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AccueilJurisprudence administrativeN° TA14-2000809

Tribunal Administratif de Caen — Décision N° TA14-2000809

vendredi 28 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Caen
SectionTribunal Administratif de Caen
N° DossierTA14-2000809
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantBOURDON VINCENT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées les 17 avril 2020, 5 mars 2021, 20 janvier, 26 et 28 mars 2023, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) du Calvados, représentée par Me Bourdon, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de condamner le centre hospitalier universitaire (CHU) Caen Normandie et son assureur, la société hospitalière d'assurance mutuelle (SHAM), à lui verser la somme de 11 862,41 euros au titre de ses débours liés à l'infection subie par Mme A, avec intérêts aux taux légal et capitalisation des intérêts ;

2°) de mettre à la charge du CHU Caen Normandie et de la SHAM le versement de la somme de 1 162 euros au titre des frais de gestion, en application de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale ;

3°) de mettre à la charge du CHU Caen Normandie et de la SHAM une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de les condamner aux dépens.

Elle soutient que :

- la responsabilité du CHU Caen Normandie est engagée à raison de l'infection nosocomiale dont a été victime Mme A ;

- elle est fondée à solliciter le remboursement de la somme de 11 862,41 euros au titre de ses débours, correspondant aux frais hospitaliers de 7 825 euros pour le séjour du 24 au 29 novembre 2013 et de 555,29 euros pour le séjour du 1er au 4 août 2014, aux frais médicaux pour un montant de 2 434,63 euros, aux frais pharmaceutiques de 993,54 euros, aux frais d'appareillage de 68,31 euros et aux frais de transport de 45,14 euros.

Par des mémoires, enregistrés les 14 avril 2021 et 21 janvier 2023, Mme G A, représentée par Me Bourdon, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de condamner le centre hospitalier universitaire (CHU) Caen Normandie et la société hospitalière d'assurance mutuelle (SHAM) à lui verser la somme de 29 997,09 euros en réparation des préjudices subis, avec intérêts aux taux légal et capitalisation des intérêts ;

2°) de mettre à la charge du CHU Caen Normandie et de la SHAM une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, et de les condamner aux dépens.

Elle soutient que :

- elle a subi une infection nosocomiale lors d'une intervention au CHU Caen Normandie, dont les conséquences doivent être mises à la charge de ce dernier et de la SHAM en application de l'article L. 1142-1, I du code de la santé publique ;

- elle est fondée à solliciter la somme de 29 997,09 euros en réparation de ses préjudices dont 47 euros au titre des dépenses de santé actuelles, 3 273,20 euros au titre des frais d'assistance par tierce personne, 4 801,89 euros de pertes de gains professionnels actuelles, 875 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire, 20 000 euros au titre des souffrances endurées et 1 000 euros au titre du préjudice esthétique permanent.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 14 décembre 2020, 27 janvier et 13 février 2023 l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux (ONIAM), représenté par la SELARLU Olivier Saumon avocat, conclut, dans le dernier état de ses écritures, à sa mise hors de cause.

Il soutient que le déficit fonctionnel permanent de Mme A en lien avec l'infection nosocomiale n'est pas supérieur à 25 %.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 22 février, 4 mai 2021 et 2 mars 2023, le CHU Caen Normandie et la SHAM, représentés par Me Labrusse, concluent, dans le dernier état de leurs écritures, à la réduction des sommes à allouer.

Ils soutiennent que :

- ils ne contestent pas l'engagement de leur responsabilité ;

- les sommes à allouer doivent être réduites à de plus justes proportions.

Vu le jugement avant-dire droit du 13 août 2021 ;

Vu le rapport d'expertise enregistré le 19 décembre 2022 ;

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme D,

- les conclusions de M. Bonneu, rapporteur public,

- et les observations de Me Labrusse, représentant le CHU Caen Normandie et la SHAM.

