jeudi 7 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2100489 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SELAS FIDAL CAEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 5 mars 2021 et les 13 et 25 mai 2022, ce dernier mémoire n'ayant pas été communiqué, M. B A, représenté par la Selas Fidal, demande au tribunal :
1°) de condamner le centre hospitalier universitaire de Caen à lui verser une indemnité de 5 561,05 euros en réparation des préjudices résultant du refus de lui accorder le paiement d'heures supplémentaires et le bénéfice de congés ;
2°) d'enjoindre au centre hospitalier universitaire de Caen de réexaminer ses droits dans un délai de huit jours à compter du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de Caen une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il peut prétendre à une indemnité de 1 670,58 euros dès lors que le report, sur l'année 2020, des heures non réalisées en 2019, a eu pour conséquence la réalisation d'heures supplémentaires qui n'ont pas été indemnisées ; ce report a aussi eu pour conséquence de lui faire perdre une chance d'être indemnisé des heures effectivement réalisées ;
- il peut prétendre à une indemnité de 890,47 euros dès lors qu'il n'a pu bénéficier de tout ou partie de ses congés annuels et a droit à une indemnité compensatrice de congés annuels et, à titre subsidiaire, à une indemnité de 500 euros au titre de ses troubles dans ses conditions d'existence causés par le non-respect des dispositions relatives au droit au repos ;
- il peut prétendre au versement d'une indemnité de 3 000 euros au titre de ses troubles dans ses conditions d'existence dès lors qu'il n'a pas pu bénéficier d'un congé supplémentaire de trois jours ouvrables à l'occasion de la naissance de son enfant.
Par un mémoire en défense enregistré le 8 mars 2022 et un mémoire complémentaire enregistré le 3 juin 2022, qui n'a pas été communiqué, le centre hospitalier universitaire de Caen, représenté par la Selarl Minier, Maugendre et associés, conclut au rejet de la requête. Il demande au tribunal de mettre à la charge de M. A une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière ;
- le décret n° 2002-8 du 4 janvier 2002 relatif aux congés annuels des agents des établissements mentionnés à l'article 2 de la loi du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- les conclusions de M. Blondel, rapporteur public,
- les observations de Me Gey, représentant M. A, et celles de Me Guardiola, représentant le centre hospitalier universitaire de Caen.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, agent de régulation médicale au sein du service d'aide médicale d'urgence du centre hospitalier universitaire de Caen, bénéficiait d'un régime de temps de travail annualisé. Il a cessé ses fonctions le 30 septembre 2020. Il travaillait par période de douze heures et avait une obligation annuelle de service de 1 582 heures ; pour la période du 1er janvier au 30 septembre 2020, cette obligation de service s'élevait à 1 190 heures. A la suite de la cessation de ses fonctions, par un courrier du 20 novembre 2020, M. A a demandé le paiement d'un reliquat de quatre-vingt une heures supplémentaires, d'un reliquat de congés non-pris et l'indemnisation de son préjudice moral pour n'avoir pu prendre trois jours de repos pour la naissance d'un enfant. Par courrier du 17 décembre 2020, complété par un courrier du 28 janvier 2021, le centre hospitalier universitaire de Caen a rejeté sa demande.
Sur le reliquat négatif d'heures supplémentaires :
2. M. A fait grief au centre hospitalier universitaire de Caen d'avoir reporté un reliquat d'heures non travaillées de la période du 1er janvier au 31 décembre 2019 sur la période du 1er janvier au 30 septembre 2020. L'extrait du document intitulé " compteurs calculés sur le plan planificateur du 01/01/2020 au 30/09/2020 " mentionne un " Reliquat TT " négatif de " 81,06 ". De plus, alors que l'établissement employeur soutient que le temps de travail annuel obligatoire de l'agent au titre de la période du 1er janvier au 30 septembre 2020 était de 1 190 heures, ce même extrait mentionne 1 271 heures dans la colonne " TC Tps Trav ". Ces mentions sont toutefois restées sans incidence sur les obligations de service de l'intéressé pour l'année 2020. Il ne résulte pas de l'instruction que le centre hospitalier universitaire de Caen n'aurait pas rémunéré M. A pour les heures de travail accomplies et qu'il aurait effectué quatre-vingt une heures supplémentaires. Dès lors, le centre hospitalier universitaire de Caen n'a pas commis une faute de nature à engager sa responsabilité. Par ailleurs, si M. A soutient qu'une faute dans l'organisation du service est à l'origine du reliquat d'heures non travaillées pendant la période du 1er janvier au 31 décembre 2019, il n'établit pas que le centre hospitalier universitaire de Caen ne lui a pas permis d'accomplir ses obligations annuelles de service et il ne démontre pas qu'il aurait subi un préjudice. Dès lors, les conclusions indemnitaires présentées par M. A au titre d'heures supplémentaires non indemnisées ne peuvent qu'être rejetées.
