jeudi 23 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2100472 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | BOUTHORS-NEVEU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 mars 2021, M. A B, représenté par Me Brand, demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre exécutoire émis le 22 mai 2020 par le président de l'université de Caen Normandie pour un montant de 12 039,79 euros, ainsi que la décision implicite de rejet de sa réclamation présentée à l'agent comptable de l'université de Caen Normandie ;
2°) de prononcer la décharge de l'obligation qui lui est faite de payer la somme de 12 039,79 euros ;
3°) de condamner l'université de Caen Normandie à lui verser l'indemnité de 20 000 euros en réparation du préjudice moral qu'il a subi à raison de l'illégalité du titre exécutoire émis à son encontre, assortie des intérêts ;
4°) de mettre à la charge de l'université de Caen Normandie la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le titre exécutoire émis le 22 mai 2020 est illégal en raison de l'illégalité de l'arrêté du 6 février 2020 prononçant son licenciement à effet rétroactif au 1er septembre 2019 ;
- il est entaché d'un vice de forme dès lors que les bases de la liquidation n'y sont pas précisées ;
- il est entaché d'incompétence ;
- la demande de remboursement qui lui a été faite des sommes en litige lui a causé un préjudice moral.
Par un mémoire enregistré le 14 juin 2021, l'université de Caen Normandie, représentée par Me Bouthors-Neveu, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. B la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la demande indemnitaire présentée par M. B est irrecevable ;
- aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 modifiée portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique ;
- le décret n° 84-431 du 6 juin 1984 fixant les dispositions statutaires communes applicables aux enseignants-chercheurs et portant statut particulier du corps des professeurs des universités et du corps des maîtres de conférences ;
- le décret n° 94-874 du 7 octobre 1994 fixant les dispositions communes applicables aux stagiaires de l'Etat et de ses établissements publics ;
- le code général de la fonction publique ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les conclusions de M. Blondel, rapporteur public,
- et les observations de Me Bouthors-Neveu, représentant l'université de Caen Normandie.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B a été nommé maître de conférences stagiaire à l'université de Caen Normandie par un arrêté du ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation en date du 12 septembre 2018. Il a été affecté au sein de l'institut universitaire de technologie afin de dispenser des cours de gestion aux étudiants de première et de deuxième années, au sein du département " gestion des entreprises et administrations ". Par un arrêté du 6 février 2020, le ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation a refusé de titulariser M. B à la fin de son stage et a prononcé son licenciement à compter du 1er septembre 2019. Le 22 mai 2020, un titre exécutoire a été émis à son encontre par le président de l'université de Caen Normandie mettant à sa charge l'obligation de rembourser la somme de 12 039,79 euros, correspondant aux traitements perçus par celui-ci au cours de la période du 1er septembre 2019 au 29 février 2020. Par un courrier du 6 juillet 2020, M. B a contesté ce titre exécutoire auprès de l'agent comptable de l'université de Caen Normandie. Par sa requête, M. B demande l'annulation du titre exécutoire émis le 22 mai 2020 ainsi que de la décision implicite de rejet opposée à sa réclamation.
Sur les conclusions à fin d'annulation du titre exécutoire du 22 mai 2020 et de décharge de l'obligation de payer la somme de 12.039,79 euros :
2. L'annulation d'un titre exécutoire pour un motif de régularité en la forme n'implique pas nécessairement, compte tenu de la possibilité d'une régularisation par l'administration, l'extinction de la créance litigieuse, à la différence d'une annulation prononcée pour un motif mettant en cause le bien-fondé du titre. Il en résulte que, lorsque le requérant choisit de présenter, outre des conclusions tendant à l'annulation d'un titre exécutoire, des conclusions à fin de décharge de la somme correspondant à la créance de l'administration, il incombe au juge administratif d'examiner prioritairement les moyens mettant en cause le bien-fondé du titre qui seraient de nature, étant fondés, à justifier le prononcé de la décharge.
3. Aux termes de l'article L. 221-8 du code des relations entre le public et l'administration : " Sauf dispositions législatives ou réglementaires contraires ou instituant d'autres formalités préalables, une décision individuelle expresse est opposable à la personne qui en fait l'objet au moment où elle est notifiée ".