Considérant ce qui suit :

1. A la suite d'une chute en roller le 27 octobre 2013, Mme G A a été victime d'une fracture du quart distal de la diaphyse du tibia et du péroné droits et d'une fracture du pilon tibial. Elle a été prise en charge au centre hospitalier universitaire (CHU) Caen Normandie. Le 25 novembre 2013, il a été constaté, à la suite du retrait du plâtre, une désunion de la cicatrice interne de la cheville droite et un hyper-bourgeonnement avec un écoulement séreux. Une ablation du brochage haubanage de la malléole interne a été réalisée et les vis de verrouillage ont été retirés. Les prélèvements effectués ont révélé un staphylococcus aureus sensible à la méticilline. Une reprise chirurgicale a été réalisée le 20 octobre 2014, au cours de laquelle il a été procédé au nettoyage de l'infection et à l'ablation du matériel restant. Les soins se sont poursuivis jusqu'à la fin de l'année 2014. Par un courrier du 1er décembre 2014, Mme A a présenté une réclamation indemnitaire auprès du CHU Caen Normandie, lequel a proposé, par un courrier du 25 mars 2015, de saisir la commission régionale de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux (CRCI) afin de diligenter une expertise contradictoire. Par un courrier du 13 février 2020, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) du Calvados a saisi le CHU Caen Normandie d'une demande indemnitaire préalable en remboursement des débours exposés consécutivement à l'infection nosocomiale contractée par Mme A, son assurée sociale.

2. Par la présente requête, la CPAM du Calvados demande, à titre principal, la condamnation solidaire du CHU Caen Normandie et de la SHAM au remboursement de ses débours exposés du fait de la prise en charge de Mme A et, à titre subsidiaire, la désignation d'un expert. Mme G A est intervenue à la présente instance et a également sollicité une expertise médicale. Par un jugement avant-dire-droit du présent tribunal du 13 août 2021, il a été fait droit à cette demande. Le rapport d'expertise a été déposé au greffe du tribunal le 19 décembre 2022. La CPAM du Calvados demande au tribunal de condamner le CHU Caen Normandie et la SHAM au versement de la somme de 11 862,41 euros au titre de ses débours compte tenu de l'infection subie par Mme A. Cette dernière demande leur condamnation au versement de la somme de 29 997,09 euros en réparation de ses préjudices.

Sur les conclusions indemnitaires :

En ce qui concerne la responsabilité du CHU Caen Normandie :

3. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. / Les établissements, services et organismes susmentionnés sont responsables des dommages résultant d'infections nosocomiales, sauf s'ils rapportent la preuve d'une cause étrangère. ()". Aux termes de l'article L. 1142-1-1 du même code : " Sans préjudice des dispositions du septième alinéa de l'article L. 1142-17, ouvrent droit à réparation au titre de la solidarité nationale : / 1° Les dommages résultant d'infections nosocomiales dans les établissements, services ou organismes mentionnés au premier alinéa du I de l'article L. 1142-1 correspondant à un taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique supérieur à 25 % déterminé par référence au barème mentionné au II du même article, ainsi que les décès provoqués par ces infections nosocomiales ; () ".

4. Il résulte de l'instruction que Mme A a été opérée le 27 octobre 2013 au CHU Caen Normandie d'une ostéosynthèse par clou centro-médulaire verrouillé. Mme A a été admise de nouveau au CHU Caen Normandie pour des douleurs inhabituelles les 6 et 14 novembre 2013. Le 25 novembre 2013, il a été constaté, lors du retrait du plâtre, une désunion de la cicatrice interne de la cheville droite et un hyper-bourgeonnement avec un écoulement séreux. Une ablation du brochage haubanage de la malléole interne a été réalisée et les vis de verrouillage ont été retirés. Les prélèvements effectués le même jour ont retrouvé un staphylococcus aureus sensible à la méticilline. Une ablation du brochage haubanage de la malléole interne et des vis de verrouillage distal du clou a alors été réalisée et une antibiothérapie a été mise en place. Le 4 août 2014, Mme A a été admise au centre hospitalier de Bastia où un examen d'imagerie du 2 octobre 2014 a conclu à un foyer intensément inflammatoire malléolaire interne droit. Une reprise chirurgicale a été réalisée lors de son retour à Caen le 20 octobre 2014, au cours de laquelle il a été procédé à un nettoyage et à une ablation du matériel restant. Il résulte de ces éléments et du rapport d'expertise, et il n'est au demeurant pas contesté, que l'infection de la cheville de Mme A, dont les premiers signes sont apparus dans les dix jours suivants l'opération du 27 octobre 2013, constitue une infection nosocomiale en lien avec cette opération.