Sur le reliquat de jours de congés :
3. Aux termes de l'article 4 du décret susvisé du 4 janvier 2002 : " Le congé dû pour une année de service accompli ne peut se reporter sur l'année suivante, sauf autorisation exceptionnelle accordée par l'autorité investie du pouvoir de nomination. Les congés non pris au titre d'une année de service accompli peuvent alimenter un compte épargne temps, selon des modalités définies par décret. Un congé non pris ne donne lieu à aucune indemnité compensatrice. Les congés annuels d'un agent quittant définitivement son établissement doivent intervenir avant la date prévue pour la cessation des fonctions ".
4. M. A soutient qu'un agent qui met lui-même fin à sa relation de travail a droit à une indemnité financière s'il n'a pas pu épuiser tout ou partie de son droit au congé annuel payé. S'il allègue qu'il a été " empêché, par son cadre (oralement) de prendre des jours de congés au motif qu'il n'avait pas encore effectué l'intégralité de ses heures de travail obligatoires ", il ne l'établit par aucun élément probant. Par ailleurs, M. A ne produit aucune pièce de nature à établir qu'en raison de circonstances extérieures indépendantes de sa volonté, et notamment le sous-effectif dû à la crise sanitaire qu'il invoque, il n'aurait pas été en mesure de bénéficier de congés annuels restant à prendre et il ne démontre pas, en particulier, que son administration aurait refusé de faire droit à une demande tendant à bénéficier des congés annuels restant avant la date d'effet de sa démission. Dès lors, le centre hospitalier universitaire de Caen n'a pas commis une faute de nature à engager sa responsabilité. Les conclusions indemnitaires présentées par M. A au titre d'un reliquat de congés non pris ne peuvent ainsi qu'être rejetées.
Sur le jour d'autorisation spéciale d'absence pour événement familial :
5. L'article 45 de la loi du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière dispose : " Des autorisations spéciales d'absence qui n'entrent pas en compte dans le calcul des congés annuels sont accordées, sous réserve des nécessités de service : () 6° Aux fonctionnaires, à l'occasion de certains événements familiaux () ". Les autorisations d'absence exceptionnelle ne constituent pas un droit pour les intéressés et sont accordées sous réserve des nécessités de service.
6. Il résulte de l'instruction qu'à l'occasion de la naissance de sa fille, M. A a bénéficié d'une autorisation spéciale d'absence les 29 février et 1er mars 2020. Il ne conteste pas avoir été en repos les 28 février et 2 mars. Il a ainsi été absent du service pendant quatre journées consécutives. Compte tenu de l'annualisation du temps de travail de l'intéressé et de ses périodes de travail de douze heures, le centre hospitalier a décompté une absence de vingt-quatre heures correspondant à deux journées de travail de douze heures. Ce régime est plus favorable que le décompte de vingt-et-une heures d'absence correspondant à trois jours d'absence pour un agent, dont le temps de travail n'est pas annualisé, qui travaille sept heures par jour. En outre et en tout état de cause, M. A n'a pas produit la demande d'autorisation spéciale d'absence adressée au centre hospitalier à l'occasion de la naissance de son enfant à laquelle son employeur n'aurait pas donné la suite qu'il attendait et qui serait à l'origine de son préjudice. Dès lors, le centre hospitalier universitaire de Caen n'a pas commis une faute de nature à engager sa responsabilité. Au surplus, M. A n'établit pas la réalité du préjudice qu'il allègue avoir subi. Par suite, les conclusions indemnitaires présentées au titre d'un préjudice moral lié à l'absence d'octroi d'un jour d'autorisation spéciale d'absence pour événement familial ne peuvent qu'être rejetées.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions indemnitaires et celles tendant à une injonction doivent être rejetées.
Sur les frais relatifs au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée sur ce fondement par M. A soit mise à la charge du centre hospitalier universitaire de Caen, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance. Par ailleurs, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. A le versement au centre hospitalier universitaire de Caen de la somme qu'il demande au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le centre hospitalier universitaire de Caen au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au centre hospitalier universitaire de Caen.
Délibéré après l'audience du 9 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Mondésert, président,
M. Berrivin, premier conseiller,
Mme Saint-Macary, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juillet 2022.
Le rapporteur,
SIGNÉ
A. C
Le président,
SIGNÉ
X. MONDESERT
La greffière,
SIGNÉ
A. LAPERSONNE
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
la greffière
A. Lapersonne
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026