lundi 10 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2001496 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre JU |
| Avocat requérant | NICOROSI |
Vu la procédure suivante :
I°) Par une requête et un mémoire enregistrés sous le n° 2001496 les 7 août 2020 et 17 février 2022, la société civile immobilière (SCI) Saint-Jacques, représentée par le cabinet Nicorosi, demande au tribunal :
1°) de prononcer une décharge de 36 927 € de cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie au titre de l'année 2018 ;
2°) de prononcer une décharge de 36 924 € de cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie au titre de l'année 2019 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la valeur locative des locaux assujettis doit être calculée par rapport à leur prix d'acquisition puisqu'il s'agit d'une acquisition de locaux nus.
Par des mémoires enregistrés les 10 décembre 2020 et 18 novembre 2022, le directeur départemental des finances publiques du Calvados conclut au rejet de la requête au motif que les moyens ne sont pas fondés.
II°) Par une réclamation adressée au directeur départemental des finances publiques du Calvados transmise au tribunal par application de l'article R. 199-1 du livre des procédures fiscales enregistrée le 23 novembre 2022 sous le n° 2202632 et un mémoire enregistré le 26 janvier 2023, société civile immobilière (SCI) Saint-Jacques, représentée par le cabinet Nicorosi, demande au tribunal :
1°) de prononcer une décharge de 37 351 € de cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie au titre de l'année 2020 ;
2°) de prononcer une décharge de 18 707 € de cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie au titre de l'année 2021 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la valeur locative des locaux assujettis doit être calculée par rapport à leur prix d'acquisition puisqu'il s'agit d'une acquisition de locaux nus.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal, par une décision du 1er septembre 2022, a désigné M. A, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- et les conclusions de Mme Conesa-Terrade, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La SCI Saint-Jacques est propriétaire d'un ensemble immobilier au 928 avenue du Général de Gaulle à Hérouville Saint-Clair (Calvados), qui a été acquis par acte notarié en date du 22 décembre 2017. D'une part et par une réclamation contentieuse en date du 26 décembre 2019, la société a contesté la méthode de détermination de la valeur locative pour la liquidation de sa cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties due au titre des années 2018 et 2019. Cette réclamation a été rejetée par décision du 10 avril 2020. La SCI requérante demande dans l'instance enregistrée sous le n° 2001476 une décharge partielle de ces cotisations.
2. D'autre part et par une réclamation contentieuse en date du 28 décembre 2021, la société a contesté l'imposition mise à sa charge au titre des années 2020 et 2021 pour les mêmes raisons. Cette réclamation a fait l'objet d'une soumission d'office au tribunal en application des dispositions de l'article R. 199-1 du livre des procédures fiscales. La requérante demande dans cette instance enregistrée sous le n° 2202632 une décharge partielle de ces cotisations de taxe foncière.
Sur la jonction :
3. La requête n° 2001496 et la soumission d'office enregistrée sous le n° 2202632, présentées par et pour la SCI Saint-Jacques présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions en décharge :
4. Aux termes des dispositions de l'article 1518 B " A compter du 1er janvier 1980, la valeur locative des immobilisations corporelles acquises à la suite d'apports, de scissions, de fusions de sociétés ou de cessions d'établissements réalisés à partir du 1er janvier 1976 ne peut être inférieure aux deux tiers de la valeur locative retenue l'année précédant l'apport, la scission, la fusion ou la cession. () Par exception aux cinquième et sixième alinéas, pour les opérations réalisées à compter du 1er janvier 2011 et mentionnées au premier alinéa ou au sixième alinéa, la valeur locative des immobilisations corporelles ne peut être inférieure à : 1° 100 % de son montant avant l'opération lorsque, directement ou indirectement, l'entreprise cessionnaire ou bénéficiaire de l'apport contrôle l'entreprise cédante, apportée ou scindée ou est contrôlée par elle, ou ces deux entreprises sont contrôlées par la même entreprise ; 2° 90 % de son montant avant l'opération pour les opérations autres que celles mentionnées au 1° entre sociétés membres d'un groupe au sens de l'article 223 A ou de l'article 223 A bis ; 3° Sous réserve des dispositions des 1° et 2°, 50 % de son montant avant l'opération pour les opérations de reprise d'immobilisations prévue par un plan de cession ou comprises dans une cession d'actifs en sauvegarde, en redressement ou en liquidation judiciaire, jusqu'à la deuxième année suivant celle du jugement ordonnant la cession ou autorisant la cession d'actifs en cours de période d'observation". Aux termes de l'article 310 HA de l'annexe II à ce code : " Pour l'application de la cotisation foncière des entreprises et des taxes additionnelles : / () / - l'établissement s'entend de toute installation utilisée par une entreprise en un lieu déterminé, ou d'une unité de production intégrée dans un ensemble industriel ou commercial lorsqu'elle peut faire l'objet d'une exploitation autonome. ". Pour l'application de ces dispositions, un établissement doit être regardé comme ayant fait l'objet d'une cession lorsque le même redevable a acquis l'ensemble des éléments mobiliers et immobiliers qui étaient nécessaires à l'exercice autonome de l'activité par le cédant, en vue d'y exercer, avec ces moyens, sa propre activité.
