C est propriétaire du terrain situé avenue de la Gare et du bâtiment qui y a été édifié par la société Etablissements André Radiguet. Il résulte de l'instruction qu'ayant constaté que l'établissement présentait un caractère industriel et que les constructions édifiées sur ce site figuraient à l'actif du bilan de la société, le service a, en application de l'article 1500 du code général des impôts, évalué ces biens selon la méthode comptable prévue à l'article 1499 du code général des impôts. M. C soutient que cette inscription à l'actif du bilan de la société Etablissements André Radiguet procède d'une erreur comptable et que la méthode comptable ne pouvait donc être appliquée. Il appartient cependant au requérant de prouver l'existence d'une telle erreur comptable, celui-ci étant seul à même d'apporter des éléments de justification en ce sens. Pour justifier de l'existence de cette erreur, le requérant fait valoir que, la société n'étant plus propriétaire de ces constructions depuis 1991, ces biens ne pouvaient plus figurer à l'actif de son bilan. Néanmoins, si la société n'est effectivement plus propriétaire de ces biens depuis 1991, il n'est invoqué aucune règle comptable qui ferait obstacle à ce que soient inscrits à l'actif du bilan d'une société des biens dont elle n'est pas propriétaire. Dans ces conditions, le requérant n'apporte pas la preuve, qui lui incombe, de ce que l'inscription de ces constructions à l'actif du bilan de la société Etablissements André Radiguet procéderait d'une erreur comptable. Par suite, c'est à bon droit que l'administration a, pour évaluer la valeur locative de ce bien, utilisé la méthode comptable prévue à l'article 1499 du code général des impôts.
Sur le cumul de la méthode comptable et de la méthode par comparaison :
13. Il résulte de l'instruction que le service a évalué d'une part les terrains et constructions appartenant à M. A C et qui ne figuraient pas à l'actif du bilan de la société selon la méthode par comparaison et d'autre part les biens figurant à l'actif de l'exploitant selon la méthode comptable. Contrairement à ce que soutient M. C, le service, en procédant de la sorte, n'a pas procédé à un cumul de méthodes d'évaluation, mais s'est borné à appliquer les règles d'évaluations prévues à l'article 1500 du code général des impôts.
14. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions du requérant doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquence, ses conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. A C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au directeur départemental des finances publiques du Calvados.
Délibéré après l'audience du 15 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Mondésert, président,
Mme Pillais, première conseillère,
Mme Silvani, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 juillet 2023.
La rapporteure,
Signé
C. SILVANI
Le président,
Signé
X. MONDESERT La greffière,
Signé
A. LAPERSONNE
La République mande et ordonne au ministre délégué chargé des comptes publics en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
la greffière,
A. Lapersonne
Nos 1801318 et 2001001
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026