5. Mme A a repris certaines activités sportives et présente un périmètre de marche illimité avec l'apparition de douleurs après des efforts importants. Il ne résulte pas de l'instruction qu'elle subisse un taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique supérieur à 25 %. Par ailleurs, l'expert indique que la complication infectieuse n'a engendré aucune séquelle fonctionnelle. Par suite, les conditions relatives à l'engagement de la solidarité nationale ne sont pas remplies et l'ONIAM doit être mis hors de cause.

6. Il y a lieu en revanche, en application du deuxième alinéa du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique, de condamner le CHU Caen Normandie et son assureur, la SHAM, à réparer l'intégralité des conséquences de l'infection nosocomiale contractée par Mme A et les débours qui en ont découlé pour la CPAM du Calvados.

En ce qui concerne les préjudices de Mme A :

7. La consolidation de l'état de santé de Mme A est fixée au 21 mars 2015.

Quant aux dépenses de santé actuelles :

8. Mme A sollicite le remboursement de la somme de 47 euros correspondant à un reste à charge qui ressort d'un relevé de débours de la CPAM compte tenu de l'infection nosocomiale. Cette dépense n'est pas contestée et ressort des débours de la CPAM. Il y a dès lors lieu de lui allouer cette somme.

Quant aux frais d'assistance par tierce personne :

9. Il résulte du rapport d'expertise que l'état de santé de Mme A a nécessité, compte tenu de l'infection nosocomiale, un surcroît d'aide par tierce personne du 14 au 24 novembre 2013 et du 30 novembre 2013 au 8 janvier 2014 à hauteur de deux heures par jour, puis de trois heures par semaine du 9 janvier au 9 mai 2014 et du 21 octobre au 4 novembre 2014. Compte tenu du taux horaire moyen de rémunération des personnes à employer tenant compte des charges patronales et des majorations de rémunération pour travail du dimanche pour la période en cause, qu'il y a lieu de fixer à 13 euros, et sur la base d'une année de 412 jours pour tenir compte des congés payés et des jours fériés, les frais d'assistance par tierce personne doivent être évalués à la somme de 2 300 euros.

Quant aux pertes de revenus actuelles :

10. Mme A indique qu'elle était agente contractuelle du département de Paris jusqu'en août 2014 puis stagiaire de la fonction publique à partir de septembre 2014 et qu'elle a subi un manque à gagner du 1er janvier au 5 avril 2014 et du 14 octobre au 31 décembre 2014 s'élevant à une somme totale de 6 390,57 euros, dont cinquante-huit jours seraient en lien avec l'infection nosocomiale. Toutefois, malgré une demande du tribunal en ce sens, Mme A n'a pas transmis les éléments de sa rémunération compte tenu de son changement de statut professionnel en septembre 2014. Par ailleurs, l'expertise précise qu'en l'absence d'infection, elle aurait pu reprendre son activité professionnelle six mois après l'accident, soit le 27 avril 2014. Par suite, les pertes de revenus antérieures à cette date ne sont pas liées à l'infection nosocomiale. Pour la période postérieure à cette date, l'attestation de l'employeur précise qu'elle a été placée en congé maladie ordinaire à plein traitement du 14 octobre au 30 décembre 2014. Ainsi, elle n'établit pas, par la seule attestation de son employeur qui ne détaille pas les pertes de revenus par période, le montant de la perte de revenus en lien avec l'infection nosocomiale. Dès lors, cette demande doit être rejetée.