5. Il résulte de l'instruction que la SCI Saint-Jacques a acquis le 22 décembre 2017 un ensemble de bâtiments à usage de bureaux, laboratoires, fabrication, stockage et locaux techniques pour une surface construite d'environ 5.000 m², plus une aire de stationnement et de circulation. Ladite société a été assujettie à des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties à compter de l'année 2018 et pour l'établissement de ces impositions, l'administration a retenu la valeur plancher prévue par l'article 1518 B du code général des impôts, en estimant que la cession susmentionnée avait donné lieu à une cession d'établissement au sens des dispositions précitées. Par la requête et la soumission d'office susvisées, la société SCI Saint-Jacques demande la réduction des impositions litigieuses en soutenant qu'elle n'aurait en fait acquis que des locaux nus.
6. Elle se prévaut d'abord d'une attestation du notaire de la cession dont elle présente le contenu comme excluant les installations et outillages servant à l'exploitation des bâtiments en litige. Toutefois, ce document ne formule ni ne laisse supposer l'existence de cette exclusion, alors qu'il précise la consistance du bien cédé dans les termes énoncés au point 5. La société se prévaut ensuite d'une confusion de l'administration fiscale entre ce transfert de propriété des locaux et la transmission concomitante du bail commercial d'occupation de ces locaux. Il ne résulte toutefois d'aucun motif de l'administration fiscale, pas plus que d'aucun document ou argumentation, une confusion entre ces deux opérations, alors notamment que le rejet de la réclamation contentieuse, comme la défense présentée dans le cadre de la présente instance, ne reprend que le contenu de l'acte de vente du 22 décembre 2017. Enfin, la circonstance qu'un bail commercial prévoit la simple mise à disposition de " meubles et matériels " n'est pas de nature à elle seule d'exclure le transfert de moyens à l'occasion de la cession de propriété des bâtiments. Dans ces conditions et sans description précise des locaux, l'administration fiscale pouvait retenir que l'acte notarié ne prévoit que l'occupation de ces locaux industriels et non leur location nue. En outre, il résulte de l'instruction qu'y est poursuivie la même activité dans des conditions identiques. C'est ainsi à bon droit que l'administration fiscale a pu opposer les dispositions de l'article 1518 B et faire application d'une valeur plancher pour la détermination de la valeur locative et le calcul des impositions en litige.
7. Il résulte de ce qui précède que la SCI Saint-Jacques n'est pas fondée à demander la réduction des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2018, 2019, 2020 et 2021.
Sur les autres conclusions dans les deux instances :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à ce titre à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans les présentes instances, la partie perdante.
D E C I D E :
Article 1er : La requête n° 2001496 et la soumission d'office n° 2202632 de la SCI Saint-Jacques sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SCI Saint-Jacques et au directeur départemental des finances publiques du Calvados.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 juillet 2023.
Le magistrat désigné,
Signé
B. ALa greffière,
Signé
A. LAPERSONNE
La République mande et ordonne au ministre délégué chargé des comptes publics en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
la greffière,
A. Lapersonne
N°s 2001496 - 220263
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026