vendredi 3 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2001635 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SELARL BIROT - MICHAUD - RAVAUT |
Vu les procédures suivantes :
I.- Par une requête enregistrée sous le n° 2001635 et des mémoires, enregistrés les 31 août 2020, 17, 25 mars et 2 décembre 2021, la société Axa France Iard, représentée par Me Lebrun, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) à titre principal, d'annuler le titre exécutoire émis à son encontre le 19 mai 2020 par l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) pour un montant de 24 962,50 euros ;
2°) à titre subsidiaire, de réformer ce titre, de réduire les prétentions indemnitaires de l'ONIAM et de rejeter les demandes reconventionnelles formées par l'ONIAM ;
3°) de mettre à la charge de l'ONIAM une somme de 3 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'ONIAM est incompétent pour émettre des titres exécutoires ;
- le titre n'est pas signé ;
- il n'est pas motivé ;
- il est entaché d'un détournement de pouvoir ;
- il est dépourvu de base légale fondant la créance ;
- il est mal fondé en l'absence de manquement du centre hospitalier de Lisieux ;
- le défaut d'information est dépourvu de lien de causalité avec les séquelles ;
- le montant des indemnités doit tenir compte d'un taux de perte de chance de 10 % ;
- les préjudices de souffrances endurées, sexuel et le déficit fonctionnel permanent doivent être réduits.
Par des mémoires en défense et des pièces complémentaires, enregistrés les 15 février et 24 septembre 2021, l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM), représenté par Me Birot, conclut au rejet de la requête et doit être regardé comme demandant au tribunal à titre reconventionnel, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner la société Axa France Iard à lui verser la somme de 24 962,50 euros, avec intérêt au taux légal à compter du 31 août 2020 ;
2°) de condamner la société Axa France Iard au paiement de la somme de 10 778,20 euros au titre de la pénalité prévue à l'article L. 1142-15 du code de la santé publique ;
3°) de mettre à la charge de la société Axa France Iard une somme de 3 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
4°) d'appeler en déclaration de jugement commun la CPAM de Caen.
Il soutient que :
- il est compétent pour émettre un tel titre exécutoire ;
- la responsabilité du centre hospitalier de Lisieux est engagée dès lors que l'indication chirurgicale n'était pas fondée ;
- les autres moyens présentés par la requérante ne sont pas fondés.
II.- Par une requête enregistrée sous le n° 2100145 et deux mémoires, enregistrés les 22 janvier, 17 mars et 2 décembre 2021, la société Axa France Iard, représentée par Me Lebrun, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) à titre principal, d'annuler le titre exécutoire émis à son encontre le 4 septembre 2020 par l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) pour un montant de 46 892 euros ;
2°) à titre subsidiaire, de réformer ce titre, de réduire les prétentions indemnitaires de l'ONIAM et de rejeter les demandes reconventionnelles formées par l'ONIAM ;
3°) de mettre à la charge de l'ONIAM une somme de 3 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la " lettre de relance " est un acte de poursuite entachée de vice de procédure ;
- l'ONIAM est incompétent pour émettre des titres exécutoires ;
- le titre n'est pas signé ;
- il n'est pas motivé ;
- il est entaché d'un détournement de pouvoir ;
- il est dépourvu de base légale fondant la créance ;
- il est mal fondé en l'absence de manquement du centre hospitalier de Lisieux ;
- le défaut d'information est dépourvu de lien de causalité avec les séquelles ;
- le montant des indemnités doit tenir compte d'un taux de perte de chance de 10 % ;
- les postes de préjudice ne sont pas détaillés et les préjudices non établis ;
- le déficit fonctionnel est surévalué.
Par des mémoires en défense et des pièces complémentaires, enregistrés les 15 février et 24 septembre 2021, l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM), représenté par Me Birot, conclut au rejet de la requête et doit être regardé comme demandant au tribunal à titre reconventionnel, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner la société Axa France Iard à lui verser la somme de 46 892 euros, avec intérêt au taux légal à compter du 22 janvier 2021, et capitalisation des intérêts ;
2°) de condamner la société Axa France Iard au paiement de la somme de 10 778,20 euros au titre de la pénalité prévue à l'article L. 1142-15 du code de la santé publique ;
3°) de mettre à la charge de la société Axa France Iard une somme de 3 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
4°) d'appeler en déclaration de jugement commun la CPAM de Caen.