Quant au déficit fonctionnel temporaire :

11. Il résulte de l'instruction que les douleurs en lien avec l'infection nosocomiale ont débuté le 6 novembre 2013. Du fait de la seule infection nosocomiale, Mme A a subi un déficit fonctionnel de classe IV du 6 au 13 novembre 2013, puis de classe III du 14 au 23 novembre 2013 puis un déficit fonctionnel temporaire total lors de l'hospitalisation du 24 au 29 novembre 2013, puis de classe III du 30 novembre 2013 au 8 janvier 2014, de classe II du 9 janvier au 9 mai 2014, de classe I du 10 mai au 31 juillet 2014, un déficit fonctionnel temporaire total lors de l'hospitalisation du 1er au 4 août 2014, de classe I du 5 août au 13 octobre 2014, un déficit fonctionnel temporaire total du 14 au 20 octobre 2014, de classe II du 21 octobre au 4 novembre 2014 puis de classe I jusqu'au 20 mars 2015. Compte tenu des périodes de déficit fonctionnel temporaire qu'elle aurait subies du fait des fractures initiales, telles que décrites dans le rapport d'expertise, il y a lieu, sur la base d'un taux journalier de 16 euros compte tenu des circonstances de l'espèce, d'évaluer ce poste de préjudice à la somme de 540,80 euros.

Quant aux souffrances endurées :

12. Selon l'expert, les souffrances endurées auraient été de 3 sur une échelle allant de 1 à 7 en l'absence d'infection. En prenant en compte les souffrances physiques et psychologiques induites par cette infection, l'expert évalue les souffrances endurées par Mme A à 4 sur une échelle allant de 1 à 7. Il sera fait une juste appréciation des souffrances endurées par Mme A en lien avec les seules conséquences de l'infection nosocomiale, en lui allouant la somme de 1 000 euros.

Quant au préjudice esthétique permanent :

13. Selon l'expert, le préjudice esthétique permanent supplémentaire résultant de la seule infection nosocomiale est évalué à 0,5 sur une échelle allant de 1 à 7. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en allouant à Mme A la somme de 500 euros.

14. Il résulte de tout ce qui précède que le CHU Caen Normandie et la SHAM sont condamnés à verser à Mme A la somme de 4 387,80 euros en réparation de ses préjudices liés à l'infection nosocomiale subie.

En ce qui concerne les demandes de la CPAM :

15. La CPAM du Calvados sollicite le remboursement de ses débours à hauteur de 11 862,41 euros par le CHU Caen Normandie et la SHAM. Elle transmet un relevé de ses débours mentionnant des frais hospitaliers de 7 825 euros pour le séjour du 24 au 29 novembre 2013 et de 555,29 euros pour le séjour du 1er au 4 août 2014, des frais médicaux pour un montant de 2 434,63 euros du 29 novembre 2013 au 17 mars 2015, des frais pharmaceutiques de 993,54 euros du 29 novembre 2013 au 16 décembre 2014, des frais d'appareillage de 68,31 euros du 26 novembre 2013 au 24 novembre 2014 et des frais de transport de 45,14 euros du 29 novembre 2013. La CPAM produit également une attestation d'imputabilité établie par son médecin conseil, laquelle détaille la nature des frais engagés pour chaque poste. Ces débours sont cohérents au regard des périodes d'hospitalisation et de soins liées à l'infection nosocomiale. Par suite, il y a lieu de mettre à la charge du CHU Caen Normandie et de la SHAM la somme de 11 862,41 euros à verser à la CPAM du Calvados.

Sur les intérêts et la capitalisation des intérêts :

16. D'une part, aux termes de l'article 1231-6 du code civil : " Les dommages et intérêts dus à raison du retard dans le paiement d'une obligation de somme d'argent consistent dans l'intérêt au taux légal, à compter de la mise en demeure. Ces dommages et intérêts sont dus sans que le créancier soit tenu de justifier d'aucune perte () ". L'article 1343-2 du même code dispose que : " Les intérêts échus, dus au moins pour une année entière, produisent intérêt si le contrat l'a prévu ou si une décision de justice le précise ".