4. Aux termes de l'article 32 du décret n° 84-431 du 6 juin 1984 : " Les maîtres de conférences sont nommés en qualité de stagiaire pour une durée d'un an par arrêté du ministre chargé de l'enseignement supérieur. () A l'issue du stage prévu au premier alinéa, les maîtres de conférences stagiaires sont soit titularisés, soit maintenus en qualité de stagiaires pour une période d'un an, soit réintégrés dans leur corps d'origine, soit licenciés s'ils n'ont pas la qualité de fonctionnaire. () Les décisions de titularisation ou de maintien en qualité de stagiaire sont prononcées par arrêté du président ou du directeur de l'établissement. Le licenciement des maîtres de conférences stagiaires est prononcé par arrêté du ministre chargé de l'enseignement supérieur () ". En l'absence de mesure expresse intervenue au terme de la période de stage, l'agent conserve sa qualité de stagiaire et l'administration est tenue de placer celui-ci en situation régulière en prolongeant la durée de son stage dans l'attente de la décision à intervenir.
5. Aux termes de l'article L. 712-1 du code général de la fonction publique, dispositions reprises de l'article 20 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 : " Le fonctionnaire a droit, après service fait, à une rémunération comprenant : / 1° Le traitement ; / 2° L'indemnité de résidence ; / 3° Le supplément familial de traitement ; / 4° Les primes et indemnités instituées par une disposition législative ou réglementaire ". Aux termes de l'article 2 du décret n° 94-874 du 7 octobre 1994 : " Les fonctionnaires stagiaires sont soumis aux dispositions des lois du 13 juillet 1983 et du 11 janvier 1984 susvisées et à celles des décrets pris pour leur application dans la mesure où elles sont compatibles avec leur situation particulière et dans les conditions prévues par le présent décret ". A défaut de dispositions contraires, les agents publics n'ont droit au paiement de leur rémunération qu'en contrepartie de l'accomplissement de leur service. Toutefois, le droit de tout agent à percevoir son traitement ne peut cesser que si l'absence d'accomplissement de son service résulte de son propre fait. L'administration est alors en situation de compétence liée pour récupérer les sommes indument versées.
6. L'illégalité d'un acte administratif, qu'il soit ou non réglementaire, ne peut être utilement invoquée par voie d'exception à l'appui de conclusions dirigées contre une décision administrative ultérieure que si cette dernière décision a été prise pour l'application du premier acte ou s'il en constitue la base légale. S'agissant d'un acte non réglementaire, l'exception n'est, en revanche, recevable que si l'acte n'est pas devenu définitif à la date à laquelle elle est invoquée, sauf dans le cas où l'acte et la décision ultérieure constituant les éléments d'une même opération complexe, l'illégalité dont l'acte serait entaché peut être invoquée en dépit du caractère définitif de cet acte.
7. En l'espèce, M. B fait valoir que l'arrêté du ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation en date du 6 février 2020 prononçant son licenciement à compter du 1er septembre 2019 est illégal en raison de son caractère rétroactif, de sorte que le titre exécutoire mettant à sa charge l'obligation de rembourser les sommes perçues au cours de la période du 1er septembre 2019 au 29 février 2020 est dépourvu de fondement pour ce motif. Il doit ainsi être regardé comme excipant, à l'appui de son recours contre le titre exécutoire en litige, de l'illégalité de l'arrêté du 6 février 2020 en tant que celui-ci prononce son licenciement à effet rétroactif à la date du 1er septembre 2019.
8. D'une part, à la date à laquelle M. B a soulevé ce moyen à l'appui de sa requête enregistrée le 4 mars 2021, l'arrêté du 6 février 2020 n'était pas définitif puisqu'il faisait l'objet d'un recours devant le tribunal administratif de Caen. L'intéressé était par suite recevable à se prévaloir, par voie d'exception de l'illégalité, de cette décision à l'appui de son recours contre le titre exécutoire du 22 mai 2020 pris sur son fondement.
9. D'autre part, M. B a été nommé maître de conférences stagiaire à l'université de Caen Normandie par un arrêté du ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation en date du 12 septembre 2018. Par un arrêté du 6 février 2020, notifié le 18 février 2020, le ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation a refusé de titulariser M. B à la fin de son stage et a prononcé son licenciement à compter du 1er septembre 2019. Cet arrêté comporte ainsi un effet rétroactif qui, contrairement à ce que soutient l'université de Caen Normandie, n'a pas eu pour objet de régulariser la situation de M. B. L'arrêté du 6 février 2020 se trouve, par suite, entaché d'illégalité en tant qu'il a pris effet avant d'avoir été notifié à l'intéressé. Dans ces conditions, le titre exécutoire du 22 mai 2020 par lequel il a été mis à la charge de M. B l'obligation de rembourser les sommes perçues au titre de la période du 1er septembre 2019 au 29 février 2020, pris sur le fondement de l'arrêté du 6 février 2020, est dépourvu de base légale et encourt de ce fait l'annulation.
10. L'université de Caen Normandie fait, en outre, valoir qu'en l'absence de service fait, M. B n'avait droit à aucune rémunération. Elle doit être regardée comme sollicitant ainsi une substitution de motif tenant à l'obligation qui lui était faite de récupérer les sommes indument perçues par M. B en l'absence de service fait par celui-ci au cours de la période du 1er septembre 2019 au 29 février 2020.