Il soutient que :
- il est compétent pour émettre un tel titre exécutoire ;
- la responsabilité du centre hospitalier de Lisieux est engagée dès lors que l'indication chirurgicale n'était pas fondée ;
- les autres moyens présentés par la requérante ne sont pas fondés.
III.- Par une requête enregistrée sous le n° 2100475, des mémoires et des pièces, enregistrés les 4, 17, 25 mars et 2 décembre 2021, la société Axa France Iard, représentée par Me Lebrun, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) à titre principal, d'annuler le titre exécutoire émis à son encontre le 27 janvier 2020 par l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) pour un montant de 1 569,55 euros ;
2°) à titre subsidiaire, de réformer ce titre, de réduire les prétentions indemnitaires de l'ONIAM et de rejeter les demandes reconventionnelles formées par l'ONIAM ;
3°) de mettre à la charge de l'ONIAM une somme de 3 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'ONIAM est incompétent pour émettre des titres exécutoires ;
- l'ONIAM ne peut se fonder sur l'article L. 1142-15 du code de la santé publique pour émettre un tel titre ;
- le titre est dépourvu de base légale fondant la créance ;
- il n'est pas signé ;
- il est entaché d'un détournement de pouvoir ;
- il est mal fondé en l'absence de manquement du centre hospitalier de Lisieux ;
- le défaut d'information est dépourvu de lien de causalité avec les séquelles ;
- le montant des indemnités doit tenir compte d'un taux de perte de chance de 10 %.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 septembre 2021, l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM), représenté par Me Birot, demande :
1°) à titre principal, de rejeter la requête présentée par la société Axa France Iard ;
2°) à titre subsidiaire, de condamner la société Axa France Iard à lui verser la somme de 1 569,55 euros ;
3°) de mettre à la charge de la société Axa France Iard une somme de 3 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il est compétent pour émettre un tel titre exécutoire ;
- il appartient à l'assureur du centre hospitalier de prendre en charge les frais d'expertise ;
- les autres moyens présentés par la requérante ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement est susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de la substitution, aux dispositions de l'article L. 1142-14 du code de la santé publique, des dispositions de l'article L. 1142-15 du même code comme base légale du titre exécutoire litigieux.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de la sécurité publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- les conclusions de M. Bonneu, rapporteur public,
- et les observations de Me Yakovlev, représentant Axa France Iard.
Considérant ce qui suit :
1. Mme F a subi une intervention au centre hospitalier de Lisieux le 14 novembre 2015, consistant en une cure de prolapsus avec hystérectomie. La patiente ayant subi une effraction rectale et une hémorragie, une opération de reprise a été réalisée. Une insuffisance sphinctérienne avec vessie instable et défaut de compliance ont été diagnostiqués en avril 2017. Une neuromodulation a été effectuée le 16 janvier 2018, avec implantation du boîtier du 27 février au 1er mars 2018. Mme F a saisi la commission de conciliation et d'indemnisation (CCI) le 17 novembre 2016, qui a sollicité, à la suite d'un premier dépôt de rapport d'expertise le 12 octobre 2017, une seconde expertise qui s'est déroulée en septembre 2018. Par un avis du 15 mai 2019, la CCI a estimé que le centre hospitalier avait commis une faute quant à l'indication de l'opération initiale, impliquant la prise en charge par le centre hospitalier de l'ensemble des préjudices qui en ont découlé pour la patiente. Le centre hospitalier de Lisieux et la société Axa France Iard, son assureur, ont refusé de prendre en charge les préjudices de Mme F. Le 25 février 2020, l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM), se substituant à l'assureur, a signé avec Mme F un protocole transactionnel pour une somme de 24 962,50 euros. Le 19 mai 2020, l'ONIAM a émis à l'encontre de la société Axa France Iard un titre n° 802 d'un montant de 24 962,50 euros, dont la société requérante demande l'annulation par la requête enregistrée sous le n° 2001635. Le 4 septembre 2020, l'ONIAM a émis à l'encontre de la société Axa France Iard un titre exécutoire n° 1023 pour un montant de 46 892 euros, dont la société requérante demande l'annulation sous le n° 2100145. Le 27 janvier 2020, l'ONIAM a émis à l'encontre de la société Axa France Iard un titre n° 236 d'un montant de 1 569,55 euros, dont la société requérante demande l'annulation sous le n° 2100475.