17. Mme A et la CPAM du Calvados demandent que la somme qui leur est allouée soit assortie des intérêts au taux légal à compter de leur mémoire enregistré le 21 janvier 2023. Il y a lieu de faire droit à ces demandes.

18. Toutefois, dès lors qu'à la date du présent jugement les intérêts versés à compter du 21 janvier 2023 ne sont pas dus pour une année entière, leur demande tendant à la capitalisation des intérêts doit être rejetée.

Sur la demande de la CPAM relative aux frais de gestion :

19. Aux termes de l'article 376-1 du code de la sécurité sociale : " En contrepartie des frais qu'elle engage pour obtenir le remboursement mentionné au troisième alinéa ci-dessus, la caisse d'assurance maladie à laquelle est affilié l'assuré social victime de l'accident recouvre une indemnité forfaitaire à la charge du tiers responsable et au profit de l'organisme national d'assurance maladie. Le montant de cette indemnité est égal au tiers des sommes dont le remboursement a été obtenu, dans les limites d'un montant maximum de 910 euros et d'un montant minimum de 91 euros. À compter du 1er janvier 2007, les montants mentionnés au présent alinéa sont révisés chaque année, par arrêté des ministres chargés de la sécurité sociale et du budget () ". L'article 1er de l'arrêté du 15 décembre 2022 relatif aux montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale pour l'année 2023 fixe à 115 euros et 1 162 euros les montants minimum et maximum de l'indemnité pouvant être recouvrée par l'organisme d'assurance maladie.

20. En application des dispositions précitées et de la somme à allouer à la CPAM en application du point 15 du présent jugement, la CPAM du Calvados a droit à l'indemnité forfaitaire régie par les dispositions de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale pour un montant de 1 162 euros.

Sur les frais liés au litige :

21. En premier lieu, aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'État. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties () ".

22. Dans les circonstances de l'espèce, les dépens de l'instance, constitués des frais et honoraires des expertises rendues le 19 décembre 2022 par le docteur B E, à qui il a été adjoint le docteur C F comme sapiteur infectiologue, liquidés et taxés, par ordonnance du 21 décembre 2022, aux sommes de 1 766,40 euros TTC et de 800 euros, sous déduction des allocations provisionnelles si celles-ci ont été versées, sont mis à la charge définitive du CHU Caen Normandie.

23. En second lieu, aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".

24. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du CHU Caen Normandie le versement à la CPAM du Calvados et à Mme A de la somme de 1 000 euros chacun au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : L'Office national d'indemnisation des accidents médicaux est mis hors de cause.

Article 2 : Le CHU Caen Normandie et la SHAM sont condamnés à verser à Mme A la somme de 4 387,80 euros, avec intérêt au taux légal à compter du 21 janvier 2023.

Article 3 : Le CHU Caen Normandie et la SHAM sont condamnées à verser à la CPAM du Calvados la somme de 11 862,41 euros, avec intérêts au taux légal à compter du 21 janvier 2023.

Article 4 : Le CHU Caen Normandie et la SHAM sont condamnés à verser à la CPAM du Calvados la somme de 1 162 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale.

Article 5 : Les frais et honoraires d'expertise, liquidés et taxés aux sommes de 1 766,40 euros TTC et de 800 euros, sous déduction des allocations provisionnelles si celles-ci ont été versées, sont mis à la charge définitive du CHU Caen Normandie.

Article 6 : Le CHU Caen Normandie et la SHAM verseront une somme de 1 000 euros à la CPAM du Calvados et une somme de 1 000 euros à Mme A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 7 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 8 : Le présent jugement sera notifié à Mme A, à la CPAM du Calvados, au CHU Caen Normandie, à la SHAM et à l'ONIAM.

Délibéré après l'audience du 6 avril 2023, à laquelle siégeaient :

M. Cheylan, président,

M. Martinez, premier conseiller,

Mme Arniaud, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 avril 2023.

La rapporteure,

Signé

C. D

Le président,

Signé

F. CHEYLAN

La greffière,

Signé

C. BÉNIS

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

la greffière,

A. Lapersonne

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