11. L'administration peut faire valoir devant le juge de l'excès de pouvoir que la décision attaquée est justifiée par un motif, de droit ou de fait, autre que celui initialement indiqué, mais fondé sur la situation existant à la date de cette décision. Il appartient alors au juge, l'auteur du recours ayant été mis à même de présenter ses observations sur cette substitution, de rechercher si un tel motif est de nature à fonder légalement la décision, puis d'apprécier s'il résulte de l'instruction que l'administration aurait pris la même décision si elle s'était fondée initialement sur ce motif. Dans l'affirmative, il peut procéder à la substitution, sous réserve qu'elle ne prive pas le requérant d'une garantie procédurale liée au motif substitué.
12. Si M. B soutient qu'il a continué à exercer ses fonctions du 1er septembre 2019 au 29 février 2020, il indique toutefois, à l'appui de sa requête, avoir " eu la surprise de constater " au début du mois d'octobre que l'ensemble de ses cours avaient été supprimés de l'emploi du temps en ligne zimbra, alors même qu'il n'avait pas " été en mesure d'exercer ses voies de recours ". Il doit donc être regardé comme n'ayant pas accompli son service à compter du mois d'octobre 2019 jusqu'au 29 février 2020. Toutefois, l'université de Caen Normandie, qui était par ailleurs tenue de placer M. B en situation régulière au terme de la période de son stage dans l'attente de la décision à intervenir sur sa situation, ne démontre pas ni même n'allègue que le défaut d'accomplissement de son service par M. B serait imputable à celui-ci. Par suite, l'administration, qui ne se trouvait pas en situation de compétence liée pour récupérer les sommes qu'elle estime indument perçues, n'est pas fondée à se prévaloir de l'absence de service fait par M. B pour justifier le bien-fondé de la créance en litige. Un tel motif ne pouvait ainsi fonder le titre exécutoire émis le 22 mai 2020. Dans ces conditions, il ne peut être procédé à une substitution de motif.
13. Il résulte de ce qui précède que le requérant est fondé à demander la décharge de l'obligation de payer la somme de 12 039,79 euros, ainsi que, par voie de conséquence, l'annulation du titre exécutoire émis par le président de l'université de Caen Normandie le 22 mai 2020 sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête.
Sur les conclusions indemnitaires :
14. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. /Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle ". Il résulte de ces dispositions qu'en l'absence d'une décision de l'administration rejetant une demande formée devant elle par le requérant ou pour son compte, une requête tendant au paiement d'une somme d'argent est irrecevable.
15. M. B soutient que la demande de remboursement qui lui a été irrégulièrement présentée par l'administration lui a causé un préjudice moral qu'il évalue à la somme de 20 000 euros et dont il sollicite la réparation. Toutefois, ainsi que le fait valoir l'université de Caen Normandie en défense, M. B n'a pas formé de demande préalable tendant à l'octroi d'une indemnité, susceptible de faire naître une décision liant le contentieux. Le contentieux n'étant pas lié, les conclusions indemnitaires présentées par M. B ne sont pas recevables et doivent être rejetées. Il y a lieu, par suite, d'accueillir la fin de non-recevoir soulevée par l'université de Caen Normandie.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
16. Il y a lieu de mettre à la charge de l'université de Caen Normandie la somme de 1 500 euros au titre des frais du procès, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, ces mêmes dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. B, qui n'est pas partie perdante en la présente instance, la somme que l'université de Caen Normandie demande au titre des frais qu'elle a exposés.
D É C I D E :
Article 1er : M. B est déchargé de l'obligation de payer la somme de 12 039,79 euros mise à sa charge par le titre exécutoire du 22 mai 2020.
Article 2 : Le titre exécutoire émis par le président de l'université de Caen Normandie le 22 mai 2020 ainsi que la décision implicite de rejet de la réclamation formée auprès de l'agent comptable sont annulés.
Article 3 : Les conclusions indemnitaires présentées par M. B sont rejetées.
Article 4 : L'université de Caen Normandie versera une somme de 1 500 euros à M. B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Les conclusions présentées par l'université de Caen Normandie sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche.
Une copie sera adressée à l'université de Caen Normandie.
Délibéré après l'audience du 12 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Mondésert, président,
Mme Mireille Pillais, première conseillère,
Mme Silvani, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 mars 2023.
La rapporteure,
Signé
C. C
Le président,
Signé
X. MONDESERT
La greffière,
Signé
A. LAPERSONNE
La République mande et ordonne au ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
la greffière,
A. Lapersonne
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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