Sur la jonction des requêtes :
2. Les requêtes visées ci-dessus, présentées par la même société requérante, concernent la prise en charge médicale d'une même patiente et présentent à juger des questions semblables. Elles ont fait l'objet d'une instruction commune et il y a donc lieu de les joindre pour qu'il y soit statué par un seul jugement.
Sur la compétence de l'ONIAM pour émettre les titres en litige et le détournement de pouvoir allégué :
3. En premier lieu, aux termes du premier alinéa de l'article L. 1142-14 du code de la santé publique : " Lorsque la commission régionale de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales estime qu'un dommage relevant du premier alinéa de l'article L. 1142-8 engage la responsabilité d'un professionnel de santé, d'un établissement de santé, d'un service de santé ou d'un organisme mentionné à l'article L. 1142-1 ou d'un producteur d'un produit de santé mentionné à l'article L. 1142-2, l'assureur qui garantit la responsabilité civile ou administrative de la personne considérée comme responsable par la commission adresse à la victime ou à ses ayants droit, dans un délai de quatre mois suivant la réception de l'avis, une offre d'indemnisation visant à la réparation intégrale des préjudices subis dans la limite des plafonds de garantie des contrats d'assurance ". Aux termes de l'article L. 1142-15 du même code : " En cas de silence ou de refus explicite de la part de l'assureur de faire une offre, ou lorsque le responsable des dommages n'est pas assuré ou la couverture d'assurance prévue à l'article L. 1142-2 est épuisée ou expirée, l'office institué à l'article L. 1142-22 est substitué à l'assureur. / () / L'acceptation de l'offre de l'office vaut transaction au sens de l'article 2044 du code civil. La transaction est portée à la connaissance du responsable et, le cas échéant, de son assureur ou du fonds institué à l'article L. 426-1 du code des assurances. / L'office est subrogé, à concurrence des sommes versées, dans les droits de la victime contre la personne responsable du dommage ou, le cas échéant, son assureur ou le fonds institué à l'article L. 426-1 du même code. Il peut en outre obtenir remboursement des frais d'expertise. / En cas de silence ou de refus explicite de la part de l'assureur de faire une offre, ou lorsque le responsable des dommages n'est pas assuré, le juge, saisi dans le cadre de la subrogation, condamne, le cas échéant, l'assureur ou le responsable à verser à l'office une somme au plus égale à 15 % de l'indemnité qu'il alloue. / Lorsque l'office transige avec la victime, ou ses ayants droit, en application du présent article, cette transaction est opposable à l'assureur ou, le cas échéant, au fonds institué au même article L. 426-1 du code des assurances ou au responsable des dommages sauf le droit pour ceux-ci de contester devant le juge le principe de la responsabilité ou le montant des sommes réclamées. Quelle que soit la décision du juge, le montant des indemnités allouées à la victime lui reste acquis ".
4. L'ONIAM peut émettre un titre exécutoire en vue du recouvrement de toute créance dont le fondement se trouve dans les dispositions d'une loi, d'un règlement ou d'une décision de justice, ou dans les obligations contractuelles ou quasi-délictuelles du débiteur. Lorsqu'il cherche à recouvrer les sommes versées aux victimes en application de la transaction conclue avec ces dernières, l'ONIAM peut soit émettre un titre exécutoire à l'encontre de la personne responsable du dommage, de son assureur ou du fonds institué à l'article L. 426-1 du code des assurances, soit saisir la juridiction compétente d'une requête à cette fin.
5. Par ailleurs, aux termes de l'article L. 1142-12 du code de la santé publique : " () L'Office national d'indemnisation prend en charge le coût des missions d'expertise, sous réserve du remboursement prévu aux articles L. 1142-14 et L. 1142-15. ". L'article L. 1142-14 de ce code dispose : " () L'assureur qui fait une offre à la victime est tenu de rembourser à l'office les frais d'expertise que celui-ci a supportés. () ". L'article L. 1142-15 dudit code dispose : " En cas de silence ou de refus explicite de la part de l'assureur de faire une offre, ou lorsque le responsable des dommages n'est pas assuré ou la couverture d'assurance prévue à l'article L. 1142-2 est épuisée ou expirée, l'office institué à l'article L. 1142-22 est substitué à l'assureur. () l'office est subrogé, à concurrence des sommes versées, dans les droits de la victime contre la personne responsable du dommage ou, le cas échéant, son assureur ou le fonds institué à l'article L. 426-1 du même code. Il peut en outre obtenir remboursement des frais d'expertise. () ".
6. En l'espèce, il est constant que la CCI a émis un avis le 15 mai 2019 selon lequel la réparation des préjudices de Mme F incombe au centre hospitalier de Lisieux mais que la requérante n'a reçu aucune offre d'indemnisation. Il résulte également de l'instruction que l'ONIAM et Mme F ont signé deux protocoles transactionnels, le 25 février 2020 pour un montant de 24 962,50 euros et le 23 juillet 2020 pour un montant de 46 892 euros. Par suite, l'ONIAM était compétent pour émettre les titres exécutoires contestés visant au remboursement de ces deux sommes, ainsi que des frais d'expertise.
7. En second lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré d'un détournement de pouvoir par l'émission des titres exécutoires en litige ne peut qu'être écarté.
Sur la régularité des titres exécutoires :
En ce qui concerne le titre exécutoire n° 802 :
8. Le titre litigieux mentionne, en tant qu'ordonnateur, le directeur de l'ONIAM, M. G C. Il résulte de l'article 2 de la décision du 18 juillet 2017 du directeur de l'ONIAM, publiée au bulletin officiel santé - protection sociale - solidarité n° 2017/8 du 15 septembre 2017, que Mme A H bénéficie d'une délégation de signature concernant tous ordres de reversement. Le titre n° 802 litigieux comporte les nom, prénom, qualité et signature de Mme A H. Par suite, les moyens tirés de l'absence de signature du titre, d'identification de son auteur et de l'incompétence du signataire doivent être écartés.
9. Aux termes de l'article 20 du décret du 7 novembre 2012 : " Le contrôle des comptables publics sur la validité de la dette porte sur : / 1° La justification du service fait ; / 2° L'exactitude de la liquidation () ". L'article 24 de ce décret dispose que : " Dans les conditions prévues pour chaque catégorie d'entre elles, les recettes sont liquidées avant d'être recouvrées. La liquidation a pour objet de déterminer le montant de la dette des redevables. Les recettes sont liquidées pour leur montant intégral, sans contraction avec les dépenses. / Toute créance liquidée faisant l'objet d'une déclaration ou d'un ordre de recouvrer indique les bases de la liquidation. En cas d'erreur de liquidation, l'ordonnateur émet un ordre de recouvrer afin, selon les cas, d'augmenter ou de réduire le montant de la créance liquidée. Il indique les bases de la nouvelle liquidation. Pour les créances faisant l'objet d'une déclaration, une déclaration rectificative, indiquant les bases de la nouvelle liquidation, est souscrite. / L'ordre de recouvrer peut être établi périodiquement pour régulariser les recettes encaissées sur versement spontané des redevables ". Il résulte de ces dispositions que l'administration ne peut mettre en recouvrement une créance sans indiquer, soit dans le titre lui-même, soit par référence précise à un document joint à l'état exécutoire ou précédemment adressé au débiteur, les bases et les éléments de calcul sur lesquels elle se fonde pour mettre les sommes en cause à la charge de ce débiteur.
10. Le titre litigieux indique le nom de la patiente, l'existence d'un protocole transactionnel et l'avis de la CCI du 15 mai 2019. L'ONIAM fait valoir, sans être utilement contesté, que ces documents étaient joints au titre litigieux. Par ailleurs, l'avis de la CCI a été transmis à l'assureur du centre hospitalier par la commission elle-même. Par suite, les moyens tirés du défaut de motivation et du défaut d'indication des bases de liquidation doivent être écartés.
En ce qui concerne le titre exécutoire n° 1023 :
11. Pour les mêmes motifs que ceux mentionnés au point 8 du présent jugement, les moyens tirés de l'absence de signature du titre, d'identification de son auteur et de l'incompétence du signataire doivent être écartés.
12. Pour les mêmes motifs que ceux mentionnés au point 10 du présent jugement, les moyens tirés du défaut de motivation et du défaut d'indication des bases de liquidation doivent être écartés. Par ailleurs, la circonstance que l'adresse mentionnée sur le titre soit erronée est sans incidence sur sa légalité ou sa motivation.
13. Par ailleurs, si Axa France soulève un vice de procédure entachant l'émission de la lettre de relance du 25 novembre 2020, la circonstance, à la supposer établie, que la lettre de relance serait illégale est sans incidence sur la légalité du titre exécutoire. Par suite, un tel moyen ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne le titre exécutoire n° 286 :
14. Le titre litigieux mentionne, en tant qu'ordonnateur, le directeur de l'ONIAM, M. G C. Il résulte de l'article 2 de la décision du 15 mars 2018 du directeur de l'ONIAM, publiée au bulletin officiel santé - protection sociale - solidarité n° 2018/4 du 15 mai 2018, que M. B E bénéficie d'une délégation de signature concernant tous ordres de reversement. Le titre n° 286 litigieux comporte les nom, prénom, qualité et signature de M. B E. Par suite, les moyens tirés de l'absence de signature du titre, d'identification de son auteur et de l'incompétence du signataire doivent être écartés. Par ailleurs, la circonstance que l'adresse mentionnée sur le titre soit erronée est sans incidence sur sa légalité ou sa motivation.
15. Pour les mêmes motifs que ceux mentionnés au point 10 du présent jugement, et alors qu'Axa disposait de l'avis de la CCI, des protocoles transactionnels, des titres nos 802 et 1023 relatifs aux préjudices indemnisés, qu'elle avait connaissance des deux rapports d'expertise rendus dans le cadre de la procédure amiable devant la CCI et qu'elle disposait des " éléments de liquidation des frais d'expertise ", elle n'est pas fondée à soutenir que le titre serait insuffisamment motivé et dépourvu de base légale.
Sur le bien-fondé des créances :
En ce qui concerne la responsabilité du centre hospitalier de Lisieux :
16. Aux termes de l'article L. 1111-2 du code de la santé publique : " Toute personne a le droit d'être informée sur son état de santé. Cette information porte sur les différentes investigations, traitements ou actions de prévention qui sont proposés, leur utilité, leur urgence éventuelle, leurs conséquences, les risques fréquents ou graves normalement prévisibles qu'ils comportent ainsi que sur les autres solutions possibles et sur les conséquences prévisibles en cas de refus. () / Cette information incombe à tout professionnel de santé dans le cadre de ses compétences et dans le respect des règles professionnelles qui lui sont applicables. Seules l'urgence ou l'impossibilité d'informer peuvent l'en dispenser. / Cette information est délivrée au cours d'un entretien individuel. / () / En cas de litige, il appartient au professionnel ou à l'établissement de santé d'apporter la preuve que l'information a été délivrée à l'intéressé dans les conditions prévues au présent article. Cette preuve peut être apportée par tout moyen ".
17. Il résulte de l'article L. 1111-2 du code de la santé publique que doivent être portés à la connaissance du patient, préalablement au recueil de son consentement à l'accomplissement d'un acte médical, les risques connus de cet acte qui soit présentent une fréquence statistique significative, quelle que soit leur gravité, soit revêtent le caractère de risques graves, quelle que soit leur fréquence. En cas de manquement à cette obligation d'information, si l'acte de diagnostic ou de soin entraîne pour le patient, y compris s'il a été réalisé conformément aux règles de l'art, un dommage en lien avec la réalisation du risque qui n'a pas été porté à sa connaissance, la faute commise en ne procédant pas à cette information engage la responsabilité de l'établissement de santé à son égard, pour sa perte de chance de se soustraire à ce risque en renonçant à l'opération. Il n'en va autrement que s'il résulte de l'instruction, compte tenu de ce qu'était l'état de santé du patient et son évolution prévisible en l'absence de réalisation de l'acte, des alternatives thérapeutiques qui pouvaient lui être proposées ainsi que de tous autres éléments de nature à révéler le choix qu'il aurait fait, qu'informé de la nature et de l'importance de ce risque, il aurait consenti à l'acte en question.
18. Aux termes du II de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " II. - Lorsque la responsabilité d'un professionnel, d'un établissement, service ou organisme mentionné au I ou d'un producteur de produits n'est pas engagée, un accident médical, une affection iatrogène ou une infection nosocomiale ouvre droit à la réparation des préjudices du patient, et, en cas de décès, de ses ayants droit au titre de la solidarité nationale, lorsqu'ils sont directement imputables à des actes de prévention, de diagnostic ou de soins et qu'ils ont eu pour le patient des conséquences anormales au regard de son état de santé comme de l'évolution prévisible de celui-ci et présentent un caractère de gravité, fixé par décret, apprécié au regard de la perte de capacités fonctionnelles et des conséquences sur la vie privée et professionnelle mesurées en tenant notamment compte du taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique, de la durée de l'arrêt temporaire des activités professionnelles ou de celle du déficit fonctionnel temporaire. / Ouvre droit à réparation des préjudices au titre de la solidarité nationale un taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique supérieur à un pourcentage d'un barème spécifique fixé par décret ; ce pourcentage, au plus égal à 25 %, est déterminé par ledit décret ".
19. Il résulte des dispositions du II de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique que l'ONIAM doit assurer, au titre de la solidarité nationale, la réparation des dommages résultant directement d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins à la double condition qu'ils présentent un caractère d'anormalité au regard de l'état de santé du patient comme de l'évolution prévisible de cet état et que leur gravité excède le seuil défini à l'article D. 1142-1. La condition d'anormalité du dommage prévue par ces dispositions doit toujours être regardée comme remplie lorsque l'acte médical a entraîné des conséquences notablement plus graves que celles auxquelles le patient était exposé de manière suffisamment probable en l'absence de traitement. Dans l'hypothèse où un accident médical non fautif est à l'origine de conséquences dommageables mais où une faute commise par une personne mentionnée au I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique a fait perdre à la victime une chance d'échapper à l'accident ou de se soustraire à ses conséquences, un tel accident ouvre droit à réparation au titre de la solidarité nationale si ses conséquences remplissent les conditions posées au II de l'article L. 1142-1 du même code, mais l'indemnité due par l'ONIAM est réduite du montant de celle mise, le cas échéant, à la charge du responsable de la perte de chance, égale à une fraction du dommage corporel correspondant à l'ampleur de la chance perdue.
20. En l'espèce, la patiente, qui souffrait d'incontinence urinaire, a été opérée le 14 novembre 2015 d'une cure de prolapsus avec hystérectomie. Il résulte de l'instruction que l'opération litigieuse a conduit à la réalisation de dommages consistant, d'une part, en une hémorragie des pédicules, dont le risque est évalué à 0,8 %, d'autre part, une plaie rectale, dont le risque est évalué à 0,4 %. L'expert précise, sans être contredite sur ce point, que l'hémorragie des pédicules comme la plaie rectale ne sont pas fautifs et constituent des aléas thérapeutiques. Dans le cadre de la reprise hémorragique liée aux pédicules, une lésion du sphincter, cause de l'incontinence anale, est dont le risque est évalué à 2,4 %, s'est réalisée. Par ailleurs, l'expertise relève que le risque d'étirement musculaire est propre à toute opération de chirurgie endorectale, comme celle initialement réalisée le 14 novembre 2015, et constitue également un aléa thérapeutique. Les conséquences de l'opération initiale litigieuse, à savoir une incontinence anale permanente et totale entrainant un déficit fonctionnel de 30 %, sont anormales au regard de l'état de santé de la patiente comme de l'évolution prévisible de celle-ci et présentent le caractère de gravité mentionné au second alinéa du II de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique. Au demeurant, les risques d'hémorragie puis de lésion du sphincter ainsi relevés constituent des risques faibles. Ainsi, il appartient à l'ONIAM de prendre en charge la réparation des préjudices qui découlent des conséquences de ces aléas thérapeutiques.
21. Toutefois, la patiente n'a pas été dûment informée des risques liés à l'opération chirurgicale subie le 14 novembre 2015 ni de l'alternative thérapeutique consistant en la pose d'un pressaire, associée à une rééducation périnéo-sphinctérienne. Selon l'expertise, l'hémorragie des pédicules peut être à l'origine d'un saignement grave menaçant le pronostic vital. Par suite, la patiente aurait dû, dans tous les cas, être informée du risque grave d'hémorragie. Par ailleurs, dans le cadre de la reprise hémorragique lié aux pédicules, une lésion du sphincter, cause de l'incontinence anale, s'est réalisée. La patiente aurait également dû être informée de ce risque d'étirement musculaire, qui est propre, selon l'expertise, à toute opération de chirurgie endorectale, telle que celle réalisée le 14 novembre 2015, et qui présente de graves conséquences. Selon les experts, la perte de chance de la patiente de se soustraire à l'opération litigieuse était de 50 %. Il résulte également de l'expertise que la patiente était réticente à la réalisation de la rééducation nécessaire en accompagnement d'un pressaire. Dans ces conditions, alors que, d'une part, le risque de lésion du sphincter était particulièrement faible et que la patiente était réfractaire à une rééducation, et, d'autre part, les dommages découlant des risques étaient importants en comparaison des résultats attendus de l'opération initiale, laquelle n'était pas vitale et présentait une alternative moins invasive, il y a lieu d'évaluer la perte de chance de refuser l'opération en cause à 50 %. Par suite, il appartient à l'ONIAM de prendre en charge 50 % des préjudices de la patiente et au centre hospitalier de prendre en charge les 50 % restants.
En ce qui concerne le lien de causalité :
22. Selon l'expertise de 2018 la reprise opératoire liée à l'hémorragie a nécessité un écartement trans-anal responsable d'un traumatisme du muscle releveur de l'anus et la perte de tonicité de ce muscle, clairement ressentie et mentionnée par la patiente, responsable de l'incontinence anale. Il résulte de l'expertise que seule la diarrhée, et non l'incontinence, est multifactorielle et pourrait être liée en partie aux maladies initiales de la patiente. Par ailleurs, les experts ont évalué les préjudices en lien avec les faits litigieux en tenant compte de l'état antérieur de la victime. Par suite, il y a lieu pour l'ONIAM et pour le centre hospitalier de réparer intégralement les conséquences de l'incontinence anale, excepté celles liées à la diarrhée.
En ce qui concerne les préjudices objet du titre n° 802 :
Quant aux souffrances endurées :
23. Il a lieu d'évaluer les souffrances endurées liées particulièrement à l'hémorragie, à la reprise chirurgicale, à la lésion musculaire et aux conséquences qui en ont découlé, à 4 sur une échelle allant de 1 à 7. Il sera fait une juste appréciation de ces souffrances en les évaluant à la somme de 8 000 euros.
Quant au préjudice sexuel :
24. Le préjudice sexuel résulte principalement de l'incontinence due à l'opération en cause et il existe, selon l'expertise, une altération grave de la vie sexuelle. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant, dans les circonstances de l'espèce, à la somme de 8 000 euros.
Quant aux autres préjudices :
25. Le titre exécutoire n° 802 couvre également le déficit fonctionnel temporaire, évalué à hauteur de 7 762,50 euros, et les préjudices esthétiques temporaire et permanent, évalués à une somme globale 1 400 euros. Ces sommes ne sont pas contestées.
26. Il résulte de ce qui précède que les préjudices couverts par le titre exécutoire n° 802 doivent être évalués à un montant global de 25 162,50 euros. Toutefois, seuls 50 % de cette somme sont imputables à la faute du centre hospitalier. Dès lors, il y a lieu d'annuler le titre exécutoire n° 802 en ce qu'il excède la somme de 12 581,25 euros.
En ce qui concerne les préjudices objet du titre n° 1203 :
27. L'état de santé de la patiente a été consolidé au 27 septembre 2018, soit à l'âge de 61 ans. Il résulte du rapport d'expertise que, du fait de l'opération litigieuse, la patiente est atteinte d'incontinence anale totale et permanente. Les experts précisent que la diarrhée est quant à elle d'origine multifactorielle et qu'elle n'est dès lors pas retenue comme séquelle du dommage. Dans ces conditions, il y a lieu de fixer le taux de déficit fonctionnel permanent en lien avec les seules conséquences de l'opération litigieuse ayant conduit à l'aléa thérapeutique à 30 %. Il y a lieu d'évaluer ce préjudice à la somme de 47 000 euros. Ce titre exécutoire recouvre également les frais d'assistance pour un montant non contesté de 700 euros. Toutefois, seuls 50 % de ces sommes sont imputables à la faute du centre hospitalier. Dès lors, il y a lieu d'annuler le titre exécutoire n° 1203 en ce qu'il excède la somme de 23 850 euros.
En ce qui concerne le bien-fondé de la créance du titre n° 286 :
28. Aux termes de l'article L. 1142-14 du code de la santé publique : " L'assureur qui fait une offre à la victime est tenu de rembourser à l'office les frais d'expertise que celui-ci a supportés ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 1142-15 du même code : " En cas de silence ou de refus explicite de la part de l'assureur de faire une offre, ou lorsque le responsable des dommages n'est pas assuré ou la couverture d'assurance prévue à l'article L. 1142-2 est épuisée ou expirée, l'office institué à l'article L. 1142-22 est substitué à l'assureur. () / L'acceptation de l'offre de l'office vaut transaction au sens de l'article 2044 du code civil. La transaction est portée à la connaissance du responsable et, le cas échéant, de son assureur ou du fonds institué à l'article L. 426-1 du code des assurances. / L'office est subrogé, à concurrence des sommes versées, dans les droits de la victime contre la personne responsable du dommage ou, le cas échéant, son assureur ou le fonds institué à l'article L. 426-1 du même code. Il peut en outre obtenir remboursement des frais d'expertise. () ".
29. Le titre exécutoire n° 286 mentionne l'article L. 1142-14 du code de la santé publique. Or, l'assureur n'a présenté aucune offre à la victime. Toutefois, le titre litigieux trouve son fondement légal dans les dispositions de l'article L. 1142-15 du même code, qui peuvent être substituées à celles du L. 1142-14 du code de la santé publique dès lors que cette substitution de base légale n'a pour effet de priver la société requérante d'aucune garantie.
30. Par ailleurs, il résulte de ce qui précède qu'Axa n'est pas fondée à soutenir que la responsabilité du centre hospitalier ne saurait être engagée, ni que le titre serait dépourvu de base légale.
31. Enfin, il n'y a pas lieu d'appliquer le taux de perte de chance au montant des frais d'expertise, lesquels sont entièrement engagés compte tenu de la faute du centre hospitalier. Par suite, l'ONIAM était fondé à en solliciter l'entier remboursement et à émettre le titre litigieux pour un montant de 1 569,55 euros.
Sur les conclusions reconventionnelles de l'ONIAM :
32. En premier lieu, lorsqu'il cherche à recouvrer les sommes versées aux victimes en application de la transaction conclue avec ces dernières, l'ONIAM peut soit émettre un titre exécutoire à l'encontre de la personne responsable du dommage, de son assureur ou du fonds institué à l'article L. 426-1 du code des assurances, soit saisir la juridiction compétente d'une requête à cette fin. Toutefois, l'office n'est pas recevable à saisir le juge d'une requête tendant à la condamnation du débiteur au remboursement de l'indemnité versée à la victime lorsqu'il a, préalablement à cette saisine, émis un titre exécutoire en vue de recouvrer la somme en litige.
33. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de l'ONIAM tendant à la condamnation d'Axa aux sommes de 24 962,50 euros, 46 892,00 euros et de 1 569,55 euros doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquences, les conclusions relatives aux intérêts et leur capitalisation.
34. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 1142-15 du code de la santé publique : " En cas de silence ou de refus explicite de la part de l'assureur de faire une offre, ou lorsque le responsable des dommages n'est pas assuré, le juge, saisi dans le cadre de la subrogation, condamne, le cas échéant, l'assureur ou le responsable à verser à l'office une somme au plus égale à 15 % de l'indemnité qu'il alloue. ". Lorsque le débiteur a formé une opposition contre le titre exécutoire devant la juridiction compétente, l'ONIAM peut poursuivre le recouvrement de la pénalité prévue à l'article L. 1142-15 du code de la santé publique en présentant une demande reconventionnelle devant la juridiction saisie de cette opposition.
35. En l'espèce, il résulte de l'instruction qu'à la suite de l'avis rendu le 29 mai 2019 par la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux, Axa s'est abstenue de présenter une offre d'indemnisation à Mme F, comme en atteste le courrier du conseil de cette dernière du 24 octobre 2019. Dans ces conditions, et dès lors que la responsabilité du centre hospitalier est retenue à concurrence de la moitié des préjudices indemnisables, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge d'Axa une pénalité d'un montant de 5 000 euros.
36. En dernier lieu, il ne résulte ni de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale ni d'aucune autre disposition législative ou réglementaire que les tiers payeurs ayant servi des prestations à la victime en raison d'un dommage devraient être appelés en la cause lorsque le débiteur saisit le juge administratif d'une opposition au titre exécutoire. Par suite, les conclusions de l'ONIAM formulées à ce titre doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
37. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions des parties présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Le titre exécutoire n° 802 est annulé en ce qu'il excède la somme de 12 581,25 euros.
Article 2 : Le titre exécutoire n° 1203 est annulé en ce qu'il excède la somme de 23 850 euros.
Article 3 : Axa est condamnée à verser à l'ONIAM la somme de 5 000 euros au titre de la pénalité prévue à l'article L. 1142-15 du code de la santé publique.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à l'ONIAM et à la société Axa France Iard.
Délibéré après l'audience du 19 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Cheylan, président,
M. Martinez, premier conseiller,
Mme Arniaud, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 février 2023.
La rapporteure,
Signé
C. D
Le président,
Signé
F. CHEYLAN
La greffière,
Signé
C. BÉNIS
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
la greffière,
C. Bénis
Nos 2001635, 2100145, 2100475
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026